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24/08/03
- Comment parler de Justice dans un état de non droit lorsque
le Politique étouffe la Justice et son intégrité
?. par
Malyoune.
A
l'instar des pays en voie de développement, la République
de Djibouti ancien Territoire français a hérité
d'un système judiciaire qui s'est inspiré dans bien
des domaines des Codes et du Droit en vigueur dans l'hexagone et
qui est un héritage de ce que l'on appelle communément
le " Code Napoléon ".
S'il
convenait d'évidence de disposer, pour notre jeune république
et lors de son avènement, d'une trame juridique comme institutionnelle
à partir de laquelle l'Etat se devait de créer ses
propres Codes et Lois, force est de constater
que toutes les réformes pour la mise en adéquation
de textes français pour créer les Codes de la République
de Djibouti se perpétuent depuis plus de 25 ans sans pour
cela aboutir à des textes cohérents, spécifiques,
mais aussi conformes aux réalités locales et qui prendraient
en compte tout à la fois notre culture, nos traditions et
nos coutumes ancestrales.
Ceci
se vérifie dans la vie de tous les jours où l'on constate
que le Djiboutien de la rue est dans plus totale ignorance de ses
Droits mais aussi de ses Obligations de Citoyen qui peuvent parfois
être en contradictions avec ce qu'il connaît des coutumes
de sa tribu.
La
difficulté consiste pour le Droit djiboutien à sa
mise en adéquation entre ses diverses sources de droits informels,
tels que la Charia, les règles coutumières issues
de la nuit des temps mais qui ont une grande importance dans la
vie du Djiboutien et de la Djiboutienne au quotidien.
Cette
notion de Justice équitable n'est d'autant plus présente
dans notre esprit car ce sont les conditions même de l'exercice
de la justice, surtout et telle que nous la vivons actuellement
et qui dépasse le grotesque dans certains de ses attendus
médiatisés localement, qui font douter.
C'est
une Lapalissade que d'affirmer que dans un état de non droit
comme c'est le cas dans notre pays, par la transgression de nos
lois par notre propre Justice ou de la justice informelle héritée
des traditions tribales ou religieuses, nul ne peut faire valoir
son " bon droit " pour autant qu'il n'ait ni le droit
de s'exprimer, ni celui de dénoncer des vérités
criardes sans se voir bastonner
voire pire
dans un
Commissariat de Police ou dans une cellule de prison pour laquelle
aucun mandat de dépôt, délivré par un
juge à votre encontre, n'est nécessaire.
Rappelons
que toutes les jeunes femmes emprisonnées à Gabode
passent d'abord dans le bureau du Régisseur de la Prison
M Mohamed Ismaël dit Kawaneh et de son Régisseur adjoint
M Helaf, député
. et
que ces femmes mais surtout les enfants mineurs, tout sexe confondu,
sont l'objet de viols et de sévices lorsqu'elles ou ils ne
veulent pas se plier aux volontés des hommes et que, de plus,
les enfants sont aussi les victimes des détenus.
Non
seulement ces femmes et ces enfants sont incarcérés,
souvent sans jugement, mais de plus elles et ils sont victimes des
pires maltraitances des fonctionnaires d'état mais aussi
de certains détenus.
Cette situation est révoltante
!.
Dans
une lettre ouverte, en date du 31 mai de cette année, l'ex
Officier de Police M Moustapha Kaireh Darar expliquait ce à
quoi il a assisté durant près de 700 jours d'incarcération
à la Prison de Gabode.
Toutes
les formes d'agression sexuelle sont des crimes graves qui doivent
être dénoncés et sanctionnés par le système
judiciaire de notre pays et condamnées.
Prenons
l'exemple du Québec où une loi particulière
existe pour protéger les jeunes enfants et les adolescents.
Elle
leur vient en aide lorsqu'ils sont en difficulté.
Il
s'agit de la Loi sur la protection de la jeunesse, en vigueur depuis
1979.
Elle
protège uniquement les personnes de moins de 18 ans qui vivent
des situations qui compromettent ou peuvent compromettre leur sécurité
ou leur développement.
Cette loi précise que toute personne qui a un motif raisonnable
de croire que la sécurité ou le développement
d'un enfant est compromis (exemple : victime d'agression sexuelle)
est tenue de le signaler.
En
ce qui concerne les Attentats à la pudeur, il s'agit d'agressions
sexuelles commises, par violences, contraintes, menace ou surprise.
Selon
le Code pénal français dont s'inspire pour l'essentiel
notre propre Code Pénal, les auteurs s'exposent à
de lourdes peines d'emprisonnement et à une forte amende
sans préjuger des décisions du Tribunal civil sur
les compensations financières pour préjudice subi
qui peuvent aller jusqu'au versement par l'auteur de tels actes
de dizaines de millions de FD.
Ajoutons
à cela que le fait de détenir une autorité,
comme c'est le cas pour le Régisseur de la Prison M Mohamed
Ismaël dit Kawaneh, son Régisseur adjoint M Helaf et
certains gardes constitue des circonstances aggravantes qui majorent
considérablement les peines d'emprisonnement.
Par
ailleurs dans le Code pénal de référence, la
vulnérabilité des personnes fait référence
à l'âge, au sexe, à la maladie, à l'existence
d'une infirmité ou d'une déficience physique ou psychique
ou à un état de grossesse, toutes circonstances apparentes
ou connues de l'agresseur et sont des facteurs aggravants.
Le
pouvoir politique dans notre pays qui dispose pourtant d'un panel
de lois dans ce domaine n'a rien changé, une
fois encore et par complicité il a fermé les yeux
et les ferme encore sur le drame que vivent ces enfants et ces femmes
emprisonnées et que l'on contraint à subir des viols,
bien plus que ce que l'on pourrait dénommer pudiquement
comme étant des assauts sexuels, du Régisseur de la
Prison M Mohamed Ismaël dit Kawaneh, de son Régisseur
adjoint M Helaf et de certains gardes si elles veulent survivre
sans être maltraitées, privées de repas, battues
jusqu'à ce qu'elles cèdent.
Madame
la "Première dame du pays", Kadra Odette Mahamoud
Haïd, a elle aussi détourné la tête sur
ce sujet, insensible qu'elle est à toutes les atteintes à
la femme djiboutienne pour autant qu'elles ne fasse pas partie de
sa cour et de ses dames de compagnie se gavant allègrement
de petits fours lors des réunions organisées par l'une
ou l'autre à la gloire de " Madame " la première
Porter
une " affaire " ou un différent devant le Conseil
des Anciens d'une tribu ne sert à rien dans un état
où seules les lois du pouvoir politique et celles de l'argent
sont prises en considération.
Comment
croire à la Justice de son pays lorsqu'elle est totalement
étouffée et détourne son regard lorsque la
politique et les politiciens au pouvoir sont mis en cause ?.
A
cet instant, le terme de Justice s'inspire tout à la fois
de la "commedia dell'Arte" et des "fourberies de
Scapin" mais prend pour la victime du pouvoir politique l'apparence
d'un drame cornélien.
Ajoutons
à cela, comment peut-on imaginer aujourd'hui qu'une femme
victime de pressions exercées par un fonctionnaire de l'Etat
dans notre pays puisse avoir le courage d'avouer
ce qui est considéré ici comme une faute gravissime
par les hommes lorsque c'est leur propre femme qui est en cause
?.
Lorsque
c'est l'épouse d'un autre homme qui a eu contre son gré
à subir de tels actes, c'est une putain (appelons les choses
par les noms qu'on leur donne) : lorsque c'est
sa propre femme, c'est le déshonneur....
Qu'elle
soit ou ne soit pas consentante, peu importe pour l'époux
; la faute incombera d'abord à la femme
et certes pas
au violeur
, à sa notoriété, à
sa respectabilité.
Odieux
mensonge que tout ceci, lâcheté de certains hommes
qui relèguent ainsi et sans l'avouer la femme, parfois
leur propre épouse au rang de simple animal dont on peut
se servir impunément et dont ils en tirent ensuite profit
financier ou autre par compensation... du déshonneur
subi !!!!
Dans
quelle justice, dans quel droit coutumier, dans quelle Charia est-il
écrit qu'homme aurait-il plus de droits qu'une femme qui
se refuse à céder à ses avances ?.
Les
Droits de la Femme à Djibouti sont inexistants actuellement,
surtout lorsque l'on est issu d'un milieu modeste où là
on a deux grands torts, celui d'être femme et issue d'un milieu
défavorisé.
Parmi ces femmes, certaines témoigneront en temps opportun
et dévoileront avec courage ce que l'on a tenté de
leur faire subir
ou ce qu'elles ont subi contre leur gré.
Certaines
se tairont comme des centaines d'autres femmes, elles tenteront
de gommer en elle une trace quasiment indélébile et
éviteront à tout prix que cela se sache et ce qu'elle
pense être le " déshonneur ", dans lequel
elles n'ont aucune responsabilité, ne viennent entacher le
nom de leur famille, celui de leur époux, celui de leurs
enfants.
Est-il
préférable de dire la vérité et faire
traduire un homme devant un Tribunal ou lui permettre de continuer
d'exercer ses perversités ?.
C'est
cette question que chaque femme doit se poser !.
Un
jour ou l'autre la Vérité se fait jour, alors il faut
parfois du Courage de dénoncer ce qui doit l'être,
tel est mon sentiment.
Le
déshonneur c'est celui de se taire, celui de ne pas réclamer
Justice pour soi et pour les autres femmes et pour les enfants.
Ce
phénomène de la " loi du silence et de toutes
complicités " n'est pas nouveau et perdurera aussi longtemps
que le Politique à Djibouti étouffera cette Justice
en exerçant aux moyens de pressions et de trafics d'influence
son pouvoir sur elle.
Attendez-nous,
nous arrivons avec le Mouvement de Libération Nationale !.
Comme
femme qui a beaucoup à dire sur la situation des femmes dans
notre pays j'apporte mon balai et mes dossiers, mais aussi des témoignages
probants de femmes victimes d'agissements d'hommes à qui
nous allons rafraîchir la mémoire, parfois sur des
"affaires" datant de 1977-1978....
Certains
n'ont qu'à bien se tenir car le jour est proche où
le Tribunal du Peuple et la véritable Justice, sans partisianisme
politique d'aucune sorte, rendront des attendus cohérents
et équitables en rétablissant des vérités.
Les
Femmes et les Enfants ont des droits et entendent les faire respecter.
Malyoune.