13/06/03
- Face aux méthodes antédiluviennes d'un régime
despotique qui ignore l'enfant, le GED considère qu'Eduquer
dès la petite enfance c'est structurer l'enfant pour le préparer
à un meilleur avenir.
Bouh Warsama
Dans un récent
article M Moustapha Kaireh Darar, membre du Gouvernement en Exil,
nous a relaté les conditions sordides dans lesquelles les enfants
mineurs, djiboutiens et émigrés, étaient incarcérés
et subissaient des sévices et des viols d'autres détenus
adultes dans la prison de Gabode.
L'administration
de cette sinistre prison comme l'Etat djiboutien confirment ainsi
qu'ils se désintéressent totalement des conditions d'existence
des enfants mineurs qu'ils soient emprisonnés ou pas et a fortiori
lorsqu'ils sont d'origine modeste ou réfugiés.
Nous
condamnons fermement de telles pratiques qui furent dénoncées
et condamnées à diverses reprises par le passé
par les instances internationales et l'Union Européenne mais
sont, hélas, restées sans effet.
Nous
en sommes réduits à dénoncer ces actes odieux
qui se perpétuent alors que ces enfants sont sacrifiés
sur l'autel du diplomatiquement correct et de la non ingérence
dans les supposées "affaires intérieures"
d'un pays indépendant et souverain.
Nous
n'avons pas la prétention de tout changer par enchantement
mais dans un premier temps de faire réfléchir chaque
adulte sur son attitude par rapport à l'enfant mais aussi sur
les mutations profondes qui s'instaurent et qui doivent modifier les
comportements y compris à Djibouti.
Eduquer
les enfants c'est aussi
avant toute chose Responsabiliser les adultes
Faire
un "copier-coller" de ce qui se fait ailleurs ce serait
perpétuer les mêmes erreurs déjà commises
depuis plus de 25 ans en matière d'Education et de formation
professionnele à Djibouti.
Les
méthodes éducatives et d'enseignement changent au fur
et à mesure que ce monde évolue, il convient donc de
les prendre dans leur ensemble et de les accompagner tout en les adaptant
aux spécificités locales.
A l'inverse
de ce qui est fait par le régime d'Ismaël Omar Guelleh,
le Gouverrnement en Exil exhorte les enseignants et l'administration
de tutelle mais aussi le ministère de la Famille à intégrer
des programmes novateurs et cohérents pour la petite enfance
et l'éducation familiale dans leurs plans à long terme.
En premier
lieu il convient d'admettre que l'on ne peut dissocier Education -
Formation professionnelle, c'est à dire l'enseignement du "Savoir"
et du "Savoir faire" de l'Education comportementale de l'enfant,
le "Savoir être", qui est de la responsabilité
première des parents.
On voit tout
l'intérêt qu'il y a d'unir dans une même démarche
les Enseignants et les parents, ce pour le bien de l'enfant.
L'Etat
djiboutien ne résoudra pas
les problèmes liés à l'enfance
par des mots sans lendemain mais par des Actes
Nous allons
nous fixer sur le délicat sujet "d'Eduquer sans punir"
Comme parents
nous avons tous une obligation d'éducation envers nos enfants.
Cette tâche
n'est pas toujours aisée car consistant à guider l'enfant,
surtout dès la petite enfance, car on considère généralement
qu'il enregistre et fixe toutes ses structures fondamentales avant
l'âge de 6 ans, ceci lui permettant d'acquérir peu à
peu son autonomie et de devenir à l'âge adulte un individu
et un citoyen responsable.
Ce vaste programme
n'est pas toujours facile à assumer car dans un monde en pleine
mutation et confrontés qu'ils sont aux
"mauvais exemples" d'un Etat corrompu et ignorant des difficultés,
les parents se trouvent souvent démunis face à leurs
conditions d'existence difficiles mais aussi observant l'attitude
de leur tout jeune enfant qui ne sait parfois que réagir en
exprimant son opposition, en faisant des colères ou des crises.
Cela
commence avant même que l'enfant acquiert le langage et beaucoup
de jeunes parents, à bout de ressources, croient bien faire
en donnant de petites tapes sur les fesses ou les mains de leur petit
enfant sous prétexte qu'il ne comprend pas autre chose.
Ensuite, lorsque
l'enfant a grandi, ils instaurent progressivement, toujours en croyant
bien faire, un système de punition-récompense
- "Tu
auras ça si tu fais ça ou si tu ne fais pas ça".
Dans cet engrenage, le chantage affectif occupe
souvent la première place :
- "Si
tu m'aimes, tu dois m'obéir, faire ceci ou cela."
Ce système,
qui peut donner l'illusion d'être efficace un temps, que ne
ferait-on pas pour avoir la dernière game-boy, révèle
malgré tout très vite ses limites.
C'est
donnant, donnant et l'enfant s'aperçoit très vite qu'à
ce jeu là, il détient un énorme pouvoir sur ses
parents.
Bientôt,
on ne saura plus qui est le maître-chanteur : les parents ou
l'enfant.
Quoi qu'il en
soit, les parents se trouvent très souvent confrontés
à une escalade dangereuse pour leur porte-monnaie et pour l'équilibre
familial.
La santé
psychique de l'enfant y est également mise à mal dans
la mesure où l'enfant se vide de ses désirs au fur et
à mesure que ses parents lui accordent tout ce dont il a envie.
La contre-partie
de cette escalade est un sentiment de toute-puissance qui peut envahir
l'enfant et lui faire croire que c'est lui qui dicte sa loi à
ses parents en leur imposant tel achat ou tel autre ou en les obligeant
à suivre sa volonté : sorties, fréquentations...
Dans ce dysfonctionnement
familial, les repères générationnels dont l'enfant
a besoin pour se construire, deviennent confus.
Certains
parents, conscients des dérives de leur système éducatif,
croient bien faire pour redresser la barre, de donner des fessées,
des gifles ou même de menacer du martinet (oui cela se fait
encore).
Pour se déculpabiliser,
ils déclarent :
- "Autrefois,
on éduquait les enfants comme ça !".
A cela il convient de répondre "
Autrefois c'était autrefois !"
- Ou
encore on entend dire
: "C'est comme ça que j'ai été élevé
et cela ne m'a pas fait de mal."
Les présents
écrits ont pour but d'aider les parents qui se sont engagés
sans y prendre garde dans ces impasses éducatives dont ils
voudraient bien sortir.
Ils ont aussi
l'ambition de participer à l'évolution de la société
qui va vers plus de respect de la personnalité de l'enfant
au niveau des populations avec toutefois un total anachronisme entre
ce que dit et fait l'Etat djiboutien.
Mais
comment faire pour éduquer sans punir ?
L'autorité
naturelle
Beaucoup de
parents qui ont recours à ces attitudes éducatives le
font par manque de confiance dans leur propre autorité.
Les parents
inquiets doivent donc tout d'abord se persuader qu'ils sont capables
d'assumer leur rôle de parents sans avoir recours à des
menaces dignes d'un autre âge.
Le
GED se propose de mettre en place une structure spécialisée
avec un psychologue par secteur ; au besoin, les parents ne devront
pas hésiter à demander conseil et à consulter
cette structure d'accompagnement médico éducatif.
Ces
structures seront opérationnelles et de terrain et certes pas
administratives, elles auront une forme d'obligation de résultat
dans le rôle prépondérant de proximité
qui leur sera dévolu mais aussi une totale autonomie d'action
et dotées des moyens de leurs ambitions.
Cette démarche
des parents vers ce type de structure doit les aider à adhérer
avec plus de conviction à leur rôle de premiers éducateurs.
Le
Gouvernement Exil propose aussi de mettre en place dans chaque ville
et village des lieux de rencontre entre les parents accompagnés
de leurs jeunes enfants, type "Maison verte" créées
par Françoise Dolto et adaptées aux spécificités
locales.
Une fois encore
il convient de rappeler qu'il ne s'agit point dans l'esprit du Gouvernement
en Exil de copier aveuglément tout ce qui se fait ailleurs.
Contrairement
à ce qui est fait actuellement, l'Etat djiboutien doit AGIR
en mettant en application des exemples de réussites à
l'étranger et non attendre que d'autres le fassent à
sa place et à leur manière quant à la résolution
des problèmes auxquels il est confronté pour les adapter
au mieux aux spécificités de chaque région du
pays.
Dans ces lieux,
les enfants joueront et s'exprimeront par l'entremise de multiples
formes d'expression, non exhaustives, sous le regard de leurs parents.
Les professionnels médico éducatifs de la petite enfance
seront présents pour répondre, si besoin est, aux interrogations
des parents qui souhaitent être guidés dans leur rôle
d'éducateur.
Les
échanges entre les parents eux-mêmes, sur les difficultés
des uns et des autres, peut également apporter un soutien efficace.
Le fait de savoir qu'on n'est pas seul à avoir rencontré
tel type de difficultés peut rassurer et aider à les
relativiser.
L'enfant
qui dit toujours non
Tous les jeunes
enfants passent par une phase d'opposition.
Dire "non"
pour le jeune enfant, c'est souvent la première manifestation
de son individualité et pas forcément l'expression d'un
individualisme prononcé.
S'il s'oppose
à ses parents c'est pour mieux affirmer sa propre personnalité.
Pour autant, les
parents ne doivent pas se sentir menacés dans leur autorité
lorsque le tout-petit conteste.
Par contre, ce
qu'ils vont faire de cette opposition leur appartient. A eux d'expliquer
le pourquoi de telle interdiction ou de telle obligation.
Quel que soit
l'âge de l'enfant, cela passe par la parole avant tout.
Tout doit être
expliqué au tout-petit dans le langage le plus approprié.
Le message le plus simple est souvent celui que l'enfant va le mieux
comprendre.
- "Tu
dois aller au lit maintenant parce que tu es fatigué"
,
- "Tu
ne peux pas manger ceci parce que cela te rendrait malade",
- "Tu
dois prêter ton ballon de foot ball si tu veux avoir des copains",
- "Tu
ne dois pas prendre le jouet du voisin sans lui demander s'il est
d'accord".
Bien sûr,
dans la période qui suit l'acquisition de la marche, les parents
se sentent quelquefois démunis parce que leur enfant, qui ne
maîtrise pas encore le langage, veut tout explorer dans son
environnement au risque de faire de grosses bêtises.
Mais
c'est justement en parlant avec l'enfant qu'il va acquérir
le langage.
En tout état
de cause, l'enfant comprend beaucoup de choses avant de pouvoir les
énoncer. Quoi qu'il en soit, plutôt que de donner de
petites tapes quand l'enfant se met en danger, c'est aux parents qu'il
appartient de faire en sorte que la situation ne soit pas dangereuse
pour l'enfant.
Les jeunes
enfants se construisent en s'identifiant à l'adulte, donc,
si vous tapez votre enfant, ne vous étonnez pas de le voir,
par la suite, procéder de même à votre égard
voire plus tard vis à vis de ses propres enfants.
Ce type de relation
qui s'instaure souvent dès le plus jeune âge sera, lorsque
l'enfant va grandir, bien difficile à corriger.
Lorsque
l'enfant grandit
Eduquer un
enfant sans punition doit rester l'objectif de toute éducation,
certes ce n'est guère facile.
Punir
par une gifle est à proscrire et si sanction éducative
- formatrice il peut y avoir, le pourquoi de cette réparation
doit être largement expliqué, bien compris par l'enfant
et admis de lui, avant que ladite réparation ne soit effectuée.
Les principes
de la petite enfance restent valables et ils seront d'autant plus
faciles à mettre en oeuvre qu'ils ont été à
la base de la relation avec le tout-petit enfant.
C'est
à dire toujours et toujours expliquer le pourquoi de principes
éducatifs, qui doivent avoir pour but de responsabiliser l'enfant
à son propre destin :
"Tu
travailles pour toi, si tu fais des efforts, quand tu seras grand,
tu pourras faire un travail qui te plaît".
C'est
aux parents également de montrer le droit chemin en matière
de citoyenneté : respect de l'autre, respect du Droit à
la différence.
Toutes valeurs
qui sont d'ailleurs reprises à l'école. C'est là
que l'on voit l'intérêt majeur à ce qu'Enseignements
et parents accompagnent l'enfant en appliquant des valeurs communes
et partagées.
Tous
les acteurs du système éducatif doivent en effet avoir
un discours et des actes cohérents pour que l'enfant puisse
adhérer à ce discours et le mettre en actes.
Bien sûr,
il y aura des ratées dans ce système sans punition mais
lorsque l'enfant devra être repris à l'ordre, la notion
de réparation prévaut sur la notion de punition.
La
réparation
Lorsqu'il
y a un manquement aux principes éducatifs en vigueur, que ce
soit à l'école ou à la maison, il faudra avoir
recours encore au langage.
Parler avec
l'enfant pour comprendre le contexte, l'enchaînement des faits
qui ont abouti à la mauvaise action. Bien souvent, l'enfant
croit être dans son bon droit en tout bonne foi.
L'aider à
comprendre les conséquences de son acte pour mieux éviter
la récidive.
S'excuser
auprès de celui qui a été lésé
est souvent un bon moyen de réparer "l'outrage".
Si les dégâts
sont matériels, on peut imaginer un moyen de réparation
qui compensera le dommage.
Aider
l'enfant à réparer c'est aussi le déculpabiliser
par rapport à l'acte répréhensible.
Cependant, le
rôle des parents est malgré tout de lui faire prendre
conscience que tout n'est pas toujours réparable, et que cela
le sera de moins en moins au fur et à mesure qu'il va grandir
et devenir adolescent.
En tout état
de cause, lorsque l'enfant semble prendre plaisir à faire bêtise
sur bêtise, cela doit alerter les parents.
L'enfant
exprimant bien souvent un malaise à travers cette répétition.
C'est souvent le seul moyen inconscient qui lui permet de dire à
son entourage que quelque chose ne va pas. Il convient alors d'avoir
recours à une structure d'assistance et au psychologue
Compte
tenu de la situation de l'enfance à Djibouti, nous tenons à
rappeler à Ismaël Omar Guelleh qu'il a signé une
"Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant".
Convention
des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant
Article 1 -
Définition de l'enfant
L'enfant est défini
comme tout être humain de moins de 18 ans, sauf si la loi nationale
accorde la majorité plus tôt.
Article 2 - Non-discrimination
Tous
les droits s'appliquent à tout enfant sans exception. L'Etat
a l'obligation de protéger l'enfant contre toute forme de discrimination
et de prendre des mesures positives pour favoriser le respect de ses
droits.
Article 3 - Intérêt supérieur de l'enfant
Toute décision
concernant un enfant doit tenir pleinement compte de l'intérêt
supérieur de celui-ci. L'Etat doit assurer à l'enfant
la protection et les soins nécessaires au cas où ses
parents ou les autres personnes responsables de lui en sont incapables.
Article 4 - Exercice des droits
L'Etat doit faire
tout son possible pour assurer l'exercice des droits définis
par la Convention.
Article 5 - Orientation de l'enfant et évolution de ses
capacités
L'Etat
doit respecter les droits et responsabilités des parents, ainsi
que des membres de la famille élargie, s'agissant de guider
l'enfant d'une manière qui corresponde au développement
de ses capacités.
Article 6 - Survie et développement
Tout enfant a
un droit inhérent à la vie et l'Etat a l'obligation
d'assurer la survie et le développement de l'enfant.
Article 7 - Nom et nationalité
L'enfant a le
droit à un nom dès la naissance. Il a également
le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure
du possible, de connaître ses parents et d'être élevé
par eux.
Article 8 - Protection de l'identité
L'Etat a l'obligation
de protéger et si nécessaire de rétablir les
aspects fondamentaux de l'identité de l'enfant (y compris nom,
nationalité et relations familiales).
Article 9 - Séparation d'avec les parents
L'enfant a le
droit de vivre avec ses parents à moins que cela ne soit jugé
incompatible avec son intérêt supérieur; il a
également le droit de maintenir des contacts avec ses deux
parents s'il est séparé de l'un d'entre eux ou des deux.
Article 10 - Réunification de la famille
L'enfant
et ses parents ont le droit de quitter tout pays, ainsi que d'entrer
dans leur pays d'origine, aux fins de la réunification de la
famille ou du maintien des relations entre ses différents membres.
Article 11 - Déplacements et non-retours illicites
L'Etat a l'obligation
de lutter contre les rapts et les non-retours illicites d'enfants
à l'étranger perpétrés par un parent ou
un tiers.
Article 12 - Opinion de l'enfant
L'enfant
a le droit, dans toute question ou procédure le concernant,
d'exprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en
considération.
Article 13 - Liberté d'expression
L'enfant
a le droit d'exprimer ses vues, d'obtenir des informations et de faire
connaître des idées et des informations, sans considération
de frontières.
Article 14 - Liberté de pensée, de conscience et
de religion
L'Etat
respecte le droit de l'enfant à la liberté de pensée,
de conscience et de religion, tout en respectant le rôle de
guide joué par les enfants.
Article 15 - Liberté d'association
Les enfants ont
le droit de se réunir et d'adhérer à des associations
ou d'en former.
Article 16 - Protection de la vie privée
L'enfant
a le droit d'être protégé contre toute immixtion
dans sa vie privée, sa famille, son domicile et sa correspondance,
et contre les atteintes illégales à son honneur.
Article 17 - Accès à une information appropriée
L'Etat
garantit l'accès de l'enfant à une information et à
des matériels provenant de sources diverses, et encourage les
médias à diffuser une information qui présente
une utilité sociale et culturelle pour l'enfant. L'Etat prend
des mesures pour protéger l'enfant contre les matériels
nuisibles à son bien-être.
Article 18 - Responsabilité des parents
La responsabilité
d'élever l'enfant incombe au premier chef et conjointement
aux deux parents, et l'Etat doit les aider à exercer cette
responsabilité. Il leur accorde une aide appropriée
pour élever l'enfant.
Article 19 - Protection contre les mauvais traitements
L'Etat
doit protéger l'enfant contre toutes formes de mauvais traitements
perpétrés par ses parents ou par toute autre personne
à qui il est confié, et il établit des programmes
sociaux appropriés pour prévenir les mauvais traitements
et pour traiter les victimes.
Article 20 - Protection de l'enfant privé de son milieu
familial
L'Etat
a l'obligation d'assurer une protection spéciale à l'enfant
privé de son milieu familial et de veiller à ce qu'il
puisse bénéficier d'une protection familiale de remplacement
ou d'un placement dans un établissement approprié. Toute
démarche relative à cette obligation tiendra dûment
compte de l'origine culturelle de l'enfant.
Article 21 - Adoption
Dans les pays
où l'adoption est admise ou autorisée, elle ne peut
avoir lieu que dans l'intérêt supérieur de l'enfant
et lorsque sont réunies toutes les autorisations des autorités
compétentes ainsi que toutes les garanties nécessaires.
Article 22 - Enfants réfugiés
Une
protection spéciale est accordée à l'enfant réfugié
ou qui cherche à obtenir le statut de réfugié.
L'Etat a l'obligation de collaborer avec les organisations compétentes
ayant pour mandat d'assurer cette protection.
Article 23 - Enfants handicapés
L'enfant
handicapé a le droit de bénéficier de soins spéciaux
ainsi que d'une éducation et d'une formation appropriées
pour lui permettre de mener une vie pleine et décente, dans
la dignité, et pour parvenir au degré d'autonomie et
d'intégration sociale le plus élevé possible.
Article 24 - Santé et services médicaux
L'enfant
a le droit de jouir du meilleur état de santé possible
et de bénéficier de services médicaux. L'Etat
met un accent particulier sur les soins de santé primaires
et les soins préventifs, sur l'information de la population,
ainsi que sur la diminution de la mortalité infantile. Les
Etats encouragent à cet égard la coopération
internationale et s'efforcent d'assurer qu'aucun enfant ne soit privé
du droit d'avoir accès à des services de santé
efficaces.
Article 25 - Révision du placement
L'enfant placé
par les autorités compétentes à des fins de soins,
de protection ou de traitement, a droit à une révision
périodique du placement.
Article 26 - Sécurité sociale
L'enfant a le
droit de bénéficier de la sécurité sociale,
y compris des assurances sociales.
Article 27 - Niveau de vie
Tout
enfant a le droit à un niveau de vie suffisant à son
développement physique, mental, spirituel, moral et social.
C'est aux parents qu'incombe la responsabilité primordiale
de lui assurer ce niveau de vie. L'Etat a le devoir de faire en sorte
que cette responsabilité puisse être - et soit - assumée.
La responsabilité de l'Etat peut inclure un aide matérielle
aux parents et à leurs enfants.
Article 28 - Education
L'enfant
a le droit à l'éducation et l'Etat a l'obligation de
rendre l'enseignement primaire obligatoire et gratuit, d'encourager
l'organisation de différentes formes d'enseignement secondaire
accessibles à tout enfant et d'assurer à tous l'accès
à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités
de chacun.
La
discipline scolaire doit respecter les droits et la dignité
de l'enfant.
Pour
assurer le respect de ce droit, les Etats ont recours à la
coopération internationale.
Article 29 - Objectifs de l'éducation
L'éducation
doit viser à favoriser l'épanouissement de la personnalité
de l'enfant, le développement de ses dons et de ses aptitudes
mentales et physiques, dans toute la mesure des ses potentialités.
Elle doit préparer l'enfant à une vie adulte active
dans une société libre et encourager en lui le respect
de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs
culturelles, ainsi que de la culture et des valeurs d'autrui.
Article 30 - Enfants de minorités ou de populations autochtones
L'enfant
appartenant à une population autochtone ou à une minorité
a le droit de jouir de sa propre vie culturelle, de pratiquer sa propre
religion et d'employer sa propre langue.
Article 31 - Loisirs, activités récréatives
et culturelles
L'enfant a le
droit aux loisirs, au jeu et à la participation à des
activités culturelles et artistiques.
Article 32 - Travail des enfants
L'enfant
a le droit d'être protégé contre tout travail
mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement.
L'Etat fixe des âges minimaux d'admission à l'emploi
et réglemente les conditions d'emploi.
Article 33 - Consommation et trafic de drogues
L'enfant
a le droit d'être protégé contre la consommation
de stupéfiants et de substances psychotropes, et contre son
utilisation dans la production et la diffusion de telles substances.
Article 34 - Exploitation sexuelle
L'Etat
doit protéger l'enfant contre la violence et l'exploitation
sexuelles, y compris la prostitution et la participation à
toute production pornographique.
Article 35 - Vente, traite et enlèvement
L'Etat a l'obligation
de tout faire pour empêcher l'enlèvement, la vente ou
la traite d'enfants.
Article 36 - Autres formes d'exploitation
L'enfant
a le droit d'être protégé contre toute forme d'exploitation
non couverte dans les articles 32, 33, 34 et 35.
Article 37 - Torture et privation de liberté
Nul
enfant ne doit être soumis à la torture, à des
peines ou traitements cruels, à l'arrestation ou à la
détention illégales.
La
peine capitale et l'emprisonnement à vie sans possibilité
de libération sont interdits pour les infractions commises
par des personnes âgées de moins de 18 ans.
L'enfant
privé de liberté a le droit de bénéficier
d'une assistance juridique ou de toute autre assistance appropriée,
et il a le droit de rester en contact avec sa famille.
Article 38 - Conflits armés
Les Etats parties
prennent toutes les mesures possibles dans la pratique pour veiller
à ce que les personnes n'ayant pas atteint l'âge de 15
ans ne participent pas directement aux hostilités.
Aucun enfant de
moins de 15 ans ne sera enrôlé dans les forces armées.
Les Etats assurent également la protection et les soins des
enfants touchés par un conflit armé, selon les dispositions
prévues par le droit international pertinent.
Article 39 - Réadaptation et insertion
L'Etat
a l'obligation de faire en sorte que les enfants victimes de conflit
armé, de torture, de négligence, d'exploitation ou de
sévices bénéficient de traitements appropriés
pour assurer leur réadaptation et leur réinsertion sociale.
Article 40 - Administration de la justice pour mineurs
Tout
enfant suspecté, accusé ou reconnu coupable d'avoir
commis un délit a droit à un traitement qui favorise
son sens de la dignité et de la valeur personnelle, qui tienne
compte de son âge et qui vise sa réintégration
dans la société. L'enfant a droit à des garanties
fondamentales, ainsi qu'à une assistance juridique ou à
toute autre assistance appropriée pour sa défense.
Article 41 - Respect des normes déjà établies
Si une disposition
relative aux droits de l'enfant figurant dans le droit national ou
international en vigueur pour un Etat est plus favorable que la disposition
analogue dans cette Convention, c'est la norme la plus favorable qui
s'applique.
Articles 42 à 54 - Application et entrée en vigueur
- Les dispositions
de ces articles prévoient notamment :
l'obligation de l'Etat de faire largement connaître les droits
contenus dans la Convention, aux adultes comme aux enfants.
- la création
d'un Comité des Droits de l'Enfant composé de dix
experts chargés d'examiner les rapports que les Etats parties
de la Convention devront soumettre deux ans après la ratification
et tous les cinq ans par la suite.
- Les Etats
parties assurent à leurs rapports une large diffusion dans
leur pays.
- Le Comité
peut proposer que des études spéciales soient entreprises
sur des questions relatives aux droits de l'enfant. Il peut faire
connaître ses suggestions et recommandations à tout
Etat partie concerné ainsi qu'&agravte; l'Assemblée
générale des Nations Unies.
- Pour promouvoir
l'application effective et encourager la coopération internationale,
les agences spécialisées des Nations Unies peuvent
assister aux réunions du Comité. Elles peuvent - ainsi
que tout autre organisme jugé " compétent ",
y compris les ONG dotées de statut consultatif auprès
des organismes de l'ONU - soumettre des informations pertinentes
au Comité et se voir inviter à donner leur avis afin
d'assurer la meilleure application possible de la Convention.
A
la lecture du contenu de cette Convention on constate, une fois encore,
que l'Etat djiboutien actuel est celui de tous les mensonges et des
falsifications les plus honteuses car elles concernent et pénalisent
l'enfant.
Pauvre
ou riche, réfugié ou pas, quelles que puissent être
ses origines, son ethnie d'appartenance et sa couleur, la langue pratiquée
et sa religion, l'enfant est l'avenir d'un pays et
celui de sa Nation.
Dormons
en paix,
rien d'important ne se passe à Djibouti !
Bouh
Warsama