LE
MONDE DE L'ENSEIGNEMENT Dernière
modification : le
09-Jui-2002 9:13
(GMT+1 / Bruxelles)
09/06/02
Les élèves, les familles et les enseignants subissent
de plein fouet les effets dune économie qui seffondre.
Chacun est en droit
de se poser la question de savoir quelles pourraient-être les
raisons dun volume si important déchecs constatés
à lexamen dentrée en 6ème et au Certificat
dÉtudes primaires ?.
Nous considérons
quelles sont la conséquence de la conjugaison de divers facteurs
connus sur lesquels le pouvoir en place na pas porté grande
attention depuis un certain nombre dannées.
La première
de ces raisons est vraisemblablement un manque de motivation de lenfant.
La seconde sinscrit
dans une certaine logique de démobilisation des enseignants qui
sont confrontés depuis trop longtemps aux pires difficultés
financières, aux retards institutionnalisés de paiement
de leurs salaires ainsi quà des conditions de travail fortement
dégradées mais aussi à une augmentation insoutenable
du coût de la vie et notamment à celle des denrées
dites de première nécessitée.
Le versement dun
salaire décent et à date fixe . ne serait-ce pas
lun des moyens de reconnaissance par lÉtat de la
valeur des acquis et des capacités de chaque enseignant à
dispenser son savoir et son savoir-faire ?.
Que dire de la quasi
absence dun plan de carrière et de sa détermination
quà partir dune obligation dimplication politique
imposée aux enseignants ?.
Nous avons là
les premiers éléments de réponse.
Par ailleurs, lorsque
lon sait que la grande majorité des écoles du pays
sont laissées à labandon par le Ministère
de lÉducation nationale et que les aides de fonctionnement
sont réduites à leur plus simple expression, cest
à dire quasiment à rien ! comment pourrait-on sétonner
du niveau des résultats scolaires obtenus ?.
Comment enseigner
décemment lorsque les conditions dexercice ne le sont pas
?.
Sans vouloir mentionner
labsence de mobiliers dits ergonomiques, il existent comme en
chaque domaine de notre vie quotidienne un minimum vital, lessentiel
sans le superflu, pour ce qui concerne les conditions de travail des
uns, des unes et des autres.
Si ces conditions
minimales ne sont pas réalisées cest inévitablement
un dysfonctionnement du système éducatif, une lacune qui
aura forcément des incidences sur les conditions de lenseignement
dispensé et sur la pédagogie générale, doù
les conséquences pour lenfant et ses apprentissages.
La politique
de lignorance et de lenfermement
Comme nous lavons
toujours prétendu, lÉducation Nationale devrait
être lun des secteurs prioritaires du gouvernement djiboutien.
On peut affirmer
sans se tromper que toutes les conditions dexistence et de travail
dans les établissements scolaires se sont fortement dégradées
au point que bon nombre denseignants ont choisi lexil plutôt
que les promesses sans lendemain qui leurs étaient faites depuis
trop longtemps par le pouvoir en place.
Les artifices de
façade avancés par le pouvoir dIsmaël Omar
Guelleh, avec toutes les falsifications des vérités dont
on ne cesse de nous abreuver, masquent les réalités des
difficultés auxquelles les acteurs du monde éducatif (à
lexception du Ministre de tutelle) sont confrontés.
De plus et pour
ce qui concerne spécifiquement le niveau dEnseignement
des matières, le nivellement par le bas des enseignements dispensés,
tel que préconisé récemment par le Ministre de
lÉducation nationale dans sa proposition de linstauration
dun « Baccalauréat djiboutien », ne ferait
quaggraver la situation en interdisant quasiment aux élèves
comme aux enseignants toutes les possibilités actuelles et futures
daccéder aux Universités européennes ou situées
sur le continent Nord Américain tout en instaurant un frein aux
échanges bi latéraux en matière denseignement,
de pédagogie et de psychologie.
Les conditions dattributions
des bourses et des aides aux échanges bi latéraux denseignements
sont elles respectées ?
La réponse
est non !
Ces bourses et ces
aides supranationales, dont il nest pas fait publicité,
se perdent dans les méandres de ladministration ou sont
reversées aux destinataires après forte minoration ce
qui annihile toute volonté des étudiants de poursuivre
leurs études ailleurs quà Djibouti et limite aussi
lélargissement des connaissances des enseignants.
A chacun son
parcours d'excellence - Le droit à l'accès à l'enseignement
pour tous.
La culture et les
langues locales doivent être intégrées aux programmes
de lÉducation nationale qui, par ailleurs, ne peut se couper
des réalités du monde extérieur.
De même et
quelques puissent être les origines sociale, ethnique, tribale
ou religieuse, les moyens éducatifs et daccompagnement
doivent permettre à chaque enfant et à chaque étudiant
deffectuer son parcours dexcellence.
En matière
dÉducation et de formation professionnelle, légalité
des chances ne devrait pas être une tolérance consentie
exclusivement aux enfants issus de la couche sociale la plus favorisée
mais un Droit reconnu par tous et pour tous.
Pour conclure, la
fracture qui sest instaurée puis sest aggravée
depuis quelques années entre le Ministère de lÉducation
nationale et les véritables acteurs de terrain que sont les enseignants
et les familles fait obligation aujourdhui au pouvoir en place
de mettre en uvre, dans les meilleurs délais et conditions,
une totale refonte du système éducatif dans lequel les
enseignants, les familles et les élèves ont prioritairement
leur place.
Ce gouvernement
a t-il cette faculté de changer les choses en se remettant en
question ou se confortera t-il dans ses prérogatives dun
autre âge en oubliant que lenfant daujourdhui
cest la femme ou lhomme de demain dont le monde du travail
à Djibouti a forcément besoin ?.
La
Commission du GED chargée du projet «
Djibouti Quelle École pour nos enfants ? »