Les
Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière
modification : le
23-Déc-2003 7:52
(GMT+1 / Bruxelles
Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.
These
politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property
of Djibouti Nation.
Amin
23/12/03
- Djibouti. Les conséquences d'erreurs récurrentes - Chronique
d'une caution aveugle au despotisme " Francophonisé ", réduction
notable et annoncée des effectifs des Forces françaises qui devrait
s'échelonner sur trois ou quatre années.
Par Dalieh Mohamed Abdillahi et Bouh Warsama.
En un peu plus
d'une année, nous venons d'assister à l'amorce du déclin
de la présence française à Djibouti et vraisemblablement
de son influence dans toute la Corne Est de l'Afrique.
Contrairement
à ce que l'on pourrait en penser, ce n'est pas la diplomatie française
qui a toujours prévalu à Djibouti mais le politico-militarisé
; celui des dessous d'intérêts concomitants et particuliers qui
ont imposé longtemps leurs lois dans le pays persuadés qu'ils
furent de penser que le " Château français " bastion
en Afrique - et tout ce qu'il peut masquer - était imprenable au point
qu'ils ne se sont pas méfiés des retournements de veste d'un Ismaël
Omar Guelleh rompu à tous les traquenards.
Même si les diplomates peuvent - et parfois doivent - éclairer de leurs lumières ils ne sauraient se substituer au pouvoir de décision que seul possède le politico-militarisé ; c'est ainsi que le sytème a vécu et vivra peut-être la mort prochaine de la présence française dans notre pays.
Cette
programmation de la réduction des effectifs pouvant aller jusqu'à
un départ total des FFDJ, si elle devenait effective nous la refuserions
très clairement ce qui nous oblige à tenter d'en comprendre les
raisons et d'essayer de changer l'ordre des choses auquel on nous contraint,
jusqu'à ignorer notre existence alors que nous avons notre mot à
dire.
Notre mot à
dire sur un Ismaël Omar Guelleh soutenu bien que le président Chirac
le refusait pourtant dès 1995 comme éventuel successeur au président
Hassan Gouled ce qui valut, à l'époque, quelques éclats
de voix entre les deux hommes au sommet de la francophonie.
La diplomatie
implique une qualité et un don abstraits, signifiant dans le meilleur
des cas l'habileté à conduire des négociations internationales,
et, au sens péjoratif, la rouerie considérée
comme l'aspect le plus retors du tact politico militarisé de quelques
"associés" qui jouera pleinement son rôle et trompa Paris.
Ismaël
Omar Guelleh était à bonne école, il a appris très
vite que faire de la diplomatie
revient à user d'adresse, de ruse ou de subterfuges ; domaines dans lesquels
il a dépassé ses maîtres ; ceux qui croyaient l'être
et qui prépareraient maintenant leurs valises (y compris Me M...et son
épouse) après des années de mauvais offices.
Ce milieu politico-militarisé des étrangers, préoccupé par ses propres intérêts ignorant la "misère et la souffrance", n'a rien vu arriver car ancré qu'il fut et demeura obstinément dans une persistance coupable à fermer les yeux sur les réalités et pour qu'à tout prix " l'Ordre règne à Djibouti ".
Cet
ordre qui a fait tant de victimes innocentes!.
Pour d'autres, accompagnant le mouvement, il convenait de maintenir une fausse image d'un Djibouti " Havre de paix " et de coopération franco djiboutienne - masquant habilement bien des aspects - alors que le haut niveau des cautions atteintes, collusions et corruptions devient autant de failles dans l'éphémère cuirasse.
Les
vérités éclatent, une à une, au grand jour battant
en brèche tous les vains efforts pour que l'information demeure filtrée
et édulcorée sur la situation de catastrophe économique,
sociale et politique dans le pays.
Le
rôle joué par le Réseau parallèle des Etrangers.
Depuis
1991 le " Réseau parallèle des Etrangers ", qui avait
placé ses pions bien avant l'indépendance de Djibouti s'inspirant
de ses réussites au Gabon, Cote d'Ivoire ... etc et qui tente de s'imposer
au Nigéria, jouait la carte d'Ismaël Omar en multipliant les discrédits
jetés çà et là par d'outranciers mensonges et des
manipulations à l'égard d'un Mohamed
Djama Elabeh qui avait fait acte de courage en démissionnant de tous
ses mandats suite au massacre d'Arribah et qui fit durant des années
figure d'alternative à la succession d'un président Gouled ; de
troisième homme en concurrence avec Ismaël Guedi soutenu par les
banques et de grandes entreprises françaises.
La
meilleure option qui aurait pu changer radicalement l'avenir de Djibouti et
de ses populations aurait été que dès 1995 Guédi
et Mohamed Djama s'associent dans une même démarche mais
le clivage entre les deux personnalités politiques fut entretenu en s'appuyant
sur des caractères affirmés qui ne voulaient pas céder
un pouce de terrain à l'autre.
Moumin Bahdon
et Ismaël Guédi comme Mohamed Djama sont allés en ordre dispersé
dans la succession au président Gouled alors qu'Ismaël
Omar avait lentement tissé sa toile et infligea sa propre loi, aidé
en cela par ses quelques " Associés étrangers " qui
bien que minoritaires réussirent à l'imposer et l'aidèrent
dès lors dans bien d'autres " Affaires ", y compris des plus
révoltantes et allant jusqu'à participer à l'assassinat
prémédité de la Justice française.
Contrairement
à ce qui peut en être dit parfois : la France, celle qui est l'héritière
justifiée du Général Charles de Gaulle a des amis avec
qui elle partage par la participation des intérêts nationaux mais
quelques " serviteurs " de ce grand pays font trop souvent et impunément
démonstration exclusivement de leurs propres intérêts politico
financiers voire mafieux et ternissent ainsi son image.
La perte d'influence
de la présence française que nous observons en Afrique n'est pas
irrémédiable, loin de là mais elle en est l'une des grandes
conséquences actuelles.
A l'image de la Cote d'Ivoire de l'après Houphouët Boigny, ce que nous observons à Djibouti est à considérer comme l'amorce d'un processus récupéré par d'autres " nouveaux étrangers " dont ils ne sont pas forcément les initiateurs dans le pays.
Nul ne peut
en prévoir aujourd'hui les incidences et les conséquences pour
l'avenir des populations djiboutiennes.
A l'euphorie
des premiers instants, risqueraient bien de succéder les grandes désillusions.
" L'illusion
devient une foi démesurée lorsque l'on arrive à faire croire
au peuple affamé que demain ou après il aura un morceau de pain
et du travail ! ".
Dans le marasme
djiboutien, reste à savoir si l'on pourra résoudre tous les maux
et quel en sera le prix à payer par les Djiboutiens ?.
La
marche vers tous les pouvoirs - Eliminer par tous les moyens " l'empêcheur
de tourner en rond ", le seul capable alors de s'opposer à Ismaël
Omar Guelleh.
La menace que
fit peser Mohamed Djama Elabeh sur la domination du clan Gouled fut omniprésente
durant des années.
Il
fut l'empêcheur de tourner en rond, celui qui tenta de mettre plus de
rigueur dans la gestion des finances publiques ; celui qui menaça et
resta ferme au point que lentement et malgré qu'il fut imposé
au ministère des Finances par l'Etat français, il
fut écarté des grandes responsabilités.
Chaque
homme politique ou commerçant qu'il contraignait à respecter la
Loi fut aussitôt récupéré par Ismaël Omar Guelleh
qui le plaça alors sous son aile, dans son "club des mafieux"
et sous sa protection pour ensuite le manipuler à son propre profit.
Malgré
cela, dès 1995 nul ne donnait une quelconque chance à un Ismaël
Omar ou à un Guédi face à lui dans des élections
présidentielles organisées démocratiquement et contrôlées
par la France ou par les instances internationales.
La pierre angulaire
de la stratégie du réseau parallèle étrangers fut
de s'attaquer à l'image de Mohamed Djama Elabeh l'associant avec "
l'assassin de Loyada " qui, rappelons-le, provoqua la mort de la jeune
enfant Geisbuhler lors du détournement d'un car scolaire.
Tous les moyens
furent utilisés pour tenter de discréditer Mohamed Djama Elabeh
par ce qu'en quelques mois il avait quasi totalement " récupéré
" les troupes d'un Aden Robleh Awaleh mis sous l'étouffoir et se
présentait comme " l'homme fort " de l'opposition, une opposition
de l'émergence d'une amorce de démocratie à Djibouti, du
partage équitable des pouvoirs ; un Mohamed Djama à qui les populations
vouaient bien au-delà des frontières un véritable culte.
Commencer
par éliminer tous les Afars et les Dallol Fourlaba
non complaisants.
Depuis
1977 et alors qu'Ismaël Omar Guelleh gérait à sa manière
avec Moumin Bahdon Farah le " problème Afar
" (Abgal
- Yonis-Moussa, Odahgob - Rer Kool. Ministre de l'Intérieur depuis le
départ d'Ali Aref en 1976 et sous le gouvernement de transition de M
Mohamed Abdallah Kamil), Hassan Gouled avait écarté ou fait écarter
de diverses manières un à un tous les dignitaires de premier plan
dans le clan des Issa Dallol Fourlaba et mettait aux oubliettes la loi "
Der Issa " sur la succession présidentielle censée être
attribuée à un Issa Dallol.
L'homme
de la situation qui défendait véritablement l'Unité nationale.
Mohamed Djama Elabeh s'était vite avéré comme étant
un clou - non exclusivement Fourlaba mais ratissant large - planté au
beau milieu de la domination qu'exerçait le clan Gouled - Ismaël
Omar sur le pays.
Si Mohamed
Djama reconnut plus tard ses erreurs du passé lors de meeting, il n'en
demeure pas moins vrai qu'il fut tout au long de sa vie politique un modèle
de " Front du refus " contre la monopolisation des pouvoirs obtenus
par les fausses promesses auprès des " Sages de l'ethnie Issa "
et accentués au fil des ans par Hassan Gouled et son clan minoritaire,
composé d'étrangers au pays.
Subrepticement
ils se substituèrent aux Djiboutiens à tous les niveaux de hautes
responsabilités de l'appareil d'Etat puis aux niveaux secondaires dans
l'Armée, dans la Gendarmerie, la Police et dans toutes les administrations
au point qu'aujourd'hui être Djiboutien titulaire d'un poste à
responsabilités en revient à être considéré
comme un paria dans son propre pays.
Acculé
par les désaccords avec la France, Ismaël Omar Guelleh se retourne
vers les USA en utilisant Robleh Olhayeh Oudin pour trouver un soutien.
L'homme qui
fut financièrement mêlé en un temps avec les réseaux
affiliés à Al Quaïda, notamment par son implication dans
l'affaire de la Banque Djiboutienne pour le Moyen Orient
et d'une Banque locale qui s'est substituée à ses attributions
est acculé par diverses affaires.
Rappelons que la BDMO permettait le recyclage et tous les blanchiments d'argent en provenance de divers pays et que les enquêtes menées dès1989 - bien que leur résultat ne fut jamais divulgué - confirmèrent qu'elle était aussi une façade facilitant en toute légalité tous les transferts d'argent notamment vers des banques dépendant des réseaux musulmans intégristes à Londres, au Soudan et dans des " paradis " du moyen orient.
De par son appartenance aux milieux intégristes dans l'Affaire de la BDMO, M Robleh Olhayeh Oudin, actuel Ambassadeur de la République de Djibouti auprès des USA et de l'ONU aurait " récupéré " à titre personnel 900 millions de FDJ, lors de la mise en dépôt de bilan provoqué de la BDMO ce qui lui aurait permis d'acquérir une villa à Washington et une seconde à New York.
Ceci
ne l'empêchera pas, on peut même dire que ceci le contraindra
à s'acheter une " nouvelle virginité " et de servir
d'intermédiaire privilégié dès le début de
l'année 2002 entre Djibouti et les hommes de l'administration de M G.W.Bush
en vue de l'installation des Forces US dans le pays.
A toutes les
affaires qui émergent, il convient d'ajouter l'une des plus préoccupantes
pour Ismaël Omar qui est celle du meurtre prémédité
du Juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti dont les fusibles mis
en place font long feu, se trouvent un à un impliqués et sans
faire d'éclats médiatisés.
Dans un autre
domaine et face aux évènements de 1992-1993, la crainte de l'occupant
du Palais de l'Escale étant de se retrouver un jour sous le coup d'un
mandat international d'extradition pour " crime contre l'humanité
", il signera donc et dans la précipitation " les accords d'exception
" pour la réprocité d'immunité que lui proposeront
les USA.
Dès
lors et sachant quelle avenir il veut donner aux accords franco djiboutiens
sur lesquels il réclame une augmentation notable de ce qui lui est rétrocédé
à titre personnel, il va renforcer dès le
début de l'année 2002 son chantage sur Paris alors qu'il sait
qu'il va inévitablement contraindre la France à réduire
sa présence à Djibouti, échelonnée sur plusieurs
années.
Une
région ravagée par les guerres et la famine dans lesquelles
on discerne des intérêts d'ordre privé et des luttes
d'influences.
Depuis les années 1995-1996, l'Erythrée a clairement exprimé le souhait que la France installe à Assab des unités militaires pour tenter de servir de " Force de dissuasion " dans le conflit frontalier qui l'oppose à l'Ethiopie.
En ne s'impliquant
pas dans l'un de ces pays et en ne prenant pas officiellement position sur le
tracé frontalier, la diplomatie française tente de se maintenir
en dehors du conflit alors qu'Ismaël Omar Guelleh souhaiterait que Paris
réponde favorablement à la demande des Erythréens.
La
principale de ses raisons est qu'en maintenant l'impossibilité pour l'Ethiopie
d'accéder à la mer par Assab situé au Nord de Djibouti
et qui s'est doté d'infrastructures portuaires importantes, il bloque
l'extension des activités d'Assab et contraint le gouvernement éthiopien
à passer par ses propres volontés dans l'utilisation du port international
de Djibouti dont la quasi-totalité de ses activités s'effectuent
au profit de l'Ethiopie.
Bien que les
populations djiboutiennes ne bénéficient d'aucune retombée
financière par les immenses dividendes générés,
c'est à une véritable explosion d'activités que l'on assiste
dans le port international de Djibouti.
Redéploiement
des Forces françaises vers les pays du Moyen Orient - contrepoids
aux visées américaines ?.
Par ailleurs,
les états du Moyen Orient - dont l'Arabie saoudite - seraient d'évidence
favorables à un renforcement de la présence française dans
la région qui est souvent limitée à une assistance technique
et constituerait ainsi un contre poids aux visées américaines
sur la région.
Visées
qui ne se limiteront pas à une République d'Iraq libérée
de son dictateur, à l'avenir incertain et au sujet desquelles certains
observateurs lance l'idée suivant laquelle par
excès de précipitation les USA se seraient catapultés dans
les affres d'un nouveau " Vietnam " et qu'ils pourraient fort bien
y subir de surcroît un revers à la " Somalienne " rappelant
ainsi l'humiliation atteignant son comble lors de l'incident du 3 octobre 1993,
lorsque une vingtaine de soldats américains furent tués avec d'autres
casques bleus.
Face à
cela et devant la poussée de l'opinion publique, les États-Unis
changèrent soudainement et du tout au tout leur politique ; ils quittèrent
la Somalie en mars 1994, laissant les Nations unies dans une situation intenable.
En imposant
sa présence à Djibouti, l'administration américaine s'est
dotée à peu de frais d'une base stratégique en Afrique
de l'Est qui lui ouvre les portes vers tous les pays de la Corne Est de l'Afrique.
La confirmation ces dernières semaines de gisements importants de pétrole dans la région de Mogadiscio s'ajoutant aux ressources en gaz, parmi les plus importantes au niveau mondial, au Somaliland et qui furent mises à jour il y a plus de 20 ans par des experts soviétiques, vont forcément inciter les américains à conforter leur " nouvelle place forte " de Djibouti et y instaurer leur seule et entière autorité.
C'est en persistant à maintenir le monopole du politico-militarisé entretenant le despotisme à Djibouti que les "Associés" d'Ismaël Omar ont empêché toute évolution dans le pays et étouffé par la même la diplomatie française, rejetant ainsi les saines valeurs initiées par le Général de Gaulle.
En refusant trop longtemps que les autres pays de l'Union Européenne ne s'impliquent à Djibouti - quitte à remplacer les gouvernants actuels pour instaurer une amorce de démocratie - Paris se trouve aujourd'hui mis au pied du mur par une administration de M Bush qui doit faire preuve de " Réussites en Afrique " pour rassurer l'opinion publique américaine dans la perspective des futures présidentielles.
Ce qui doit être rassurant pour la France, pour le moins en faveur du maintien de sa présence à Djibouti, c'est qu'Ismaël Omar Guelleh fut et restera l'homme des trahisons de dernières minutes et des " coups bas ".
La France en a fait les frais en étant l'éxutoire désigné d'office à tous les maux dont souffre Djibouti depuis 1977, reste à savoir ce qui attend les Américains et comment ils vont s'accommoder de l'absence des Droits de l'Homme et du despotisme masqué par tous les artifices de façade ?.
Plus que jamais, l'avenir des Djiboutiens est dans leurs mains car arrivés à un tel niveau de mécontentements c'est à eux d'Agir pour ne plus Subir.
M
Dalieh Mohamed Abdillahi
Ancien haut fonctionnaire
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti
et Bouh
Warsama.
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