10/08/02
L'ADI et La Nation se font l'écho de la situation de délabrement
sanitaire dans l'arrière-pays ... Une découverte, fruit
du hasard ? Depuis le temps que le GED et que toutes les ONG lancent
des cris d'alarme ... sans n'avoir jamais réussi à émouvoir
le Gouvernement, il y a de quoi s'étonner de cette découverte
manifestement "opportune" ...
Samedi 10 août 2002. LADI et la Nation se font lécho
de la situation dextrême délabrement sanitaire qui
prévaut dans larrière pays mais nos supposés
intègres et « courageux journalistes » du bi-hebdomadaire
La Nation, faisant preuve dangélisme déplacé,
se gardent bien den justifier les raisons.
La religion dÉtat
a des suppôts complaisants et qui se veulent aveugles.
Nous navons
eu de cesse de dénoncer depuis des mois, sur le plan national
et international, la situation que subit à son corps défendant
la population djiboutienne de larrière pays, sacrifiée
sur « lautel de la gabegie et des malversations les plus
diverses » dont lÉtat sous lorchestration dIsmaël
Omar Guelleh sest rendu, se rend et se rendra coupable demain
si nous acceptions quune telle situation catastrophique perdure.
Dans leurs écrits,
nos « courageux journalistes » du bi-hebdomadaire La Nation
tentent maladroitement de faire preuve dun angélisme pour
le moins insultant tant les vérités sont criardes.
Ils semblent sémouvoir
en faisant état de la découverte soudaine de locaux délabrés,
de labsence de médicaments et des carences des moyens sanitaires
de transport
dans les villes de larrière pays qui
sont autant de témoignages irréfutables de lincurie
cumulée et de lindifférence coupable de lÉtat
qui a fait le choix de privilégier localement quelques «
roitelets politiques » entretenus financièrement au détriment
dune population qui souffre et qui sappauvrit chaque jour
un plus dans tous les domaines.
Population oubliée
que lon vient « visiter » en fonction de laggravation
de la situation politique du moment et que lon va inciter, une
fois encore, à accueillir « son excellentissime »
Ismaël Omar Guelleh en contrepartie dune distribution de
quelques sacs de riz et de promesses pour demain : promesses qui passeront
une fois encore aux « oubliettes » jusquà la
prochaine triomphaliste « tournée des misères ».
Notre presse locale,
inféodée au pouvoir en place, se fendra comme à
laccoutumée dun article pompeux, au point que cela
en devient lassant car falsifiant honteusement les vérités
en faisant état de « liesse, dexaltation, dallégresse,
de bonheur, de réjouissance ou de fierté des populations
visitées
.» tout au long du voyage de lhomme
à la pensée unique.
Déniant toutes
les réalités et suivant une schématique connue
et éprouvée, cet article aura pour but de rassurer lopinion
et les instances internationales sur la situation qui prévaut
dans le pays mais en se gardant bien davouer que dans cette politique
de lirresponsabilité faite de « Riz et de bâton
», voire de balles distribuées en guise de médication,
celles et ceux qui tenteraient dexprimer ou de manifester leur
mécontentement par leurs cris dans la rue seraient aussitôt
et au mieux « embastillés »
.par la garde prétorienne.
Cette situation
de catastrophe permanente et de frustrations les plus diverses, dans
la vie sociale, économique et politique saccumulant les
unes aux autres, doit appeler pour le moins chacun et de chacune à
un examen de conscience pour expliquer le désastre quitte à
admettre son autocritique.
Or chacun sait que
pensée unique et autocritique ne font pas bon ménage.
Il y a vraisemblablement
mieux à faire que de nous ressortir épisodiquement et
suivant un calendrier programmé des articles du genre «
le médecin-chef de lhôpital de Tadjourah, qui sest
rendu en tournée dinspection dans la région la semaine
dernière, a constaté de visu lextrême délabrement
sanitaire qui prévaut dans ces localités. »
..
« lunique ambulance qui faisait la navette et servait à
évacuer les malades sur Tadjourah est tombée depuis longtemps
en panne. » et dont la finalité plus quévidente
de tels écrits est, une fois encore, de nous laisser croire que
les aides internationales sollicitées pourraient résoudre
tous les problèmes énumérés alors quen
25 années et par tous les détournements dont elles furent
lobjet, elles nont eu comme conséquence démontrée
que daccroître les escroqueries tout en se réjouissant
honteusement « dun chantage à la pauvreté
» masquant des intérêts denrichissement exclusivement
privé.
Face à ces
inégalités de traitement, la fracture qui s'est creusée
entre quelques rares quartiers de la capitale et le reste du pays, labsence
dune classe moyenne prospère et ultramajoritaire, le délabrement
des conditions économiques, sociales et sanitaires, les souffrances
quotidiennes des pauvres et des laissés-pour-compte, la population
de larrière pays incrimine ouvertement aujourdhui
la tiédeur et lattitude trop ambiguë voire la résignation
de certaines personnalités dites dopposition.
Émiettée
par le clientélisme
et se maintenant dans ses corporatismes
claniques, éliminée lentement depuis la perte de son leader
incontestable, lopposition politique djiboutienne a besoin dun
renouveau voire dune réinvention.
Lheure nest
plus aux questions qui dérangent et aux palabres car chacun sait
lignorance quy porte le pouvoir autarcique dIsmaël
Omar Guelleh mais à laction concertée et la mobilisation
de toute lopposition pour défendre sans ambiguïté
les droits de la nation djiboutienne.
le Président
Mahamoud Idriss Ahmed