La
parole aux opposants Dernière
modification : le
26-Mai-2002 9:53
(GMT+1 / Bruxelles)
25/05/02
Les Associations sportives à Djibouti doivent Agir et non Subir. par Osman Ahmed Kahin dit Talabo
(Responsable
de la Commission Information - Relation Jeunesse et Sport du
GED)
Faisant suite à
diverses entrevues avec le Président Mahamoud Idriss Ahmed et
les membres du Gouvernement en Exil de Djibouti, jai pris la décision
volontaire et spontanée de rejoindre le « camp de l'espoir
» que vous représentez pour les djiboutiennes, les djiboutiens
et tout particulièrement pour notre jeunesse qui ne trouve pas
dans les actes démagogiques et les bastonnades que fait distribuer
IOG les réponses quelle est en droit dattendre pour
son présent et son avenir.
En mappuyant
sur mon expérience de président déquipe sportive
et de la vie associative à Djibouti, dont je pense connaître
les difficultés et les aspirations, je vais mefforcer de
décrire brièvement les effets néfastes de la période
dramatique que traverse notre pays en matière déducation
sportive et faire appel à la "mobilisation de notre jeunesse".
Tout d'abord et
si je parle dintérêt pour la jeunesse, je me dois
dadresser mes félicitations aux personnes pour leur initiative
courageuse et sincère qui a conduit à la création
du "Gouvernement en Exil de Djibouti".
Le programme de
ce Gouvernement en Exil, que jai rejoint, est clair ; son organisation
et la crédibilité de ses objectifs contrastent avec l'absence
de projet des associations de politiques, les lobbies dintérêts
privés ou les « groupuscules marionnettes » que nous
avons pu voir dans le passé.
Limage idyllique
que présente le pouvoir dIOG à lextérieur
est fausse, mensongère. Lorsque lon prend le temps dy
regarder de plus près on constate que la jeunesse est désemparée
car confrontée à la réalité quotidienne,
à lirresponsabilité du pouvoir et à la misère
qu'il engendre.
Malgré toutes
les attaques verbales, les manipulations par personnes interposées
et les tentatives datteintes physiques lancées à
votre encontre, vous avez conservé ce calme et cette sérénité
des « Justes », de ceux qui ont une ambition exclusivement
pour leur pays.
Pour ces femmes
et ces hommes qui souffrent, pour notre jeunesse abandonnée sur
la route du progrès, pour toutes celles et tous ceux qui sont
depuis trop longtemps les victimes des mensonges dIOG et de sa
duplicité je viens apporter ma modeste contribution à
lédifice du GED.
J'invite tous les djiboutiens et les djiboutiennes, qui se sont expatriés
contre leur gré et réfugiés un peu partout dans
le monde, à adhérer aux valeurs du GED et sortir du silence
et de la morosité parfois de la déprime dans lesquels
ils sont plongés chacun dans leur coin.
Les choses doivent
changer et cest à nous les expatriés à nous
battre pour ceux qui ne peuvent sexprimer dans notre pays.
Si nous voulons
revenir chez nous, y retrouver notre famille et nos amis nous devons
nous rassembler pour « Agir et non Subir ».
Par ailleurs et pour revenir sur le sujet de mon témoignage,
qui n'est que le fruit de mon expérience professionnelle, je
demande aux jeunes douvrir les yeux et de se rassembler pour débattre
ensemble pour ce quils espèrent, entre autre, du domaine
de la jeunesse et des sports.
Sil y a un
fait établi dans tout état démocratique, ou non
,dans le monde, c'est que la jeunesse est l'avenir d'une nation ; nul
est en droit de lexclure des grandes décisions, à
Djibouti comme ailleurs.
Le bien-être
physique et moral de cette jeunesse est le gage de la vitalité
politique d'une société.
On se doit donc
de définir et dappliquer une orientation dynamique et dexprimer
une volonté politique qui doit se traduire, au niveau des gouvernants,
par l'octroi d'une dotation budgétaire correspondant à
la prise en considération des besoins actuels mais aussi en se
référant aux ambitions en matière dinvestissement
au profit de ses objectifs à réaliser dans lavenir.
Par décence,
la situation dans laquelle survit notre Nation nous interdit une comparaison
détaillée dans bien des domaines entre ce ministère
sinistré et bien dautres.
Si on ajoute à
cela le fait que la gestion des maigres ressources est désastreuse
et le gâchis humain patent on mesure alors dans quelle «
galère » nous sommes.
Quelques peuvent
être les compétences et la volonté de « bien
faire » de lhomme qui hérite du portefeuille de la
Jeunesse et des Sports, il est considéré comme un sous-ministre
par les « mentalités locales » endoctrinées
par la " méritocratie alimentaire " d'IOG
L'importance dans
le rang hiérarchique des ministères est propositionnelle
d'une part , aux fonds publics que le poste permet de détourner
et d'autre part aux prérogatives inhérentes à la
fonction qui sont utilisées pour commettre les abus de biens
sociaux .
C'est dans ce contexte
politique que les hommes politiques qui se sont succédés
depuis le regretté et intègre Mohamed Djama Elabe et ont
opéré à la tête du ministère de la
Jeunesse et des sports.
Loin est le temps
où les présidents de fédérations sportives
frappaient à la porte de lhomme qui fut ensuite Ministre
des Finances et qui trouvait souvent une solution pour aider à
la réalisation de projets au profit de la jeunesse.
Avez-vous vu un
ministre descendre de sa voiture pour prendre la pioche ou la pelle
pour donner lexemple ?.
Seul Mohamed Djama
Elabé savait faire cela.
Il disait souvent
« Lexemple toujours lexemple , les hommes
politiques doivent savoir donner lexemple et aussi prendre la
pelle sil le faut » « Il faut aimer la jeunesse
pour la comprendre De grands autoroutes du progrès passent
par Djibouti, si on ne les prenait pas ce serait nos enfants qui en
pâtiraient demain et plus tard . ».
Mots prémonitoires,
maintenant que le chef à lautorité reconnue nous
a quitté pour rejoindre le paradis dAllah on saperçoit
combien il avait raison et quil disait alors est encore gravé
en nos mémoires.
Depuis cette époque
révolue, la position de "favorisé " de Ministre
de la Jeunesse et des Sports leur a offert le titre" bandit autorisé"
pour s'introniser président du comité olympique djiboutien
; pour cause , les chèques libelles en dollars et envoyés
par le comité international olympique sont encaissés sans
aucun scrupule leur servent de caisse noire.
On estime les fonds
versés par le Comité International Olympique pour financer
les instances sportives nationales, pour les stages organisés
par les experts dans toutes les disciplines sportives, pour les préparations
des délégations avant chaque olympiade, à 35 millions
de FDJ.
Le Comité
Olympique Djiboutien nest quun artifice de plus et, de plus,
ne dispose pas de local .
Les numéros
directs de téléphone et de fax servent exclusivement au
ministre, pour intercepter toutes les aides, car il est seul habilité
à gérer le compte du Comité Olympique Djiboutien
dans un banque de la place.
Etre membre du COD
nest que symbolique ; hormis le Ministre nul na accès
aux comptes financiers et lorsque lon nous donne des chiffres,
chacun sait quils sont faux.
Quelle devait être
notre réaction lorsque lon a constaté que lors des
derniers Jeux Olympiques de Sydney en 2000 faute de ne pas avoir réalisé
les minima exigés aucun athlète djiboutien n'a pu participer
à ces jeux dans le domaine de lathlétisme ; dans
ce secteur de disciplines où chacun sait que les djiboutiennes
et les djiboutiens ont des qualités naturelles comme nos amis
dÉthiopie ?.
Loin est le temps où les disciplines du demi-fond et du marathon
mettaient en évidence des coureurs dexception à
Djibouti ce qui nous avait valu une renommée internationale qui
nous fit connaître sur toute la planète et nous procurait
cette fierté ; cette fierté dappartenir à
une nation, celle dêtre Djiboutien.
Nos champions étaient
porteurs, eux aussi, dun message despoir.
Lorsquils
participaient à telle ou à telle course, cétait
les familles, leurs amis, leur quartier, la Nation djiboutienne, cétait
chaque enfant, garçon ou fille, qui courait avec chacun dentre
eux à cet instant.
Les sportifs dexception
et lencadrement sont là mais nul ne les aide.
Que dire de cette
équipe nationale masculine de Hand Ball qui se classait troisième
des Championnats de lAfrique de lest en décembre
1998 à Nairobi en disposant aisément de lOuganda
et en faisait jeu égal avec le Kenya et la Tanzanie.
Que dire de ces
joueurs et joueuses brandissant fièrement dans leurs quartiers
les coupes gagnées ensemble ?
Nous étions
fiers pour eux et pour nous.
Demain et si nous
le voulons ensemble, tout ceci peut renaître des cendres
Une organisation
élémentaire, servant la pratique des sports et articulée
sous la direction du " comite national des sports " na
même pas pu être
maintenue 25 ans après notre accession à lindépendance.
Des disciplines comme le basket, le hand-ball ou le
volley ball ne se pratiquent plus en club indépendant mais sous
le couvert détablissements scolaires .
Les fédérations nationales sont disloquées, sans
aides.. elles ont fini par
disparaître malgré la volonté de nos enseignants
et de nombreux cadres sportifs de tenter de survivre.
Certains ont eu
le courage de dénoncer labsence de moyens consécutifs
aux exactions des gouvernants, ils ont été sanctionnés
sur le plan administratif ou financier et ont fini par jeter l'éponge.
Il ny a plus
de championnat au gymnase du lycée. Il ny a plus que des
tournois ponctuels.
Quelle que soit
la discipline sportive vers laquelle on se tourne, on constate quelle
est sinistrée, maintenue artificiellement sur papier pour obtenir
des aides extérieurs aussitôt détournées.
Les commerçants locaux qui sponsorisaient les clubs sportifs
et démontraient ainsi lintérêt quils
portent à la jeunesse sont contraints par lÉtat
qui augmente ou invente de nouvelles taxes.
Les Associations
sportives nayant plus aucune aide du Ministère de la Jeunesse
et Sports, elles se retournent vers les sponsors qui ne peuvent plus
supporter financièrement tel ou tel tournoi, le traditionnel
semi-marathon de Djibouti.
Ces sponsors ne
peuvent plus payer lÉtat et les associations sportives.
Largent versé à lÉtat ne revenant plus,
ne serait-ce que pour partie, vers les associations de Jeunesse ces
sponsors ne veulent plus être des vaches à lait ; ils ont
fini, eux aussi, par déserter.
Durant lère coloniale que certains décrient, chaque
quartier de la capitale
disposait d'une "maison de jeunes " tenue par un seul moniteur
; on y trouvait une bibliothèque fournie, une salle des jeux
( tennis de table ou baby foot ) et
une salle de télévision ouverte deux après -midi
par semaine, on avait même droit a une projection cinématographique
le samedi soir et en plein air .
Et aujourdhui
me diriez vous ? plus rien ! Seule une jeunesse pour partie désuvrée,
abandonnée à elle-même et qui fonde dans l'exil
son unique espoir de sen sortir.
Alors chers compatriotes,
que peut-on attendre d'un régime qui n'est même pas capable
d'administrer une simple maison de jeunes, qui ment sans cesse, qui
promet tout pour demain mais ne fait rien ?.
Merci de me contacter
et démettre votre avis et vos suggestions :
- essayons de créer
un autre avenir pour nos enfants tout en trouvant au travers du sport
un bon épanouissement,
- pour que nos surs
qui souhaitent poursuivre des études, notamment dans le professorat
déducation sportive, aient les moyens financiers de le
faire,
- pour que les Associations
retrouvent des moyens humains et financiers de fonctionner et de se
développer
- pour que nos enseignants,
encadrant telle ou telle discipline sportive, aient les moyens de continuer
de faire ce quils avaient commencé de faire bien avant
lindépendance,
De tout cela et
de bien dautres projets au profit des enfants et de la jeunesse,
je suis prêt à vous écouter et en parler librement
avec vous.