Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 19-Nov-2003 14:37 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

 

 

19/11/03 - Lutte d'influence - Le père noël de la Maison Blanche fait la pige au père noël de l'Elysée alors qu'un Ismaël Omar en perdition tente un coup de poker dont nul ne peut aujourd'hui mesurer pleinement les incidences à court et moyen termes.

Par Bouh Warsama.

 

Bien qu'Ismaël Omar Guelleh tente de sauver les apparences en associant Français et Américains dans ses déclarations à la presse, il n'y a rien de curieux à ce que - par médias interposés - on assiste aujourd'hui à une forme de mise à mort de la présence française à Djibouti avec tous les risques... ou avantages que cela comporte à moyen terme pour d'autres pays d'Afrique…

L'expérience de la Côte d'Ivoire n'a rien apporté en matière d'instauration des Libertés dans le pays malgré les luttes d'influence, les actions des uns et des autres ; le marasme y persiste, l'économie est dans le gouffre !!!.

C'est ainsi que l'on peut lire dans la presse IRIN (ONU).

" Les forces étrangères, notamment de l'ancienne puissance coloniale France, ont longtemps eu une présence à Djibouti mais puisque les Américains se sont établis là au lendemain des attaques de 11 septembre, il apparaît que les fortunes de la nation ont changé pour le meilleur…. ".

Ceci s'appelle tout bonnement préparer le terrain… d'une volonté d'exclure à plus ou moins court terme la présence française de Djibouti en passant vraisemblablement - pour le Ministère français de la Défense - par une réduction des effectifs dès le Plan Annuel des Mutations pour l'année 2004....

D'évidence pour se justifier, on invoquera les difficultés d'une France en limite de la récession économique....etc.

On peut affirmer que cet "éloignement" de la France - souhaitée par Ismaël Omar Guelleh bien qu'il n'ose l'avouer - fait partie d'une stratégie non dévoilée alors que nul ne prend l'initiative de mentionner les quelques " divergences " (le mot est faible) entretenues par les autorités djiboutiennes entre les unités des FFDJ et les forces américaines dans bien des domaines.

Il y a toutes ces multiples déclarations diplomatiques qui se veulent rassurantes dont l'ADI nous inonde en y mettant une couche au passage et ce que vivent en, réalité les militaires des FFDJ au quotidien.

Si les bons rapports avec les populations djiboutiennes sont tels qu'ils sont depuis des lustres, on ne peut pas en dire autant pour ce qui concerne un cercle restreint qui détient tous les pouvoirs à Djibouti et qui n'hésite nullement à faire démonstration de xénophobie à l'égard des Français ...

Chantages voire menaces exercés auprès des autorités françaises locales, la situation se dégrade à un tel point qu'elle entrainera dans les semaines à venir le départ de quelques Français - non des moindres - qui se pensaient "Amis du pouvoir actuel" et qui n'ont eu de cesse de le soutenir.

Disparité de traitement pour ce qui concerne le respect de l'utilisation des espaces aériens, les règles de vol en général, le survol des installations militaires …mais aussi le fait que les FFDJ sont assujettis à des contraintes - récemment instaurées - qui les placent au second rang lorsqu'ils organisent des exercices de maintien en condition opérationnelle des unités hors des limites de leur base et cantonnements…

C'est ainsi qu'un exercice programmé depuis des mois mais assujetti à un accord préalable au jour de son lancement peut - sur décision du Palais de l'Escale - être ajourné sans justification d'aucune sorte quelques heures avant qu'il ne débute.

Par ailleurs, il est à noter que dans ce même interview - en date du 18 novembre 2003 - accordé à IRIN, Ismaël Omar Guelleh fait l'apologie du renforcement de la présence américaine sur le sol national notamment en déclarant

".....plus de 1.000 personnes ont trouvé un emploi, des entreprises locales sont engagées et elles [ les Américains ] font des investissements considérables… ".

Nul ne saurait remetttre en cause l'apport important que constitue la présence américaine en matière d'amélioration de l'emploi mais on ne peut que constater en souriant un certain lyrisme … un tant soit peu falsificateur …du despote qui gonfle les chiffres afin de leur donner plus d'impact….

Il faut donc s'attendre à ce que le Journal la Nation et l'ADI nous pondent dans les jours à venir de ronflants articles à la gloire des Forces américaines tout en sachant - par expérience vécue que - " Pour Ismaël Omar, les amitiés de circonstances justifient toutes les flatteries, hypocrisies et courbettes pour autant qu'elles mettent la main au porte monnaie...et continuent de le faire ..sans demander des comptes."

Sans vouloir faire preuve d'un quelconque cynisme politique on en arrive à se poser la question du pourquoi d'un tel soutien aussi important apporté par l'administration de M Bush à Djibouti ?.

Ce serait faire insulte au minimum d'esprit d'analyse que chacun peut avoir que de nous laisser croire que nous nous situons dans une oeuvre philantropique alors que l'on sait que les volontés exprimées par l'Administration de M Bush de s'installer solidement à Djibouti dépassent de très loin le seul intérêt d'améliorer la situation des populations locales.

Ces aides surdimensionnées qu'apportent les USA à Djibouti - tout en attendant de savoir précisément sous quelles formes elles seront attribuées et ventilées ...- s'attachent sur l'un de leur aspect bien plus à tenter de sortir les populations djiboutiennes du marasme social et économique dans lequel les a plongés et les maintiennent les régimes successifs d'Hassan Gouled puis d'Ismaël Omar qu'à aider le monarque bananier actuel et de surcroît despote ; mais ceci a un prix à payer, lequel ?.

L'occupant et squatter du Palais de l'Escale a en quelques quatre années totalement laminé le pays suivant la formule " Plus on s'enrichit plus on se doit d'appauvrir toutes les classes sociales du pays "… à l'exception d'une " cinquantaine de familles de l'alimentaire " qui jouent pleinement son jeu pour que leur soit octroyée une gamelle quotidienne.

Mais si vous croyez qu'Ismaël Omar Guelleh va changer ses pratiques et qu'il va s'adonner désormais au pro américanisme, alors là vous feriez mieux de vous intéresser à ce que fut son cheminement de ces dernières années.

Prenons juste sa contribution aux Réseaux fondamentalistes musulmans.

  • Contribution aux réseaux fondamentalistes.

L'origine de l'aide et de l'appui financier qu'Ismaël Omar Guelleh offre aux fondamentalistes et intégristes musulmans à partir de Djibouti, notamment ces dernières années vers la Somalie (Régime de Mogadiscio) avec l'appui de plusieurs de ses Collaborateurs, date des années 1984-1986 et l'on peut considérer que depuis les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés aux Etats-Unis d'Amérique il se fait plus discret mais surtout plus prudent car il sait pertinemment que bon nombre de " services spéciaux " le surveillent comme le sont les principaux djiboutiens impliqués et qui ont un lien avec ces réseaux.

  • Les banques et les transferts qui soutiennent les réseaux.

M.Robleh Olhayeh Odin étant l'actuel Ambassadeur de la République de Djibouti auprès des USA, nous avons de fortes présomptions quant à son appartenance aux réseaux affiliés à Al Quaïda.

Il fut en un temps directeur de la Banque Djiboutienne pour le Moyen Orient (BDMO) dont on sait qu'elle fut financée à hauteur de 95 % par de hauts responsables saoudiens de tendance wahhabite et dont l'un des actionnaires principaux était le propre fils d'Oussama Ben Laden qui détient par ailleurs et majoritairement les actions d'une Banque importante au Soudan.

L'implantation du fils d'Oussama Ben Laden au Soudan s'est faite par l'intermédiaire d'Idriss Ismaël Guelleh (décédé depuis suite .. officiellement …à une maladie incurable et frère d'Ismaël Omar Guelleh Chef de l'Etat djiboutien), qui avait ouvert une société d'import export à Khartoum. Il lui servira de clé d'entrée.

L'une des caractéristiques de la Banque Djiboutienne pour le Moyen Orient (BDMO) était le recyclage et le blanchiment d'argent en provenance des pays du Moyen Orient tout en servant de moyens de retour, pour partie et vers ces pays, des aides affectées officiellement à Djibouti.

La BDMO fit officiellement faillite dans les années 1992-1993.

On pense que suite aux enquêtes diligentées par certains organismes après la première guerre d'Irak mettant à jour tous les blanchiments d'argent, les actionnaires ont voulu éviter que les investigateurs ne parviennent jusqu'à eux et ne découvrent ce que l'on suppose être l'une des banques finançant les mouvements intégristes musulmans.

Dans l'Affaire de la BDMO, M Robleh Olhayeh Oudin, actuel Ambassadeur de la République de Djibouti auprès des USA aurait " récupéré " 900 millions de FDJ ce qui lui aurait permis d'acquérir une villa à Washington et une seconde à New York.

Pour sa participation à la création de la Banque au Soudan, grâce à l'aide de ses amis islamistes à Khartoum avec qui il était en " affaires ", qui serait un prolongement comme la BDMO d'une Banque spécialisée dans le commerce des pays du golfe, à l'époque Idriss Ismaël Guelleh aurait perçu 700 millions de FDJ de commissions prélevés directement sur les fonds de la banque au moment de la fermeture précipitée de la BDMO.

La Banque d'Albaraqua va aussitôt venir en substitution de la BDMO, elle sera dirigée par le Cheik Saleh, ami d'Oussama Ben Laden et président directeur général de toutes les banques islamiques en Egypte, dans le monde musulman et arabe mais aussi associé avec le fils d'Oussama Ben Laden.

Bien que l'on ait pas terminé de traiter le sujet, là s'arrête - pour l'instant - l'énumération de quelques implications plus ou moins directes d'Ismaël Omar Guelleh tout en admettant qu'il a l'art et la manière de positionner des "fusibles" - grassement rémunérés - dans toutes ses affaires délictueuses, M.Robleh Olhayeh Odin en est un et non des moindres.

Le seul ami que puisse avoir Ismaël Omar s'appelle USD et si possible en grosses coupures quant à ses diverses patries elles se nomment comptes bancaires qu'il a disséminés de par le monde afin de s'assurer des vieux jours paisibles le moment venu… car il sait que ses jours sont comptés malgré le ballon d'oxygène que vient de lui octroyer l'administration Bush.

Au cours de mes divers séjours en Afrique comme en Europe, il est une chose que j'ai retenue ; une sorte de leçon en quelque sorte, c'est que les autres pays pensent souvent que les américains vivent encore à l'ère de la puissance, telle que celle que l'Europe vivait au 19ème siècle.

On se moque souvent à tort de leur optimisme un tant soit peu " innocent " et de leurs méconnaissances en matière de subtilités africaines ou moyennes orientales alors qu'au fond on les envie.

Malgré les divergences de vue que l'on puisse avoir sur la forme - notamment pour ce qui concerne la manière d'instaurer la démocratie dans des pays dont ils ne connaissent pas les sensibilités particulières - on sait qu'ils servent de moteur économique à l'Occident.

Ce moteur économique peut - sur bien des aspects - soulever des controverses justifiées ; ceci est un autre débat.

  • Djibouti va-t-il être un piège et pour qui ?.

Reste maintenant à savoir ce que va faire l'administration Bush au regard des grandes valeurs fondamentales que sont - depuis sa Déclaration d'Indépendance - le respect de la nature humaine et l'attachement aux Droits citoyens ?.

Va t-elle fermer les yeux ou va t-elle mettre fin à l'odieux trafic d'enfants dont se rend coupable Mme Kadra Odette Mahamoud Haïd la propre épouse du Chef de l'Etat Djiboutien ?.

Quelle attitude aura-t-elle face à toutes les atteintes - cautionnées par d'autres trop longtemps - qui ont maintenu les populations de ce pays dans la misère malgré que l'Economie locale fut sans cesse placée sous perfusions financières depuis son accession à l'indépendance.

L'histoire le démontre, l'Assistanat débonnaire n'apporte rien de pérenne si ce n'est qu'il conforte quelques comptes bancaires au passage…

Si l'administration de M Bush n'obligeait pas à la mise en application de certaines mesures - qui s'inspirent de ses propres et récents rapports sur la Liberté et le Droit d'expression à Djibouti - ceci voudrait-il dire qu'un président des Etats-Unis d'Amérique pourrait s'accommoder de cette situation et s'imaginer que le couple régnant - Ismaël Omar Guelleh et Kadra Odette Mahamoud Haïd - sont foncièrement bons et soucieux du bien être des populations ?.

Si dans sa longue histoire, les présidents des Etats-Unis d'Amérique qui se sont succédés furent confrontés à des Despotes sanguinaires bien plus infâmes que peut l'être le " couple royal " djiboutien, il convient de considérer que nous sommes au 21ème siècle et que tous les Djiboutiens et les Africains en général ont les yeux fixés sur ce qui va être fait.

A notre sens, c'est par un mélange de grande fermeté et de séduction que l'administration Bush doit obtenir sur le plan des Libertés et de la bonne gouvernance une contre partie aux investissements qu'elle fait aujourd'hui à Djibouti au profit d'un peuple pris en otage.

Il faut que cesse cet odieux chantage à la misère humaine car si rien ne changeait, les Américains deviendraient à tort - mais le deviendraient quand même - les exutoires aux problèmes générés par le régime despotique d'Ismaël Omar Guelleh !.

 

Bouh Warsama

 

 

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