
21/06/03
- Changement de présidence à la " Chambre de tous
les commerces et des intérêts personnels " de Djibouti
pour succéder aux carences des absences glorifiées.
par Mohamed Soultan Dini
La Chambre de
commerce de Djibouti est censée être composée
de membres affiliés et d'entreprises oeuvrant dans tous les
secteurs d'activité.
Sa mission
principale est de contribuer au développement économique
en défendant la liberté d'entreprendre par l'exercice
de son leadership, de son pouvoir de représentation et d'action.
Nous
sommes là dans le domaine de la théorie.
Il sera noté
que pour développer ses actions elle devrait avoir recours
à différents moyens performants et innovateurs pour
atteindre ses objectifs :
- interventions
auprès de l'Etat et des Chambres de commerces étrangères,
- publication
de mémoires, de communiqués et de bulletins d'information,
- sondages,
congrès annuel, rencontres et colloques avec notamment les
entreprises implantées localement sur des dossiers d'importance,
- mener à
l'intérieur comme à l'extérieur du pays une
véritable politique d'incitation à l'investissement
sur Djibouti et à la diversification des activités
de PME et de PMI,
- préserver
le tissu économique local et de bases que constituent les
petites entreprises,
- lutter
contre les lobbying afin d'éviter le phénomène
de "Monopolisation" dans tous les secteurs d'activités
commerciales et industrielles, facteur d'élimination des
"petits commerces",
- favoriser
l'entreprise individuelle
Rappelons
aussi que l'une de ses grandes actions prioritaires doit être
de privilégier l'implantation dans le pays desdites entreprises
de manière à renforcer, par conséquent dynamiser,
la trame de base et de fonctionnement de l'économie
que représentent les entreprises, facteur de recettes pour
les finances publiques mais aussi créant indirectement des
emplois viables.
Nous
sommes là encore dans le domaine de la théorie car au
sein de la Chambre de Commerce de Djibouti c'est le vide, les incohérences
et les insconsistances entretenues et que l'on masque, une fois encore,
derrière des images médiatisées faites d'artifices....
Le départ
de Saïd Ali Coubeche de la présidence de la Chambre de
Commerce n'a pas manqué de susciter dans la presse locale (qui
n'a jamais été une presse d'information objective et
fiable) des écrits apologiques dans lesquels nous avons eu
grand peine à y retrouver une quelconque amorce de vérité
dans le descriptif du " personnage " pour ceux qui le connaissent
comme nous le connaissons.
Nous osons
dire que nous sommes nombreux à penser..., à la seule
différence que nous prenons la liberté de l'écrire
mais que certains ne peuvent s'exprimer librement, que son départ
était plus qu'attendu et souhaité et que nous ne pouvons
être que très satisfaits et soulagés allant même
juqu'à considérer que " Ce n'est pas trop tôt
! ".
Nous
avons néanmoins l'espoir d'un rêve nous laissant à
penser que son successeur pourrait ne pas chausser les mêmes
babouches, dorées à l'or fin mais aux odeurs fétides,
et appliquer d'autres méthodes plus rationalistes que les siennes.
Bien
que l'on ait des doutes justifiés, rien de nous interdit d'avoir
un quelconque espoir dans ce domaine. Le rêve d'un changement
n'est-il pas en chacun de nous ?. Certes ! mais au train où
vont les choses on voit mal une Chambre de Commerce djiboutienne se
démarquer du pouvoir politique exerçant sa mainmise
sur tout.
Là encore
et plutôt que de tenter de laisser croire dans les écrits
de la presse locale que Saïd Ali Coubeche fut un bon président,
nous aurions apprécié que paraissent des
écrits journalistiques de courage s'essayant à établir
un bilan sincère et non exhaustif des actions qu'il mena durant
sa " monarchie " (anticonstitutionelle ....) à la
tête de la Chambre de Commerce mais surtout de ce qu'il ne fit
pas et des résultats ainsi obtenus.
L'histoire de
la famille Coubèche remonte à bien plus d'un siècle
de présence dans le pays et si la fortune de Saïd Ali
(parmi les plus importantes à Djibouti) vient pour partie de
son usine de fabrication d'une marque connue de boissons outre atlantique
il convient d'y ajouter surtout les profits importants générés
par tous les " aménagements ", les exonérations
de taxes et d'impôts concédés par l'Etat et surtout
toutes les faveurs qu'il s'est octroyé en dépit des
lois et dont il
a
fait bénéficier par priorité ses propres entreprises
tout en maintenant les salaires de ses employés à un
niveau similaire à celui d'esclave.
Esclaves par
la masse de travail qu'il a toujours imposée tout en les payant
d'un salaire de misère et en faisant appel à la main
d'uvre clandestine, djiboutiannisée pour la circonstance
si nécessaire et qu'il tient par le chantage d'une expulsion
comme "Réfugié", rejetable sur l'heure et
hors des frontières du pays par quelques "mercenaires"
du SDS qu'il ... récompenserait comme à l'accoutumée.
Déclaration
universelle des droits de l´homme Adoptée par l´Assemblée
générale dans sa résolution 217 A (III) du 10
décembre 1948
Article
4
"Nul
ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite
des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes........"
Il
a donc en matière de gestion et de respect vis-à-vis
de ses employés et de l'humain en général aucune
leçon à donner mais beaucoup à recevoir.
Par
ailleurs glorifier un tel "personnage" dans des écrits,
quelle que soit sa richesse, relève de "l'impudence ...
financée" et constitue une véritable insulte à
l'égard de ses employés.
Saïd Ali
Coubeche fait partie de ces " mandarins " locaux qui n'ont
eu de cesse de soutenir successivement les régimes d'Hassan
Gouled puis d'Ismaël Omar Guelleh s'impliquant
discrètement aux cotés de l'Etat sur les procédures
appliquées de rejet des populations djiboutiennes d'origine
yéménite, surtout celles qui avaient de petits commerces
susceptibles de lui faire une légère concurrence.
Ajoutons
à cela pour dresser un tableau succinct de ce qu'il fit dans
une vie faite de "couardise politique" particulièrement
avec son financement participatif, en un temps, à une tentative
de révolte artificielle fomentée par Ismaël Omar
Guelleh et avortée visant à mettre à bas le régime
politique du Yémen d'Ali Abdallah Salah, devant qui il se prosterne,
jusqu'à en épouser les formes du sol, depuis lorsqu'il
le rencontre.
Sous son long
règne la Chambre de Commerce de Djibouti n'eut que peu d'essor
et s'attribua des résultats majoritairement du à l'initiative
propre à des chefs d'entreprises qui ne le sollicitèrent
pas, s'opposèrent à ses "manigances" mais
lui rendirent visite, après coup et par simple courtoisie.
Bon nombre
de chefs d'entreprises qui ont quitté le pays, le firent par
ce qu'ils ne pouvaient résister au lobbying d'intérêts
créé par Saïd Ali Coubeche excerçant des
pressions soit par l'utilisation de rackets exécutées
par les "mercenaires" du SDS, soit par une pression fiscale
surdimensionnée et spécifique à ces entreprises.
La
reconnaissance officielle par l'Etat djiboutien d'une véritable
situation de désastre avec la fermeture de plus de 50,2 % des
commerces pour l'année 2002 est à porter conjointement
au débit de la politique de racket institutionnalisé
à l'égard des entreprises mais aussi au phénomène
de monopole exercé par un lobbying local dans lequel on retrouve
Ismaël Omar Guelleh, Kadra Heïd et bien d'autres avec la
caution intéressée d'Ali Coubèche comme riche
propriétaires d'entreprises.
On
se devait donc de ne pas le remercier d'avoir mené une politique
qui n'a jamais favorisé le " petit commerce " et
par conséquent l'emploi des jeunes djiboutiens.
Si l'on devait
définir ce que fut la Chambre de Commerce de Djibouti sous
l'ère de Saïd Ali Coubeche, on pourrait la résumer
par :
Point de racines,
point de patrie si ce n'est celle du profit individuel par l'usage
de tous les moyens pour y parvenir et un lobbying pour se protéger
chacun dans la partie qui le concerne en évitant de se marcher
mutuellement sur les pieds.
Se pose maintenant
le problème de la succession à la présidence
qu'il exerça et qui met en lice 3 hommes venus d'horizons différents.
Si l'un d'eux
n'est là que pour laisser croire qu'il pourrait y avoir une
désignation au travers d'un large éventail de candidatures,
nous nous attacherons spécifiquement à l'un de ces hommes
dont la tribu Afar Hassoba a eu à subir, en un temps, toutes
les vindictes et les tentatives d'élimination.
- En obligeant
Abdallah Kamil à se séparer de son épouse Kadra
Heïd à son profit (drôle de profit qu'on lui laisse
volontiers !) Ismaël Omar Guelleh s'est
mis en faute vis-à-vis des Afars Hassoba.
- En incarcérant
Mohamed Ali Aref à la prison d'Ali Addé et en essayant
de l'éliminer par une tentative d'empoisonnement Ismaël
Omar Guelleh s'est mis encore en faute vis-à-vis des Afars
Hassoba.
- En passant
des accords avec son ancien tortionnaire et en menant une campagne
de dénigrement à l'égard d'Ahmed Dini comme
il le fit à Arrhiba lors des élections législatives
de janvier de cette année, pour ce qui le concerne et à
titre personnel Mohamed Ali Aref a " dédouané
" Ismaël Omar Guelleh de ses actes passés perpétrés
exclusivement à son égard mais
les souffrances qu'il a vécues ne sont rien par comparaison
aux milliers d'Afars, hommes, femmes, enfants et vieillards soit
massacrés sur ordre, soit éliminés un à
un, soit rejetées hors des frontières par le duo Ismaël
Omar Guelleh - Moumin Bahdon Farah dès 1977 et qui entraînera
quelques 15 années plus tard le soulèvement de la
communauté Afar. .
Le candidat
à la succession d'Ali Coubèche à la présidence
de la Chambre de Commerce qui nous semble être le mieux placé
est donc Ali Aref Bouhran qui, lui aussi, a
rejoint le clan des suppôts à Ismaël Omar Guelleh.
Ce
dernier a nécessairement besoin de son soutien pour tenter
de gommer toutes ses exactions à l'égard du peuple des
Afars et en l'occurrence vis-à-vis des Hassobas qu'il tenta
de décimer en un temps.
Plus que jamais
car s'étant isolé des régimes politiques voisins
après avoir vainement tenté de les déstabiliser
en créant à Djibouti d'artificielles oppositions, financées
et armées sur les deniers de l'Etat djiboutien, Ismaël
Omar Guelleh a besoin de trouver des soutiens temporaires et va ainsi
tenter d'acheter Ali Aref Bourhan, en lui octroyant la présidence
de la Chambre de Commerce de Djibouti et de lui octroyer des privilèges.
Oui mais Ali
Aref Bourhan et s'il s'est fait acheter, vraisemblablement très
cher, en a tiré un profit personnel mais ne
représente qu'une minorité et certes pas l'ensemble
des Hassobas ni toute la communauté des Afars.
Les générations
d'Afars ont vu leurs parents bien trop souffrir pour sacrifier leur
honneur et perdre la mémoire de ce qu'ils ont vécu et
subi, des membres de leurs familles morts par les exactions des deux
pouvoirs politiques d'Hassan Gouled Aptidon et d'Ismaël Omar
Guelleh depuis l'indépendance, ou massacrés dans une
guerre pour la liberté à laquelle on les a
contraints d'agir pour se préserver tout en suivant certains
d'entre eux devenus depuis des " collabos " récompensés
et zélés d'Ismaël Omar Guelleh.
Pour
conclure, l'avenir de la Chambre de Commerce mais surtout du pays
ne se construira pas par l'entremise de certains vieux " monarques
locaux ", inféodés au pouvoir d'Ismaël Omar
Guelleh et qui ont uvré ensemble exclusivement pour leur
propre intérêt.
Le
Gouvernement en Exil a une vision très précise quant
à l'articulation de la future Chambre Nationale de Commerce
et d'Industrie de Djibouti autour de laquelle devront s'articuler,
dans le cadre de la décentralisation et par région,
des Chambres de Commerce et d'Industrie locales aux larges compétences
déléguées.
Chaque Chambre
locale du Commerce et de l'Industrie participera ainsi à l'effort
de relance de l'Economie nationale dans un ambitieux projet d'avenir
dont M Amarkak Kadir a la charge au sein du Gouvernement en Exil et
dont les grandes lignes seront précisées dans les jours
à venir sur notre site internet.
Quant
à nos anciens, nos sages qui aujourd'hui se taisent car ils
n'ont plus l'âge ni la force, ni les moyens de s'opposer à
Ismaël Omar Guelleh, qu'ils se rassurent.
Le
futur gouvernement initié par le GED s'appuiera sur leurs conseils
avisés et créera une institution de type " Conseil
des Sages " au sein de laquelle ils retrouveront la dignité
et le respect qui leur est du et feront bénéficier les
jeunes générations de leur expérience.
C'est
par l'union des jeunes générations, en prenant en considération
les échecs du passé afin de ne pas commettre les mêmes
erreurs, que se construira l'avenir du pays et pas autrement !!!
Mohamed
Soultan Dini
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.