Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 23-Mai-2003 18:39 (GMT+1 / Bruxelles)

Edition N° 3 du 23 mai 2003.

23/05/2003 - Les " tontons " et les " tontons pour ma croûte ". A Djibouti tout le monde écoute tout le monde et on rémunère les " indics ", entre autres, à l'aide de sacs de riz ; les cibles privilégiées étant les " fonctionnaires " étrangers décideurs et en poste dans le pays.

Les députés français se sont prononcés hier pour la rémunération officialisée des " indicateurs de Police et de Gendarmerie ", appelés plus communément les " tontons ". Ces surnoms démontrent la proximité existante entre indicateurs et Forces de l'ordre qui les utilisent dans le cadre de leurs enquêtes dans la plus totale opacité, hors d'un quelconque cadre légal et juridique.

A Djibouti le problème se pose différemment, les Services Djiboutiens de Sécurité comme ceux de la Gendarmerie nationale rémunèrent à leur manière leurs " tontons pour la croûte " (même esprit que les " tontons macoutes " tristement célèbres) par l'attribution de sacs de riz voire de quelques privilèges purement ponctuels et très limités.

En partant d'un principe instauré depuis des décennies par Ismaël Omar Guelleh, le SDS centralise et entretient un large réseau d'informateurs rémunérés sur l'instant. En cette période de difficultés économiques, rien de plus aisé que de lâcher des " chacals avides" particulièrement sur les personnalités politiques locales mais aussi sur les " fonctionnaires " étrangers en ne situant pas dans un acte de civisme mais de pure délation qui renforce la mainmise d'IOG sur le pays et ses " occupants ".

Qu'un opposant rencontre un autre opposant et il se trouvera toujours quelqu'un pour en informer aussitôt le SDS quitte pour ce même quelqu'un d'aller quelques jours plus vers lesdits opposants pour les informer de renseignements dont il a eu connaissance et qu'il tentera de monnayer …..

Sans que le SDS dispose d'une quelconque Commission Rogatoire, il a toute autorité pour placer qui il veut sur écoutes téléphoniques y compris les Forces Françaises de Djibouti et les représentations diplomatiques étrangères. Ceux qui ne sont pas pourvus d'un système de codage efficace doivent donc savoir que tout ce qui peut être dit est écouté et connu en temps réel par le SDS et retransmis aussitôt, suivant l'importance du renseignement, vers Hassan Saïd dit Madobé qui se charge, à son tour, d'en informer Ismaël Omar.

Depuis des années et fiche après fiche se sont ainsi constitués des " dossiers nauséabonds " sur chaque personnalité djiboutienne et étrangère, y compris et surtout pour ce qui concerne la vie privée des uns, des unes et des autres. Le réseau de pédophiles et de drogue qui touche notamment des autorités étrangères résidant depuis de nombreuses années dans le pays est suivi tout particulièrement ; il est alimenté, entretenu et surveillé pour le pouvoir.

Les constats de flagrants délits de la Police et de la Gendarmerie nationales sont très précis et relatent les actes perpétrés par certaines " personnalités ", entre autres, dans des véhicules privés en présence de jeunes enfants mineurs et constituent autant " d'armes " et de moyens de pressions dont dispose le pouvoir pour contraindre le moment venu les auteurs déviants sur qui pèse à chaque instant la menace que n'éclate un scandale.

Les " dossiers nauséabonds " sont si éloquents qu'Ismaël Omar n'hésiterait pas à traduire immédiatement devant sa justice les personnalités en question ou à exercer un chantage dont il s'est fait une grande spécialité et lui permet de " survivre " pour l'instant.

Détournements de " fonds" pour un achat de bateau…, voiture offerte par des " commerçants locaux " à un fonctionnaire étranger séjournant dans le pays avec remise des clés à sa descente d'avion …. sur un aéroport en Europe par un " correspondant " employé de l'Ambassade de Djibouti à Paris, voyage offert pour un séjour en famille dans l'un des pays limitrophes à Djibouti, belle " créature locale " missionnée pour séduire et pour exercer une "chantage" sur un fonctionnaire étranger influant avec des ébats filmés dans une chambre " particulière " d'un grand hôtel local de renom et ne servant qu'à cet usage, emploi de "professionnelles" payées... à la vacation ... attributaire d'un billet d'avion et d'un passeport diplomatique permanent.....

Là ne s'arrête pas le panel des actes perpétrés car les moyens utilisés par le pouvoir en place à Djibouti sont variés ; le but étant de corrompre et de manipuler ceux qui se laissent prendre à ces pièges. Ensuite vient la peur du scandale étalé sur la " place publique ", alors on tente d'étouffer " l'affaire "…. ce qui ne solutionne en rien ce problème de fond et récurrent mais l'entretient.


Question :

N'y aurait-il pas un lien direct entre l'assassinat programmé du Juge Bernard Borrel et la copie de " dossiers nauséabonds " qui pourraient lui avoir été remis par une ancienne personnalité politique locale et de premier plan, opposée de longue date à Ismaël Omar Guelleh ?.

On murmure que des photocopies de versements de sommes très importantes, de compte à compte, notamment en direction de l'île de la Réunion mettraient en évidence la présence d'un réseau de blanchiment d'argent à Djibouti….. Le plus surprenant étant que le Ministère des Finances de la République française, si pointilleux et à juste titre dans ce domaine, ne soit pas informé. Pourquoi ?.

Rien d'important ne se passe à Djibouti. Dormons en paix et profitons de ces quelques nuits de calme et de fausse torpeur car l'important c'est pour très bientôt, assurément !.

Bouh Warsama