Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 08-Nov-2003 4:36 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin


 

08/11/03 - Mieux vaut être riche, en bonne santé et au pouvoir, que pauvre, malade et Djiboutien ou réfugié..

Par Bouh Warsama.

Il est un fait qui devrait être admis c'est que politique implique de détenir le pouvoir mais non tous les pouvoirs, comme détenir des pouvoirs ne devrait pas obligatoirement impliquer politique.

C'est de cet amalgame ambigu ( Politique = Pouvoir et Pouvoir = Politique ) que naissent les errements constatés et en conséquence de quoi les difficultés au sein d'un pays supposé être gouverné.

Par principe admis, l'État se pose comme le pouvoir suprême, le souverain - pour le moins dans la souveraineté de toutes ses décisions - et tend à s'emparer d'un nombre sans cesse plus croissant de pouvoirs dépassant de loin - parfois ...- ses compétences et attributions.

Pour ce qui a trait au fondement social du pouvoir on confond souvent, dans l'usage quotidien des termes, le pouvoir avec le gouvernement qui devrait n'en être qu'une forme limitée et rationalisée. Mais le pouvoir pénètre et informe toute collectivité humaine - pourvu qu'elle soit structurée et qu'il le soit aussi… - et constitue sous des modalités diverses la machine même de l'action sociale.

Il est donc légitime de s'interroger sur le pouvoir tout nu ( je n'ai pas dit Ismaël Omar tout nu ...), encore que cette nudité doive être un produit de l'abstraction, puisqu'on n'en connaît pas l'existence sans qu'il y ait exercice des autorités (des personnes revêtues de l'autorité) qui le pratiquent et sans qu'il ait des sujets qui lui obéissent.

Le pouvoir unilatéralement détenu par une " oligarchie bananière " et de noblesse toute artificielle - par et pour exclusivement l'argent et les profits - conduit inévitablement à la tyrannie puis au despotisme quand bien même se parerait-il ou elle des plus beaux atours fallacieux et des plus belles couleurs qui puissent exister en ce monde.

C'est là que cette " oligarchie bananière " reconnaît l'autorité incontestée d'un chef suprême et verse de facto dans la dictature - puis dans le despotisme car la limite qui les sépare est infinitésimale - qui est un régime politique autoritaire (établi et maintenu par la violence- celle qui est apparente et celle qui ne se voit pas ) à caractère exceptionnel puis constante par la force des mauvaises habitudes mais en tout état de cause illégitime.

Ce pouvoir obtenu souvent dans l'illégalité la plus totale va se conforter en se donnant les moyens de ses ambitions de faire triompher ses propres volontés au sein d'une relation sociale, même contre des résistances ; peu importe sur quoi reposent ces moyens de contrainte et leur illégitimité.

Nous sommes dans le par trop facile : " l'Etat c'est moi " de quelques siècles en arrière.

En matière de tyrannie et de despotisme, ce monde est bien servi… bien trop car si les soutiens, cautions et collusions de " grandes … démocraties " (ou supposées comme telles) n'existaient pas ceci n'en serait que mieux et peut être pourrions compter ces tyrans sur les doigts d'une main.

Depuis trente ans, une ONG américaine Freedom House surveille l'évolution de la démocratie et de la liberté dans le monde et a établi - pour 2002 - un classement des pays libres, partiellement libres ou " non libres ".

Où commence et où s'arrête la tyrannie d'un état et quelle signification exacte donner à un état " non libre " si ce n'est celle d'un Etat tyrannique… ?.

C'est ainsi que l'on apprend - pour l'année 2002 - que les pays dits libres représentent 46 % des 192 pays qui ont fait l'objet de cette étude contre 29 % en 1972 ;

  • les pays partiellement libres 29 % contre 25 % ;

  • les pays " non libres " ( on appréciera au passage cet euphémisme "non libres"...de précaution…) 25 % contre 46 %.

En 2002 la population des pays libres représentait 44 % de la population mondiale contre 35 % en 1972 ;

  • celle des pays partiellement libres 21 % contre 18 %,

  • celle des pays " non libres " 35 % contre 47 % ;

Appelons les choses par leur nom et évitons de nous voiler la face, plus de 2 milliards de personnes de par le monde vivent sous un régime tyrannique ou despotique.

Lorsque l'on sait hélas le peu de cas que l'on fait en certaine région du globe d'une vie humaine et bien qu'il y ait une amélioration en 30 années on se dit qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire quand bien même les pays " non libres " auraient reculé de 72 à 31 % en Afrique sub-saharienne pour prendre un exemple qui nous concerne plus directement.

La question (véritable sujet de bac philo) qui vient inévitablement à l'esprit est " Est-on libre par ce que l'on est riche ou est-on riche par ce qu'on est libre ? ".
Question qu'il conviendrait plutôt de poser différemment " Est-on dans un pays libre par ce que l'on est riche, ou est-on riche par ce que l'on vit dans un pays libre ?".

Reste à définir à partir de quelle " fortune " détenue est-on considéré comme étant riche et si la supposée liberté dans les pays riches ne serait-elle pas une liberté toute relative et d'évidence placée sous le contrôle de l'Etat… et parfois de ses excès non dévoilés ou apparents lorsqu'il n'existe pas de réel équilibre politique donc de plein exercice de la démocratie en un instant T…..

La République de Djibouti se situe dans le partiellement libre - proche du non libre - mais ce qui peut paraître surprenant c'est que l'étude indique qu'il pourrait y avoir autant de liberté à Djibouti qu'au Maroc, qu'au Gabon … qu'au Kenya ou qu'en Turquie ce qui relativise tout de même la fiabilité de telles études.

C'est SM Mohamed VI qui a dû être désagréablement surpris à la lecture de cette étude et Omar Bongo rassuré...Quant au président Mwaï Kibaki, à notre connaissance nous n'avons pas constaté dans les pays dits libres ne serait-ce qu'une amorce de dispositions comparables avec celles qu'il impose au Kenya.

Il met en demeure les corrupteurs et les corrompus de restituer à l'Etat les sommes détournées en ciblant les hauts fonctionnaires qui doivent - de plus - justifier l'origine de leurs fortunes personnelles. Joignant le geste à la parole donnée aux kenyans, il vient de faire traduire 23 juges devant les tribunaux ad hoc ....et s'apprête à briser les monopoles spéculatifs qui s'étaient instaurés sur les produits de l'Agriculture.

Prenons la liberté de la Presse et celle du pluralisme politique entre Djibouti et le Kenya pour une rapide comparaison et l'on sera vite fixé sur le caractère un tant soit peu… " Limitatif " d'une telle étude.

Il est vrai que Djibouti est un " terrain privé de chasse " au " gros gibier … " d'une race particulière que l'on ne retrouve dans aucun manuel de zoologie mais dans un précis local de " Mafiologie " et que d'évidence les informations bien plus que parcellaires qui sont diffusées sont les meilleures qu'il soit au point que l'on serait tenté de se poser la question de savoir " Pourquoi la République de Djibouti, sous le régime d'Ismaël Omar Guelleh 1er n'est-elle pas placée en tête des pays libres de la planète ? ".

Ismaël Omar et ses comparses sont libres donc les populations vivent dans un Etat libre ?.

Une dernière remarque pour conclure.


Si Ismaël Omar, la charmante Kadra Odette Mahamoud et ses frères, les " serviteurs principaux" et empressés du régime acceptaient de restituer à l'Etat djiboutien ne serait-ce que 50 % des sommes qu'ils ont détournées depuis 25 ans ceci ferait un sacré pactole….pour les finances publiques qui sont bien malades….

Ne rêvons pas et contentons-nous d'affirmer bien haut et tous en cœur

" Ils et elles sont immensément riches donc nous sommes dans un pays immensément libre !!! ".


Bouh Warsama.

 

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