Les Réalités
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Dernière modification : le 21-Jui-2003 15:22 (GMT+1 / Bruxelles)

21/06/03 - Changement de présidence à la " Chambre de tous les commerces et des intérêts personnels " de Djibouti pour succéder aux carences des absences glorifiées. par Mohamed Soultan Dini

La Chambre de commerce de Djibouti est censée être composée de membres affiliés et d'entreprises oeuvrant dans tous les secteurs d'activité.

Sa mission principale est de contribuer au développement économique en défendant la liberté d'entreprendre par l'exercice de son leadership, de son pouvoir de représentation et d'action.

Nous sommes là dans le domaine de la théorie.

Il sera noté que pour développer ses actions elle devrait avoir recours à différents moyens performants et innovateurs pour atteindre ses objectifs :

  • interventions auprès de l'Etat et des Chambres de commerces étrangères,
  • publication de mémoires, de communiqués et de bulletins d'information,
  • sondages, congrès annuel, rencontres et colloques avec notamment les entreprises implantées localement sur des dossiers d'importance,
  • mener à l'intérieur comme à l'extérieur du pays une véritable politique d'incitation à l'investissement sur Djibouti et à la diversification des activités de PME et de PMI,
  • préserver le tissu économique local et de bases que constituent les petites entreprises,
  • lutter contre les lobbying afin d'éviter le phénomène de "Monopolisation" dans tous les secteurs d'activités commerciales et industrielles, facteur d'élimination des "petits commerces",
  • favoriser l'entreprise individuelle……

Rappelons aussi que l'une de ses grandes actions prioritaires doit être de privilégier l'implantation dans le pays desdites entreprises de manière à renforcer, par conséquent dynamiser, la trame de base et de fonctionnement de l'économie que représentent les entreprises, facteur de recettes pour les finances publiques mais aussi créant indirectement des emplois viables.

Nous sommes là encore dans le domaine de la théorie car au sein de la Chambre de Commerce de Djibouti c'est le vide, les incohérences et les insconsistances entretenues et que l'on masque, une fois encore, derrière des images médiatisées faites d'artifices....

Le départ de Saïd Ali Coubeche de la présidence de la Chambre de Commerce n'a pas manqué de susciter dans la presse locale (qui n'a jamais été une presse d'information objective et fiable) des écrits apologiques dans lesquels nous avons eu grand peine à y retrouver une quelconque amorce de vérité dans le descriptif du " personnage " pour ceux qui le connaissent comme nous le connaissons.

Nous osons dire que nous sommes nombreux à penser..., à la seule différence que nous prenons la liberté de l'écrire mais que certains ne peuvent s'exprimer librement, que son départ était plus qu'attendu et souhaité et que nous ne pouvons être que très satisfaits et soulagés allant même juqu'à considérer que " Ce n'est pas trop tôt ! ".

Nous avons néanmoins l'espoir d'un rêve nous laissant à penser que son successeur pourrait ne pas chausser les mêmes babouches, dorées à l'or fin mais aux odeurs fétides, et appliquer d'autres méthodes plus rationalistes que les siennes.

Bien que l'on ait des doutes justifiés, rien de nous interdit d'avoir un quelconque espoir dans ce domaine. Le rêve d'un changement n'est-il pas en chacun de nous ?. Certes ! mais au train où vont les choses on voit mal une Chambre de Commerce djiboutienne se démarquer du pouvoir politique exerçant sa mainmise sur tout.

Là encore et plutôt que de tenter de laisser croire dans les écrits de la presse locale que Saïd Ali Coubeche fut un bon président, nous aurions apprécié que paraissent des écrits journalistiques de courage s'essayant à établir un bilan sincère et non exhaustif des actions qu'il mena durant sa " monarchie " (anticonstitutionelle ....) à la tête de la Chambre de Commerce mais surtout de ce qu'il ne fit pas et des résultats ainsi obtenus.

L'histoire de la famille Coubèche remonte à bien plus d'un siècle de présence dans le pays et si la fortune de Saïd Ali (parmi les plus importantes à Djibouti) vient pour partie de son usine de fabrication d'une marque connue de boissons outre atlantique il convient d'y ajouter surtout les profits importants générés par tous les " aménagements ", les exonérations de taxes et d'impôts concédés par l'Etat et surtout toutes les faveurs qu'il s'est octroyé en dépit des lois et dont il

a fait bénéficier par priorité ses propres entreprises tout en maintenant les salaires de ses employés à un niveau similaire à celui d'esclave.

Esclaves par la masse de travail qu'il a toujours imposée tout en les payant d'un salaire de misère et en faisant appel à la main d'œuvre clandestine, djiboutiannisée pour la circonstance si nécessaire et qu'il tient par le chantage d'une expulsion comme "Réfugié", rejetable sur l'heure et hors des frontières du pays par quelques "mercenaires" du SDS qu'il ... récompenserait comme à l'accoutumée.

Déclaration universelle des droits de l´homme Adoptée par l´Assemblée générale dans sa résolution 217 A (III) du 10 décembre 1948

Article 4

"Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes........"

Il a donc en matière de gestion et de respect vis-à-vis de ses employés et de l'humain en général aucune leçon à donner mais beaucoup à recevoir.

Par ailleurs glorifier un tel "personnage" dans des écrits, quelle que soit sa richesse, relève de "l'impudence ... financée" et constitue une véritable insulte à l'égard de ses employés.

Saïd Ali Coubeche fait partie de ces " mandarins " locaux qui n'ont eu de cesse de soutenir successivement les régimes d'Hassan Gouled puis d'Ismaël Omar Guelleh s'impliquant discrètement aux cotés de l'Etat sur les procédures appliquées de rejet des populations djiboutiennes d'origine yéménite, surtout celles qui avaient de petits commerces susceptibles de lui faire une légère concurrence.

Ajoutons à cela pour dresser un tableau succinct de ce qu'il fit dans une vie faite de "couardise politique" particulièrement avec son financement participatif, en un temps, à une tentative de révolte artificielle fomentée par Ismaël Omar Guelleh et avortée visant à mettre à bas le régime politique du Yémen d'Ali Abdallah Salah, devant qui il se prosterne, jusqu'à en épouser les formes du sol, depuis lorsqu'il le rencontre.

Sous son long règne la Chambre de Commerce de Djibouti n'eut que peu d'essor et s'attribua des résultats majoritairement du à l'initiative propre à des chefs d'entreprises qui ne le sollicitèrent pas, s'opposèrent à ses "manigances" mais lui rendirent visite, après coup et par simple courtoisie.

Bon nombre de chefs d'entreprises qui ont quitté le pays, le firent par ce qu'ils ne pouvaient résister au lobbying d'intérêts créé par Saïd Ali Coubeche excerçant des pressions soit par l'utilisation de rackets exécutées par les "mercenaires" du SDS, soit par une pression fiscale surdimensionnée et spécifique à ces entreprises.

La reconnaissance officielle par l'Etat djiboutien d'une véritable situation de désastre avec la fermeture de plus de 50,2 % des commerces pour l'année 2002 est à porter conjointement au débit de la politique de racket institutionnalisé à l'égard des entreprises mais aussi au phénomène de monopole exercé par un lobbying local dans lequel on retrouve Ismaël Omar Guelleh, Kadra Heïd et bien d'autres avec la caution intéressée d'Ali Coubèche comme riche propriétaires d'entreprises.

On se devait donc de ne pas le remercier d'avoir mené une politique qui n'a jamais favorisé le " petit commerce " et par conséquent l'emploi des jeunes djiboutiens.

Si l'on devait définir ce que fut la Chambre de Commerce de Djibouti sous l'ère de Saïd Ali Coubeche, on pourrait la résumer par :

Point de racines, point de patrie si ce n'est celle du profit individuel par l'usage de tous les moyens pour y parvenir et un lobbying pour se protéger chacun dans la partie qui le concerne en évitant de se marcher mutuellement sur les pieds.

Se pose maintenant le problème de la succession à la présidence qu'il exerça et qui met en lice 3 hommes venus d'horizons différents.

Si l'un d'eux n'est là que pour laisser croire qu'il pourrait y avoir une désignation au travers d'un large éventail de candidatures, nous nous attacherons spécifiquement à l'un de ces hommes dont la tribu Afar Hassoba a eu à subir, en un temps, toutes les vindictes et les tentatives d'élimination.

  • En obligeant Abdallah Kamil à se séparer de son épouse Kadra Heïd à son profit (drôle de profit qu'on lui laisse volontiers !) Ismaël Omar Guelleh s'est mis en faute vis-à-vis des Afars Hassoba.
  • En incarcérant Mohamed Ali Aref à la prison d'Ali Addé et en essayant de l'éliminer par une tentative d'empoisonnement Ismaël Omar Guelleh s'est mis encore en faute vis-à-vis des Afars Hassoba.
  • En passant des accords avec son ancien tortionnaire et en menant une campagne de dénigrement à l'égard d'Ahmed Dini comme il le fit à Arrhiba lors des élections législatives de janvier de cette année, pour ce qui le concerne et à titre personnel Mohamed Ali Aref a " dédouané " Ismaël Omar Guelleh de ses actes passés perpétrés exclusivement à son égard mais les souffrances qu'il a vécues ne sont rien par comparaison aux milliers d'Afars, hommes, femmes, enfants et vieillards soit massacrés sur ordre, soit éliminés un à un, soit rejetées hors des frontières par le duo Ismaël Omar Guelleh - Moumin Bahdon Farah dès 1977 et qui entraînera quelques 15 années plus tard le soulèvement de la communauté Afar. .

Le candidat à la succession d'Ali Coubèche à la présidence de la Chambre de Commerce qui nous semble être le mieux placé est donc Ali Aref Bouhran qui, lui aussi, a rejoint le clan des suppôts à Ismaël Omar Guelleh.

Ce dernier a nécessairement besoin de son soutien pour tenter de gommer toutes ses exactions à l'égard du peuple des Afars et en l'occurrence vis-à-vis des Hassobas qu'il tenta de décimer en un temps.

Plus que jamais car s'étant isolé des régimes politiques voisins après avoir vainement tenté de les déstabiliser en créant à Djibouti d'artificielles oppositions, financées et armées sur les deniers de l'Etat djiboutien, Ismaël Omar Guelleh a besoin de trouver des soutiens temporaires et va ainsi tenter d'acheter Ali Aref Bourhan, en lui octroyant la présidence de la Chambre de Commerce de Djibouti et de lui octroyer des privilèges.

Oui mais Ali Aref Bourhan et s'il s'est fait acheter, vraisemblablement très cher, en a tiré un profit personnel mais ne représente qu'une minorité et certes pas l'ensemble des Hassobas ni toute la communauté des Afars.

Les générations d'Afars ont vu leurs parents bien trop souffrir pour sacrifier leur honneur et perdre la mémoire de ce qu'ils ont vécu et subi, des membres de leurs familles morts par les exactions des deux pouvoirs politiques d'Hassan Gouled Aptidon et d'Ismaël Omar Guelleh depuis l'indépendance, ou massacrés dans une guerre pour la liberté à laquelle on les a contraints d'agir pour se préserver tout en suivant certains d'entre eux devenus depuis des " collabos " récompensés et zélés d'Ismaël Omar Guelleh.

 

Pour conclure, l'avenir de la Chambre de Commerce mais surtout du pays ne se construira pas par l'entremise de certains vieux " monarques locaux ", inféodés au pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh et qui ont œuvré ensemble exclusivement pour leur propre intérêt.

Le Gouvernement en Exil a une vision très précise quant à l'articulation de la future Chambre Nationale de Commerce et d'Industrie de Djibouti autour de laquelle devront s'articuler, dans le cadre de la décentralisation et par région, des Chambres de Commerce et d'Industrie locales aux larges compétences déléguées.

Chaque Chambre locale du Commerce et de l'Industrie participera ainsi à l'effort de relance de l'Economie nationale dans un ambitieux projet d'avenir dont M Amarkak Kadir a la charge au sein du Gouvernement en Exil et dont les grandes lignes seront précisées dans les jours à venir sur notre site internet.

Quant à nos anciens, nos sages qui aujourd'hui se taisent car ils n'ont plus l'âge ni la force, ni les moyens de s'opposer à Ismaël Omar Guelleh, qu'ils se rassurent.

Le futur gouvernement initié par le GED s'appuiera sur leurs conseils avisés et créera une institution de type " Conseil des Sages " au sein de laquelle ils retrouveront la dignité et le respect qui leur est du et feront bénéficier les jeunes générations de leur expérience.

C'est par l'union des jeunes générations, en prenant en considération les échecs du passé afin de ne pas commettre les mêmes erreurs, que se construira l'avenir du pays et pas autrement !!!

Mohamed Soultan Dini
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.