LE MONDE DE L'ENSEIGNEMENT
Dernière modification : le 13-Jui-2003 12:33 (GMT+1 / Bruxelles)

13/06/03 - Face aux méthodes antédiluviennes d'un régime despotique qui ignore l'enfant, le GED considère qu'Eduquer dès la petite enfance c'est structurer l'enfant pour le préparer à un meilleur avenir. Bouh Warsama

Dans un récent article M Moustapha Kaireh Darar, membre du Gouvernement en Exil, nous a relaté les conditions sordides dans lesquelles les enfants mineurs, djiboutiens et émigrés, étaient incarcérés et subissaient des sévices et des viols d'autres détenus adultes dans la prison de Gabode.

L'administration de cette sinistre prison comme l'Etat djiboutien confirment ainsi qu'ils se désintéressent totalement des conditions d'existence des enfants mineurs qu'ils soient emprisonnés ou pas et a fortiori lorsqu'ils sont d'origine modeste ou réfugiés.

Nous condamnons fermement de telles pratiques qui furent dénoncées et condamnées à diverses reprises par le passé par les instances internationales et l'Union Européenne mais sont, hélas, restées sans effet.

Nous en sommes réduits à dénoncer ces actes odieux qui se perpétuent alors que ces enfants sont sacrifiés sur l'autel du diplomatiquement correct et de la non ingérence dans les supposées "affaires intérieures" d'un pays indépendant et souverain.

Nous n'avons pas la prétention de tout changer par enchantement mais dans un premier temps de faire réfléchir chaque adulte sur son attitude par rapport à l'enfant mais aussi sur les mutations profondes qui s'instaurent et qui doivent modifier les comportements y compris à Djibouti.

Eduquer les enfants c'est aussi
avant toute chose Responsabiliser les adultes

Faire un "copier-coller" de ce qui se fait ailleurs ce serait perpétuer les mêmes erreurs déjà commises depuis plus de 25 ans en matière d'Education et de formation professionnele à Djibouti.

Les méthodes éducatives et d'enseignement changent au fur et à mesure que ce monde évolue, il convient donc de les prendre dans leur ensemble et de les accompagner tout en les adaptant aux spécificités locales.

A l'inverse de ce qui est fait par le régime d'Ismaël Omar Guelleh, le Gouverrnement en Exil exhorte les enseignants et l'administration de tutelle mais aussi le ministère de la Famille à intégrer des programmes novateurs et cohérents pour la petite enfance et l'éducation familiale dans leurs plans à long terme.

En premier lieu il convient d'admettre que l'on ne peut dissocier Education - Formation professionnelle, c'est à dire l'enseignement du "Savoir" et du "Savoir faire" de l'Education comportementale de l'enfant, le "Savoir être", qui est de la responsabilité première des parents.

On voit tout l'intérêt qu'il y a d'unir dans une même démarche les Enseignants et les parents, ce pour le bien de l'enfant.

L'Etat djiboutien ne résoudra pas
les problèmes liés à l'enfance
par des mots sans lendemain mais par des Actes

Nous allons nous fixer sur le délicat sujet "d'Eduquer sans punir"

Comme parents nous avons tous une obligation d'éducation envers nos enfants.

Cette tâche n'est pas toujours aisée car consistant à guider l'enfant, surtout dès la petite enfance, car on considère généralement qu'il enregistre et fixe toutes ses structures fondamentales avant l'âge de 6 ans, ceci lui permettant d'acquérir peu à peu son autonomie et de devenir à l'âge adulte un individu et un citoyen responsable.

Ce vaste programme n'est pas toujours facile à assumer car dans un monde en pleine mutation et confrontés qu'ils sont aux "mauvais exemples" d'un Etat corrompu et ignorant des difficultés, les parents se trouvent souvent démunis face à leurs conditions d'existence difficiles mais aussi observant l'attitude de leur tout jeune enfant qui ne sait parfois que réagir en exprimant son opposition, en faisant des colères ou des crises.

Cela commence avant même que l'enfant acquiert le langage et beaucoup de jeunes parents, à bout de ressources, croient bien faire en donnant de petites tapes sur les fesses ou les mains de leur petit enfant sous prétexte qu'il ne comprend pas autre chose.

Ensuite, lorsque l'enfant a grandi, ils instaurent progressivement, toujours en croyant bien faire, un système de punition-récompense

  • "Tu auras ça si tu fais ça ou si tu ne fais pas ça". Dans cet engrenage, le chantage affectif occupe souvent la première place :
  • "Si tu m'aimes, tu dois m'obéir, faire ceci ou cela."

Ce système, qui peut donner l'illusion d'être efficace un temps, que ne ferait-on pas pour avoir la dernière game-boy, révèle malgré tout très vite ses limites.

C'est donnant, donnant et l'enfant s'aperçoit très vite qu'à ce jeu là, il détient un énorme pouvoir sur ses parents.

Bientôt, on ne saura plus qui est le maître-chanteur : les parents ou l'enfant.

Quoi qu'il en soit, les parents se trouvent très souvent confrontés à une escalade dangereuse pour leur porte-monnaie et pour l'équilibre familial.

La santé psychique de l'enfant y est également mise à mal dans la mesure où l'enfant se vide de ses désirs au fur et à mesure que ses parents lui accordent tout ce dont il a envie.

La contre-partie de cette escalade est un sentiment de toute-puissance qui peut envahir l'enfant et lui faire croire que c'est lui qui dicte sa loi à ses parents en leur imposant tel achat ou tel autre ou en les obligeant à suivre sa volonté : sorties, fréquentations...

Dans ce dysfonctionnement familial, les repères générationnels dont l'enfant a besoin pour se construire, deviennent confus.

Certains parents, conscients des dérives de leur système éducatif, croient bien faire pour redresser la barre, de donner des fessées, des gifles ou même de menacer du martinet (oui cela se fait encore).

Pour se déculpabiliser, ils déclarent :

  • "Autrefois, on éduquait les enfants comme ça !".
    A cela il convient de répondre " Autrefois c'était autrefois !"
  • Ou encore on entend dire : "C'est comme ça que j'ai été élevé et cela ne m'a pas fait de mal."

Les présents écrits ont pour but d'aider les parents qui se sont engagés sans y prendre garde dans ces impasses éducatives dont ils voudraient bien sortir.

Ils ont aussi l'ambition de participer à l'évolution de la société qui va vers plus de respect de la personnalité de l'enfant au niveau des populations avec toutefois un total anachronisme entre ce que dit et fait l'Etat djiboutien.

Mais comment faire pour éduquer sans punir ?

L'autorité naturelle

Beaucoup de parents qui ont recours à ces attitudes éducatives le font par manque de confiance dans leur propre autorité.

Les parents inquiets doivent donc tout d'abord se persuader qu'ils sont capables d'assumer leur rôle de parents sans avoir recours à des menaces dignes d'un autre âge.

Le GED se propose de mettre en place une structure spécialisée avec un psychologue par secteur ; au besoin, les parents ne devront pas hésiter à demander conseil et à consulter cette structure d'accompagnement médico éducatif.

Ces structures seront opérationnelles et de terrain et certes pas administratives, elles auront une forme d'obligation de résultat dans le rôle prépondérant de proximité qui leur sera dévolu mais aussi une totale autonomie d'action et dotées des moyens de leurs ambitions.

Cette démarche des parents vers ce type de structure doit les aider à adhérer avec plus de conviction à leur rôle de premiers éducateurs.

Le Gouvernement Exil propose aussi de mettre en place dans chaque ville et village des lieux de rencontre entre les parents accompagnés de leurs jeunes enfants, type "Maison verte" créées par Françoise Dolto et adaptées aux spécificités locales.

Une fois encore il convient de rappeler qu'il ne s'agit point dans l'esprit du Gouvernement en Exil de copier aveuglément tout ce qui se fait ailleurs.

Contrairement à ce qui est fait actuellement, l'Etat djiboutien doit AGIR en mettant en application des exemples de réussites à l'étranger et non attendre que d'autres le fassent à sa place et à leur manière quant à la résolution des problèmes auxquels il est confronté pour les adapter au mieux aux spécificités de chaque région du pays.

Dans ces lieux, les enfants joueront et s'exprimeront par l'entremise de multiples formes d'expression, non exhaustives, sous le regard de leurs parents.
Les professionnels médico éducatifs de la petite enfance seront présents pour répondre, si besoin est, aux interrogations des parents qui souhaitent être guidés dans leur rôle d'éducateur.

Les échanges entre les parents eux-mêmes, sur les difficultés des uns et des autres, peut également apporter un soutien efficace.
Le fait de savoir qu'on n'est pas seul à avoir rencontré tel type de difficultés peut rassurer et aider à les relativiser.

L'enfant qui dit toujours non

Tous les jeunes enfants passent par une phase d'opposition.

Dire "non" pour le jeune enfant, c'est souvent la première manifestation de son individualité et pas forcément l'expression d'un individualisme prononcé.

S'il s'oppose à ses parents c'est pour mieux affirmer sa propre personnalité.

Pour autant, les parents ne doivent pas se sentir menacés dans leur autorité lorsque le tout-petit conteste.

Par contre, ce qu'ils vont faire de cette opposition leur appartient. A eux d'expliquer le pourquoi de telle interdiction ou de telle obligation.

Quel que soit l'âge de l'enfant, cela passe par la parole avant tout.

Tout doit être expliqué au tout-petit dans le langage le plus approprié. Le message le plus simple est souvent celui que l'enfant va le mieux comprendre.

  • "Tu dois aller au lit maintenant parce que tu es fatigué" ,
  • "Tu ne peux pas manger ceci parce que cela te rendrait malade",
  • "Tu dois prêter ton ballon de foot ball si tu veux avoir des copains",
  • "Tu ne dois pas prendre le jouet du voisin sans lui demander s'il est d'accord".

Bien sûr, dans la période qui suit l'acquisition de la marche, les parents se sentent quelquefois démunis parce que leur enfant, qui ne maîtrise pas encore le langage, veut tout explorer dans son environnement au risque de faire de grosses bêtises.

Mais c'est justement en parlant avec l'enfant qu'il va acquérir le langage.

En tout état de cause, l'enfant comprend beaucoup de choses avant de pouvoir les énoncer. Quoi qu'il en soit, plutôt que de donner de petites tapes quand l'enfant se met en danger, c'est aux parents qu'il appartient de faire en sorte que la situation ne soit pas dangereuse pour l'enfant.

Les jeunes enfants se construisent en s'identifiant à l'adulte, donc, si vous tapez votre enfant, ne vous étonnez pas de le voir, par la suite, procéder de même à votre égard voire plus tard vis à vis de ses propres enfants.

Ce type de relation qui s'instaure souvent dès le plus jeune âge sera, lorsque l'enfant va grandir, bien difficile à corriger.

Lorsque l'enfant grandit

Eduquer un enfant sans punition doit rester l'objectif de toute éducation, certes ce n'est guère facile.

Punir par une gifle est à proscrire et si sanction éducative - formatrice il peut y avoir, le pourquoi de cette réparation doit être largement expliqué, bien compris par l'enfant et admis de lui, avant que ladite réparation ne soit effectuée.

Les principes de la petite enfance restent valables et ils seront d'autant plus faciles à mettre en oeuvre qu'ils ont été à la base de la relation avec le tout-petit enfant.

C'est à dire toujours et toujours expliquer le pourquoi de principes éducatifs, qui doivent avoir pour but de responsabiliser l'enfant à son propre destin :

"Tu travailles pour toi, si tu fais des efforts, quand tu seras grand, tu pourras faire un travail qui te plaît".

C'est aux parents également de montrer le droit chemin en matière de citoyenneté : respect de l'autre, respect du Droit à la différence.

Toutes valeurs qui sont d'ailleurs reprises à l'école. C'est là que l'on voit l'intérêt majeur à ce qu'Enseignements et parents accompagnent l'enfant en appliquant des valeurs communes et partagées.

Tous les acteurs du système éducatif doivent en effet avoir un discours et des actes cohérents pour que l'enfant puisse adhérer à ce discours et le mettre en actes.

Bien sûr, il y aura des ratées dans ce système sans punition mais lorsque l'enfant devra être repris à l'ordre, la notion de réparation prévaut sur la notion de punition.

La réparation

Lorsqu'il y a un manquement aux principes éducatifs en vigueur, que ce soit à l'école ou à la maison, il faudra avoir recours encore au langage.

Parler avec l'enfant pour comprendre le contexte, l'enchaînement des faits qui ont abouti à la mauvaise action. Bien souvent, l'enfant croit être dans son bon droit en tout bonne foi.

L'aider à comprendre les conséquences de son acte pour mieux éviter la récidive.

S'excuser auprès de celui qui a été lésé est souvent un bon moyen de réparer "l'outrage".

Si les dégâts sont matériels, on peut imaginer un moyen de réparation qui compensera le dommage.

Aider l'enfant à réparer c'est aussi le déculpabiliser par rapport à l'acte répréhensible.

Cependant, le rôle des parents est malgré tout de lui faire prendre conscience que tout n'est pas toujours réparable, et que cela le sera de moins en moins au fur et à mesure qu'il va grandir et devenir adolescent.

En tout état de cause, lorsque l'enfant semble prendre plaisir à faire bêtise sur bêtise, cela doit alerter les parents.

L'enfant exprimant bien souvent un malaise à travers cette répétition. C'est souvent le seul moyen inconscient qui lui permet de dire à son entourage que quelque chose ne va pas. Il convient alors d'avoir recours à une structure d'assistance et au psychologue

 

Compte tenu de la situation de l'enfance à Djibouti, nous tenons à rappeler à Ismaël Omar Guelleh qu'il a signé une "Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant".

 

Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant

Article 1 - Définition de l'enfant

L'enfant est défini comme tout être humain de moins de 18 ans, sauf si la loi nationale accorde la majorité plus tôt.

Article 2 - Non-discrimination

Tous les droits s'appliquent à tout enfant sans exception. L'Etat a l'obligation de protéger l'enfant contre toute forme de discrimination et de prendre des mesures positives pour favoriser le respect de ses droits.

Article 3 - Intérêt supérieur de l'enfant

Toute décision concernant un enfant doit tenir pleinement compte de l'intérêt supérieur de celui-ci. L'Etat doit assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires au cas où ses parents ou les autres personnes responsables de lui en sont incapables.

Article 4 - Exercice des droits

L'Etat doit faire tout son possible pour assurer l'exercice des droits définis par la Convention.

Article 5 - Orientation de l'enfant et évolution de ses capacités

L'Etat doit respecter les droits et responsabilités des parents, ainsi que des membres de la famille élargie, s'agissant de guider l'enfant d'une manière qui corresponde au développement de ses capacités.

Article 6 - Survie et développement

Tout enfant a un droit inhérent à la vie et l'Etat a l'obligation d'assurer la survie et le développement de l'enfant.

Article 7 - Nom et nationalité

L'enfant a le droit à un nom dès la naissance. Il a également le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d'être élevé par eux.

Article 8 - Protection de l'identité

L'Etat a l'obligation de protéger et si nécessaire de rétablir les aspects fondamentaux de l'identité de l'enfant (y compris nom, nationalité et relations familiales).

Article 9 - Séparation d'avec les parents

L'enfant a le droit de vivre avec ses parents à moins que cela ne soit jugé incompatible avec son intérêt supérieur; il a également le droit de maintenir des contacts avec ses deux parents s'il est séparé de l'un d'entre eux ou des deux.

Article 10 - Réunification de la famille

L'enfant et ses parents ont le droit de quitter tout pays, ainsi que d'entrer dans leur pays d'origine, aux fins de la réunification de la famille ou du maintien des relations entre ses différents membres.

Article 11 - Déplacements et non-retours illicites

L'Etat a l'obligation de lutter contre les rapts et les non-retours illicites d'enfants à l'étranger perpétrés par un parent ou un tiers.

Article 12 - Opinion de l'enfant

L'enfant a le droit, dans toute question ou procédure le concernant, d'exprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en considération.

Article 13 - Liberté d'expression

L'enfant a le droit d'exprimer ses vues, d'obtenir des informations et de faire connaître des idées et des informations, sans considération de frontières.

Article 14 - Liberté de pensée, de conscience et de religion

L'Etat respecte le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion, tout en respectant le rôle de guide joué par les enfants.

Article 15 - Liberté d'association

Les enfants ont le droit de se réunir et d'adhérer à des associations ou d'en former.

Article 16 - Protection de la vie privée

L'enfant a le droit d'être protégé contre toute immixtion dans sa vie privée, sa famille, son domicile et sa correspondance, et contre les atteintes illégales à son honneur.

Article 17 - Accès à une information appropriée

L'Etat garantit l'accès de l'enfant à une information et à des matériels provenant de sources diverses, et encourage les médias à diffuser une information qui présente une utilité sociale et culturelle pour l'enfant. L'Etat prend des mesures pour protéger l'enfant contre les matériels nuisibles à son bien-être.

Article 18 - Responsabilité des parents

La responsabilité d'élever l'enfant incombe au premier chef et conjointement aux deux parents, et l'Etat doit les aider à exercer cette responsabilité. Il leur accorde une aide appropriée pour élever l'enfant.

Article 19 - Protection contre les mauvais traitements

L'Etat doit protéger l'enfant contre toutes formes de mauvais traitements perpétrés par ses parents ou par toute autre personne à qui il est confié, et il établit des programmes sociaux appropriés pour prévenir les mauvais traitements et pour traiter les victimes.

Article 20 - Protection de l'enfant privé de son milieu familial

L'Etat a l'obligation d'assurer une protection spéciale à l'enfant privé de son milieu familial et de veiller à ce qu'il puisse bénéficier d'une protection familiale de remplacement ou d'un placement dans un établissement approprié. Toute démarche relative à cette obligation tiendra dûment compte de l'origine culturelle de l'enfant.

Article 21 - Adoption

Dans les pays où l'adoption est admise ou autorisée, elle ne peut avoir lieu que dans l'intérêt supérieur de l'enfant et lorsque sont réunies toutes les autorisations des autorités compétentes ainsi que toutes les garanties nécessaires.

Article 22 - Enfants réfugiés

Une protection spéciale est accordée à l'enfant réfugié ou qui cherche à obtenir le statut de réfugié. L'Etat a l'obligation de collaborer avec les organisations compétentes ayant pour mandat d'assurer cette protection.

Article 23 - Enfants handicapés

L'enfant handicapé a le droit de bénéficier de soins spéciaux ainsi que d'une éducation et d'une formation appropriées pour lui permettre de mener une vie pleine et décente, dans la dignité, et pour parvenir au degré d'autonomie et d'intégration sociale le plus élevé possible.

Article 24 - Santé et services médicaux

L'enfant a le droit de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux. L'Etat met un accent particulier sur les soins de santé primaires et les soins préventifs, sur l'information de la population, ainsi que sur la diminution de la mortalité infantile. Les Etats encouragent à cet égard la coopération internationale et s'efforcent d'assurer qu'aucun enfant ne soit privé du droit d'avoir accès à des services de santé efficaces.

Article 25 - Révision du placement

L'enfant placé par les autorités compétentes à des fins de soins, de protection ou de traitement, a droit à une révision périodique du placement.

Article 26 - Sécurité sociale

L'enfant a le droit de bénéficier de la sécurité sociale, y compris des assurances sociales.

Article 27 - Niveau de vie

Tout enfant a le droit à un niveau de vie suffisant à son développement physique, mental, spirituel, moral et social. C'est aux parents qu'incombe la responsabilité primordiale de lui assurer ce niveau de vie. L'Etat a le devoir de faire en sorte que cette responsabilité puisse être - et soit - assumée. La responsabilité de l'Etat peut inclure un aide matérielle aux parents et à leurs enfants.

Article 28 - Education

L'enfant a le droit à l'éducation et l'Etat a l'obligation de rendre l'enseignement primaire obligatoire et gratuit, d'encourager l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire accessibles à tout enfant et d'assurer à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun.

La discipline scolaire doit respecter les droits et la dignité de l'enfant.

Pour assurer le respect de ce droit, les Etats ont recours à la coopération internationale.

Article 29 - Objectifs de l'éducation

L'éducation doit viser à favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant, le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure des ses potentialités. Elle doit préparer l'enfant à une vie adulte active dans une société libre et encourager en lui le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que de la culture et des valeurs d'autrui.

Article 30 - Enfants de minorités ou de populations autochtones

L'enfant appartenant à une population autochtone ou à une minorité a le droit de jouir de sa propre vie culturelle, de pratiquer sa propre religion et d'employer sa propre langue.

Article 31 - Loisirs, activités récréatives et culturelles

L'enfant a le droit aux loisirs, au jeu et à la participation à des activités culturelles et artistiques.

Article 32 - Travail des enfants

L'enfant a le droit d'être protégé contre tout travail mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement. L'Etat fixe des âges minimaux d'admission à l'emploi et réglemente les conditions d'emploi.

Article 33 - Consommation et trafic de drogues

L'enfant a le droit d'être protégé contre la consommation de stupéfiants et de substances psychotropes, et contre son utilisation dans la production et la diffusion de telles substances.

Article 34 - Exploitation sexuelle

L'Etat doit protéger l'enfant contre la violence et l'exploitation sexuelles, y compris la prostitution et la participation à toute production pornographique.

Article 35 - Vente, traite et enlèvement

L'Etat a l'obligation de tout faire pour empêcher l'enlèvement, la vente ou la traite d'enfants.

Article 36 - Autres formes d'exploitation

L'enfant a le droit d'être protégé contre toute forme d'exploitation non couverte dans les articles 32, 33, 34 et 35.

Article 37 - Torture et privation de liberté

Nul enfant ne doit être soumis à la torture, à des peines ou traitements cruels, à l'arrestation ou à la détention illégales.

La peine capitale et l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération sont interdits pour les infractions commises par des personnes âgées de moins de 18 ans.

L'enfant privé de liberté a le droit de bénéficier d'une assistance juridique ou de toute autre assistance appropriée, et il a le droit de rester en contact avec sa famille.

Article 38 - Conflits armés

Les Etats parties prennent toutes les mesures possibles dans la pratique pour veiller à ce que les personnes n'ayant pas atteint l'âge de 15 ans ne participent pas directement aux hostilités.

Aucun enfant de moins de 15 ans ne sera enrôlé dans les forces armées. Les Etats assurent également la protection et les soins des enfants touchés par un conflit armé, selon les dispositions prévues par le droit international pertinent.

Article 39 - Réadaptation et insertion

L'Etat a l'obligation de faire en sorte que les enfants victimes de conflit armé, de torture, de négligence, d'exploitation ou de sévices bénéficient de traitements appropriés pour assurer leur réadaptation et leur réinsertion sociale.

Article 40 - Administration de la justice pour mineurs

Tout enfant suspecté, accusé ou reconnu coupable d'avoir commis un délit a droit à un traitement qui favorise son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui tienne compte de son âge et qui vise sa réintégration dans la société. L'enfant a droit à des garanties fondamentales, ainsi qu'à une assistance juridique ou à toute autre assistance appropriée pour sa défense.

Article 41 - Respect des normes déjà établies

Si une disposition relative aux droits de l'enfant figurant dans le droit national ou international en vigueur pour un Etat est plus favorable que la disposition analogue dans cette Convention, c'est la norme la plus favorable qui s'applique.

Articles 42 à 54 - Application et entrée en vigueur

  • Les dispositions de ces articles prévoient notamment :
    l'obligation de l'Etat de faire largement connaître les droits contenus dans la Convention, aux adultes comme aux enfants.
  • la création d'un Comité des Droits de l'Enfant composé de dix experts chargés d'examiner les rapports que les Etats parties de la Convention devront soumettre deux ans après la ratification et tous les cinq ans par la suite.
  • Les Etats parties assurent à leurs rapports une large diffusion dans leur pays.
  • Le Comité peut proposer que des études spéciales soient entreprises sur des questions relatives aux droits de l'enfant. Il peut faire connaître ses suggestions et recommandations à tout Etat partie concerné ainsi qu'&agravte; l'Assemblée générale des Nations Unies.
  • Pour promouvoir l'application effective et encourager la coopération internationale, les agences spécialisées des Nations Unies peuvent assister aux réunions du Comité. Elles peuvent - ainsi que tout autre organisme jugé " compétent ", y compris les ONG dotées de statut consultatif auprès des organismes de l'ONU - soumettre des informations pertinentes au Comité et se voir inviter à donner leur avis afin d'assurer la meilleure application possible de la Convention.

A la lecture du contenu de cette Convention on constate, une fois encore, que l'Etat djiboutien actuel est celui de tous les mensonges et des falsifications les plus honteuses car elles concernent et pénalisent l'enfant.

Pauvre ou riche, réfugié ou pas, quelles que puissent être ses origines, son ethnie d'appartenance et sa couleur, la langue pratiquée et sa religion, l'enfant est l'avenir d'un pays et celui de sa Nation.

Dormons en paix,
rien d'important ne se passe à Djibouti !

 

Bouh Warsama