Edition
N° 3 du 23 mai 2003.

23/05/2003
- Les " tontons " et les " tontons pour ma croûte
". A Djibouti tout le monde écoute tout le monde et on rémunère
les " indics ", entre autres, à l'aide de sacs de riz
; les cibles privilégiées étant les " fonctionnaires
" étrangers décideurs et en poste dans le pays.
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Les
députés français se sont prononcés
hier pour la rémunération officialisée
des " indicateurs de Police et de Gendarmerie ", appelés
plus communément les " tontons ". Ces surnoms
démontrent la proximité existante entre indicateurs
et Forces de l'ordre qui les utilisent dans le cadre de leurs
enquêtes dans la plus totale opacité, hors d'un
quelconque cadre légal et juridique.
A Djibouti
le problème se pose différemment, les Services
Djiboutiens de Sécurité comme ceux de la Gendarmerie
nationale rémunèrent à leur manière
leurs " tontons pour la croûte " (même
esprit que les " tontons macoutes " tristement célèbres)
par l'attribution de sacs de riz voire de quelques privilèges
purement ponctuels et très limités.
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En partant d'un
principe instauré depuis des décennies par Ismaël
Omar Guelleh, le SDS centralise et entretient un large réseau
d'informateurs rémunérés sur l'instant. En cette
période de difficultés économiques, rien de plus
aisé que de lâcher des " chacals avides" particulièrement
sur les personnalités politiques locales mais aussi sur les "
fonctionnaires " étrangers en ne situant pas dans un acte
de civisme mais de pure délation qui renforce la mainmise d'IOG
sur le pays et ses " occupants ".
Qu'un
opposant rencontre un autre opposant et il se trouvera toujours quelqu'un
pour en informer aussitôt le SDS quitte pour ce même quelqu'un
d'aller quelques jours plus vers lesdits opposants pour les informer
de renseignements dont il a eu connaissance et qu'il tentera de monnayer
..
Sans
que le SDS dispose d'une quelconque Commission Rogatoire, il a toute
autorité pour placer qui il veut sur écoutes téléphoniques
y compris les Forces Françaises de Djibouti et les représentations
diplomatiques étrangères. Ceux qui ne sont pas pourvus
d'un système de codage efficace doivent donc savoir que tout
ce qui peut être dit est écouté et connu en temps
réel par le SDS et retransmis aussitôt, suivant l'importance
du renseignement, vers Hassan Saïd dit Madobé qui se charge,
à son tour, d'en informer Ismaël Omar.
Depuis
des années et fiche après fiche se sont ainsi constitués
des " dossiers nauséabonds " sur chaque personnalité
djiboutienne et étrangère, y compris et surtout pour ce
qui concerne la vie privée des uns, des unes et des autres. Le
réseau de pédophiles et de drogue qui touche notamment
des autorités étrangères résidant depuis
de nombreuses années dans le pays est suivi tout particulièrement
; il est alimenté, entretenu et surveillé pour le pouvoir.
Les
constats de flagrants délits de la Police et de la Gendarmerie
nationales sont très précis et relatent les actes perpétrés
par certaines " personnalités ", entre autres, dans
des véhicules privés en présence de jeunes enfants
mineurs et constituent autant " d'armes " et de moyens de
pressions dont dispose le pouvoir pour contraindre le moment venu les
auteurs déviants sur qui pèse à chaque instant
la menace que n'éclate un scandale.
Les
" dossiers nauséabonds " sont si éloquents qu'Ismaël
Omar n'hésiterait pas à traduire immédiatement
devant sa justice les personnalités en question ou à exercer
un chantage dont il s'est fait une grande spécialité et
lui permet de " survivre " pour l'instant.
Détournements
de " fonds" pour un achat de bateau
, voiture offerte
par des " commerçants locaux " à un fonctionnaire
étranger séjournant dans le pays avec remise des clés
à sa descente d'avion
. sur un aéroport en Europe
par un " correspondant " employé de l'Ambassade de
Djibouti à Paris, voyage offert pour un séjour en famille
dans l'un des pays limitrophes à Djibouti, belle " créature
locale " missionnée pour séduire et pour exercer
une "chantage" sur un fonctionnaire étranger influant
avec des ébats filmés dans une chambre " particulière
" d'un grand hôtel local de renom et ne servant qu'à
cet usage, emploi de "professionnelles" payées... à
la vacation ... attributaire d'un billet d'avion et d'un passeport diplomatique
permanent.....
Là
ne s'arrête pas le panel des actes perpétrés car
les moyens utilisés par le pouvoir en place à Djibouti
sont variés ; le but étant de corrompre et de manipuler
ceux qui se laissent prendre à ces pièges. Ensuite vient
la peur du scandale étalé sur la " place publique
", alors on tente d'étouffer " l'affaire "
.
ce qui ne solutionne en rien ce problème de fond et récurrent
mais l'entretient.
Question :
N'y
aurait-il pas un lien direct entre l'assassinat programmé du
Juge Bernard Borrel et la copie de " dossiers nauséabonds
" qui pourraient lui avoir été remis par une ancienne
personnalité politique locale et de premier plan, opposée
de longue date à Ismaël Omar Guelleh ?.
On
murmure que des photocopies de versements de sommes très importantes,
de compte à compte, notamment en direction de l'île de
la Réunion mettraient en évidence la présence d'un
réseau de blanchiment d'argent à Djibouti
.. Le plus
surprenant étant que le Ministère des Finances de la République
française, si pointilleux et à juste titre dans ce domaine,
ne soit pas informé. Pourquoi ?.
Rien
d'important ne se passe à Djibouti. Dormons en paix et profitons
de ces quelques nuits de calme et de fausse torpeur car l'important
c'est pour très bientôt, assurément !.
Bouh
Warsama