

Mr.
Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.
These
politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic
property of Djibouti Nation.
Amin


20/11/03
- Apprendre à partager - La pauvreté et le malheur ne
sont ni fatalités ni vices.

Par
Mahamoud Idriss Ahmed.
Le
gouvernement éthiopien prévoit - avec un certain optimisme
- de très bonnes moissons pour cette année qui succèdent
à une catastrophe consécutive à une sécheresse
qui a frappé de plein fouet plus de 13 millions d'Ethiopiens.
Ce
phénomène n'est pas spécifique à l'Ethiopie
et l'on mesure quelles peuvent être les difficultés des
agriculteurs d'Afrique en ces régions défavorisées
comme l'est la Corne Est qui sont tributaires des conditions climatiques
et doivent produire en quantité suffisante sans pour cela voir
les prix de leurs récoltes s'effondrer sur les marchés.
D'une
année sur l'autre c'est ainsi que l'existence de millions de
personnes sont mises en jeu par le simple fait des aléas de
conditions climatiques sur une région ; conditions climatiques
sur lesquelles nul ne peut intervenir et tout au plus en est on réduit
- de par les évolutions des techniques de lecture prévisionnelle
en matière de météorologie - à pouvoir
connaître à l'avance si l'on se situera à échéance
d'un an en période de sécheresse ou d'abondance de pluies.
Cette
lecture préalable que l'on peut avoir des futures conditions
climatiques n'est pas une science exacte, elle constitue une vision
globale et a ses limites ce qui hypothèque sa fiabilité
et les conséquences.
Ce
que l'on peut regretter et qui ne fut pas fait durant des années
c'est l'absence de calendrier préventif d'application des mesures
efficaces pour lutter dans un sens ou dans l'autre, c'est pourquoi
nous souhaitons qu'un véritable Plan Prévisionnel -
applicable à chaque région - puisse corriger cette lacune
en déterminant des échéances précises
et en définissant les responsabilités des acteurs nationaux
et internationaux dans l'application des mesures pour pallier à
ces situations qui - l'une comme l'autre - sont facteurs de crise.
A
ceci s'ajoute la rapidité d'intervention des instances internationales
qui doivent intervenir sous la forme " d'Actions Rapides "
telles que les pratiques certaines unités militaires en cas
de conflit.
Serait-on
plus aptes à gérer des conflits armés entre factions
ou pays plutôt qu'à prévenir l'émergence
d'un conflit de la faim ?.
La
famine est l'une des sources de discordes entre les tribus en nos
régions avec cette sempiternelle recherche du bien précieux
qu'est l'eau ; trop souvent difficile à partager. Face à
une carence en eau, la raison comme toutes les bonnes intentions et
les accords passés sont balayés car il convient avant
tout de survivre et de préserver ses paturages, sa famille
et sa tribu.
Apprendre
à partager !.
Il
est grand temps de rompre avec les pratiques d'antan, nul n'a le Droit
d'attendre en ce début de millénaire que des hommes,
des femmes et des enfants meurent alors qu'à quelques milliers
de kilomètres de là et pour des raisons économiques
on détruit des récoltes pour éviter une surproduction
source de crise économique par baisse des prix
Les
experts en Economie mondiale et libérale
pourraient tenter
de nous faire toutes les démonstrations sur ce sujet que nous
leur opposerions un seul argument qui est que
le fondement d'une vie humaine - ne serait-ce que d'une seule - justifie
que tout soit fait pour la protéger face à des impératifs
d'économie mondiale et de maintien des prix pratiqués.
Dans
le cas de surproduction en nos régions de la Corne Est de l'Afrique
comme ailleurs, c'est aux institutions du commerce national et international
de procéder au rachat de ces surproductions pour ensuite en
faire bénéficier ceux et celles qui à quelques
centaines de kilomètres de là subissent les effets de
la sécheresse.
S'il
convient de réglementer ces déplacements d'une partie
des surproductions - afin d'éviter tous les trafics qui ne
manqueraient de poindre à l'horizon des " bonnes affaires
" - les quelques déviances qui passeraient au travers
de ces contrôles n'auraient pas comme conséquence des
morts d'hommes, de femmes et d'enfant par manque de nourriture ; ce
serait donc un moindre mal.
Nous
ne devons pas inciter l'Homme à en revenir aux instincts naturels
de l'Animal acculé dans ses derniers retranchements en cas
de grave sécheresse, à savoir tuer tout ce qu'il peut
trouver sur son chemin pour survivre ; lorsque l'on a faim il n'y
a plus de bon sens ou de loi si ce n'est celle de survivre avec sa
famille, sa tribu, son clan. Ceux qui
n'ont pas vu ou connu la famine ne peuvent comprendre cela malgré
toutes les bonnes volontés.
Vivre
et survivre n'ont pas le même sens, or en nos régions
bon nombre de tribus comme les agriculteurs en sont réduits
à survivre ce qui se traduit épisodiquement par des
conflits dont l'origine est très souvent l'appropriation d'espaces
où on y trouve l'eau, de quoi faire paître les troupeaux
et y survivre.
L'appauvrissement
du milieu rural - tel que nous le constatons - se traduit aussi et
pour partie par un exode massif des populations et des agriculteurs
qui étant en situation de faillite financière en périodes
de surproductions de céréales n'ont d'autres alternatives
que de fuir les terres de leurs ancêtres pour se réfugier
dans les villes importantes avec l'espoir - souvent déçu
- d'y trouver un emploi pour faire vivre leur famille.
D'une
survivance ils passent ainsi à une autre survivance
qui n'apporte que des déboires et contribue - par certains
aspects - à l'émergence de situations conflictuelles
avec les citadins qui pour certains ont oublié qui ils étaient
et d'où ils viennent.
Si
nous avons une vision bien différente du problème des
émigrés que ce à quoi il nous est donné
d'assister actuellement dans notre pays c'est que nous
considérons que - ne serait-ce par respect de nos ancestrales
traditions d'accueil - nous sommes tous responsables de cette émigration.
Il convenait pour le gouvernement djiboutien actuel de faire preuve
de plus de décence dans ses actes comme d'avoir une véritable
politique préventive et non curative en matière d'émigration...alors
qu'elle laisse aux instances internationales et aux autres pays le
soin de gérer une crise grave et des responsabilités
qu'elle est incapable d'assumer.
Afin
de fixer ces agriculteurs dans leur région d'origine, on serait
tenté de proposer que soit instauré un régime
spécial par les Etats concernés tendant à minorer
- sur une durée déterminée - les taux des prêts
et crédits accordés à ces agriculteurs en situation
difficile tout en accompagnant cette mesure par un report des charges
et des autres taxes qu'ils doivent à l'Etat.
Bien
d'autres mesures spécifiques sont à étudier dans
ce domaine, le but étant de redonner confiance en l'avenir
à ces hommes et à ces femmes qui ont - pour partie -
en charge de produire l'essentiel des ressources alimentaires de base.
Lorsque
j'observe qu'un ministre djiboutien de l'Intérieur - M Abdoulkader
Doualeh Waïss - ose porter jugement sur
la misère humaine qui fouille dans les containers à
ordures pour y trouver de quoi survivre, j'ai honte
pour ce supposé ministre.
Avant de lancer de tels propos, il aurait dû en mesurer le caractère
déplacé et insultants à
l'égard de ceux qui n'ont pas sa chance d'avoir le ventre bien
plein et de rouler en 4 X 4, ou de se faire soigner à l'hôpital
Bouffard pour un " état permanent " de psychisme
pour le moins particulier
.
Les
nomades qu'étaient nos ancêtres n'avaient guère
de chance de survivre dans un milieu hostile et ceux qui s'en sont
sortis et on donné naissance à une progéniture
à laquelle nous appartenons, nous
ont légué l'obligation de ne pas porter de jugement
sur la condition du nomade, hier et aujourd'hui, comme sur la pauvreté
et sur ce que l'on peut être contraint de faire lorsque la faim
vous tenaille le ventre.
Les
wc toilettes avec eau courante, ils ignoraient que ceci puisse exister
car s'ils avaient eu les moyens de les utiliser ils l'auraient fait
plutôt que d'aller dans la nature pour se soulager
Le
progrès dit moderne - dont nous bénéficions aujourd'hui
des effets - ne justifie en rien que
l'on puisse oublier que nos ancêtres ont existé et ont
survécu et qu'ils avaient une autre manière pour survivre,
une autre éducation, une culture différente héritée
de la nuit des temps.
"Si
l'on s'inspire de la pensée de Muhammad, les âmes grandes
ne sont-elles pas toujours disposées à faire une vertu
du malheur qui touchent leurs frères et leurs soeurs ?."
M
Mahamoud Idriss Ahmed
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti
Free
text of right, any nonsubjugated integral copy with the preliminary
authorization of the writer of the article.
Foot-note : Diffusion E mail - 8 897 addresses.
/inter.JPG)