Les
Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière
modification : le
28-Nov-2003 23:20
(GMT+1 / Bruxelles)
Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.
These
politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property
of Djibouti Nation.
Amin
28/11/03 - Le discours d'Ismaël Omar Guelleh pour l'Aïd el fitr dépasse de très loin l'aspect festif et religieux de l'instant et démontre que le despote est aux abois.
Par M Ali Abdillahi Iftin.
Si l'on se fit à
l'étymologie latine du terme " discours " on observe qu'il
vient de discurrere
qui signifie " courir ça et là " comme a su parfaitement
le faire M Ismaël Omar Guelleh dans son dernier discours en multipliant
les sujets abordés.
Le contenu de ce discours
fut aussitôt relayé dans l'ADI et au travers d'un article dans
la Nation, sa " carpette journaleuse " qui fait office de presse à
ses ordres, de jour comme de nuit.
Observons qu'une fois
encore l'article de la Nation n'a pas été signé par l'auteur
afin de vraisemblablement se prémunir pour l'avenir ; des fois que des
vents venus conjointement du Nord, de l'Est, de l'Ouest mais aussi du Sud ne
balaient subitement le despote, toute sa clique de malfaisants
et la nomenklatura
sénile et bêlante qui l'entoure de ses déférences
circonspectes et trompeuses.
Dans ce discours qui
a largement dépassé l'aspect religieux et festif de l'instant
- et dont nous lui contestons la paternité car on ne le connaît
que trop bien - son Excellentissime a appelé le secteur privé
local a-t-il dit " à surmonter ses craintes injustifiées
et à investir d'avantage dans le pays, en profitant des opportunités
qui lui sont offertes
".
Là
on atteint un rare niveau de duplicité et d'incohérences les plus
variées si l'on se référe au vécu par les entreprises
et les hommes qui les dirigeaient jusqu'à un passé récent
et qui ne tomberont plus dans le piège mensonger tendu par Ismaël
Omar que l'on pourrait définir comme étant :
"
Apportez-nous votre argent et votre technicité et dans 1 an on vous vire
du pays par le premier avion en partance pour nous approprier ensuite vos biens
et bien heureux si on ne vous met pas à Gabode ! ".
Lorsque l'on se fie aux
données officielles de l'Etat qui précisait récemment que
plus de 50 % des commerces de Djibouti avaient fermé leurs portes en
2002 et lorsque l'on sait par expérience le traitement réservé
à chaque entrepreneur privé et investisseur d'importance on ne
peut qu'être prudents et forcément sceptiques car ceci contraint
de passer par les méandres administro-mafieux de la monopolisation de
tous les secteurs d'activités économiques verrouillés par
" Ismaël Omar et sa bande de malfrats "
Autrement
dit, Ismaël Omar demande au secteur privé local et aux étrangers
d'investir pour ensuite éjecter
- un à un - les entrepreneurs et saisir leurs biens comme cela s'est
toujours fait dans le pays depuis qu'il s'est approprié tous les pouvoirs.
Ce ne sont pas de telles
promesses qui vont rassurer les investisseurs locaux et a fortiori certainement
pas ceux qui de l'étranger observent Djibouti et ce qu'il s'y passe par
le bon bout de la lorgnette tout en attendant la chute d'un tel régime
car investir aujourd'hui à Djibouti et malgré les déclarations
qui se veulent rassurantes, les faits sont là et ce serait prendre un
trop grand risque.
Ismaël Omar peut ressortir éternellement ses litanies falsificatrices des vérités et suivant le mode de fonctionnement de l'Etat que l'on connait fort bien ; au fond il ne trompe que lui-même !.
Constats
et tristes réalités en 7 points.
Première
et triste réalité - Djibouti est mis à l'écart
des statistiques de la Banque mondiale en matière économique
car c'est une véritable catastrophe dans ce domaine et qu'il vaut
mieux taire les chiffres.
Le dernier rapport de la Banque mondiale met en exergue les bénéfices réalisés par les investisseurs étrangers en Afrique subsaharienne avec un retour sur investissement qui, du reste, est le meilleur réalisé au monde en 2002 alors qu'à Djibouti c'est la faillite économique et que les instances internationales continuent à maintenir le pays sous perfusion financière.
Djibouti ne doit sa survie qu'à sa situation géopolitique et au statut particulier de sa monnaie indexée sur une valeur or du dollar US qui offre" certains avantages " financiers au pouvoir en place et aux étrangers, mais certes pas aux Djiboutiens.
Malgré cela la quasi-totalité des banques ont mis la clé sous la porte alors qu'il y a une dizaine d'années elles faisaient de Djibouti une plate forme de premier plan dans la région -
L'une d'elles qui reste en place et qui s'accroche au terrain n'a que faire des petits clients djiboutiens et impose son diktat en matière de frais de gestion de leurs comptes bancaires ; sa clientèle est tout autre, elle les autorise à des transactions aussi nébuleuses que lucratives sur lesquelles elle prélève ses commissions au passage sans chercher à en savoir plus .
Seconde
et triste réalité - Tous les pays de l'Afrique subsaharienne
sont en passe de devenir de nouvelles terres d'investissements, à
l'exception de Djibouti.
A l'exception de Djibouti et si le même régime politique y était maintenu, tous les pays de l'Afrique subsaharienne sont en passe de devenir de nouvelles terres d'investissements à forte rentabilité pour les entrepreneurs qui ont toujours eu une certaine méfiance pour l'Afrique en général.
La Banque mondiale s'est félicitée récemment des bénéfices réalisés par les investisseurs étrangers dans la sous région au cours de l'année 2002.
Son dernier rapport montre que les investissements directs à l'étranger (IDE) sont passés de 60 milliards de dollars en 1999 à 80 milliards en 2002 ; au delà d'une interprétation de ces résultats de plus de 30 % de rentabilité sur 3 ans, l'Afrique offre " d'excellentes possibilités d'investir ".
Troisième
et triste constat - Facteurs influençant la quasi absence d'investissements
privés importants - locaux ou étrangers - sur Djibouti.
La mauvaise gestion des affaires publiques, notamment la corruption qui est devenue la première discipline " sportive " au niveau des hautes instances de l'Etat alors que par ailleurs les fonctionnaires attendent désespéramment le versement de leurs salaires,
la faible application de la loi pour ne pas dire l'absence de respect du cadre judiciaire nécessaire au respect des contrats,
font
peur aux investisseurs tant locaux qu'étrangers et ne constituent
en rien un climat propice aux investissements.
S'ils hésitent encore beaucoup à y investir c'est qu'ils ne sont pas trompés par les images édulcorés et les communiqués de presse qui relatent quelques actions pertinentes que le GED a suggéré dans son programme et reprises par l'Etat actuel mais qui restent sans lendemain actuellement car ils ne sont qu'artifices de façade.
La problématique est que derrière les discours et les écrits paraissant dans la presse locale qui " courent ça et là " il y a le vide et qu'ils n'ont ainsi qu'une valeur de bouts de sparadrap placés sur des plaies béantes depuis des années alors que l'Etat est incapable de concevoir de lui-même comme de lancer et de poursuivre un programme quelconque en le menant au bout.
Quatrième et triste constat - Les tiroirs de la présidence sont pleins de projets mais les porte monnaies des Djiboutiens et les caisses des Finances publiques sont vides !.
Après s'être largement servis dans les Caisses des Finances publiques, c'est la politique du " sparadrap et du bout de ficelle " qui est appliquée car ces hommes et ces femmes qui ont en charge la responsabilité de conduire un ministère ou un programme d'importance se complaisent bien plus dans la douce quiétude que leur procurent le confort et leur propre bien être qu'à regarder en face et avec courage les réalités de la vie quotidienne et ce que subissent contre leur gré toutes les populations et notre jeunesse sacrifiés sur l'autel des incompétences récurrentes d'un Etat immature.
C'est ainsi qu'ils passent de réunion en réunion qui prépare l'autre réunion et ainsi de suite ..., quant au Tableau de Bord et aux mises en application des décisions prises c'est le mystère le plus complet !.
Le fait est que rien de concrêt n'est constaté sur le terrain effectif !!!.
Cette information que l'on nous diffuse sans cesse par le truchement des serviteurs de l'Etat a pour vocation d'avoir pour effet une forme de placebo selon lequel " Le Chef de l'Etat va bien donc tout va bien ! " en relançant les mêmes leitmotivs auxquels nul ne croit plus dans notre pays qui ne survit que par les perfusions financières permanentes et les actions menés ponctuellement par les pays étrangers.
Combien furent les classes d'école, les infirmeries et les hôpitaux ... etc ... etc remis en état et rééquipés de matériels neufs par les militaires français ou autres étrangers intervenant dans chaque ville du pays ?.
A combien se montent financièrement les divers dons en nature qui affluent sur le pays ?.
Sempiternellement, s'ensuivent des remerciements chaleureux émanant de tel ou tel membre du gouvernement djiboutien actuel vantant les mérites d'une supposée coopération bi latérale mais en fait à sens unique avec en contre partie la remise de quelques décorations.
6 mois plus tard le problème récurrent de l'absence d'entretien par manque ou détournement de budgets d'entretien et de fonctionnement et/ou par la disparition des matériels écartés ....par ou au profit des hautes instances de l'Etat s'est reposé, se repose et se reposera encore demain avec de tels concepts.
C'est ainsi que les gouvernants actuels ont fait perdre à notre pays tout honneur et toute dignité, ils ne sont que les gouvernants mendiants d'un Etat corrompu et immature ; ils et elles confortent leurs propres comptes bancaires à l'étranger au détriment des finances et des biens publics.
Cinquième et triste constat - L'irresponsabilité de l'Etat conduit à la défiance des investisseurs potentiels.
La conséquence en est que les investisseurs sont défiants vis-à-vis de cet Etat là et craignent de placer leur argent dans un pays sous un régime en bascule politique qui est trop souvent considéré comme un lieu en proie à l'absence de règles économiques et de Lois, aux incohérences des prélèvements fiscaux et taxes effectués " à la tête du client " et suivant l'humeur et les besoins du moment.
Viennent s'ajouter à cela les problèmes au regard de la santé publique tout particulièrement par rapport aux IST et au SIDA véritable cataclysme national dont on masque volontairement les chiffres comme on le fait avec la démission face aux difficultés qui règne au niveau des plus hautes instances de l'Etat.
Sixième
et triste constat - De par son enfermement, Djibouti a pris un retard économique.
Dans le contexte des conditions cadre, Djibouti a pris un retard considérable.
Il mise actuellement sur les perspectives du futur port terminal de Doralé dont l'automatisation de fonctionnement comme le peu d'investisseurs périphériques ne permettront pas de couvrir les besoins en matière de couverture d'emplois qu'à hauteur de 400 personnes et, de plus, dans des emplois dits secondaires.
Là encore nous sommes dans la tromperie pour demain à l'encontre des demandeurs d'emplois et de notre jeunesse !.
Le retard considérable pris par Djibouti est aussi dû au climat, au manque de formation cohérente et adaptée aux besoins, aux infrastructures défaillantes, au protectionnisme par la monopolisation des secteurs d'activités économiques par quelques-uns et au fait que Djibouti a mauvaise presse - de par le monde - au sujet de la corruption, bien que ce fléau existe dans pratiquement tous les pays, il est vrai cependant, dans des degrés d'intensité différents et bien moindres que dans notre pays.
Septième
et préoccupant constat - Plusieurs générations de Cadres
djiboutiens ont été sacrifiés par le pouvoir politique
en place.
A ceci s'ajoute le fait que les cadres Djiboutiens et Djiboutiennes bien formés en Europe, au Canada ou aux Etats Unis, et de valeur ou de haute technicité ne rentrent pas à Djibouti, soit par manque d'infrastructure technologique d'accueil ne leur permettant pas de s'exprimer et d'appliquer leurs acquis et leur expérience soit par ce qu'ils font le constat que les conditions sociales, économiques, politiques et de Justice sont désastreuses. Il s'agit là d'un " brain-drain " qui pénalise notre pays et ne contribue pas à son essor économique.
Tel
que nous le proposons, il s'agit de parier sur une partie de la jeunesse
et sur sa formation sur place. Pas
avec des mots mais avec des actes !.
Quoi faire ? Nous restons convaincus qu'outre le fait d'un changement radical de régime avec le retour des investisseurs nationaux et étrangers mais aussi de nos cadres expatriés, il s'agit de développer en parallèle la formation sur place, adaptée aux réels besoins du secteur privé, qui est essentielle pour l'avenir de notre jeunesse.
Formation commune de base d'abord, formation informatique après, avec tout à la fois une large ouverture sur le multilinguisme et l'émergence de secteurs d'activités industriels et commerciaux facteurs d'emplois diversifiés que dans son incompétence notoire et son ignorance entretenue l'Etat actuel n'a jamais pu supposer qu'ils existent et qu'ils puissent être exploités pour le bien de tous et dans le cadre de l'amélioration de la situation au regard de la création d'emplois durables.
Ceci ne saurait signifier que Djibouti puisse s'affranchir des formations spécifiques dispensées à l'étranger. Bien au contraire, elles sont indispensables que ce soit dans le domaine de la préparation, du contrôle de maintien et du développement des compétences acquises dans la fonction publique comme dans le secteur privé.
Pour conclure, j'aurai l'opportunité d'aborder dans de prochains écrits, un à un, tous les points du discours d'Ismaël Omar lors de la fête de l'Aïd el fitr.
Plus que jamais je me dois de dénoncer et de m'opposer à ma manière à toutes ses turpitudes mensongères qui ont plongé et maintiennent mon pays et ses populations dans une situation désastreuse.
"On ne méprise pas ceux qui ont des vices, mais l'on méprise et l'on combat ceux qui n'ont aucune vertu et qui asservissent une Nation à leur seul profit par le mensonge et par la tyrannie déguisée".
Par Ali Abdillahi Iftin
Ancien
Commandant de la Garde présidentielle
Exilé politique ONU en Belgique
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.
Text and images free of right, not fixed to prior agreement of the author for any partial or integral copy.
Diffusion by E mall and telefaxes - 9 677 addresses.