Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 06-Déc-2003 21:03 (GMT+1 / Bruxelles

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

 

06/12/03 - Droit de grève - Droits des Enseignants, des Familles et de la jeunesse estudiantine dans un "Etat Terroriste" qui veut leur donner des leçons de civisme qu'il ne respecte pas lui-même.

Par Nasrina.

Qu'on l'admette ou qu'on le réfute, la grève a été érigée au rang des "principes fondamentaux de notre temps" et ne saurait être contestée car étant un moyen de pression d'un groupe qui estime être lésé et qui se fait justice à lui-même ; c'est donc l'exercice d'un droit mais reste à en définir les limites tout en évitant les excès.

Si sur le fond ce droit est reconnu, la forme qu'il peut prendre soulèvera toujours des controverses par le fait des débordements incontrôlés qu'il suscite parfois.

Par principe reconnu, la grève est un phénomène dualiste et paradoxal et constitue donc - comme tout essai de liberté et en quelque genre que ce soit - un essai de force contre ce qu'il considère être une injustice et à laquelle il répond par le combat - au sens large et noble - pour marquer son opposition.

Si l'on se place dans le contexte récent des grèves lancées par les étudiants du Pôle Universitaire de Djibouti on ne peut que regretter - avant tout autre considération et une fois encore - la grande partialité et le coté fragmentaire avec lesquels un tel sujet fut survolé plutôt que traité par M Ibrahim Mohamed Ibrahim dans un article récent paru dans le journal La Nation.

Par ce que nous sommes parfaitement informés de ce qu'il s' y passe par nos collêgues, nous sommes bien plus mesurés dans nos écrits quant à l'affirmation sous forme de réquisitoire que nous impose ce journaliste qui d'emblée rejette et condamne ouvertement tout bien fondé des grèves qui se succèdent au PUD depuis le début de l'année universitaire.

Nous ne sommes pas certain que ce journaliste - qui se doit d'être de large investigation - ait analysé le pourquoi de chaque grève en laissant aux étudiants concernés comme aux enseignants et à l'administration de l'Université l'indispensable prérogative de s'exprimer librement dans les colonnes du Journal la Nation.

Ceci confirme que la transparence n'est certes pas la vertu première du milieu journalistique actuel à Djibouti et témoigne de la persistance d'un fossé entre la représentation idéalisée que le pouvoir tente d'imposer - par journal interposé - mais qu'il ne respecte pas et l'exercice véritable de la réalité.

Si ce métier consiste hélas aujourd'hui à naviguer entre les récifs du " Terrorisme d'Etat " Ismaélien ou de la complaisance financée et les tourbillons dans la quête d'un vedettariat local pour un journaliste, rien ne l'autorise à occulter les témoignages des personnes concernées en résumant - par trop facilement - leurs revendications à " des problèmes minimes " sans les énumérer.

Dans un tel cas de figure nous ne sommes point dans l'information juste et objective dans laquelle il est tout à fait logique qu'un journaliste exprime son propre avis après enquête mais dans une forme déguisée de propagande à la gloire du pouvoir politique dont il est le relais auprès des lecteurs, donc des électeurs potentiels

C'est là que se pose le problème de l'autonomie d'analyse, de pensée et de celle des écrits qui en découlent.

L'autonomie d'action implique-t-elle la souveraineté du journaliste face à l'information et à sa transcription fidèle ?
La réponse est à notre sens OUI !.

Devrait-elle s'accommoder, au contraire, de certains arrangements de dépendance ou même de subordination par rapport aux consignes ordonnées par le pouvoir d'Etat en place ?.
Notre réponse est NON car, comme nous l'avons écrit, nous ne sommes plus dans l'Information mais dans la propagande gouvernementale similaire aux pratiques sous un Staline, un Pinochet et qui se perpétuent à La Havane...!.

Si l'on se réfère à la pensée d'Aristote (Éthique à Nicomaque , I, 7, 5) selon laquelle " Le Bien se suffit à lui-même et est sa propre fin " on peut affirmer que ce qui distingue les biens particuliers et relatifs, c'est qu'ils ne valent point par eux-mêmes, et absolument, mais en vue d'autre chose.

Au premier rang de cet " autre chose " se place la Liberté de pensée et le courage de l'exprimer par la parole et les écrits.

Sur le fond des diverses grèves qui émaillent la vie du PNUD depuis le début de l'année scolaire, on se doit de considérer que c'est une liberté publique qui s'exprime car nul ne saurait être sanctionné pour faits de grève, si du moins celle-ci n'est pas abusive ou illicite et ne s'accompagne pas de saccages et autres dégradations qui n'ont pas lieu d'être mais que, dans ce cas, on sanctionne les véritables auteurs et l'Etat qui est Responsable de l'émergence de telles situations..

C'est aussi un droit, d'ordre économique et social, destiné à corriger les inégalités dont estiment souffrir les étudiants et sert de contrepoids au déséquilibre entre les deux "partenaires sociaux" que sont le Ministère de l'Education nationale et la communauté des étudiants qui s'amplifie dans les périodes de maturation et surtout aux moments de prédécadence d'un régime politique usé par toutes les corruptions et les passe-droits dont nous souffrons toutes et tous.

Sur la forme qu'a prise récemment la grève des étudiants du Brevet Technique Supérieur en Maintenance Industrielle, on ne peut que regretter les excès sur la forme de ces actes qui nuisent à l'image qu'ils voulaient donner à leurs revendications aussi justifiées pourraient-elles être.

Mais la violence et tous ses débordements ne sont-ils pas un choix volontaire dans lequel on essaie d'impliquer les étudiants et nos enseignants et qui serait le fait d'un "Etat Terroriste" et corrompu qui ne perdure que par les épreuves de force qu'il impose ?.

Ce qu'il faut toutefois comprendre c'est que - contrairement à ce qu'écrit M Ibrahim Mohamed Ibrahim le dialogue réclamé par ces étudiants comme celui que proposent à justes raisons depuis des années nos enseignants n'a pas eu lieu.

La grève devient donc - par la forme de ses excès constatés - la dramatisation d'un dialogue qui n'a pas eu lieu car l'Etat n'en veut pas !!!!.

On se doit donc de regretter et de condamner les excès qui portent atteinte à l'institution de l'Education Nationale, aux moyens investis au PNUD comme aux biens individuels mais nul ne peut contester le fait que c'est une absence récurrente de dialogue et de concertation qui est à l'origine de la quasi-totalité des grèves des étudiants et des enseignements à Djibouti depuis des années.

Si beaucoup d'entre-eux ont quitté notre pays pour s'exiler en Europe, au Canada ou sur d'autres terres, ce n'est point par plaisir ou pour "voir du pays" c'est qu'ils ont eu le sentiment d'être volontairement exclus.

Ce que l'Etat actuel considère être comme étant un dialogue se résume dans les faits constatés à des monologues imposés avec un excès d'autoritarisme qui ne résolvent en rien les difficultés exprimées par les enseignants et les étudiants qui, après coup et par lassitude, tentent de bousculer les mauvaises habitudes instaurées par le pouvoir dans des palabres et des promesses qui s'enlisent et piétinent.

Par ailleurs, il nous semble bien trop facile de mettre en cause systématiquement la responsabilité des parents dans le comportement de leurs enfants, étudiants au PNUD ou ailleurs.

La Société djiboutienne est loin d'être aveuglée par les frasques et les contre vérités exprimées par le pouvoir et s'est donc installée depuis des années dans une forme de rejet de cet Etat corrompu, de ses passe droits et des traitements différenciés entre les étudiants suivant leur origine familiale et clanique.

Tout ceci nous l'avons subi et le subissions encore.

Enseignants, familles sont arrivés à un tel stade de mécontentements accumulés dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique qu'ils ne sont plus à même d'assumer pleinement leur rôle commun d'Educateur auprès des enfants, élèves ou étudiants d'université.

Les débordements constatés chez nos étudiants ne sont au final et hélas que la traduction par les forces vives de notre jeunesse des mécontentements voire d'un ras le bol généralisé dans un Etat de non Droit qui ne montre pas le bon exemple mais tente de l'imposer par la force.

C'est, là encore, l'une des conséquences directes à l'un des aspects du " Terrorisme d'Etat " auquel les enseignants et les familles sont confrontés et qui risqueraient dans faire financièrement les frais par des condamnations de Justice alors que le catalyseur des problèmes se situe au niveau de l'Etat autarcique et démissionnaire face aux difficultés et aux justes revendications.

Sous le régime du pharaon Ismaël Omar Guelleh Kabri 1er et de la divine Kabyo Kadra Odette Mahamoud Haïd les familles djiboutiennes ont quitté le domaine clair des lois sociales et économiques pour entrer dans celui, ténébreux et obscur, du monde concentrationnaire de l'Etat Terroriste.

 

Mme Nasrina.

Présidente d'un mouvement d'enseignants
Membre du Gouvernement en Exil de Djiboui


Text and images free of right, not fixed to prior agreement of the author for any partial or integral copy.

Diffusion by E mall and telefaxes - 9 552 addresses.