LE MONDE DE L'ENSEIGNEMENT
Dernière modification : le 09-Jui-2002 9:15 (GMT+1 / Bruxelles)

12/05/02 Lettre de Monsieur Aloumekani à Monsieur Jean Cornil, Sénateur belge pour lui demander d'appuyer une intervention auprès du Gouvernement belge afin de commencer à débloquer des bourses d'étude d'urgence en faveur des djiboutiens les plus défavorisés.

Monsieur le Sénateur Jean Cornil
Maison des Parlementaires
Bureau n° 32
21 Rue de Louvain
1009 - Bruxelles

Bruxelles le dimanche 12 mai 2002

Références : n° 02 – 05 – 12 –A2 / MSA.



Monsieur le Sénateur,

J’ai eu l’honneur de relater, devant le Président Mahamoud Idriss Ahmed et les membres du Gouvernement en Exil de Djibouti, le contenu de nos récents entretiens.

J’ai souligné l’attention toute particulière que vous portez aux difficultés financières des familles d’étudiants djiboutiens, dès lors que leurs enfants souhaitent poursuivre des études dans les Universités du Royaume de Belgique.

Comme je vous l’ai précisé, la situation économique à Djibouti est désastreuse. Les familles s’appauvrissent de semaine en semaine du fait des retards dans le paiement des salaires qui atteignent ( retards) maintenant neuf mois et du chômage qui se développe vertigineusement ; elles ne peuvent plus disposer des moyens financiers nécessaires pour envoyer leurs enfants, qui ont les capacités, étudier dans l’une des Universités de l’Union Européenne.

Nos observations et nos analyses mettent en évidence le fait que la classe sociale ‘dite moyenne’ qui existait encore jusqu’aux années 1990 – 1991 a totalement disparu pour rejoindre celle ‘dite de la pauvreté’.

Le nivellement s’est effectué par le bas et il a pour conséquence une paupérisation générale de la population, à l’exception de la classe très minoritaire qui est constituée par les ‘barons’ du régime et qui concentre toutes les ressources vitales du pays.

Bien loin de prendre la mesure de la dégradation et de son accélération, le Gouvernement djiboutien n’a pris et ne prévoit aucune disposition spécifique pour enrayer le phénomène.

Nous avons conscience que les enveloppes budgétaires ont déjà été attribuées pour la prochaine rentrée universitaire. En dépit de cela et compte-tenu de l’urgence et de la gravité de la situation, nous prenons la liberté de solliciter le Ministère de l’Education Nationale de Belgique pour l’octroi, à titre tout à fait exceptionnel, d’un nombre limité de bourses, qui seraient attribuées à des étudiantes et des étudiants djiboutiens ayant fait preuve de leurs capacités et choisis parmi les plus défavorisés.

Nous tenons à vous remercier personnellement pour votre écoute et pour votre compréhension. Nous savons que votre appui constitue un élément déterminant et qu’il permettra, s’il existe encore une possibilité financière, de venir en aide à des jeunes djiboutiens et d’éviter le sacrifice d’une génération entière.

Un geste même limité, aura une valeur forte et d’encouragement pour celles et ceux qui fondent l’espoir de poursuivre leurs études en Belgique et qui nous interrogent en ce sens.

De plus, tous les étudiants formés en Europe participeront à une élite capable de prendre part, dans l’avenir, à la rénovation des institutions du pays et au redéploiement économique indispensable pour créer des emplois, dont toute la population bénéficiera.

A titre personnel, je vous remercie par avance de l’attention particulière que vous porterez à cette demande. Dans l’attente de la réponse des autorités concernées, je vous prie de croire, Monsieur le Sénateur, à l’assurance de mes sentiments les plus respectueux.

Mohamed Saleh Alhoumekani
Chargé des Affaires étrangères
et de la Coopération Internationale

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