Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 15-Nov-2003 13:36 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

15/11/03 - A l'heure des profonds bouleversements qui se dessinent dans la société djiboutienne les mesures prises par l'administration doivent sortir d'une schématique fixiste trop longtemps entretenue et à laquelle elle est contrainte par le pouvoir de l'Etat politique mafieux.

Par Ali Abdillahi Iftin.


C'est à ce prix que l'administration djiboutienne pourrait enfin et véritablement acquérir une dimension sociale, et réaliser la nécessaire complémentarité entre l'économique et le social.

Ceci signifie qu'il lui faut franchir une nouvelle étape en se libérant d'une emprise politique d'intérêts individuels, pour ne pas dire politicarde et faire en sorte qu'elle se rapproche des citoyens.

Contre vents et marées, cette administration doit tout mettre en oeuvre pour développer l'emploi, lutter contre le chômage qui participent à la poursuite de cet objectif, pour construire une société plus participative, plus humaine et plus en conformité avec les évolutions de ce monde.

Comme le Respect de l'humain, lutter pour l'Emploi doit être un véritable état d'esprit, une culture présente dans l'esprit et à tous les niveaux des administrations concernées.

C'est par ces quelques lignes d'introduction que nous avions insisté - dans un article paru il y a de cela 4 mois - sur le fait qu'en matière de création d'Emploi à Djibouti, l'administration djiboutienne doit faire face à un Etat dirigé par son "Al Capone local" et par quelques hiérarques mafieux dignes du Chicago des années 30.

Depuis des mois nous sommes les témoins de forums, réunions, symposiums, colloques impliquant les discours des uns et des autres supposés spécialistes en matière d'analyse et de création d'Emploi mais ces longues palabres ne se sont limitées au final qu'à de grandes " Déclarations d'intentions " - y ajoutant même un échéancier - qui ont versé une fois encore dans la futilité des mots face à une situation de catastrophe au regard de l'emploi et qui n'évolue pas dans l'amélioration.

Tous ces actes gouvernementaux ont confirmé la profonde fracture qui subsiste entre ce qui est annoncé par le gouvernement en matière de lutte contre le chômage et l'absence d'effectivité de résultats sur le terrain.

Or chacun sait que si l'on veut prétendre agir de manière rationnelle et durable sur l'Emploi il ne convient pas de persister dans de grandes déclarations grandiloquentes mais de prendre " à bras le corps " toutes les formes de formation.

Formation comme l'intégration des jeunes dans le monde du travail et la création d'entreprises nouvelles - y compris dans des secteurs novateurs - font partie des leviers essentiels à activer dans l'urgence.

Les rapports sur la situation économique et sociale de Djibouti - dont seule une infime partie est portée à la connaissance du public tant la situation est dramatique, tout particulièrement pour notre jeunesse au regard de l'emploi - ne sauraient donc échapper aux multiples critiques qui ne se limitent pas exclusivement au pessimisme mais tentent d'infléchir une politique gouvernementale qui est à double langage et qui s'articule autour d'un point crucial qui est la " Monopolisation " de tous les secteurs d'activités par quelques-uns au détriment de tous les autres.

Il convient d'établir un net distinguo entre " Faire du Commerce " et " Monopoliser " tous les secteurs d'activités économiques.

Par évidence, Djibouti est une plate forme commerciale, chacun se doit donc de commercialiser au mieux ses prestations ; ce qu'il revend, fabrique ou transforme en se plaçant au mieux des intérêts communs vis-à-vis de sa clientèle.

Par ailleurs et au vu d'une " Monopolisation sauvage " - archaïque et asphyxiante - de tous les secteurs d'activités nous ne situons plus dans un système de " libre concurrence " ce qui réduit quasiment à néant toutes les initiatives locales et étrangères de grande importance, créatrices d'emplois.

Ceux qui osent prétendre investir et créer des emplois dans le cadre des lois de notre pays, sont assujettis à toutes les charges et taxes imposées par l'Etat alors que ceux qui imposent et détiennent fermement tous les rouages de la " Monopolisation sauvage " en sont exonérés…ce qui constitue une nouvelle injustice et disparité de traitement qui ne facilitent en rien " l'initiative individuelle " mais bien au contraire l'asphyxie.

Les exemples de chefs d'entreprises - affiliés au pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh - qui ne versent aucune cotisation sociale, ne paient ni leurs factures d'eau, d'électricité et de téléphone sont si nombreuses qu'il paraît plus rapide de dresser la liste de ceux qui paient que de tenter d'établir la liste de ceux qui ne paient pas.

Rien a changé - Comment peut-on oser prétendre gouverner un pays et en Réformer les institutions dans de telles conditions ?.

Par ailleurs, il est un fait que quelques initiatives locales en matière de création d'entreprises individuelles ont émergé depuis une année et furent soutenues financièrement par les micros crédits, mais elles ne sont pas le fait de déterminations gouvernementales mais de volontés individuelles.

S'il est incontestable que de telles initiatives doivent être fortement encouragées, celles-ci ne constituent pas à elles seules les réponses à l'amélioration de la situation au regard de l'Emploi car elles n'ont qu'une incidence très limitée en matière de création d'emplois.

Le reproche que l'on peut faire aux initiatives gouvernementales est qu'elles se limitent - lors des forums, réunions, symposiums, colloques….- à se concentrer en une définition de propositions des leviers à mettre en œuvre pour agir mais bien qu'ayant défini une forme exhaustive de " Tableau de bord pour la relance de l'Emploi " elles n'en respectent pas les échéances alors que ledit gouvernement se garde bien d'établir - en temps réel - les indispensables constats d'évolution.

Ce faisant, il nous semble bien éloigné du climat économique et social marqué en tout premier lieu par un véritable désarroi et par une forte inquiétude quant à leur avenir clairement exprimés par les demandeurs d'emploi.

Au regard des statistiques récentes, le gouvernement djiboutien actuel n'a pas de quoi pavoiser et peut aisément mesurer l'inefficacité de sa démarche en faveur de l'Emploi.

Bien qu'il s'inspire largement des mesures définies par le Gouvernement en Exil de Djibouti en matière de création d'Emploi - sans toutefois les mener au bout et sans s'attaquer véritablement à la " Monopolisation sauvage" du secteur privé car c'est là que se situe son problème - il est évident que ce gouvernement démontre les limites de son pouvoir par rapport à la " nomenklatura " locale et contribue ainsi à la destruction d'emplois dans tous les secteurs d'activités volontairement non concurrentiels et ce depuis des années.

Comme nous l'avons écrit et répété à de multiples reprises, il convient d'AGIR avec détermination et de bousculer les privilèges et les obstacles qui nuisent aux leviers que sont :

  • la FORMATION adaptée aux réels besoins des entreprises,

  • l'INTEGRATION des jeunes,

  • le DEVELOPPEMENT de l'activité féminine,

  • le DEVELOPPEMENT économique en mettant l'accent sur la création d'entreprises génératrices d'emplois et, enfin,

  • VALORISER l'image de CHAQUE REGION qui compose la République de Djibouti qui passe par une véritable et sincère DECENTRALISATION.

La Formation doit faire l'objet de larges débats avec les entreprises du secteur privé - intégrant nos enseignants - et appelle à un nécessaire effort national d'investissement tant sur les moyens pédagogiques et d'accompagnement humain que sur les niveaux de qualification de notre jeunesse formée à Djibouti qui ont cessé de progresser depuis quelques années.

Si ces niveaux de qualifications de notre jeunesse formée à Djibouti sont en régression c'est la conséquence de carence en matière d'investissement tant sur les moyens pédagogiques que sur l'accompagnement humain dont se rend coupable un " gouvernement des incompétences " et de la précarité des initiatives.

Il nous faut donc trouver une véritable dynamique des politiques de formation qui sont l'un des enjeux d'une Décentralisation qui devrait donner plus de pouvoirs à nos régions dans ce domaine prépondérant et qui va définir l'avenir de notre pays et de ses populations.

On peut affirmer que la situation actuelle de notre jeunesse face au chômage est la résultante des dysfonctionnements récurrents des dispositifs de formation qui sont incapables d'orienter notre jeunesse vers l'emploi comme de préparer ceux qui sont actifs à de nécessaires mutations professionnelles.

En matière de Formation de notre jeunesse, nous en sommes restés à des concepts vieux de plus d'un siècle et, le pire, c'est que nous persistons dans l'erreur.

Il reste aussi un atout à activer pour la République de Djibouti et qui est le caractère quadruplement frontalier du pays au sein de la région de la Corne Est de l'Afrique et qui devrait constituer non pas un pari sur les conflits locaux mais un pari sur la Paix entre les peuples, car seule la Paix apporte le progrès économique et social.


Il est prépondérant que Djibouti se singularise enfin par une culture d'ouverture tout à la fois africaine et moyen orientale.

Cette bi culture étant un savant mélange qui en fait sa force par sa diversité qu'il convient d'encourager et non de combattre car c'est une réalité historique.

 

M Ali Abdillahi Iftin
Ancien commandant de la Garde présidentielle
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti

 

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