Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 23-Nov-2003 21:06 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin


23/11/03 - Quelques années ont suffi pour Ismaël Omar Guelleh et sa clique d'escrocs pour transporter Abdi et sa famille d'un Djibouti où la vie n'était pas toujours facile à une survie sur une planète ismaélienne faite de toutes les corruptions et qui a ignoré la jeunesse du pays.

Par Aïcha Guédi dit Martine.

De quelque coté que l'on se tourne, il semble impossible de faire confiance à qui que ce soit en matière d'information juste et objective émanant de ce régime dirigé par Ismaël Omar Guelleh.

Les actualités qui nous parviennent au travers de la RTD et de la nation masquent du mieux qu'elles le peuvent et au quotidien des ministres prévaricateurs et des voyous qui s'engraissent mais qui de plus vous défient honteusement au volant de leurs 4 X 4 flambants neufs - presque à vous écraser lorsque vous traversez la rue - alors que vous êtes là à les regarder agir ainsi et que votre compte bancaire est désespérément vide.

Vide car - une fois encore et malgré les aides internationales attribuées aux finances publiques - le versement de votre salaire de fonctionnaire ou d'enseignant a été reporté sine die.

Les bons citoyens djiboutiens que nous sommes sont saisis d'un ras le bol général en voyant quelques voisins du RPP obtenir des passe-droits, frauder on ne peut mieux l'Etat et accumuler toutes les entorses à la loi ou pour le moins ce qu'il en reste dans un Etat où les lois ne sont pas applicables aux gouvernants.

Nous les fonctionnaires, militaires et enseignants qui représentons ce que nous appelons communément la " classe moyenne " avons le sentiment d'être les seuls à payer nos impôts et toutes les taxes diverses (encore faudrait-il que nos salaires soient versés) à travailler et à refuser de nous mettre en arrêt maladie.

Dans un tel monde qui se maintient des deux pieds dans la catastrophe, on se demande comment protéger nos enfants et leur éviter demain le chômage et le travail précaire qui frappent plus de 80 % de cette jeunesse que l'on voit déambuler totalement désoeuvrée dans les rues livrées à tous les trafics et face à une Police qui détourne la tête pour ne pas voir ce qu'il s'y passe.

Parmi cette jeunesse certains furent mes propres élèves et malgré toute ma bonne volonté je ne puis plus rien faire pour eux car le système les a exclus d'office.

Trop souvent nous entendons cette désagréable réflexion que l'on fait à nos enseignants au lieu de dire " que fait l'Etat ? " et " que fait cette ombre de ministre de l'Education nationale et de la formation professionnelle ? " hormis nous menacer de sanctions disciplinaires et financières alors que les causes de tous nos malheurs présents sont à leur propre niveau ; à ce niveau de toutes les incompétences et d'irresponsabilités les plus variés.

Ce n'est pas l'Education nationale et ses responsables qui sont accusés mais l'Ecole, c'est-à-dire les enseignants que l'on met au pilori.

On connaît cette méthode entretenue par le pouvoir.

Que ce soit la gabegie dans un quelconque ministère et aussitôt le ministre met en cause les échelons subalternes qui ont compétence en toute chose sauf dans les détournements de fonds publics dont se rend coupable le ministre et ses collaborateurs directs.

Pour voler l'Etat il faut bien acheter quelques consciences pour éviter d'être trop vite dénoncé, n'est-ce pas messieurs les ministres de verroterie….

En 1984 - Abdi vivait dans un petit appartement.
Son père était fonctionnaire et sa mère travaillait comme personnel de ménage auprès d'une famille française des FFDJ.

Il vivait avec sa jeune sœur et ses parents dans un appartement certes bruyant mais il y avait une douche, le téléphone, la télévision et un magnétoscope, peu de choses manquaient et l'on faisait avec ou sans.

Abdi allait à l'école et y rencontrait ses copains. Le maître de classe était décontracté et malgré les difficultés s'arrangeait toujours pour pallier aux quelques carences en matière de livres et en matériels pédagogiques.
Aussi longtemps que son père a exercé son métier de fonctionnaire on ne peut pas dire que tout fut parfait mais au moins avait-il de quoi manger dans l'assiette et à chaque repas.

Oui mais voilà, son père a manifesté en 1999 son désaccord avec le RPP alors on l'a purement et simplement licencié en dépit de ses droits - il n'est même pas " bras cassé ".

Sa mère vient miraculeusement de retrouver un travail car tout allait bien jusqu'en 1995 mais depuis les familles françaises prennent à leur service de moins en moins d'employées de maison et celles qui ont un travail le conservent précieusement.

La baisse notable des revenus de la famille l'empêche d'acheter non pas ce dont chacun de ses membres rêve mais le strict minimum, à savoir deux repas par jour.

Abdi a grandi. L'école primaire terminée il s'est retrouvé sans possibilité d'avoir une formation. Aujourd'hui il vit jusqu'au coucher du soleil et bien plus tard souvent dans cette rue de toutes les tentations, il regarde parfois ce super marché bondé de nourriture, temple local de la consommation réservée et une certaine envie lui prend ...

Quand on lui parle de civisme ou de citoyenneté, Abdi n'écoute pas, il n'écoute plus ; il rêve de partir ailleurs très loin pour apprendre un métier, gagner de l'argent et vivre au lieu de simplement de survivre.

C'est ainsi que quelques années ont suffi pour transporter Abdi et sa famille d'un Djibouti où la vie n'était pas toujours facile sur une planète ismaélienne où l'on ne peut faire qu'un seul repas par jour ; un univers figé et miné par toutes les corruptions.

Cette société monolithe sur laquelle est passé le rouleau compresseur de la haine, de l'exclusion et du sectarisme primaire ( qu'exprime Moumin Bahdon Farah et quelques autres). Cette société protéiforme, éclatée, contradictoire et desinformée avec un chômage qui conduit sa jeunesse au désespoir .

Voici messieurs les gouvernants actuels ce que vous avez fait de mon pays et de notre jeunesse !.

 

Aïcha Guédi dit Martine.

Enseignante à Djibouti.
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.

 

 

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