Les
Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière
modification : le
23-Déc-2003 12:44
(GMT+1 / Bruxelles
Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.
These
politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property
of Djibouti Nation.
Amin
23/12/03 - 1+1 = 5 - Le stratagème des 900 millions de FD d'indemnités qui ne furent pas perdus mais simplement égarés dans les méandres du pouvoir au nez et à la barbe du FMI et des bailleurs de fonds, l'Union Européenne et la France.
par Ali Abdillahi Iftin.
En préambule à ce qui va suivre,
on constate à l'usage qu'entre la BM (Banque Mondiale) et le FMI (Fonds
Monétaire International) la différence est grande entre ces deux
institutions internationales, que l'opinion publique confond souvent malgré
qu'elles diffèrent tout à la fois par leurs cultures, par leurs
styles, leur approche des problèmes et par leurs missions.
La Banque Mondiale a pour vocation l'éradication de la pauvreté dans le monde, le Fonds Monétaire International sert au maintien de la stabilité mondiale.
Sacro
saint maintien de la stabilité mondiale, sorte d'auberge espagnole version
Washington où très souvent il n'y a que les hauts responsables
du FMI pour en comprendre le fonctionnement et la finalité.
Les deux envoient des équipes d'économistes en mission pour trois semaines, mais la Banque mondiale a fait de gros efforts pour installer une partie importante de ses membres dans les pays qu'ils essaient d'aider et directement au contact des réalités alors que le FMI, lui, n'a généralement sur place qu'un unique " représentant résident permanent ", dont les pouvoirs sont plus que limités.
Ses
plans, en règle générale, sont dictés de Washington,
et mis en forme au cours de brèves missions de hauts responsables qui
dès leur descente d'avion s'immergent totalement en apnée de longue
durée dans les chiffres du ministère des finances et de la banque
centrale locale mais qui pour le reste, résident confortablement dans
les hôtels cinq étoiles ou Palaces de la capitale.
Faisant
suite aux enrôlements massifs de militaires et policiers,
souvent des mercenaires en provenance de l'étranger
et afin de répondre au soulèvement des Afars des années
1992-1993, à partir de 1995-1996 la situation financière
de l'Etat djiboutien étant au plus mal, le président Gouled fut
contraint d'accepter une aide conditionnée et imposée par le Fonds
Monétaire International avec l'assentiment de l'Union Européenne
et de la France.
Le
FMI exigea en préalable une diminution importante des effectifs militaires
et de la police (Armée Nationale Djiboutienne et des Forces Nationales
de Police) pour évaluer les effectifs à démobiliser moyennant
une aide financière d'accompagnement permettant une réinstallation
des hommes dans leur région d'origine.
Ce
plan, considéré comme une forme d'accompagnement à l'ajustement
structurel au cours duquel fut imposé un gel des salaires mis en place
par le FMI en relation avec le Ministère djiboutien des Finances, était
dirigé à l'époque par Mohamed Ali Sahel qui fut rapidement
remplacé par un homme "plus apte..." à répondre
aux attentes du Gouvernement djiboutien de l'époque en matière
de manipulation des fonds publics comme dans les falsifications de chiffres.
Les
bailleurs de fonds étaient l'Union Européenne et la France qui
devaient verser individuellement aux personnels démobilisés de
l'Armée Nationale Djiboutienne et des Forces Nationales de Police une
somme de 450 000 FD, soit environ 15 000 FF de l'époque.
La
stratégie décidée par le Palais de l'Escale s'appuya sur
le Lieutenant Colonel Doualeh supervisant l'aspect militaire de l'opération
afin que soit donné ordre à tous les Officiers de l'AND et des
FNP de gonfler artificiellement les effectifs des unités en
créant une liste fictive d'identités de militaires et de policiers
avec l'attribution d'un N° de matricule mais n'existant que sur le papier.
Ce
recensement s'avéra être relativement long car procédant
par l'appel individuel de chaque militaire et policier devant une Commission,
composée de représentants du FMI - du Ministère des Finances
et de la Défense nationale Djiboutiennes. Chaque homme étant appelé
à se présenter en répondant présent lorsqu'il était
nommé ou noté absent pour diverses raisons de congé, maladie
etc
C'est
ainsi que des dizaines de milliers d'hommes passèrent devant cette Commission
sous diverses identités et vêtus alternativement en Militaire ou
en Policier, de grade et d'appartenance différentes à tel ou tel
service.
La chaleur aidant et peu habitués à différencier visuellement les hommes qui répondaient à l'appel de leur nom, les experts du FMI n'y virent que du feu face à une organisation bien préparée d'un subterfuge qui s'avéra être un véritable hold-up financier international ordonné par les gouvernants djiboutiens de l'époque sous la férule discrète d'un Ismaël Omar Guelleh, suprême stratège de la mystification et qui n'en était pas à son premier et n'en sera pas à son dernier coup dans ce domaine.
La falsification des listes d'inscription pour les Elections procédant du même principe, s'il est un domaine dans lequel il excellera dès 1980 c'est bien celui là.
On
estime à plus de 20 000 les falsifications
qui furent réalisées entre 1995 et 1996 et bien que les effectifs
militaires et policiers surdimensionnés qui leurs étaient présentés
attirèrent l'attention des experts du FMI dont la rumeur du stratagème
leur vint aux oreilles ; l'Union Européenne et la France mirent conjointement
la main à la poche.
C'est
ainsi que, d'après les estimations, plus de 900 millions de FD s'égarèrent
dans les méandres des Finances publiques et plus assurément sur
les comptes bancaires et personnels du pouvoir ; à la barbe des experts
du FMI de Washington, de l'Union Européenne et de la France alors que
ces derniers furent bien plus pénalisés car ils étaient
au final les bailleurs de fonds de l'opération.
Si
le subterfuge s'arrêtait là on pourrait se dire qu'après
tout 900 millions de FD cela représente peu de choses ; une paille à
l'échelle de la moisson des finances mondiales.
Oui mais voilà, la pratique est devenue monnaie courante au point que toutes les aides sollicitées par l'Etat djiboutien au titre du versement des salaires aux Militaires, Policiers, Gendarmes et Fonctionnaires procèdent du même principe.
A savoir que les effectifs sont surévalués sciemment et que les comptes bancaires de supposés Militaires, Policiers, Gendarmes et Fonctionnaires qui n'existent que sur le papier ne sont que des leurres permettant le transit des versements des salaires qui sont transférés sur d'autres comptes de regroupement.
Alors
que bon nombre de militaires, Policiers, Gendarmes et Fonctionnaires attendent
des mois durant que leurs salaires et les arrièrés leurs soient
versés pour survivre avec de plus un gel des salaires qui ne correspond
plus au coût de la vie, des escrocs de haut niveau chaque mois et à
date fixe s'emplissent
les poches impunément.
C'est
ainsi qu'à date fixe des dizaines de millions de FD passent du portefeuille
des contribuables français vers les comptes bancaires d'Ismaël Omar
Guelleh et de ses complices qui peuvent dès lors investir
dans l'immobilier de haut niveau, place Vendôme ou de la République
à Paris comme dans les quartiers huppés de certaines stations
balnéaires aux USA, Canada et Afrique du Sud
..
Toutes
ces malversations, consistent à jouer une fois encore sur un mensonge
éhonté du " A votre bon cur messieurs dames "
de France et d'ailleurs ; elles sont parfaitement connues du Procureur de la
République Djama, apte à faire des effets de manche et de voix
dans un prétoire mais qui se garde bien d'aller
fourrer son nez dans cette affaire de délinquance persistante en col
blanc ordonnée et gérée au plus haut niveau de l'Etat ou
pour le moins de faire désigner un juge d'instruction par le Parquet.
A ceux qui penseraient que nous sommes confrontés à un cas flagrant de hold-up financier international connu des bailleurs de fonds, nous leur répondrions qu'ils sont étroits d'esprit car dotés d'une vision tronquée des réalités.
Nous
nous situons dans le " diplomatiquement correct entre bons amis "
parfaitement conscients et souvent effrayés à ce
niveau de responsabilités par la misère économique, sociale
et politique des classes sociales, "petites gens" ou piétaille
à Djibouti.
Etre
conscients et effrayés par cette misère tout en parlant des Droits
de l'Homme bafoués
.ailleurs que chez soi, c'est déjà
beaucoup !.
M Ali Abdillahi
Iftin
Réfugié
politique ONU en Belgique
Ancien Commandant de la Garde présidentielle
Membre du Conseil de Gouvernement en Exil de Djibouti
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