Les Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière modification : le 21-Déc-2003 5:40 (GMT+1 / Bruxelles

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

21/12/03 - Grandeur artificielle mais décadence bien réelle - L'histoire se répète éternellement, le chemin du despotisme conduit au même endroit.

Par Bouh Warsama.


La presse internationale, les diplomaties et l'opinion publique internationale se sont focalisés sur le sort réservé à Saddam Hussein dont il est dit qu'il fut arrêté par les troupes américaines ces jours derniers alors que bien des éléments de renseignements confirmeraient qu'il fut appréhendé il y a de cela quelques mois et serait emprisonné dans un navire de la Marine des USA stationné en Mer Rouge.

Si l'on peut dire que la chute de Saddam Hussein c'est la fin de la République de la peur et de la sauvagerie cautionnés trop longtemps, il reste tout de même un point à éclaircir sur la certitude que le Saddam arrêté est le bon comme à savoir qui va le juger et sous quel motif ; voleur de poules ou dictateur sanguinaire ?.

Au-delà de cet aspect c'est au fond la peine de mort ou de la prison à vie qui sont en jeu et le contenu de son jugement va constituer indubitablement un cas de jurisprudence en matière de sanction appliquée à un dictateur déchu.

La difficulté sera grande pour ce futur tribunal.

S'il condamne Saddam Hussein à la peine de mort et fait exécuter la sentence on parlera d'acte barbare et s'il le condamne à la prison à vie, on l'accusera de démonstration de faiblesse à l'encontre d'un dictateur sanguinaire qui a fait exécuter plus de 300 000 personnes…

On retrouve d'étranges similitudes dans les pratiques entre un Saddam Hussein et un Ismaël Omar Guelleh mais à échelle différente.

Avec deux années d'avance sur IOG, en 1991 le dictateur irakien faisait procéder devant les instances internationales presque muettes aux exterminations collectives de Halabja et d'Al Anfal par la répression brutale des soulèvements qui furent confirmées par la mise à jour ces derniers mois des charniers d'Al Mahawil et de Kirkouk et d'autres que l'on découvre un à un depuis la chute du régime de Saddam.

Les morts, les orphelins, les mères et les pères d'Iraq qui ont perdu leurs enfants comme ceux et celles des populations Afars à Djibouti réclament que justice soit faite et que les donneurs d'ordres au niveau des deux états concernés comparaissent devant un tribunal public et équitable dont la mission ne saurait être une vengeance masquée sur les subordonnés mais de faire éclater avant tout la vérité sur ces génocides programmés puis de rendre justice à celles et ceux qui ont été lésés ; le terme de " lésés " étant bien trop faible.

On sait comment les régimes se corrompent et en viennent aux pires extrémités.

Le mal pour Djibouti n'est pas irrémédiable tout comme le déclin d'Ismaël Omar et celui de sa nomenklatura n'est pas perçu comme la fin de la Nation djiboutienne mais à l'inverse comme sa réelle naissance.

Dans une capitale des Lumières fallacieuses avec la sacralisation de l'artificiel fomenté et cultivé de l'extérieur par ceux qui veulent que " l'ordre règne à Djibouti " quel qu'en soit le prix en vies humaines, l'idée s'est lentement diffusée et vérifiée selon laquelle la décadence du régime est a son apogée ; elle a commencé avec l'abondance lorsqu'elle ne fut pas gérée sainement par les gouvernants.

" Les richesses que l'on livre ainsi à la convoitise de petits esprits cupides, dirigeants de circonstances, sans compétence et d'évidence sans ambition pour les populations mènent à la corruption".

C'est ainsi que les gouvernants se sont " faisandés " fort promptement marchant ainsi à grands pas à la ruine du régime politique actuel.

Si Montesquieu écrit (Considérations ..., chap. XIX) que "Rome fut détruite parce que toutes les nations l'attaquèrent à la fois" c'est vraisemblablement par son isolement politique que le despote Ismaël Omar Guelleh chutera : chute consécutive à ses visées hégémoniques ce qui justifie que tous les pays limitrophes le rejettent depuis des mois et qu'il dérange les grandes diplomaties.

Si la chute de Saddam Hussein marque la fin de la terreur despotique en Iraq, pour le moins tel est notre espoir, reste le problème à régler sur Djibouti où nous observons depuis des années une mise en scène digne des plus piteux scénarios de mauvais films politicards dans laquelle on n'a que faire du génocide contre les Afars, comme de celui perpétré aveuglément contre des tribus considérées comme minoritaires et qui a autorisé de surcroît et cautionné que des hommes politiques tels que Mohamed Djama Elabeh - soucieux de respecter la légalité républicaine - et bien d'autres soient sacrifiés sur le piédestal de la lâcheté humaine en politique, des concussions et des collusions les plus diverses.

L'histoire de Djibouti est marquée par le sang de ces victimes qui eurent le seul tort consistant à croire en la Justice et en la Liberté comme à l'égalité des Droits.

Les larmes des familles ont aujourd'hui un droit qui est de réclamer réparation, comme nous l'avons dit, sans idée de vengeance mais pour qu'enfin soit rétablies des vérités qui dérangent comme celles sur les conditions du décès de Mahamoud Harbi, père de la Nation djiboutienne bien avant que le pays n'accède à l'indépendance.

 

M Bouh Warsama.

 

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