Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 14-Nov-2003 12:03 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

 

14/11/03 - L'ADI annonce que dans le cadre de la Réforme de l'administration publique et du système de protection sociale : l'assainissement se poursuivrait…alors - qu'à notre connaissance - il n'a pas débuté et nous en sommes restés aux mêmes errements....

Par Wais Doualeh Ahmed

Dans le communiqué de référence - paru sur le site de l'ADI en date du 13 courant - il est écrit

"……. Ainsi, outre les mesures visant à renforcer la transparence et la rigueur dans la gestion des deniers publics, les réformes entreprises se rapportent notamment à la gestion des ressources humaines, avec pour but recherché l'établissement d'un meilleur système de gestion prenant en compte la question du mérite dans le recrutement du personnel de l'Etat et l'amélioration de la formation professionnelle… ".

Transparence et rigueur dans la gestion des deniers publics… on croit rêver lorsque l'on sait que le système de détournements d'argent public est étatisé depuis des années…et qu'il est l'un des plus grands fléaux dont souffre le pays avec la corruption qui mettent un frein à tout développement social à Djibouti.

A la lecture d'un tel communiqué de presse, ceci doit constituer dans l'esprit du profane - qui ne connaît pas la propagande fallacieuse du régime djiboutien actuel - l'expression d'une volonté gouvernementale de se pencher sur un problème crucial qu'est ce vaste sujet de " L'administration publique " et de ses nécessaires réformes.

On saisit dans ces écrits l'une des nouvelles formes de propagande manipulatoire des pensées - quelque peu outrancière - face aux vérités persistantes et notamment à l'encontre des demandeurs d'emploi dans la fonction publique qui connaissent très précisément les critères inavoués du pouvoir politique ismaélien en matière de recrutement.

Le communiqué de l'ADI n'en reste pas là car il précise

"…. Ainsi, à travers cette nouvelle donne en matière de recrutement des agents de l'Etat qui devrait normalement mettre fin aux injustices, le plus souvent orchestrées par des favoritismes à caractère tribal ou clanique, l'Administration publique trouve ici une certaine éthique favorisant la liberté d'accès à l'Emploi…. ".

Chacun sait que tous les recrutements dans l'administration s'effectuaient et s'effectue encore jusqu'à ce jour après avis d'Ismaël Omar Guelleh.

Ceci revient à dire - selon l'ADI - que son " Excellentissime le Despote " faisait preuve d'injustices, le plus souvent orchestrées par des favoritismes à caractère tribal ou clanique.

Enfin une Vérité avouée par les suppôts du pouvoir !, reste maintenant à savoir ce que va faire le Ministre de la Fonction publique des fonctionnaires qui ont bénéficié des "Faveurs" d'Ismaël Omar et qui ne sont quasiment jamais à leur poste .....?.

On ne peut que remercier chaleureusement l'Agence djiboutienne d'Information d'avoir confirmé ainsi ce que nous dénonçons depuis fort longtemps à savoir que soit on bénéficie de la " mansuétude " tribale ou clanique du pouvoir en place et l'on peut - en dehors de toutes compétences - accéder à un emploi dans la fonction publique, soit on est pas dans " ses petits papiers " et là, la demande est rejetée.

Au-delà de toutes les lois que le régime actuel pourrait promulguer, c'est avant tout les réelles intentions gouvernementales que les Djiboutiens et les Djiboutiennes attendent.

On les a bercés et gavés de promesses et de toutes les illusions, aujourd'hui ils et elles veulent voir….car sous le régime d'Ismaël Omar Guelleh, l'Etat djiboutien s'est fait une spécialité consistant à faire paraître des lois qui sont soit inapplicables soit inappliquées et tombent en désuétude.

Nous observons que dans le cas présent, le pouvoir politique aborde le sujet épineux de la Réforme de l'administration publique mais il paraît tout de même curieux qu'il ait mis autant de temps pour s'y pencher ce qui nous laisse à penser - qu'une fois encore - on puisse bien plus se situer dans un nouvel acte de propagande politique à l'égard des pays donateurs et de l'opinion internationale afin de les rassurer que dans une réelle volonté de " changer les choses ".

C'est à partir du moment où la question du pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh s'est ouvertement posée - dans le pays comme au niveau international - alors que son image s'est dissoute car dévalorisée par toutes les " Affaires " qu'il a lancé des méthodes spécifiques de reconquête dans chaque dossier épineux …

Emploi, fonction publique... tout y passe ; les mots mensongers sont choisis avec soin car il faut rassurer en attendant le "déluge" qui va s'abattre sur le "Palais des artifices"...


Aussi longtemps qu'il n'y aura aucune limite entre le législatif ( qui se réduit au seul Bureau d'Ismaël Omar Guelleh) tous les actes pris auront bien peu de sens car chacun sait que le Parlement est inexistant à Djibouti alors que l'exécutif - pour le moins celui qui juge - n'a pas son mot à dire.

Comment attribuer une quelconque crédibilité à une propagande gouvernementale qui n'en est toujours pas sortie de son "dogmatisme" fait d'intransigeances les plus diverses, d'autoritarisme, d'étroitesse d'esprit et de raideur :
Ismaël Omar Guelleh et sa " clique " ne tolèrent aucune discussion, parlent d'un ton tranchant lorsqu'ils sont acculés dans leurs derniers retranchements et portent des jugements péremptoires.

" Surviennent ces promesses et mots étouffants car mensongers
C'est ainsi qu'on laisse entendre que l'on va faire ce qui ne fut jamais fait
Ces mots qui laisseront, encore demain adultes et enfants maintenus dans les désastres d'une Nation en otage "

Prétendre promulguer des Lois dans de telles conditions - alors que l'on sait qu'elles ne servent que de faire-valoir et ne seront pas appliquées car aucun Juge du Tribunal administratif ne prendra l'initiative de défendre les Droits des fonctionnaires et assimilés comme tels - c'est comme l'on dit nous jouer à nouveau un air de violon en espérant nous faire danser sur des sons discordants qui tentent de masquer tout à la fois les incompétences et toutes les falsifications du pouvoir en place.

Oui mais en chaque chose il existe une échéance !...

 

M Wais Doualeh Ahmed
Ancien haut fonctionnaire - Réfugié politique ONU - Europe.
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti

 

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