Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 09-Aoû-2003 8:46 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

09/08/03 - Les complicités de l'indignité humaine - En matière de respect des Droits de l'Enfant et de la Femme, les "gouvernants de circonstances" de l'Etat djiboutien actuel ne montrent pas l'exemple et entretiennent les abjects commerces. par Bouh Warsama.

Il a fallu attendre la fin du 20ème siècle pour que l'enfant ait des droits... c'est tout de même lamentable et ça l'est d'autant plus lorsque l'on observe, presque impuissant tant la tâche est ardue, tous ces trafics qui perdurent ; pire encore, avec la caution et sous la couverture de passeports diplomatiques comme c'est le cas à Djibouti depuis des lustres.

Comment une femme peut-elle se livrer à un tel odieux trafic qui constitue un véritable crime contre sa propre nature de mère et contre l'humanité ?.

Comment l'épouse d'un supposé président et " première dame d'un pays" peut faire commerce de la vie et de l'avenir d'un enfant ?.

Sommes-nous les seuls à penser que la terre serait bien plus belle si elle était administrée par les enfants ? Cette administration serait chaotique, certes, mais qu'avons-nous fait, nous adultes, de notre belle planète ?.....

Les enfants à travers le monde subissent des abus épouvantables.
Trop souvent, des enfants de rue sont tués ou torturés par la police.
Parfois à l'âge de six ans, ils sont forcés de travailler dans des conditions extrêmement difficiles, souvent en tant que travailleurs ou dans la prostitution forcée.

Ils sont emprisonnés dans des conditions inhumaines comme cela a été maintes fois constaté à Gabode : les jeunes filles et jeunes femmes violées… par le Chef d'établissement pénitentiaire dans l'indifférence d'un Etat complice qui signe des Accords internationaux de protection de l'Enfance et de la Femme mais qui ne les respecte pas.

Triste exemple d'un supposé état dit Républicain et francophone !. Qu'en pensez-vous Monsieur l'Ambassadeur, représentant à Djibouti du pays des Droits de l'Homme ?.

Les enfants de réfugiés, souvent séparés de leurs familles, sont vulnérables à l'exploitation, à l'abus sexuel, ou à la violence domestique, ironiquement, sous la tutelle de l'Etat djiboutien et de sa Justice qui cautionnent cet odieux commerce et qui se taisent.....

Les enfants sont souvent sujets aux abus et mauvais traitements ; ayant perdu leurs parents ou abandonnés sont logés dans des établissements épouvantables comme au Centre de " la mère et de l'Enfant " à Djibouti ( en partie détruit pour que Kadra Odette Mahmoud Haïd y construise sa boulangerie industrielle…. avec des aides internationales…) où ils souffrent de la cruauté et de la négligence de leurs "protecteurs"...

Dans le passé, cette énorme population en grande partie silencieuse était oubliée dans l'arène internationale de droits de l'homme.

Les groupes humanitaires traditionnels s'étaient concentrés principalement sur des projets essentiels de survie et de développement, et avaient rarement dénoncé d'autres problèmes de droits de l'homme car ils ne pourraient pas se permettre de contrarier...... toute une série de gouvernements.

Les groupes de droits de l'homme se sont ainsi concentrés principalement sur les droits des... adultes en allant à ce qu'ils jugeaient être l'essentiel : hors l'essentiel c'est l'enfant !.

Cependant, novembre 1999 a marqué le dixième anniversaire de la convention sur les droits de l'enfance, créant une étape importante pour les droits des enfants : ce fut le traité le plus largement ratifié dans le monde.

Adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, la convention promettait alors aux enfants à travers le monde le droit à la vie, à la liberté, à l'éducation, et à la santé.

Elle assurait :

  • protection aux enfants durant un conflit armé,

  • protection contre la discrimination,

  • protection contre la torture, traitement ou punitions (?) cruelles, inhumaines ou dégradantes,

  • la protection dans le système de justice,

  • la protection contre l'exploitation économique, en plus de beaucoup d'autres protections fondamentales.

En dépit de la ratification presque universelle de la convention, les enfants sont encore aujourd'hui privés de leurs droits fondamentaux, à Djibouti comme ailleurs ce qui entrainé la prise de nouvelles Résolutions.

Enlèvement d'enfants en Afrique

Résolution de la Commission des droits de l'homme 2003/85

La Commission des droits de l'homme,

- Rappelant la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Convention relative aux droits de l'enfant, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant,

- Rappelant également les Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés et concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

- Réaffirmant la Déclaration et le Programme d'action de Vienne adoptés en 1993 par la Conférence mondiale sur les droits de l'homme (A/CONF.157/23) et la Déclaration du Millénaire, ainsi que la session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée aux enfants qui a, entre autres, exhorté à protéger les enfants, en particulier ceux qui sont en situation difficile,

- Rappelant également l'obligation de respecter et d'observer strictement le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève du 12 août 1949 pour la protection des victimes de la guerre, les Protocoles additionnels de 1977 s'y rapportant et les autres instruments applicables du droit international,

- Rappelant les résolutions 1379 (2001) du 20 novembre 2001 et 1460 (2003) du 30 janvier 2003 du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés,

- Gardant à l'esprit les résolutions de la Commission des droits de l'homme consacrées aux droits de l'enfant,

- Se félicitant de la désignation par le Secrétaire général des Nations Unies de l'expert indépendant chargé d'une étude sur la violence à l'encontre des enfants,

- Accueillant avec satisfaction le rapport du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés (E/CN.4/2003/77),

- Exprimant sa satisfaction aux pays africains qui ont mis en place des mécanismes nationaux visant à assurer une plus grande protection des enfants, comprenant notamment des mesures pour combattre et éliminer les enlèvements d'enfants,

- Profondément alarmée par la propagation du phénomène des enlèvements d'enfants pendant les conflits armés dans de nombreux pays d'Afrique,

1. Condamne dans les termes les plus vifs l'enlèvement d'enfants et leur enrôlement dans les conflits armés;

2. Condamne également l'enlèvement d'enfants dans des camps de réfugiés par des groupes armés, à distinguer des forces armées des États, et les enrôlements forcés et les tortures, les assassinats et les viols auxquels ils les soumettent;

3. Exige la démobilisation et le désarmement immédiats de tous les enfants soldats, y compris des enfants enlevés et enrôlés de force dans des groupes armés;

4. Demande la libération immédiate et sans condition de tous les enfants enlevés, ainsi que leur retour, sains et saufs, dans leur famille et leur communauté;

5. Engage les États africains:

a) À accorder une attention particulière à la protection des enfants réfugiés, spécialement les mineurs isolés, et aux enfants déplacés à l'intérieur de leur pays qui sont exposés au risque d'être enlevés ou obligés à participer à des conflits armés;

b) À prendre des mesures supplémentaires pour protéger les enfants réfugiés, en particulier les filles, contre le risque d'enlèvement par les groupes de guérilla;

c) À accroître et à intensifier la coopération aux niveaux régional et international en vue de combattre les réseaux d'enlèvement et de trafic d'enfants et de réprimer leurs activités;

d) À prendre les mesures voulues pour empêcher les enlèvements et les enrôlements d'enfants par des groupes armés, à distinguer des forces armées des États, en adoptant notamment des mesures législatives pour interdire ces pratiques et les ériger en infractions pénales;

6. Encourage tous les États africains à prendre en considération les droits de l'enfant dans tous les processus de paix, les accords de paix et les plans de relèvement et de reconstruction après les conflits;

7. Invite instamment tous les États africains qui ne l'ont pas encore fait à ratifier le Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés;

8. Se félicite des progrès accomplis grâce à certains mécanismes nationaux dans l'élimination du phénomène des enlèvements d'enfants et encourage les États qui ne l'ont pas encore fait à envisager de mettre en place de tels mécanismes;

9. Prie les États africains, en coopération avec les institutions des Nations Unies compétentes d'apporter aux victimes et à leur famille toute l'assistance nécessaire et de donner un appui aux programmes à long terme de réadaptation et de réintégration pour les enfants enlevés, en assurant notamment un soutien psychologique, un enseignement de base et une formation professionnelle, compte tenu des besoins particuliers des filles enlevées;

10. Engage les donateurs à fournir une assistance financière généreuse pour aider, lorsqu'ils existent, les mécanismes nationaux mis en place dans certains pays d'Afrique, en vue de compléter l'action qu'ils déploient au plan national dans la lutte contre les enlèvements d'enfants;

11. Décide de poursuivre l'examen de la question à sa soixantième session, au titre du même point de l'ordre du jour.

63e séance
25 avril 2003

Ndlr : on observera en (10) que la Commission de l'ONU, chargée des droits de l'homme, "Engage les donateurs à fournir une assistance généreuse pour aider....." et qu'il nullement stipulé que cette aide puisse servir à alimenter les comptes bancaires à l'étranger de supposés chefs d'Etats tel qu'Ismaël Omar Ghelleh ....

En quelques années, la vente du corps d'êtres humains, combinée avec celle de la drogue et des armes, a pris la dimension d'un trafic international.

L'offre augmente avec la demande. Les réseaux déplacent désormais leurs victimes comme des marchandises.

Des pays du Sud vers ceux du Nord, des villages vers les métropoles, des bordels de campagne vers les bars des stations balnéaires.

" Aujourd'hui, dit Martine Brousse, présidente de l'associatuion humanitaire La Voix de l'Enfant, la prostitution est devenue presque plus rentable que l'héroïne. Une cargaison de drogue nécessite un gros apport de fonds et ne peut être vendue qu'une fois - alors qu'un corps de femme ou d'enfant rapporte quotidiennement - et les peines encourues sont bien moins lourdes en matière de proxénétisme qu'en matière de stupéfiants. "

Ceci est corroboré par le contenu des dépositions de témoins faites à l'encontre du Colonel proxénète Abdillahi Abdi, responsable de la sécurité de Mme Kadra Odette Mahamoud Haïd, qui entretient un réseau de prostitutions (dont un de fausses ... étudiantes mineures au Canda).

Les trafics impliquant des femmes et des petites filles sont courants partout dans le monde.

La discrimination sexuelle expose les filles à un plus grand risque d'être trafiquées que les garçons.

Les filles sont habituellement trafiquées pour leur travail.

Les exemples de travaux exploiteurs et illégaux utilisant le trafic de petites filles comprennent : la main-d'œuvre d'atelier clandestin en servitude, la prostitution forcée et la servitude domestique.

Les filles sont particulièrement vulnérables.

Les filles et les jeunes femmes sont biologiquement, socialement et économiquement plus vulnérables aux relations sexuelles obtenues sous la contrainte, sans protection, de même qu'aux infections. Dans certains pays, les filles deviennent sexuellement actives en étant de plus en plus jeunes, avec des hommes qui croient qu'elles sont des partenaires sans risques.

Il est difficile pour plusieurs jeunes femmes de refuser d'avoir des relations sexuelles non désirées ou d'insister à ce qu'on utilise un préservatif.

Leur appareil génital immature est physiquement plus fragile, plus exposé aux infections transmises sexuellement, dont les plus menaçantes, le VIH/SIDA.

Les facteurs qui contribuent au trafic de petites filles sont les suivants :

  • la pauvreté,

  • le statut bas des filles,

  • le manque d'éducation,

  • la législation inadéquate ou inexistante dans le pays
    concernant le trafic,

  • ainsi que l'absence d'application des lois internationales pourtant ratifiées.....

Certaines filles ou leurs parents sont leurrés par des promesses d'éducation ou d'emploi, alors que d'autres sont enlevées de force pour être achetées et vendues comme "produits", comme un "objet"...

Les filles trafiquées sont susceptibles d'être victimes de toutes sortes d'abus. Les trafiquants utilisent des tactiques contraignantes pour leurrer et retenir des filles, y compris tromperie, fraude, intimidation, isolement, menace, force physique et servitude pour dettes.

En tant qu'immigrées illégales dans un pays étranger, souvent incapables de parler la langue et sans contact avec leurs familles, ces filles peuvent difficilement échapper à leur situation.

Celles qui sont forcées au travail sexuel ou qui sont soumises à l'exploitation sexuelle en tant que travailleuses serviles, sont particulièrement exposées aux infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH, aux grossesses non désirées et aux avortements à hauts risques.

L'accord du Caire - Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) - Le Caire 1994 - reconnaissait… en son temps … clairement qu'ignorer le droit des enfants se fait à nos risques et périls.

Non seulement avons-nous manqué à notre engagement à l'endroit de toute une génération, mais encore, avons-nous continué à contribuer au cycle de la pauvreté, de la maladie et des abus.

En bout de ligne, il est de notre devoir de reconnaître aux enfants et aux adolescents des droits en matière de santé reproductive et sexuelle mais aussi celui à les protéger et à les défendre pour qu'ils fassent le moment venu et librement leur choix de vie, quant bien même ne seraient-ils pas nos propres enfants.

 

Bouh Warsama.


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