Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 03-Nov-2003 12:14 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin


03/11/03 - Cela sent le roussi dans les étables du Royaume bananier… de Sale Manie.

Par M Nour Ismail Houssein.

 

  • La Loyauté, facteur de cohésion ?

La question du civisme, de l'honneur comme de la loyauté sont du plus haut intérêt car chacune de ces questions prises séparément nous amène à nous interroger en ce monde à la fois sur les conditions de cohérence d'un groupe et à partir de quels critères les membres d'un même groupe peuvent se faire mutuellement confiance.

Jusqu'à quel point la loyauté est-elle un ingrédient essentiel à la cohésion ? et dans quelle mesure la confiance que nous plaçons dans un de nos partenaires - quel que soit le domaine abordé - dépend-elle de cette loyauté vis-à-vis du groupe ?.

Au regard de certaines expériences vécues ou observées, on peut se demander si les transformations récentes survenues dans la société djiboutienne de l'après indépendance ne nous invitent pas à une conception moins exigeante de ces concepts de loyauté, en même temps que la prise en compte d'autres éléments nous suggère une conception plus souple de la cohésion

Pourtant la loyauté ne serait-elle pas un refus du factice pour n'accepter que le réel et le profond qui font les hommes et les femmes ?.
Large sujet de débat.

  • L'honneur et le civisme

À une époque où celui qui avait le pouvoir, qui décidait, était avant tout un guerrier, où les temps étaient durs et où la puissance se conquérait et se gardait à la pointe de l'épée, l'homme d'honneur c'était le chevalier.

Le militaire s'est substitué au chevalier pour autant qu'il en ait gardé une forme de sens de l'honneur.

Encore que l'on ne trouve pas un quelconque honneur en certains qui n'hésitaient pas - en un temps révolu…..mais pas si lointain …- à acquérir un bateau… sur un budget affecté pour un autre usage ; poste budgétaire qui était censé être affecté pour le bien de la collectivité qu'ils étaient censés diriger.....

La Justice y a mis son nez très récemment pour rappeler à ces " deux certains " que - quels que pourraient être les grades et les privilèges inhérents - il existe toujours un Code de l'Honneur en milieu militaire et qu'il ne s'applique pas qu'aux subordonnés…

L'exception confirmant indéniablement la règle qui veut que l'honneur fait - comme l'on dit - partie du " paquetage ", la chose est dite, fermez le ban… !.

L'homme d'honneur est avant tout un être vertueux, qui s'attaque aux déguisements, aux mensonges comme le fit Philippe de Commynes qui fut, selon Ronsard, le premier gentilhomme

"Qui d'un cœur vertueux fit à la France voir,
Que c'est l'honneur de joindre aux armes, le savoir"…

Quant au terme de civisme, il est d'expression récente et - d'un certain point de vue - se présente comme une vertu, comme un devoir; mais, d'un autre point de vue on hésite à décider s'il s'agit d'une valeur, accessible à l'expression d'une philosophie, ou s'il s'agit d'une démarche positive, effectuable selon un modèle historique et social.

Il suppose un retrait du citoyen qui affirme son autonomie par rapport à l'État mais qui, en même temps, le sert suivant le principe : " J'accepte la règle de l'État et je m'y soumets, mais c'est en vertu d'une décision que je pourrais refuser ".

  • Lorsque le Civisme masque toutes les perversités légalisées.

Là se pose la question du civisme ou pas des " hauts fonctionnaires " qui servent l'Etat djiboutien tout en sachant que cet Etat est "un mur d'indifférences qui entoure le jardin où poussent les fleurs et les fruits de toutes les corruptions et ceux des mensonges édulcorés " est qu'il est en fait - dans les conditions dans lesquelles il s'exerce actuellement - une grande fiction derrière laquelle se retranche Ismaël Omar Guelleh et à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde et le plus largement possible.

Dans de telles conditions le civisme - vu sous cet angle - ne parvient pas à s'affirmer sans ouvrir le champ à un anticivisme légitime qui - pour se justifier et justifier ses refus de l'Etat tel qu'il est - invoque forcément des lois non écrites puisqu'il subit l'arbitraire de la part des personnalités qui disposent des prérogatives de la puissance octroyée par l'illégalité légitimée.

En légitimant l'illégalité connue - donc en la soutenant - n'ouvrirait-on pas ainsi la porte aux excès, mais surtout à tous les excès de part et d'autre car ceux qui subissent, ne subissent qu'un temps limité ...?.

  • Ismaël Omar a inventé une forme particulariste d'État pour ne pas obéir à l'homme….

À un stade évolué, lorsque les nécessités économiques ou les luttes avec les groupes voisins exigent l'intelligence et l'initiative d'un chef, le pouvoir s'incarne alors dans un homme, le plus fort, le plus sage ou le plus habile ; pour Djibouti, c'est le plus rusé…

Peu importe la manière dont il est désigné ou s'est désigné ; ce qui caractérise son autorité, c'est qu'il l'exerce comme une prérogative qui lui est personnelle parce qu'il ne la doit qu'à des qualités et plus assurément qu'à des défauts qui lui sont propres.

Seulement voilà, si ce pouvoir individualisé voire trop fortement individualiste d'Ismaël Omar offre d'incontestables avantages quant à la cohésion d'un groupe social très restreint - créé à partir d'un but qui est d'embrigader prioritairement les hommes de sa région de naissance qu'il entretient par tous les clientélismes affirmant ainsi son autonomie, son autorité et sa prééminence - il ne peut survivre à partir du moment où la conscience politique des autres gouvernés devient plus exigeante et plus réaliste car mieux informée ; on pourrait même dire plus " fouineuse… ".

Assurément on sait qui commande, mais on ignore qui a le droit de commander allant même jusqu'à lui contester aujourd'hui ce droit de commander.

Ce droit de commander - qu'il soit fondé ou pas - Ismaël Omar Guelleh l'a conquis de haute lutte - quoi que l'on puisse en penser ou en admettre - avec sa foi et ses propres lois.

Son ascension est jonchée de morts et de turpitudes et l'on voit donc que c'est la manière même dont s'est établi ce Droit - notamment par la persistance de toutes les falsifications des élections et l'impossibilité qu'il puisse y avoir émergence d'un réel pluralisme politique dans le pays - qui discrédite ouvertement aujourd'hui son fondement.

Quand bien même Ismaël Omar Guelleh voudrait tenter d'assouplir le système de fonctionnement de l'Etat - qu'il a imposé bien avant son accession à la présidence de la république - il ne le pourrait qu'à la condition de commander à un changement des comportements qu'il a favorisés depuis très et trop longtemps, dont se sont largement inspirés ses " obligés " et ses " serviteurs "…

  • Ismaël Omar a suscité des "vocations" en matière d'argent facilement gagné mais les émules dépassent aujourd'hui le maître dans leurs exigences.

" Puisqu'il le fait, nous pouvons en faire pour le moins autant, voire bien plus ! " ont-ils pensé...

Lorsque l'on instaure un système de fonctionnement particulier à un groupe social - qui ne se réfère à aucune loi si ce n'est à celle du profit immédiat, de l'argent facilement gagné et sans limites - d'évidence se repose la question à partir de quels critères les membres du même groupe peuvent se faire mutuellement confiance et qui est au final le véritable maître du jeu ?.

S'il existe dans chaque pays des Codes, c'est aussi pour la raison bien simple qu'en dehors du respect de ces lois on sait que nous entrons de pleins pieds dans un monde où tous les coups sont permis et que nul ne pourra faire référence à une quelconque loi pour faire valoir ses propres droits le moment venu….

Malgré l'imagerie fallacieuse et édulcorée diffusée par ses médias qui tentent de donner le change, cette situation " d'Etat mafieux " ne va pas sans se traduire par une forte détérioration de son image de Chef de l'Etat et porte préjudice au pays dans son entier.

Ce ne sont pas les " Affaires " qui dérangent, mais c'est leur multiplicité et le fait qu'elles soient mises sur la place publique, dans le détail et en dehors du pays….

De même ce ne sont pas, les " Affaires " effectives qui importent pour certains, mais ce qu'ils en apprennent, ce qu'ils en imaginent comme risques d'implications pour eux-mêmes, ce qu'ils en voient ou veulent en voir.

L'Affaire de l'assassinat prémédité du Juge français Bernard Borrel est symptomatique par les " grandes perturbations " qu'elle provoque - mettant à mal certaines " protections " salvatrices qui soudainement s'effilochent - y compris en Corse chez un " honorable " ancien gérant de bistrot à Djibouti.

" L'Affaire Bernard Borrel un est riche trésor des déshonneurs des hommes impliqués… " mais aussi une boîte à Pandore qui s'ouvre ...!

De par cette " Affaire " et pour bien d'autres raisons notamment celles qui pourraient en découler, Ismaël Omar sait qu'il est devenu quasiment infréquentable et qu'en un moment lui sera présentée la facture de ses récents chantages - quand bien même le reçoit-on sur le perron de l'Elysée où à la Maison Blanche.

Notons tout de même que c'est lui qui se déplace…et qu'aucun grand chef d'Etat n'a effectué de visite officielle à Djibouti depuis fort longtemps.

Ismaël Omar Guelleh dérange fortement en dehors des frontières et tout particulièrement au sein même de cette francophonie qui traîne un boulet …..dont elle voudrait bien se défaire avec la précaution de conserver - c'est la première des conditions - toutes les prérogatives les plus diverses dont elle disposait et dispose jusqu'à présent dans le pays.

Certes on pourra toujours affirmer qu'IOG n'est pas le seul despote qui en ternit l'image et que la francophonie n'en est plus à une république bananière près….

C'est vrai mais ce qui n'est pas moins vrai aussi c'est que Djibouti est une plaque tournante - pour bien des raisons. Des raisons que l'on affirme comme étant géopolitiques… et bien arrangeantes et surtout celles que l'on ne dévoile pas et qui s'attachent bien plus à des intérêts privés qu'à des intérêts nationaux…

Nous en revenons à la sempiternelle question :
" A partir de quels critères les membres d'un même groupe d'intérêts les plus divers peuvent se faire mutuellement confiance et quelles en sont les limites ? ".

Le pouvoir des intérêts supranationaux d'ordre privés ou politiques (ce qui souvent revient au même) n'est pas une borne plantée au milieu d'un groupe d'associés pour en immobiliser le cours.
Il procède d'elle en même temps qu'il agit sur elle.

S'il n'en reflète plus les exigences qui évoluent avec le temps, si son évolution se détermine à partir des pressions exercées et des circonstances du moment, il sera tôt ou tard emporté.

C'est le plus faible qui " portera le chapeau ", a fortiori s'il n'est plus là pour s'expliquer et tenter de " tirer son épingle du jeu ".....

En cela nul honneur, civisme ou dignité, juste une " Affaire de gros intérêts…. ! ".

 

M Nour Ismail Houssein.
Ancien haut Fonctionnaire - Réfugié politique - Exilé Europe
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti

 


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