Edition
N° 2 du 5 mai 2003.

05/05/03
PALUDISME : DES MEDICAMENTS EFFICACES POUR L'AFRIQUE
Médecins
Sans Frontières lance un appel urgent aux bailleurs de fonds pour qu'ils
soutiennent financièrement les pays africains afin qu'ils utilisent des
traitements efficaces contre le paludisme, recommandés par l'Organisation
Mondiale de la Santé, combinant un dérivé d'artémisinine
avec un autre anti-paludique.
Pour
MSF, un effort doit également être fait par les laboratoires pharmaceutiques.
En France, le
laboratoire Sanofi-Synthélabo, qui produit un dérivé d'artémisinine
vendu en Afrique en monothérapie, n'a pas respecté la promesse faite
en juillet dernier de produire un blister (plaquette contenant les 2 médicaments
pour un traitement) comprenant un dérivé d'artémisinine et
de l'amodiaquine, un autre anti-paludique. Le laboratoire s'était pourtant
engagé à fournir ces médicaments pour couvrir les besoins
du Burundi qui a officiellement décidé de changer son protocole
de traitement en juillet 2003. MSF demande à Sanofi-Synthélabo de
respecter ses engagements et de produire ces blisters.
C'est
d'autant plus urgent que les dérivés d'artémisinine utilisés
seuls risquent de provoquer le développement de résistance. En vendant
son dérivé d'artémisinine en monothérapie, Sanofi
Synthélabo diminue donc les chances d'un jour traiter efficacement cette
maladie.
HEPATITE
C : SENSIBILISER LES POPULATIONS DJIBOUTIENNES
L'existence d'une forme
d'hépatite virale distincte de l'hépatite A et de l'hépatite
B est connue depuis longtemps, mais ce n'est qu'en 1989 qu'on a caractérisé
pour la première fois le virus de l'hépatite C.
L'hépatite
est une maladie qui se manifeste par une inflammation du foie. Des symptômes,
tels que la fatigue et la jaunisse, sont observables chez certaines personnes
après l'infection initiale, mais un grand nombre de personnes infectées
sont asymptomatiques.
Le
Programme de prévention, de soutien et de recherche pour l'hépatite
C vise à mieux sensibiliser la population à la maladie, à
encourager l'adoption de comportements préventifs concrets, à intensifier
la recherche et à renforcer les moyens dont dispose le gouvernement canadien
pour lutter contre cette menace pour la santé.
LES
VERTUS DU THE
Le thé tiendrait le médecin à distance
: selon une nouvelle étude, les feuilles de cet arbuste ont notamment pour
propriété de renforcer les défenses de l'organisme contre
l'infection.
Elles
contiennent en effet une substance que certains songent à transformer en
un médicament efficace contre la maladie, au contraire du café qui
ne possède pas cette qualité, selon une étude que viennent
de publier les Annales de l'Académie nationale (américaine) des
sciences.
Un composé
du thé, la L-theanine, a en effet été retrouvé au
cours d'expériences de laboratoire menées par des chercheurs, un
composé capable de renforcer la réponse du système immunitaire
aux attaques bactériennes, virales et mycologiques (champignons).
Une
seconde expérience menée sur des volontaires vient conforter cette
découverte: elle souligne que les cellules du système immunitaire
des buveurs de thé ont une réponse cinq fois plus forte à
l'infection que les cellules du système immunitaire des buveurs de café.
"Nous
avons d'abord étudié les aspects moléculaires de cette substance
dans un tube à essai, puis nous l'avons testée sur quelques volontaires
pour vérifier son action sur l'homme", explique le Dr Jack Bukowski,
chercheur à l'hôpital Brigham and Women's de Boston et à l'école
de médecine de Harvard. Les résultats apportent la preuve de l'action
bénéfique de la consommation quotidienne de cinq tasses de thé
sur le système de défense immunitaire.
Pour
Penny Kris-Etherton, spécialiste en nutrition à l'Université
Penn State, cette nouvelle étude ajoute au faisceau d'arguments qui élèvent
le thé au rang de rempart contre l'infection. Selon elle, toutefois, ces
résultats doivent être confirmés par des études plus
larges.
Pour mener
à bien leur travail, l'équipe de Bukowski a isolé une substance
baptisée L-theanine dans du thé noir classique. Selon le Pr Bukowski,
la L-theanine est métabolisée dans le foie et transformée
en ethylamine, une molécule qui renforce la réponse d'une cellule
du système immunitaire, la cellule T gamma-delta. Des études précédentes
nous ont appris que ces cellules constituaient la première ligne de défense
de l'organisme contre de nombreux agents pathogènes, notamment des bactéries,
des virus, des champignons et des parasites, explique Jack Bukowski. Elles ont
même une action antitumorale.
Les
cellules T augmentent la sécrétion d'interféron, un substance
antivirale naturelle qui représente une partie de la défense chimique
de l'organisme contre l'infection, a ajouté le chercheur. "Des
études menées sur la souris ont montré que si l'on stimule
cette partie du système immunitaire, on renforce la protection contre l'infection".
Onze
volontaires ont participé à l'expérience en buvant quotidiennement
cinq tasses de thé. Dix autres ont bu du café. Des échantillons
de sang avaient été prélevés chez les 21 personnes
avant le début de l'expérience.Au bout de quatre semaines, ils ont
prélevé du sang des buveurs de thé avant de l'exposer à
des bactéries, des E-coli. Selon le Dr Bukowski, les cellules immunitaires
des échantillons sécrètent cinq fois plus d'interféron
que les cellules prélevées chez les mêmes sujets avant les
semaines de consommation de thé.
En
revanche, aucune variation n'a été rapportée chez les buveurs
de café. D'où sa proposition d'isoler la L-theanine du thé
et de s'en faire un médicament.Outre cette action contre l'infection, le
thé aurait aussi des vertus de protection cardio-vasculaire et anticancéreuses,
grâce aux flavonoïdes (des anti-oxydants). Il aiderait aussi à
combattre l'ostéoporose, et quelques symptômes allergiques.
Daher
Meraneh Guedi
(Ancien Ministre, réfugié politique - exilé
en France)
Chargé de la Santé publique et de la Sécurité
sociale
au sein du Gouvernement en Exil de Djibouti