Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 12-Jui-2003 16:11 (GMT+1 / Bruxelles)

" La Corruption et le Trafic d'influence nés de la Dictature ne font pas bon ménage avec la Démocratie qui a besoin de Vérité et de Justice alors que l'enfermement dictatorial mettra tout en œuvre pour empêcher qu'elles ne s'expriment ".

12/06/03 - L'Emploi c'est " l'Arlésienne " à Djibouti au point que l'on se pose la question de savoir à quoi sert ce ministère fantôme dirigé par M.Mohamed Abdillahi Barkat ?.
par Ali Amarkak Kadir

Plus la situation s'aggrave, plus les entreprises ferment leurs portes et plus l'Administration d'Ismaël Omar Guelleh promet tout pour demain ; seulement pour demain car aujourd'hui c'est la catastrophe dans le domaine de l'Emploi comme dans bien d'autres.

Pour un Djiboutien, habitant la capitale où dans l'arrière pays, rien ne semble plus ahurissant que de lire la propagande mensongère et falsificatrice diffusée par une presse locale qui relaie à l'aveuglette des déclarations pompeuses d'un régime inconsistant et qui va puiser, de plus, dans le programme du Gouvernement en Exil de Djibouti les grandes lignes de mesures notamment en faveur de l'Emploi dont il ne connaît ni le sens des mots mais surtout ne saurait admettre officiellement l'impossibilité qu'il a de les mettre en application.

Les agents administratifs d'exécution des programmes sont confrontés à la gabegie et aux pressions exercées au niveau des hautes instances de ce qu'il reste d'Etat djiboutien à l'heure actuelle.

Soit ils tentent de faire au mieux avec le peu qu'il reste après que les " rapaces " soient passés, soit ils sont " démissionnés " ou viennent au mieux grossir les rangs des " bras cassés " de l'administration djiboutienne.

Les mécontentements des populations s'accumulent car elles constatent qu'une fois encore que le discours du ministre de l'Emploi fantomatique et de la Solidarité Nationale, M.Mohamed Abdillahi Barkat, qu'il prononça le 30 avril au soir, a un goût de réchauffé qui tel un leitmotiv sans lendemain leur est ressorti épisodiquement …...

40 jours plus tard, rien n'est fait, rien n'a changé !
Cela fait des années qu'il en est ainsi.

En présentant les factices grandes orientations de l'inaction gouvernementale, le représentant de l'Etat préconise d'appliquer telle ou telle méthode d'année en année à grands renforts d'effets médiatisés emportés par le vent de la désolation.

Le ministre M.Mohamed Abdillahi Barkat est missionné par IOG exclusivement pour attirer l'attention des instances internationales et des bailleurs de fonds étrangers pour, qu'une fois encore, ils mettent la main à la poche et attribuent des aides qui s'envoleront jusqu'à hauteur de 90 % comme c'est le cas actuellement.

Les perfusions financières continuent d'arriver mais sans aucun effet car les " rapaces " veillent au passage.

Chaque aide internationale est à considérer comme un gros gâteau dans lequel on se sert en fonction d'un ordre bien établi.

Retours sur " investissements " qui repartent vers certains partis politiques … étrangers, une part pour les " accompagnateurs dudit projet " (frais de déplacement et divers), fausses factures établies par des sociétés locale de type "écrans", miroirs aux alouettes, nul n'osera localement aller " jeter un œil " dans la comptabilité…. et certes pas les services fiscaux.

Ismaël Omar n'est pas oublié dans la "distribution", il est de plus très exigeant quant à sa part ; le reste va à ses quelques " apparatchiks " et environ 10 % de l'enveloppe est affectée au projet proprement dit.

Alors les enveloppes augmentent de projet en projetet de mois en mois mais au fur et à mesure chacun va augmenter parallèlement sa part et la défendre.

La corruption et les détournements de ces aides sont telles que malgré les meilleures volontés et les compétences des cadres des administrations djiboutiennes chargés d'appliquer les programmes, que ce soit en matière d'Emploi ou dans un autre domaine, ils admettent qu'ils ne peuvent avancer faute de moyens financiers.

Alors l'Administration d'Ismaël Omar Guelleh reste dans les grandes intentions… pour demain ou après alors que le ministre de l'Emploi et de la Solidarité nationale nous sort avec un certain toupet sa tirade du " gobe-mouches de service " en déclarant avec aplomb que l'Etat se lancerait dans

" la lutte contre le travail clandestin, la multiplication des contrôles et l'assouplissant de notre législation dans ce domaine afin d'attirer les investisseurs ".

Les ... hauts "serviteurs" de l'Etat djiboutien sont près aux pires mensonges médiatisés car ils savent que la météo du pouvoir despotique d'Ismaël Omar Guelleh est à l'orage voire au cyclone, lourde de conséquence à court terme ; la conjoncture économique est catastrophique.

Récessions dans tous les domaines, licenciements prévus pour cet été qui vont aggraver les chiffres du chômage dépassant vraisemblablement les 90 % pour la tranche d'âge des 14 - 39 ans.

Les défaillances d'entreprises qui cessent leurs activités et qui pour certaines d'entre-elles refusent d'entrer dans le jeu mafieux imposé par le pouvoir, contraintes par des prélèvements officiels surdimensionnés …et par les rackets décidés arbitrairement sur l'instant et payables en liquide ;

alors ce sera la fermeture des entreprises, le licenciement du personnel et le départ de Djibouti pour Addis Abéba, Aden ….Hargeïsa.

Une " nomenklatura " locale exploite les populations djiboutiennes et les émigrés.

Elle restera inféodée à Ismaël Omar Guelleh aussi longtemps qu'il lui accordera des concessions mais tombera avec lui au jour de la chute du régime despotique.

L'image de Djibouti s'identifie chaque jour davantage au visage du despote Ismaël Omar Guelleh qui malgré ses tentatives de vendre une représentation idyllique et mensongère sur la scène internationale et dans les foires …… ne peut plus masquer les réalités des situations dramatiques vécues par les populations djiboutiennes dont le regard s'est endurci, à la limite de la détermination qui maintenant succède au désespoir.

Les chiffres sont là et ne permettent aucune erreur sur l'analyse de la situation.

Pour un pays de 650 000 habitants, prés de 90 % de la population en âge de travailler vit et subit les affres du chômage avec aucun espoir de changement dans les conditions actuelles alors qu'une richesse démesurée s'est amplifiée au sein des suppôts et des hommes inféodés au pouvoir politique actuel mais qui représentent tout au plus 0,05 % des familles djiboutiennes.

C'est ainsi que moins de 50 familles acoquinées au pouvoir politique actuel imposent leur propre diktat, en dépit de la Constitution et des Lois du pays.

Elles obligent à subir les effets de leurs oukases d'un autre siècle et leurs propres volontés aux populations, soutenues qu'elles sont en cela par Ismaël Omar Guelleh qui intervient en sous main pour les épauler discrètement, comme il l'a toujours fait, laissant ainsi à la vindicte populaire le soin de mettre en cause directement ces familles.

La méthode de l'occupant actuel du Palais de l'Escale a fait ses preuves et s'appuie sur la cupidité d'hommes et de femmes qui ont vendu leur âme au diable pour obtenir des privilèges et sa caution., il sait les manipuler et parfaitement les utiliser.

Aussi longtemps qu'ils et elles serviront ses intérêts, aussi longtemps Ismaël Omar fermera les yeux sur tous les détournements secondaires pour autant qu'ils et elles respectent son autorité suprême de "Chef Mafieux" et lui versent sa part, quitte à lui offrir épisodiquement des véhicules 4 X 4 dernier cri, en cadeau entretenant une supposée amitié, comme sait le faire le député Ali Roubah, entre autres.

Toutes ces familles sont à sa botte, il peut même faire éliminer (discrètement ou pas) un membre influant dans ces familles si ce dernier pourrait lui faire de l'ombre et gêner ses visées, détenant des documents ou en étant le témoin gênant et influençable face à une Justice étrangère.

Si l'on ne peut acheter un homme honnête, on peut le faire éliminer et le remplacer aussitôt par un autre membre de sa propre famille plus malléable et lui octroyer quelques privilèges dont la famille concernée se satisfera soit par crainte de représailles, soit par intérêt.

Hassan madobé la brute arriérée aux méthodes expéditives, l 'ersatz de procureur de la République bananière qu'est Djama, le sergent chef fourrier- général Zacharia, le colonel sanguinaire Mahdi … et bien d'autres, usent et abusent de tous les pouvoirs qu'ils s'octroient suivant les nécessités du moment.

Ils débordent d'énergie pour être agréables et faire aux quatre volontés de son Excellentissime Ismaël premier du genre qui les surveille du coin de l'œil, veillant scrupuleusement à sa part et à ne jamais être mis directement en cause dans les multiples scandales qui émaillent la vie djiboutienne ou dépassant largement les frontières du pays depuis des années car cela il ne le supporte pas.

Ismaël Omar Guelleh a détourné et détourne encore des sommes incommensurables, pille les Etablissements publics, fait exécuter qui il veut et quand il le souhaite, avec la tacite caution de ses " amis " très embarrassés aujourd'hui mais il ne veut pas que cela se sache.

En faisant usage des dossiers qu'il détient, mis à jour en permanence et par l'usage de chantages, des menaces directes sans ambages, il ne recule devant rien et s'est ainsi isolé.

Quant à l'information qui nous parvient de Djibouti on la sait officielle, non libre et objective, contrôlée à la virgule, donc orientée et sirupeuse car étant diffusée par l'entremise de l'Agence de Désinformations d'Ismaël (ADI) et par le papier " à multiples usages " du supposé journal la Nation qui brillent d'éloges envers son Excellentissime et s'empressent, couche après couche, de tenter de le faire briller.

Peine perdue ! Ismaël Omar Guelleh, ses mandarins et ses serviteurs on connaît !.

Là où cette désinformation devient insultante c'est lorsqu'elle ose travestir toutes les vérités en matière d'exploitation et d'esclavagisme par le travail (le terme est approprié) vis-à-vis des populations réfugiées dont se rendent coupables, en toute impunité cautionnée, certaines entreprises spécialisées dans les travaux.

Nous avons le net sentiment que, soit ce " grand serviteur " de l'Etat djiboutien M.Mohamed Abdillahi Barkat se complait dans la fraîche quiétude climatisée de son bureau et ignore sciemment ce qu'il se passe dans le pays, soit il se moque de ce que vivent contre leur gré et observent les populations djiboutiennes en matière d'exploitation de travailleurs clandestins ce qui les privent chaque jour d'autant d'un travail et de revenus.

Ce n'est pas un hasard si globalement près de 90 % de la population en âge d'exercer une activité est aujourd'hui en situation de chômage.

C'est une volonté délibérée de l'Etat actuel de remplacer dans le temps les djiboutiens et les djiboutiennes par une main d'œuvre étrangère sous payée et réduite à l'esclavage mais aussi bien plus malléable et corvéable à souhait.

Que l'un de ces travailleurs clandestins ose réclamer ce qui lui est dû et il est aussitôt incarcéré ou au mieux renvoyé de l'autre côté de la frontière.

Prenons l'exemple des 5 entreprises de travaux publics les plus importantes et qui se sont appropriées depuis des années une mainmise la plus totale sur tous les marchés de grands travaux et d'entretien des infrastructures qu'elles effectuent notamment au profit des Forces Françaises de Djibouti (FFDJ).

  • Entreprise de travaux d'Ali Mohamed Awad, dit Ali Roubah, député reconduit à l'Assemblée nationale,
  • Entreprise de travaux Abdourahman Borreh en association avec Ismaël Omar Guelleh,
  • Entreprise de travaux " La concorde " appartenant à M.Mohamed Abdillahi Barkat actuel Ministre de l'Emploi et de la Solidarité nationale,
  • Entreprise de travaux Verzi, spécialisée dans toutes les corruptions, les trafics et les chantages exercées sur les fonctionnaires …. étrangers,
  • Entreprise de travaux COSMEZ dans laquelle Ismaël Omar Guelleh et Abdourahman Borreh sont associés majoritaires.

Toutes ces entreprises emploient très majoritairement une main d'œuvre clandestine Oromo qu'elles ont réduit à un quasi esclavage et qu'elles paient bien en deçà du salaire minimal autorisé.

Trouvez-vous surprenant que M.Mohamed Abdillahi Barkat, ministre du travail prenne la liberté de déclarer
" la lutte contre le travail clandestin, la multiplication des contrôles et l'assouplissant de notre législation dans ce domaine afin d'attirer les investisseurs "
alors que parallèlement il utilise majoritairement une main d'oeuvre étrangère qu'il réduit à l'esclavage dans son entreprise ?

Non ! car le ministre Mohamed Abdillahi Barkat fait partie de ces 50 familles qui s'octroient tous les droits quitte à envoyer ses "contrôleurs" accompagnés des agents du fisc vers de modestes entreprises de travaux, qui elles aussi emploient une main d'oeuvre clandestine mais devront "fermer boutique" avec éventuellement saisie des biens immobiliers.

Comme l'a fait Kadra Heïd dans le secteur de la boulangerie, Mohamed Abdillahi Barkat et d'autres confortent ainsi leur situation de monopole et se partagent les marchés.

Quant aux investisseurs étrangers soit ils s'associent avec la "mafia locale" et se font spolier de tous leurs investissements en quelques mois, soit ils n'investissent pas à Djibouti et vont vers d'autres horizons bien plus favorables.

Le travailleur du bâtiment est, historiquement, le plus pénalisé de tous les travailleurs djiboutiens, il est maintenu à l'écart : la main-d'oeuvre urbaine voit ses droits ainsi bafoués.

La non modernisation des certaines dites grandes entreprises parait-il spécialisées dans ce domaine des travaux a eu comme conséquence une nette détérioration de la qualité de la vie pour les populations djiboutiennes concernées; quant à l'absence de réelles mesures auxquelles se sont substituées des " Intentions de l'Etat ", nul n'est dupe: elle ne contribue en rien à la résolution du problème de l'emploi mais génère un secteur arriéré avec, de plus, l'exacerbation des différences régionales.

Mobilisations et révoltes

Seulement, et même si sa nécessité apparaît évidente, réaliser de profondes réformes implique l'éviction, pure et simple, des hauts responsables de l'Etat et d'oser affronter ce qu'il y a de plus arriéré et de plus corrompu dans le système djiboutien pour le successeur à Ismaël Omar Guelleh.

Les obstacles que devra affronter l'homme d'Etat d'un demain proche décidant de s'attaquer à cette tâche ne se limitent pas seulement à résoudre les problèmes liés aux tentatives de pressions exercées par les quelques 50 familles de "nantis" et de mandarins..

Une nouvelle option au regard de l'Emploi et de ses formations aura des répercussions sur les intérêts les plus divers, une tradition depuis la période coloniale.

Elle implique de peser sur l'incitation à l'investissement individuel, de garantir la souveraineté alimentaire de la nation, de contrarier les intérêts de certains " mandarins patentés " qui devront s'expliquer.

Mais ces mesures dérangeront forcément les supposées " élites " en question, qui y voient un danger pour leur pouvoir économique et leur domination électorale à l'intérieur du pays.

Entre temps l'augmentation exponentielle de la pauvreté dans les campagnes et le manque de perspectives d'avenir augmentent les mobilisations et les révoltes à tous les niveaux, le gouvernement n'ayant à son sens qu'un seul recours se résumant aux méthodes d'un régime militaire sanguinaire pour réprimer le fer de lance des luttes, le Mouvement de Libération nationale.

Le futur Etat djiboutien devra imposer :

  • la sagesse,
  • le sens d'une relation correcte "Etat / Entreprises",
  • restaurer toutes les autorités de l'Etat et de ses serviteurs au sens noble,
  • respecter tous les droits,
  • favoriser la relance économique, les investissements étrangers mais aussi la libre entreprise individuelle.

Les administrations et nos écoles doivent être, elles aussi,

  • les lieux d'apprentissage et d'application des notions de respect et du goût de l'effort individuel,
  • des espaces d'expression de la convivialité des hommes, des femmes et des enfants,
  • le lieu de la diversité biologique et culturelle, de la production, de la création, de la démocratie et d'une vie sociale harmonieuse.

Le Mouvement de Libération Nationale est la seule alternative d'avenir qui ne s'appuie pas sur tous les archaïsmes qui n'ont plus lieu d'être aujourd'hui.

Nous voulons placer le pays sur le chemin de la Démocratie avec l'ouverture à tous les pluralismes dans le respect des Droits de chacun et de chacune, ce dans le cadre des lois de la République..

 

M Ali Amarkak Kadir
Président du Parti National Démocratique - Canal historique
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti