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28/09/03
- Ismaël Omar Guelleh, qui dirige en despote le gouvernement
djiboutien, nous refait sa crise puérile - d'enfant gâté
- et quitte le comité technique de l'IGAD en claquant la porte.
Par Mohamed Saleh Alhoumékani.
M
Ismaïl Goulal Boudin - Ambassadeur de Djibouti en Somalie et
représentant à la Conférence pour la " réconciliation
en Somalie " qui se tient au Kenya sous l'égide de l'IGAD
- a déclaré avoir remis une lettre
au Ministère des Affaires étrangères du Kenya
- organisateur de la conférence - émanant d'Ismaël
Omar Guelleh et indiquant que le gouvernement de Djibouti a décidé
de quitter le comité technique de l' IGAD suite au désaccord
qui l'oppose aux gouvernements du Kenya et d'Ethiopie.
Si
cette annonce n'a pas eu l'effet d'une bombe médiatique, chacun
s'attendait tout au moins à une déclaration préalable
du chef de l'état djiboutien mettant en évidence son
ou ses points de désaccords avec ses partenaires et
certes pas qu'il ordonne à son représentant - M Ismaïl
Goulal Boudin - qu'il claque ainsi la porte des négociations.
Cette
décision - prise dans de telles conditions - est considérée
dans certains milieux diplomatiques comme
ayant bien plus valeur de réaction et de caprice infantile
que d'une quelconque attitude diplomatique
en vue de la résolution du " problème somalien
".
Le
moins que l'on puisse dire c'est que les visées hégémoniques
d'Ismaël Omar Guelleh - avec ses tentatives manipulatoires de
régir unilatéralement le problème somalien pour
son seul intérêt - sont mises à
mal par la réponse ferme et lucide que lui ont opposé
notamment les gouvernements d'Ethiopie et du Kenya.
L'aplomb
quelque part outrancier dont il a fait preuve - jusqu'à ce
jour - vis-à-vis des pays s'impliquant à la table des
négociations tient au simple fait qu'Ismaël
Omar s'est toujours pensé être protégé
des conséquences de tous ses actes.
Que
d'aventure les militaires français et étrangers viennent
à se retirer un jour de Djibouti et cela aurait comme conséquence
la mise en exergue des réelles incapacités
notoires de l'occupant temporaire du Palais de l'Escale à gérer
seul les problèmes intérieurs et extérieurs et
mettrait un terme à sa volonté clairement exprimée
d'interférer dans les affaires intérieures des pays
voisins.
C'est
à partir du chantage à leur maintien à Djibouti
qu'il a toujours exercé sur les pays étrangers présents
militairement sur notre sol qu'il utilise cette situation comme menace
indirecte et fallacieuse protection pour ses propres intérêts
afin de semer le trouble dans les pays tels que le Somaliland - l'Ethiopie
- le Yemen voire au Kenya.
Habitué
qu'il est à ce que certains se plient à ses quatre volontés,
l'homme aux ambitions démesurées
et mis au banc minoritaire depuis des mois - accepte difficilement
aujourd'hui que l'on puisse contester sa propre autorité qu'il
s'est octroyée illégitimement sur " l'affaire somalienne
" en dépit de tout bon
sens et des volontés clairement exprimées par les autres
pays participants d'instaurer une paix durable et respectant un indispensable
équilibre de représentativité en Somalie.
Si
Ismaël était un "Homme de Paix et de Dialogue"
cela se saurait et en commençant dans son propre pays.
Ceci
revient à dire que par intérêts exclusivement
personnels il isole aujourd'hui un peu plus Djibouti dans la région
alors que - par ailleurs - les autres participants ont exprimé
conjointement la même volonté que la résolution
de " l'affaire somalienne " soit avant tout de la responsabilité
des somaliens - toutes tendances confondues - et que les Etats invités
à la table des négociations pour tenter de résoudre
cette crise grave ne doivent pas avoir
un double language consistant à s'asseoir à la "Table
de la Paix" et fomenter parallèlement à cela des
révoltes et des attentats pour leurs propres intérêts,
ce dont ne se prive pas de faire Ismaël Omar Guelleh qui soutient
son " comparse " M Salade Hassan.
Chacun
sait depuis fort longtemps qu'en matière de diplomatie le gouvernement
- dirigé par Ismaël Omar Guelleh - n'a
qu'un droit qui est de se taire et ne dispose guère de marge
de manuvre en matière de conseil auprès du chef
d'Etat djiboutien.
De
même et n'ayant aucunement le droit à la parole, la grande
majorité des représentativités diplomatiques
de Djibouti à l'étranger ne sont
là que pour exécuter " les ordres ineptes "
du " grand cerveau de la Corne Est de l'Afrique ".
Bien
des désaccords profonds existent entre Ismaël Omar Guelleh
et lesdites représentations diplomatiques à l'étranger
et ont été mises en évidence depuis 1999.
Les
diplomates djiboutiens n'hésitent plus à exprimer confidentiellement
à leurs interlocuteurs étrangers de haut niveau leurs
divergences de vues avec la politique menée par le Palais de
l'Escale et le fait qu'Ismaël Omar Guelleh se retranche exclusivement
derrière sa seule opinion en matière de politique étrangère.
"
A Djibouti - sous le régime d'Ismaël Omar Guelleh - il
n'y a pas de pouvoir, il y a l'abus de tous les pouvoirs par un homme
qui règne en despote et rien d'autre ..."
M
Mohamed Saleh Alhoumékani
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti