14/10/02
Le Gouvernement en Exil de Djibouti adresse un appel solennel à
toutes les personnalités politiques de l'opposition au régime
dISMAËL OMAR GUELLEH, pour restaurer ensemble la République
à Djibouti.
Comme il l'a toujours exprimé très clairement, tant dans
ses déclarations, qu'au cours de ses récents entretiens
avec les instances décisionnaires de lUnion Européenne
et de la République française, le Gouvernement en Exil
de Djibouti est lémanation dune volonté exprimée
par une population qui ne dispose même plus aujourd'hui du simple
Droit à la libre expression.
Le Gouvernement en Exil est la propriété de la Nation
djiboutienne ; il constitue un contre-pouvoir au régime dictatorial
instauré par Ismaël Omar Guelleh dans notre pays, maintenu
par la terreur qu'il fait peser sur la population dont il défend
les intérêts. Le Président et les Membres du Conseil
dénoncent notamment sur le plan international toutes les exactions
perpétrées depuis 25 ans par le pouvoir en place à
Djibouti.
Le Gouvernement en Exil de Djibouti rassemble toutes les femmes et tous
les hommes opposés à la dictature, en dehors de tous clivages
ethniques, tribaux, sociaux ou de confessions religieuses.
Le « Mouvement Djiboutien du Refus », que nous avons initié
il y a quelques mois, est loutil politique pour rassembler toute
lopposition politique, tout en permettant à chacune et
à chacun de conserver ses spécificités et son appartenance
à un Parti politique. Il rassemble aujourdhui des femmes
et des hommes, des cadres de tous niveaux qui rejettent clairement le
régime dictatorial et les artifices fallacieux mis en place par
Ismaël Omar Guelleh.
Ce rejet ne ne se limite pas au seul régime politique et à
ses pratiques illicites mais aussi à celles des quelques «
mandarins » corrompus qui continuent de pactiser avec le pouvoir
en place pour sauver leurs privilèges et pour protéger,
de manière hypothétique, des biens immobiliers acquis
avec le produit de détournements antérieurs des deniers
publics appartenant aux Finances djiboutiennes et/ou provenant des Aides
internationales.
Autour du Président du GED, tous les Membres réaffirment
leur condamnation, sans équivoque possible, de la récente
démarche dIsmaël Omar Guelleh à Paris. Cette
démarche, qui pourrait s'apparenter à une tentative de
chantage, a consisté à exercer, sur les autorités
françaises et européennes, une odieuse pression afin que
lui soient débloquées des Aides complémentaires.
Chacun sait, ce qui est vérifié depuis des lustres, que
ces aides iraient, une fois encore, grossir les comptes bancaires dIsmaël
Omar Guelleh et en tout état de cause qu'elles ne profiteraient
nullement à l'amélioration des conditions de vie de la
population de notre pays ou à payer les arriérés
de salaires des fonctionnaires ou assimilés.
Ce « Chantage à la pauvreté », instauré
par Ismaël Omar Guelleh, notamment lors de sa visite à Paris,
est l'aboutissement de toutes les malversations organisées par
le régime djiboutien actuel. Nous constatons, avec satisfaction,
que le Président Jacques Chirac et les différentes autorités
décisionnaires de l'Union Européenne ont répondu
dans le sens que nous avions demandé, en renvoyant courtoisement
le Dictateur autoproclamé vers le Fonds Monétaire International.
Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours défendu l'idée
suivant laquelle une gestion plus saine des Finances publiques était
nécessaire et suffisante pour redresser, de manière significative,
lÉconomie de notre pays avec toutes les incidences positives
sur l'amélioration des conditions de vie de toutes les couches
sociales qui composent la population djiboutienne.
Les 23 millions d'euros affectés par la France dans le cadre
des Aides annuelles à la Santé et à l'Éducation
devraient avoir pour contrepartie, d'imposer à l'État
djiboutien de pratiquer une gestion saine et réaliste de la chose
publique. Tous les indicateurs montrent que nous en sommes encore loin
!
Par ailleurs nous avons échangé nos analyses réciproques,
au cours dun entretien fructueux avec les autorités françaises,
qui a eu lieu le vendredi 11 octobre.
Nous avons, entre autres choses, précisé, que l'intégration
de nouvelles personnalités politiques au sein du Gouvernement
en Exil de Djibouti, consistait à la fois en lacceptation
du programme de Gouvernement - dont la cohérence a été
constatée et reconnue par les instances décisionnaires
de lUnion Européenne - et aussi dans la reconnaissance,
sans ambiguïté possible, par chaque candidate / candidat
de la nécessité de poursuivre et de développer
les relations et les accords bilatéraux avec la France
Nous avons réaffirmé notre réelle volonté
dune nouvelle définition favorisant un meilleur fonctionnement
de la Coopération française et de celle des autres membres
de lUnion Européenne dans lavenir. Cette nouvelle
définition devra privilégier l'efficacité et le
développement dans tous les domaines, y compris l'ouverture es
Universités et les Établissements supérieurs européens
à tous nos étudiants de façon démocratique
et sur le seul critère des capacités personnelles.
Nous avons souligné clairement notre volonté inébranlable
de créer les conditions qui permettront à tous de disposer
des moyens nécessaires à l'accomplissement de leur parcours
d'excellence. L'objectif étant de leur donner toutes les possibilités
pour exercer ensuite, dans les meilleures conditions possibles, leur
métier dans notre pays.
La République de Djibouti a besoin de ses cadres et de ses enseignants.
Comme ceux des Militaires, des Policiers, des Gendarmes, des Fonctionnaires
et des assimilés, leurs droits et leurs salaires doivent être
reconsidérés et revus à la hausse pour leur permettre
d'exercer leur métier avec dignité et d'offrir à
leurs familles des conditions de vie satisfaisantes. C'est à
ce prix que l'on incitera nos enfants à revenir pour travailler
dans notre pays et que l'on mettra un terme à la corruption de
nos institutions.
Nous sommes formellement opposés à toutes les initiatives
actuelles qui visent à remplacer systématiquement nos
enseignants par des homologues d'origine étrangère au
seul motif qu'ils seraient plus faciles 'à gérer' en cas
de conflit social.
Le nombre des enseignants djiboutiens est suffisant en principe, surtout
s'il on ajoute un certain nombre d'exilés politiques qui ont
envie de revenir chez nous dans ce nouveau contexte. Les errements actuels
de l'État djiboutien sont inadmissibles et inexcusables, car
ils obèrent gravement l'avenir de nos jeunes et la santé
du pays.
Le constat, que nous avons établi et développé
au cours de nos entretiens récents, a mis en évidence
les points essentiels qui ont conduit à la situation actuelle
de catastrophe économique, sociale et politique avec tous les
risques graves liés à court terme, à une implosion
probable du régime dirigé par Ismaël Omar Guelleh.
Nous ne pouvons pas exclure la possibilité d'une réaction
sociale imminente et légitime et nous nous efforçons de
canaliser ces forces en fédérant toutes les énergies
politiques dopposition vers un objectif commun : la reconstruction
de la République à tous les niveaux, en particulier :la
société, l'économie, la justice, la démocratie
et la saine gestion du bien public.
L'objectif prioritaire du « Mouvement djiboutien du Refus »
est de provoquer le départ, dans les meilleurs délais,
dIsmaël Omar Guelleh et celui des « barons associés
» afin d'instaurer le Gouvernement de transition qui aura la charge
et les moyens - avec la contribution des Instances internationales,
de la France et des pays membres de lUnion Européenne,
de l'Afrique et du monde arabe - d'organiser les élections libres
au cours desquelles la Nation djiboutienne exprimera librement ses choix
et ses préférences, sans pression ni contrainte.
Les conditions actuelles de la préparation des Élections
législatives et régionales, programmées en principe
par lÉtat djiboutien, pour la fin de lannée,
ne répondent pas à ces impératifs. Déjà,
elles sont entachées de diverses manoeuvres visant à la
falsification inacceptable des résultats. Le Gouvernement en
Exil a dénoncé, preuves à l'appui, toutes ces dispositions
frauduleuses auprès des instances européennes
Le parti "RPP", sous l'autorité directe dIsmaël
Omar Guelleh, sest efforcé et sefforce encore maintenant
dacheter des votes par centaines, profitant de la pauvreté
du peuple djiboutien et de la situation de misère qui est subie
par une population étrangère, ne bénéficiant
que temporairement des droits reconnus à la citoyenneté
djiboutienne : le temps des élections !
Le jour des élections, les hommes de la SDS se présenteront
dans les divers bureaux de votes en possession de listes de plusieurs
centaines de noms, des Délégations et des Cartes délecteurs.
Ces votes massifs feront basculer le scrutin en faveur d'Ismaël
Omar Guelleh et de ses protégés.
Par ailleurs, il est prouvé que le Service de Documentation et
de Sécurité a infiltré les ONG locales et qu'il
en a acquis une maîtrise suffisante pour pouvoir exercer, le jour
venu, une pression à deux niveaux :
- La corruption, moyen privilégié de pression, utilisé
de façon universelle par le pouvoir,
- Les menaces exercées contre les familles des récalcitrants
ou les chefs influents des tribus. La menace ultime étant l''emprisonnement
sans jugement dans lune des prisons à Djibouti. Elle a
été utilisée fréquemment, en particulier
en période électorale, à l'encontre des réfractaires
ou des véritables opposants.
Dans de telles conditions, chacune et chacun comprendra aisément
que lon soit réduit à émettre de fortes réserves
sur le supposé déroulement démocratique
et transparent des futures élections, dès lors que le
contrôle en serait confié à des ONG locales quil
convient de dénommer comme des OVG (Organismes Véritablement
Gouvernementaux). Soumis à de telles pressions, leur mission
de contrôle objectif est bien entendu vouée à l'échec.
Ces OVG étant obligées de déclarer que le scrutin
est valable ...
C'est pourquoi nous demandons officiellement à ce que le contrôle
des futures élections djiboutiennes soit confié à
des instances extérieures neutres et à leurs experts,
sous le contrôle de pays étrangers dont la France.
Loin de simmiscer dans les « affaires intérieures
» de la République de Djibouti, l'organisation de cette
mission confirmerait la volonté de la communauté internationale
de maintenir la paix dans la corne de lAfrique, en favorisant
linstauration dun État de droit conforme à
lesprit qui nous anime et qui est lun des fondements de
la Francophonie à laquelle nous restons fondamentalement attachés.
Djibouti vit un véritable drame national dont nul ne peut prévoir
les conséquences si rien n'est fait pour y remédier de
façon urgente. Lorsque le risque dimplosion atteint un
tel niveau, il faut avoir le courage d'arbitrer, de choisir et de s'engager
dans le respect du peuple, des ses droits et des principes de justice.
De profonds changements vont intervenir dans les semaines à venir.
Nous avons demandé à ce que les Forces Françaises
de Djibouti se tiennent à lécart de ces événements.
Nous avons reçu lassurance quil ny aurait,
en aucun moment ou de quelque manière que ce soit, une quelconque
tentative dingérence dans les « affaires intérieures
djiboutiennes ».
Au delà des intentions louables et des volontés exprimées
que nous apprécions, nous attendons des actes.
- Jexige qu'Ismaël Omar Guelleh démissionne de toutes
les responsabilités quil sest octroyées par
la fraude et quil quitte la République de Djibouti dont
il a asservi la population, dont il a bafoué les lois ancestrales
et dont il a violé la Constitution et la Justice,
- Jexige la libération immédiate et sans condition
aucune de tous les prisonniers politiques ainsi que celle des hommes
des Forces Nationales de Police, incarcérés dans la prison
de Gabode ou dans un quelconque autre endroit du territoire national.
- je lance un appel à toutes les personnalités de la véritable
opposition politique djiboutienne pour la création, dans les
meilleurs délais, dune « plateforme » commune
sur le thème unique « Pour le départ inconditionnel
dISMAËL OMAR GUELLEH ».
Vive la Nation djiboutienne, en marche vers linstauration de la
Démocratie et dun État de Droit en République
de Djibouti.
Fait à Bruxelles le lundi 14 octobre 2002.
Au
nom de la Nation djiboutienne
au nom de lopposition politique
pour le Gouvernement en Exil de Djibouti
le Président Mahamoud Idriss Ahmed