Les communiqués
Dernière modification : le 12-Aoû-2002 8:21 (GMT+1 / Bruxelles)

10/08/02 L'ADI et La Nation se font l'écho de la situation de délabrement sanitaire dans l'arrière-pays ... Une découverte, fruit du hasard ? Depuis le temps que le GED et que toutes les ONG lancent des cris d'alarme ... sans n'avoir jamais réussi à émouvoir le Gouvernement, il y a de quoi s'étonner de cette découverte manifestement "opportune" ...

Samedi 10 août 2002. L’ADI et la Nation se font l’écho de la situation d’extrême délabrement sanitaire qui prévaut dans l’arrière pays mais nos supposés intègres et « courageux journalistes » du bi-hebdomadaire La Nation, faisant preuve d’angélisme déplacé, se gardent bien d’en justifier les raisons.

La religion d’État a des suppôts complaisants et qui se veulent aveugles.

Nous n’avons eu de cesse de dénoncer depuis des mois, sur le plan national et international, la situation que subit à son corps défendant la population djiboutienne de l’arrière pays, sacrifiée sur « l’autel de la gabegie et des malversations les plus diverses » dont l’État sous l’orchestration d’Ismaël Omar Guelleh s’est rendu, se rend et se rendra coupable demain si nous acceptions qu’une telle situation catastrophique perdure.

Dans leurs écrits, nos « courageux journalistes » du bi-hebdomadaire La Nation tentent maladroitement de faire preuve d’un angélisme pour le moins insultant tant les vérités sont criardes.

Ils semblent s’émouvoir en faisant état de la découverte soudaine de locaux délabrés, de l’absence de médicaments et des carences des moyens sanitaires de transport … dans les villes de l’arrière pays qui sont autant de témoignages irréfutables de l’incurie cumulée et de l’indifférence coupable de l’État qui a fait le choix de privilégier localement quelques « roitelets politiques » entretenus financièrement au détriment d’une population qui souffre et qui s’appauvrit chaque jour un plus dans tous les domaines.

Population oubliée que l’on vient « visiter » en fonction de l’aggravation de la situation politique du moment et que l’on va inciter, une fois encore, à accueillir « son excellentissime » Ismaël Omar Guelleh en contrepartie d’une distribution de quelques sacs de riz et de promesses pour demain : promesses qui passeront une fois encore aux « oubliettes » jusqu’à la prochaine triomphaliste « tournée des misères ».

Notre presse locale, inféodée au pouvoir en place, se fendra comme à l’accoutumée d’un article pompeux, au point que cela en devient lassant car falsifiant honteusement les vérités en faisant état de « liesse, d’exaltation, d’allégresse, de bonheur, de réjouissance ou de fierté des populations visitées…….» tout au long du voyage de l’homme à la pensée unique.

Déniant toutes les réalités et suivant une schématique connue et éprouvée, cet article aura pour but de rassurer l’opinion et les instances internationales sur la situation qui prévaut dans le pays mais en se gardant bien d’avouer que dans cette politique de l’irresponsabilité faite de « Riz et de bâton », voire de balles distribuées en guise de médication, celles et ceux qui tenteraient d’exprimer ou de manifester leur mécontentement par leurs cris dans la rue seraient aussitôt et au mieux « embastillés »….par la garde prétorienne.

Cette situation de catastrophe permanente et de frustrations les plus diverses, dans la vie sociale, économique et politique s’accumulant les unes aux autres, doit appeler pour le moins chacun et de chacune à un examen de conscience pour expliquer le désastre quitte à admettre son autocritique.

Or chacun sait que pensée unique et autocritique ne font pas bon ménage.

Il y a vraisemblablement mieux à faire que de nous ressortir épisodiquement et suivant un calendrier programmé des articles du genre « le médecin-chef de l’hôpital de Tadjourah, qui s’est rendu en tournée d’inspection dans la région la semaine dernière, a constaté de visu l’extrême délabrement sanitaire qui prévaut dans ces localités. »….. « l’unique ambulance qui faisait la navette et servait à évacuer les malades sur Tadjourah est tombée depuis longtemps en panne. » et dont la finalité plus qu’évidente de tels écrits est, une fois encore, de nous laisser croire que les aides internationales sollicitées pourraient résoudre tous les problèmes énumérés alors qu’en 25 années et par tous les détournements dont elles furent l’objet, elles n’ont eu comme conséquence démontrée que d’accroître les escroqueries tout en se réjouissant honteusement « d’un chantage à la pauvreté » masquant des intérêts d’enrichissement exclusivement privé.

Face à ces inégalités de traitement, la fracture qui s'est creusée entre quelques rares quartiers de la capitale et le reste du pays, l’absence d’une classe moyenne prospère et ultramajoritaire, le délabrement des conditions économiques, sociales et sanitaires, les souffrances quotidiennes des pauvres et des laissés-pour-compte, la population de l’arrière pays incrimine ouvertement aujourd’hui la tiédeur et l’attitude trop ambiguë voire la résignation de certaines personnalités dites d’opposition.

Émiettée par le clientélisme … et se maintenant dans ses corporatismes claniques, éliminée lentement depuis la perte de son leader incontestable, l’opposition politique djiboutienne a besoin d’un renouveau voire d’une réinvention.

L’heure n’est plus aux questions qui dérangent et aux palabres car chacun sait l’ignorance qu’y porte le pouvoir autarcique d’Ismaël Omar Guelleh mais à l’action concertée et la mobilisation de toute l’opposition pour défendre sans ambiguïté les droits de la nation djiboutienne.


le Président Mahamoud Idriss Ahmed

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