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Dernière modification : le 15-Oct-2002 7:22 (GMT+1 / Bruxelles)

14/10/02 Le Gouvernement en Exil de Djibouti adresse un appel solennel à toutes les personnalités politiques de l'opposition au régime d’ISMAËL OMAR GUELLEH, pour restaurer ensemble la République à Djibouti.

Comme il l'a toujours exprimé très clairement, tant dans ses déclarations, qu'au cours de ses récents entretiens avec les instances décisionnaires de l’Union Européenne et de la République française, le Gouvernement en Exil de Djibouti est l’émanation d’une volonté exprimée par une population qui ne dispose même plus aujourd'hui du simple Droit à la libre expression.

Le Gouvernement en Exil est la propriété de la Nation djiboutienne ; il constitue un contre-pouvoir au régime dictatorial instauré par Ismaël Omar Guelleh dans notre pays, maintenu par la terreur qu'il fait peser sur la population dont il défend les intérêts. Le Président et les Membres du Conseil dénoncent notamment sur le plan international toutes les exactions perpétrées depuis 25 ans par le pouvoir en place à Djibouti.

Le Gouvernement en Exil de Djibouti rassemble toutes les femmes et tous les hommes opposés à la dictature, en dehors de tous clivages ethniques, tribaux, sociaux ou de confessions religieuses.

Le « Mouvement Djiboutien du Refus », que nous avons initié il y a quelques mois, est l’outil politique pour rassembler toute l’opposition politique, tout en permettant à chacune et à chacun de conserver ses spécificités et son appartenance à un Parti politique. Il rassemble aujourd’hui des femmes et des hommes, des cadres de tous niveaux qui rejettent clairement le régime dictatorial et les artifices fallacieux mis en place par Ismaël Omar Guelleh.

Ce rejet ne ne se limite pas au seul régime politique et à ses pratiques illicites mais aussi à celles des quelques « mandarins » corrompus qui continuent de pactiser avec le pouvoir en place pour sauver leurs privilèges et pour protéger, de manière hypothétique, des biens immobiliers acquis avec le produit de détournements antérieurs des deniers publics appartenant aux Finances djiboutiennes et/ou provenant des Aides internationales.

Autour du Président du GED, tous les Membres réaffirment leur condamnation, sans équivoque possible, de la récente démarche d’Ismaël Omar Guelleh à Paris. Cette démarche, qui pourrait s'apparenter à une tentative de chantage, a consisté à exercer, sur les autorités françaises et européennes, une odieuse pression afin que lui soient débloquées des Aides complémentaires.

Chacun sait, ce qui est vérifié depuis des lustres, que ces aides iraient, une fois encore, grossir les comptes bancaires d’Ismaël Omar Guelleh et en tout état de cause qu'elles ne profiteraient nullement à l'amélioration des conditions de vie de la population de notre pays ou à payer les arriérés de salaires des fonctionnaires ou assimilés.

Ce « Chantage à la pauvreté », instauré par Ismaël Omar Guelleh, notamment lors de sa visite à Paris, est l'aboutissement de toutes les malversations organisées par le régime djiboutien actuel. Nous constatons, avec satisfaction, que le Président Jacques Chirac et les différentes autorités décisionnaires de l'Union Européenne ont répondu dans le sens que nous avions demandé, en renvoyant courtoisement le Dictateur autoproclamé vers le Fonds Monétaire International.

Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours défendu l'idée suivant laquelle une gestion plus saine des Finances publiques était nécessaire et suffisante pour redresser, de manière significative, l’Économie de notre pays avec toutes les incidences positives sur l'amélioration des conditions de vie de toutes les couches sociales qui composent la population djiboutienne.

Les 23 millions d'euros affectés par la France dans le cadre des Aides annuelles à la Santé et à l'Éducation devraient avoir pour contrepartie, d'imposer à l'État djiboutien de pratiquer une gestion saine et réaliste de la chose publique. Tous les indicateurs montrent que nous en sommes encore loin !

Par ailleurs nous avons échangé nos analyses réciproques, au cours d’un entretien fructueux avec les autorités françaises, qui a eu lieu le vendredi 11 octobre.

Nous avons, entre autres choses, précisé, que l'intégration de nouvelles personnalités politiques au sein du Gouvernement en Exil de Djibouti, consistait à la fois en l’acceptation du programme de Gouvernement - dont la cohérence a été constatée et reconnue par les instances décisionnaires de l’Union Européenne - et aussi dans la reconnaissance, sans ambiguïté possible, par chaque candidate / candidat de la nécessité de poursuivre et de développer les relations et les accords bilatéraux avec la France

Nous avons réaffirmé notre réelle volonté d’une nouvelle définition favorisant un meilleur fonctionnement de la Coopération française et de celle des autres membres de l’Union Européenne dans l’avenir. Cette nouvelle définition devra privilégier l'efficacité et le développement dans tous les domaines, y compris l'ouverture es Universités et les Établissements supérieurs européens à tous nos étudiants de façon démocratique et sur le seul critère des capacités personnelles.

Nous avons souligné clairement notre volonté inébranlable de créer les conditions qui permettront à tous de disposer des moyens nécessaires à l'accomplissement de leur parcours d'excellence. L'objectif étant de leur donner toutes les possibilités pour exercer ensuite, dans les meilleures conditions possibles, leur métier dans notre pays.

La République de Djibouti a besoin de ses cadres et de ses enseignants. Comme ceux des Militaires, des Policiers, des Gendarmes, des Fonctionnaires et des assimilés, leurs droits et leurs salaires doivent être reconsidérés et revus à la hausse pour leur permettre d'exercer leur métier avec dignité et d'offrir à leurs familles des conditions de vie satisfaisantes. C'est à ce prix que l'on incitera nos enfants à revenir pour travailler dans notre pays et que l'on mettra un terme à la corruption de nos institutions.

Nous sommes formellement opposés à toutes les initiatives actuelles qui visent à remplacer systématiquement nos enseignants par des homologues d'origine étrangère au seul motif qu'ils seraient plus faciles 'à gérer' en cas de conflit social.

Le nombre des enseignants djiboutiens est suffisant en principe, surtout s'il on ajoute un certain nombre d'exilés politiques qui ont envie de revenir chez nous dans ce nouveau contexte. Les errements actuels de l'État djiboutien sont inadmissibles et inexcusables, car ils obèrent gravement l'avenir de nos jeunes et la santé du pays.

Le constat, que nous avons établi et développé au cours de nos entretiens récents, a mis en évidence les points essentiels qui ont conduit à la situation actuelle de catastrophe économique, sociale et politique avec tous les risques graves liés à court terme, à une implosion probable du régime dirigé par Ismaël Omar Guelleh. Nous ne pouvons pas exclure la possibilité d'une réaction sociale imminente et légitime et nous nous efforçons de canaliser ces forces en fédérant toutes les énergies politiques d’opposition vers un objectif commun : la reconstruction de la République à tous les niveaux, en particulier :la société, l'économie, la justice, la démocratie et la saine gestion du bien public.

L'objectif prioritaire du « Mouvement djiboutien du Refus » est de provoquer le départ, dans les meilleurs délais, d’Ismaël Omar Guelleh et celui des « barons associés » afin d'instaurer le Gouvernement de transition qui aura la charge et les moyens - avec la contribution des Instances internationales, de la France et des pays membres de l’Union Européenne, de l'Afrique et du monde arabe - d'organiser les élections libres au cours desquelles la Nation djiboutienne exprimera librement ses choix et ses préférences, sans pression ni contrainte.

Les conditions actuelles de la préparation des Élections législatives et régionales, programmées en principe par l’État djiboutien, pour la fin de l’année, ne répondent pas à ces impératifs. Déjà, elles sont entachées de diverses manoeuvres visant à la falsification inacceptable des résultats. Le Gouvernement en Exil a dénoncé, preuves à l'appui, toutes ces dispositions frauduleuses auprès des instances européennes

Le parti "RPP", sous l'autorité directe d’Ismaël Omar Guelleh, s’est efforcé et s’efforce encore maintenant d’acheter des votes par centaines, profitant de la pauvreté du peuple djiboutien et de la situation de misère qui est subie par une population étrangère, ne bénéficiant que temporairement des droits reconnus à la citoyenneté djiboutienne : le temps des élections !

Le jour des élections, les hommes de la SDS se présenteront dans les divers bureaux de votes en possession de listes de plusieurs centaines de noms, des Délégations et des Cartes d’électeurs. Ces votes massifs feront basculer le scrutin en faveur d'Ismaël Omar Guelleh et de ses protégés.

Par ailleurs, il est prouvé que le Service de Documentation et de Sécurité a infiltré les ONG locales et qu'il en a acquis une maîtrise suffisante pour pouvoir exercer, le jour venu, une pression à deux niveaux :

- La corruption, moyen privilégié de pression, utilisé de façon universelle par le pouvoir,

- Les menaces exercées contre les familles des récalcitrants ou les chefs influents des tribus. La menace ultime étant l''emprisonnement sans jugement dans l’une des prisons à Djibouti. Elle a été utilisée fréquemment, en particulier en période électorale, à l'encontre des réfractaires ou des véritables opposants.

Dans de telles conditions, chacune et chacun comprendra aisément que l’on soit réduit à émettre de fortes réserves sur le supposé déroulement démocratique et transparent des futures élections, dès lors que le contrôle en serait confié à des ONG locales qu’il convient de dénommer comme des OVG (Organismes Véritablement Gouvernementaux). Soumis à de telles pressions, leur mission de contrôle objectif est bien entendu vouée à l'échec. Ces OVG étant obligées de déclarer que le scrutin est valable ...

C'est pourquoi nous demandons officiellement à ce que le contrôle des futures élections djiboutiennes soit confié à des instances extérieures neutres et à leurs experts, sous le contrôle de pays étrangers dont la France.

Loin de s’immiscer dans les « affaires intérieures » de la République de Djibouti, l'organisation de cette mission confirmerait la volonté de la communauté internationale de maintenir la paix dans la corne de l’Afrique, en favorisant l’instauration d’un État de droit conforme à l’esprit qui nous anime et qui est l’un des fondements de la Francophonie à laquelle nous restons fondamentalement attachés.

Djibouti vit un véritable drame national dont nul ne peut prévoir les conséquences si rien n'est fait pour y remédier de façon urgente. Lorsque le risque d’implosion atteint un tel niveau, il faut avoir le courage d'arbitrer, de choisir et de s'engager dans le respect du peuple, des ses droits et des principes de justice.

De profonds changements vont intervenir dans les semaines à venir. Nous avons demandé à ce que les Forces Françaises de Djibouti se tiennent à l’écart de ces événements. Nous avons reçu l’assurance qu’il n’y aurait, en aucun moment ou de quelque manière que ce soit, une quelconque tentative d’ingérence dans les « affaires intérieures djiboutiennes ».

Au delà des intentions louables et des volontés exprimées que nous apprécions, nous attendons des actes.

- J’exige qu'Ismaël Omar Guelleh démissionne de toutes les responsabilités qu’il s’est octroyées par la fraude et qu’il quitte la République de Djibouti dont il a asservi la population, dont il a bafoué les lois ancestrales et dont il a violé la Constitution et la Justice,

- J’exige la libération immédiate et sans condition aucune de tous les prisonniers politiques ainsi que celle des hommes des Forces Nationales de Police, incarcérés dans la prison de Gabode ou dans un quelconque autre endroit du territoire national.

- je lance un appel à toutes les personnalités de la véritable opposition politique djiboutienne pour la création, dans les meilleurs délais, d’une « plateforme » commune sur le thème unique « Pour le départ inconditionnel d’ISMAËL OMAR GUELLEH ».

Vive la Nation djiboutienne, en marche vers l’instauration de la Démocratie et d’un État de Droit en République de Djibouti.



Fait à Bruxelles le lundi 14 octobre 2002.

 

Au nom de la Nation djiboutienne
au nom de l’opposition politique
pour le Gouvernement en Exil de Djibouti

le Président Mahamoud Idriss Ahmed



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