Les
Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière
modification : le
19-Déc-2003 4:41
(GMT+1 / Bruxelles
Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.
These
politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property
of Djibouti Nation.
Amin
19/12/03
- Ismaël Omar Guelleh a les pieds dans le gouffre de la déchéance,
que l'on retrouve dans son adage :
"J'ai des rêves de guerre, dans mon âme angoissée
je tente une mystification, cette fois dans les Armées ".
Par Ali Abdillahi Iftin.
Dans le cadre du
Service National Adapté, le ministère de la Défense vient
de lancer une campagne de recrutement pour intégrer 200 premiers volontaires.
D'après
les informations diffusées par la propagande gouvernementale, cette formation
se déclinerait dans un premier temps par une phase dite de formation
militaire d'une durée de 3 mois destinée à apprendre aux
jeunes citoyens, à vivre en collectivité, en leur inculquant leurs
devoirs, le sens du travail, le respect de l'autorité, la rigueur et
la discipline.
Il est précisé
qu'en seconde phase, les jeunes volontaires poursuivraient leur cursus à
travers une formation professionnelle d'une durée de neuf mois destinée
à l'acquisition des qualifications dans des métiers présentant,
d'après l'ADI, de forts débouchés.
Enfin et en troisième
phase d'application d'une durée de douze mois, les volontaires réaliseraient
des chantiers d'application tant au profit des collectivités locales,
que des Forces Armées Djiboutiennes.
Ce à quoi
nous propose d'adhérer la propagande du gouvernement est connu depuis
fort longtemps et appliqué dans d'autres pays mais pose inévitablement
une certain nombre de questions sur lesquelles aucune information n'a été
diffusée, pour cause.
Critères
de recrutement sur lesquels aucune information n'est diffusée.
En préalable à ce qui va être écrit sur ce sujet, chacun a pleine conscience que la politique menée par Ismaël Omar Guelleh s'appuie sur la formation d'unités prétoriennes para militaires qui impose dans son esprit une réduction notable et à moyen terme des effectifs militaires, de gendarmerie et de police en excluant par diverses formes les Djiboutiens.
De cette politique il ne s'en est jamais caché, le Service Djiboutien de Sécurité étant l'exemple le plus flagrant de ce que nous affirmons.
Ces groupuscules prétoriens et exacerbées mènent à de graves dérives : tribalisme, culte de la force, unités de " mercenaires étrangers " surpayées et se posant en modèle mais sans foi ni loi, esprit de caste, élitisme hypertrophié.
En tout premier
lieu et de par cette longue expérience du vécu dans ce domaine
des exclusions des Djiboutiens dans l'Armée, Gendarmerie, Police comme
dans nos administrations, se pose la question de savoir si
l'Etat actuel va s'orienter une nouvelle fois vers l'intégration dans
ce SNA des jeunes issus des familles d'étrangers importées dès
1980 dans notre pays et inféodés au pouvoir ou va-t-il
" changer son fusil d'épaule " en acceptant d'intégrer
de jeunes volontaires djiboutiens et djiboutiennes dans le service National
Adapté sans tenir compte de leur appartenance ethnique, tribale et sociale.
Les
Armées, un groupe social intégré à la Nation
et interdépendantes.
Les Armées
dessinent un groupe social particulier - la société militaire
- qui fait corps avec l'organisation elle-même dont elle est la réplique
humaine.
Ce n'est pas le
cas de la plupart des professions dont les membres, qu'ils soient simplement
unis par des soucis ou des profits communs, voire liés par une déontologie
et une action collective, ne sont pas pour autant, comme les militaires, foncièrement
intégrés et interdépendants.
En fait, c'est
le terme de "communauté" qu'il faut, en l'occurrence, associer
à celui des Armées pour leur donner leur véritable sens.
Non plus de simple
dépendance, mais d'adhésion, moins de cadre d'appartenance que
de groupe de référence, chacun se nourrissant des mêmes
valeurs et du même particularisme, dont le mode de vie, le mode de penser
et le conformisme ambiant, tout de bienséance, de réflexes hiérarchiques
et de respect de l'ordre établi, constituent les grands pôles d'unité
que l'autorecrutement vient encore renforcer.
Une
communauté militaire nullement close.
Elle s'élargit
en une vaste mouvance où se retrouvent épouses et familles, anciens
militaires de carrière et anciens combattants, cadres de réserve,
adhérents d'associations patriotiques gardiennes du souvenir notamment
celui de nos "Bataillons Somalis", tant d'autres encore qui apparaissent
comme autant de relais, de hiérarchies parallèles et parfois de
groupes de pression politiques, constituant pour le corps "d'active",
qui siège au centre de ce dispositif, une clientèle, un écho
sonore ou un glacis.
Une
Armée, miroir de la Nation.
Ce sont les conceptions
morales, juridiques et politiques prévalant à un moment donné
dans un pays qui modèlent le plus les armées et déterminent
la forme des actions qu'elles sont appelées à mener d'une part
pour défendre la Nation et d'autre part pour participer activement à
la vie civile et sociale.
Le
rôle social et de formation dévolu aux Officiers et aux Sous-Officiers.
Si l'on admet que
l'armée constitue traditionnellement un monde à part, force est
de constater que l'évolution actuelle des Sociétés civiles
désenclave ce dernier ce qui est rassurant, aussi bien pour les citoyens
que pour tous ceux que la mécanique militaire pourraient encore laisser
perplexes.
C'est
ainsi que les Officiers et les Sous-Officiers ont renforcé depuis les
années 85 leur rôle de formateur militaro-civil en élargissant
l'aspect éducatif et social de leurs responsabilités qui aujourd'hui
différent des concepts qui ont prévalu depuis des millénaires
rejoignant ainsi l'aphorisme voltairien " Le premier
qui fut roi fut un soldat heureux
".
De par leurs fonctions
éminentes et rivées à un cadre particulier par des liens
extrêmement puissants, les Officiers et les Sous-Officiers
qui se sentaient hors de leur milieu parfois comme des étrangers
ont évolué sur les plans organique, juridique,
éthique et finalement politique car ce sont avant tout
des citoyens et des citoyennes devenus soldats au service de la Nation et non
d'un pouvoir politique temporaire.
Dans les pays dits
démocratiques ou se plaçant dans cette voie ceci a conduit bien
des armées à une diversification sans égale
: non seulement des armes, aux mille spécialités, mais aussi des
services où se retrouvent pêle-mêle cuisiniers, magistrats
et armuriers, ingénieurs et transmetteurs, médecins, mécaniciens,
maîtres tailleurs et maîtres-chiens......
Un
Etat djiboutien en situation d'éclatement qui par son inconsistance,
ses erreurs, ses méconnaissances et ses corruptions profondes est
désavoué par les Acteurs de l'Education nationale et de la
Formation professionnelle.
Si aucune institution,
aucun trust ne dispose d'une telle palette de capacités que celles qui
leur est dévolue : de là les tâches
"extra-militaires" supplémentaires que l'on tente d'imposer
aux Armées lorsque l'Etat admet son incapacité à faire
assumer son rôle d'Educateur et de Formateur par les autres institutions
qui en ont la charge et la responsabilité de l'Education nationale et
celle de la Formation professionnelle devant la Nation et sa jeunesse.
Qui
dit "défiance de l'Etat par rapport à l'Education nationale"
dit "réactions inévitables des Acteurs de l'Enseignement".
L'enseignant djiboutien
fonctionnaire, jouit théoriquement d'un statut légal protecteur
notamment en ce qui concerne sa liberté d'opinion et de conscience.
C'est
au titre de cette liberté de conscience et d'opinion que nos enseignants
n'ont de ne cesse de réclamer par leurs mouvements de grèves -
auxquels adhèrent parents et élèves - un
minimum de moyens éducatifs et pédagogiques pour remplir leur
mission, que leurs salaires soient versés à date fixe et
que soit respecté leur plan de carrière.
Ils
et elles n'acceptent pas d'être sacrifiés sans motif, ni motivation
en étant les otages que l'on voudrait être consentants des incohérences
et des démissions de l'Etat actuel.
De là ce
qu'il est convenu d'appeler les "vertus de l'enseignement"
: dispenser du mieux possible leurs savoirs et savoirs faire avec patriotisme,
cela va sans dire ; courage et désintéressement, disponibilité
et fraternité etc., ont en pris,
comme l'on dit communément, un grand " coup dans l'aile " au
sein du corps des Enseignants qui ont perdu tout
espoir d'être entendus à défaut d'être écoutés
par le régime actuel.
Ce
droit de défendre les intérêts de l'Enseignement et ses
évolutions pour répondre aux exigences du monde moderne leur
est contesté à tort par les ignorances récurrentes d'un
ministre de tutelle.
Des
Informations qui se contredisent et qui laissent traîner un doute.
L'ADI, organisme
officiel de propagande du gouvernement actuel écrit dans son communiqué
: "
Cette formation au sein du SNA aboutira à la
délivrance d'un diplôme reconnu par le ministère
de l'Education nationale et celui de l'Emploi.. "
Alors que le journal
La Nation indique dans ses colonnes :
"
La formation au sein du SNA pourrait aboutir à
la délivrance d'un diplôme reconnu par le ministère
de l'éducation nationale et le ministère de l'emploi
. "
Pourrait
ou pourra ?, contradiction prémonitoire qui confirme que rien n'est véritablement
près et que nous sommes, là encore, dans l'effet d'annonce pour
laisser croire que
.
Curieusement
nul n'indique quels vont être les Formateurs civils et professionnels
de la jeunesse dans le cadre du Service National Adapté.
Penser
qu'un tenancier de Restaurant ou un garagiste formé " sur le tas
" dispose de toutes les qualifications et des compétences nécessaires
pour dispenser des enseignements d'ensemble relève de l'hérésie
la plus totale et constitue un danger dans la formation d'une partie de notre
jeunesse.
Sans vouloir mettre
en cause les compétences professionnelles de l'un ou de l'autre, leurs
expériences de terrain ne constituent que l'un des volets de la formation
de la jeunesse car c'est au Ministère de l'Education et
de la Formation professionnelle que revient la charge d'Education et de Formation
de base.
Les mises en adéquation
des connaissances de base acquises par notre jeunesse par des stages effectués
auprès des professionnels - quel que puisse être le domaine des
activités - ne constituent qu'un nécessaire appoint
au travail fait par les enseignants.
Or nous avons nettement
l'impression que l'Etat dans son projet de Service National Adapté ne
s'appuierait dans ses choix volontaires que sur une faible participation des
enseignements dispensés en milieux scolaires spécialisés.
Un
Enseignement public d'Etat avec des enseignants et des programmes adaptés
aux besoins des secteurs d'activités économiques locaux et
régionaux.
L'Enseignement
public doit être "compétitif et adapté aux besoins
du monde du travail", tant
sur le plan local que régional, en proposant des voies et des diplômes
qui débouchent sur de réels possibilités d'emplois, non
seulement à Djibouti mais pour le moins et aussi dans les pays limitrophes.
C'est-à-dire
qu'on doit laisser aux véritables acteurs
de terrain l'entière maîtrise des enseignements.
On ne
doit plus enseigner pour enseigner comme précédemment mais
définir des programmes cohérents dans tous les Etablissements
d'Enseignements publics et Université et que
chaque Etablissement soit maître de son statut et de ses proprammes
; ce qui implique que le contrôle administratif ne puisse s'exercer qu'à
posteriori.
L'effort
devrait porter dès le plus jeune âge
notamment sur l'enseignement des langues, sur l'encadrement de l'enfant et par
un accompagnement individualisé afin de ne laisser personne, plus tard,
sur le bord de l'autoroute de l'Education nationale ou de la Formation professionnelle.
De par ce fait
et quelles que puissent être ses origines tribales et sociales, chaque
enfant a le droit de défendre toutes ses
chances à armes égales et au profit de son parcours d'excellence.
Ceci
ne signifie en rien que l'on puisse délivrer des demi diplômes
obtenus dans des formations tronquées d'un nécessaire enseignement
de base.
Nous sommes d'accord sur le principe que l'enseignement de notre jeunesse est une grande priorité nationale, mais nous le sommes bien moins sur la forme si elle implique que le Pilotage ne soit pas confié à ceux et celles qui en ont la charge, à savoir nos Enseignants.
Par ailleurs, nous restons sceptiques quant aux réelles motivations d'Ismaël Omar Guelleh en matière de Service National Adapté.
L'exemple de 1991
doit servir de leçon à ne jamais rééditer, les conséquences
furent désastreuses pour toute notre Nation.
La question qui
vient inévitablement à l'esprit est pourquoi imposer à
cette jeunesse un passage par les Armées, qui la
géreront tout au long de son parcours d'enseignement militaire et professionnelle,
alors qu'il convenait de créer
des Centres Professionnels placés sous la seule compétence du
Ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle.
Est-ce le schéma
français avec l'instauration du Volontariat Service Long (VSL) en un
temps passé qui a influé sur la décision de l'Etat djiboutien
actuel ?.
Il faut savoir que cette pratique fut une volonté
politique qui permit d'absorber en un temps limité les " excédents
" de jeunes en situation de chômage, afin de rendre les chiffres
plus "acceptables" par l'opinion publique, mais ne
fut que temporaire et n'apporta une solution qu'à une infime partie d'entre
eux (environ 1,25%) quant à leur bonne insertion professionnelle ultérieure.
Nous
serions plus enclin à penser que le Service National Adapté, tel
qu'on nous le présente avec toutes ses lacunes graves, ses artifices
de façade et ses non dits, serait en fait une méthode
qui contourne artificiellement les obligations imposées par le Fonds
Monétaire Internationale (FMI) à notre pays dès 1995 sur
la réduction des effectifs militaires.
Encadrés
par des Officiers et Sous Officiers " mercenaires étrangers "
au pays, Ismaël Omar Guelleh pourrait ainsi aisément
créer, en parallèle aux Armées, des groupes militarisés
et formés à l'usage des armes aptes à être engagés
en cas de soulèvement des populations.
La
formation professionnelle de ces jeunes étant reléguée
au second plan bien évidemment car n'étant que subsidiaire....
Nous serons donc
très attentifs quant aux personnes incorporées, à leur
âge mais aussi à leurs origines et appartenances tribales.
L'essence du politique n'est pas de contraindre, d'uniformiser, d'aligner, elle vise sinon à faire concourir ensemble des contraires, du moins à leur permettre, à force de compromis, de coexister.
Les Armées ont une mission principale sur laquelle il reste à élargir les compétences sans les couper de la Nation ; l'Education Nationale, la Formation professionnelle et les Enseignants en ont une autre qui est essentielle et dans laquelle les parents ont leur place.
Les régimes martiaux, tels que celui qu'il déguise et nous impose Ismaël Omar Guelleh, de plus en excluant les Djiboutiens, finissent toujours par échouer faute d'être adaptables aux données complexes de la société qu'ils contraignent.
M Ali Abdillahi
Iftin
Ancien Commandant de la Garde présidentielle
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti
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