Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 05-Déc-2003 23:55 (GMT+1 / Bruxelles

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

 

03/12/03 - Chronique d'une dictature en déclin - Tous les échecs s'accumulent sur le bureau d'Ismaël Omar Guelleh qui tente de parer au plus pressé en ayant toujours comme objectif de créer un grand état faussement clanique au détriment des pays voisins.

Par Bouh Warsama.

La question que l'on se pose est

" Qu'est donc allé chercher Ismaël Omar auprès de l'Iran ?. ".

Ce déplacement, pour le moins impromptu, soulève les supputations les plus diverses par le simple fait que cette visite n'était pas, à notre connaissance, prévue dans l'agenda du supposé chef de l'Etat djiboutien.

Afin de sauver les apparences, la version officielle indique que ce déplacement ferait suite à l'invitation de son homologue iranien Mohammad Khatami !!!...

Dans les milieux spécialisés et dans les analyses politiques des pays de la Corne Est de l'Afrique, on s'accorde à affirmer le contraire tout en ajoutant à cela que le régime iranien constituerait l'un des grands soutiens au terrorisme international - islamiste et ... autre - malgré ce qu'a pu en déclarer récemment M Mohammad Khatami.

La délégation ministérielle accompagnant le Chef de l'Etat djiboutien est relativement importante car composée de cinq membres dont M Ali Abdi Farah pour les Affaires Etrangères, M Yacin Elmi Bouh pour l'Economie et les Finances, M Mohamed Ali Kamil pour la Santé publique, M Mohamed Ali Mohamed chargé de l'Energie, et enfin M Mahamoud Ali Youssouf ministre délégué à la Coopération internationale ; ajoutons à cela ceux qui ne sont pas nommés officiellement dans cette délégation et qui auraient reçu une mission bien plus discrète dont il ne sera fait nulle mention…..

Nous avons le sentiment profond que le déplacement de ces cinq ministres est à considérer comme très secondaire par rapport à ce qui s'est dit entre M Ismaël Omar Guelleh et son homologue iranien Mohammad Khatami.

Le fait que son dernier envoi d'armes, effectué par bateau et par l'intermédiaire de la COMAD, ait été repéré et signalé par les instances de l'ONU... après débarquement près de Mogadiscio il y a de cela quelques jours (mais voulant ignorer qu'il en était le donneur d'ordres et le financier occulte ?), ceci n'a fait que confirmer que ses faits et gestes sont placés sous surveillance étroite et sous écoutes comme le sont tous les ports de l'Arabie saoudite, de Dubaï …..et pourrait laisser à penser qu'il veuille, une fois encore, utiliser un intermédiaire - en l'occurrence l'Iran - pour tout à la fois fournir les armes lourdes et les livrer directement à Mogadiscio.

La contre partie serait que l'Iran puisse se libérer, moyennant finances en USD, d'une partie du stock pléthorique d'armes lourdes dont elle n'a que faire aujourd'hui tout en calmant l'opinion publique mondiale qui se fixe sur sa politique pour le moins nébuleuse et condamne tous les actes odieux qui tuent aveuglément, y compris des enfants et des femmes.

Contrairement à la déclaration du 28 novembre dernier faite par le ministre djiboutien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale qui a apporté un démenti au fait que M.Ismaïl Omar Guelleh aurait promis au Président du GNT M Abdikassim Salat Hassan et à quelques leaders des factions somaliennes de soutenir une conférence de réconciliation qu'ils organiseraient à l'intérieur de la Somalie (Mogadiscio), tout nous laisse supposer que la presse arabe qui avait divulgué cette information ne se serait pas trompée ; pour cause, l'information serait venue de l'un des bureaux du Palais de l'Escale à Djibouti.

Le fait qu'une telle information aussi importante puisse ainsi filtrer de la présidence djiboutienne n'a rien de surprenant car nous en sommes arrivés au stade où les loups préparent leur avenir dans une période où les dissensions se multiplient. On trouve à cela plusieurs raisons dont le fait que les "serviteurs" du pouvoir actuel se font de plus en plus exigeants et que les différents clanismes commencent à rejaillir dangeureusement alors qu'Ismaël Omar Guelleh est ouvertement accusé, à juste titre, d'avoir sacrifié les véritables Djiboutiens à ses propres intérêts et à ceux de sa propre minorité clanique, d'origine diverses, qu'il a commencé à créer dès 1980 et étrangère au pays.

Le kabri, la kabyo et les kawlayfato n'hésiteront pas à se dévorer entre eux le moment venu.

Quant à l'affirmation d'Ismaël Omar Guelleh qui a déclaré "soutenir officiellement que la Conférence de Nairobi qui se déroule sous les auspices de l'IGAD et serait l'unique initiative qui offre de réelles possibilités aux différentes parties somaliennes et aux représentants de la société civile de saisir cette occasion qui sera peut être la dernière d'aboutir à un accord politique, inclusif, global et durable ", il convient d'en extraire quelques termes " …sera peut être la dernière occasion d'aboutir à un accord… " pour comprendre qu'elle est la véritable stratégie d'Ismaël Omar Guelleh.

Il faut donc s'attendre à ce qu'il tente dans un premier temps un nouveau un hold-up politique lors de la Conférence de Réconcialiation en Somalie qui se tient au Kenya ; mais s'il venait à être mis une nouvelle fois en minorité, ce qui est plus que probable, on pourrait fort bien assister à sa sortie de cette Conférence comme à celle de ses amis et de ses complices avec à l'appui l'une de ces grandes déclarations tonitruantes dans laquelle il tenterait d'accuser le Kenya, l'Ethiopie et leurs partenaires d'entretenir les conflits en Somalie - comme l'a fait récemment M Abdikassim Salat Hassan qui a préparé le terrain....lors d'une déclaration récente à la presse.

Souvenons-nous qu'en fin septembre de cette année et par la voix de M Ismaïl Goulal Boudine - son Ambassadeur à la Conférence de Réconciliation nationale en Somalie qui se tient au Kenya - Ismaël Omar Guelleh avait osé prétendre "qu'il ne s'impliquerait pas davantage dans les combats et les carnages en Somalie !!!. " alors que chacun connait sa responsabilité dans la fomentation de conflits ponctuels avec le financement qu'il octroie à des fractions minoritaires somaliennes.

Tout ceci ne ferait que confirmer sa stratégie qui est de créer par la suite à Mogadiscio et dans les meilleurs délais une artificielle " Conférence de réconciliation nationale version Ismaël Omar Guelleh" qui tenterait ainsi d'attirer vers elle et sur son propre terrain les composantes somaliennes modérées, moyennant finances et avantages attribuées par Ismaël Omar Guelleh.

Une fois encore, ces financements comme celui de l'armement lourd qu'il envoie à Mogadiscio s'effectueraient à partir des détournements ponctionnés sur les Finances publiques de la République de Djibouti et des contributions forcées qu'il impose à tous les " serviteurs " de son régime pour qu'ils apportent leur participation financière à son grand projet final.

Au final l'objectif d'Ismaël Omar Guelleh est de perpétuer ce qu'avait initié Hassan Gouled Gouled de son temps, à savoir créer toutes les conditions pour une annexion officialisée de territoires situés dans le Somaliland et en Ethiopie.

Contrairement à ce qu'il affirme, ces annexions ne se feraient pas au profit de toutes les composantes Issas mais à celui d'un groupuscule très minoritaire, étranger à Djibouti et renforçant à ses cotés les pouvoirs de dictature qu'il détient déjà.

L'ambition demesurée d'Ismaël Omar Guelleh lui fait accepter ses propres gestes les plus vils et ses actes les plus couards ; c'est ainsi qu'il espére monter dans l'estime des Issas, de la même manière que l'on rampe et sans dignité aucune.

C'est par cette fausse image d'un Etat Issa qu'il a trompé bon nombre de tribus comme il les trompera demain si son projet venait à aboutir.

Dans cette perspective, il fait semer par groupuscules interposés et financés par lui des désordres au Somaliland qu'il accuse d'être le refuge de réseaux affilés à Al Itihad et espère démontrer ainsi qu'à la condition qu'il puisse intégrer une partie de cette région à la République de Djibouti, il pourrait alors y rétablir l'ordre...

S'il arrivait à ses fins et après l'annexion d'une partie du Somaliland au profit de l'Etat faussement clanique djiboutien, l'autre partie étant sous domination et contrôle de Mogadiscio ; Ismaël Omar Guelleh agirait de même en Ethiopie....

Le problème auquel est confronté le despote djiboutien, c'est que malgré toutes ses manigances il a en face de lui les populations du Somaliland et un PM Méles Zenawi d'Ethiopie qui ne lui céderont pas un seul mètre carré de leur territoire.

Pour conclure, on comprend que ce n'est que par la chute du régime politique d'Ismaël Omar Guelleh et par l'émergence d'un Etat de droit à Djibouti, soucieux de respecter tout à la fois les liens qui unissent les populations djiboutiennes aux peuples vivant dans les pays limitrophes et par le strict respect des limites territoriales actuelles que passe pour partie l'instauration de la paix en Somalie.

L'histoire le confirme et doit servir d'exemple, les volontés de paix et de progrés ont toujours émergé et se sont développées à partir du Nord dans les ex territoires anglais du Somaliland et certes pas à partir des ex Somalies italiennes sujettes à toutes les fractions et aux frictions entretenues pour diverses raisons.

Cette amorce de paix qui entre dans un long processus implique une première condition qui consiste en la reconnaissance sur le plan international, donc par les instances de l'ONU, de l'existence et du bien fondé du jeune Etat du Somaliland et des droits acquis à l'indépendance par ses populations.

 

Bouh Warsama

 

 

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