Les
Réalités
L'information qui s'oppose au papier toilettes "La Nation"
Dernière
modification : le
29-Déc-2003 7:45
(GMT+1 / Bruxelles
29/12/03
- L'art de rien dire en brassant de
l'eau,cela revient épisodiquement
comme le grand brassage d'air et de mots pour ne rien faire.
Par M Osman
Moussa Seid.
Défilent
un à un, devant la presse propagandiste et gouvernementale, Ministres
et Chefs des grands Services de l'immobilisme récurrent de l'Etat Ismaélien
qui n'apportent rien de nouveau si ce ne sont que des discours et des perspectives
pour demain et bien après.
Le Directeur Général de l'Office National des Eaux de Djibouti (ONED), M. Abdoulkader Kamil n'échappe pas à cette stratégie du futile instituée par le " Grand Gourou " Ismaël Omar qui veut que suivant un calendrier déterminé et sous la forme " d'un tour de service " on convoque Ministres et Chefs de grands Services devant la presse d'information (disons plutôt que c'est l'ADI qui les convoque car elle a des consignes et un échéancier ) afin qu'ils lisent les textes qu'on leur a écrit pour informer les populations djiboutiennes que tout va bien et que l'on a des "perspectives" pour améliorer une situation.
Sempiternelles
et bien pratiques perspectives dans lesquelles on tente de nous éblouir
par des annonces de plans, de projets, d'initiatives gouvernementales
et
de colloques qui suivent l'actualité du moment et sont , pour l'occasion,
ressortis des tiroirs où ils furent placés l'année passée
sur lesquels on a passé un coup de chiffon pour nous persuader qu'ils
sont innovants et porteurs de grands espoirs
Grands espoirs
pour qui ? pour nous ! car c'est nous qui devons espérer, pas eux.
A l'exception
de la Kabyo, en pleine crise d'autoristarisme capricieux "d'enfant gâtée"
(pas par la nature mais par l'argent), ils connaissent très bien leurs
limites et ont démontré depuis bien des années et des années
qu'ils ont dépassé le seuil des in
com
pétences
selon " Peters ".
Si l'on voulait faire un jeu de mots et établir des parallèles on pourrait dire que les hommes du pouvoir actuel agissent comme ce que l'on observe en mécanique des roches.
Très simplement, en mécanique des roches on dit que sous l'effet des contraintes, une roche se déformera de manière continue, d'autant plus qu'elle est incompétente et d'autant moins qu'elle est compétente. On peut aussi dire autrement que plus une roche est incompétente plus elle réagira souplement aux contraintes, c'est-à-dire se déformera sans se rompre.
Ce qui se traduirait par, sous l'effet des contraintes qui le dépasse, un Ministre ou Chef de grand Service d'Etat se déformera de manière continue (la soupe est bonne et en quantité largement suffisante), d'autant plus qu'il est incompétent et d'autant moins qu'il est compétent. On peut aussi dire autrement que plus un ministre ou Chef de grand Service réagira souplement aux contraintes qu'il ne maîtrise pas, c'est-à-dire se déformera sans se rompre et aussi longtemps que ses privilèges octroyés lui seront préservés et ses salaires versés à date fixe ..chaque mois.
Comble de la
malchance, M. Abdoulkader Kamil ne nous apprend rien lorsqu'il affirme que "
les causes de ce déficit hydraulique
. sont multiples ".
Notre question
est : " Cela fait plus de 20 ans que ce problème est connu et persiste.
Qu'avez-vous fait pour trouver des options de substitution mais surtout les
mettre en oeuvre ? ".
Là où
l'on frise la provocation caractérisée c'est lorsque le Directeur
de l'ONED n'hésite pas à déclarer que le déficit
en eau serait pour partie la conséquence "
de l'extension des villes et l'attrait qu'elles exercent sur les populations
rurales et des pays limitrophes
".
En clair et
si l'on a bien compris le sens de sa réponse, ce
sont les populations de l'intérieur du pays et les Réfugiés
qui, d'après lui, seraient responsables pour partie des carences en eau
dont souffre le pays !.
L'exode rural
nous connaissons, hélas que trop car il vide l'arrière pays par
ce qu'en plus de 25 ans l'Etat a ignoré les populations et se
fait tirer les oreilles pour mettre en place une réelle amorce de Décentralisation
partielle des compétences au profit des autres régions du pays.
De cette indispensable
Régionalisation dépend l'avenir du pays mais son absence et les
atermoiements confirment les visions passéistes
d'un Etat centralisateur qui fait diversion en obligeant ses Ministres à
se montrer dans les villes de l'arrière pays, créant quelques
réunions de réflexion sur le sujet et des ateliers, sur deux jours,
par ci par là afin de laisser croire que la République y est présente.
En
fait, le "Cirque d'Etat" n'y est présent que quelques jours
par mois, y achète quelques consciences locales pour faire chanter et
danser les enfants des écoles sur son passage ; ceci est
une triste vérité.
Si les populations
persistent à émigrer vers la capitale c'est que nul ne leur laisse
d'autre alternative de faire autrement. Mensonges et promesses sans lendemain
sont les armes d'un pouvoir usé par le temps, par les incompétences
et les incuries qui le rattrapent et en face de quoi il n'a plus de réponse
car ses mensonges sont connus de tous.
La
mode étant à tout mettre sur le dos des Réfugiés,
pourquoi se priverait-on d'une nouvelle accusation " Ils boivent notre
eau ! "
..
L'Insécurité
dans la capitale, c'était les Réfugiés !.
Le
manque d'hygiène dans les rues, c'était les Réfugiés
!.
Le
chômage, c'était la faute des Réfugiés !.
Question
: ceux qui dilapident les finances publiques, perçoivent
leurs salaires à date fixe en ignorant les problèmes des fonctionnaires
de leur propre ministère, se font construire de splendides villas en
bord de mer et des immeubles, hôtels et supermarchés sur le dos
de l'Etat, est-ce que ce sont aussi
des Réfugiés ?.
Des Réfugiés
au sens où nous l'entendons, certainement pas ! mais des " étrangers
d'importation " qui ne boivent pas que de l'eau, y compris en période
de ramadan, qui excluent les Djiboutiens et proviennent
majoritairement d'une région bien précise par la grâce de
leur Seigneur et Maître.
Pour en revenir
à la déclaration du Directeur Général de l'Office
National des Eaux de Djibouti (ONED), M. Abdoulkader Kamil, à propos
des solutions de rechange au pompage de l'eau des nappes phréatiques
a indiqué que " de toutes les façons les réponses
(face à une telle situation) doivent être locales et adaptées
au contexte et contraintes particulières des populations " ce
qui signifie que les problèmes d'approvisionnement en eau sont loin d'être
résolus mais " doivent être
".
Le dessalement
de l'eau, que mentionne M. Abdoulkader Kamil et " constituerait une
alternative valable et intéressante
. " est déjà
en pratique à Djibouti depuis les années 80 et fut une initiative
de M Coubèche.
A partir
de cette expérience qu'a-t-on fait depuis dans ce domaine ?.
Le réseau d'approvisionnement en eau de la capitale est exposé à deux contraintes ; la première contrainte est liée au contexte de sol, la seconde est le fait que peu de travaux de renouvellement des conduites qui datent d'avant l'indépendance n'ont été effectuées.
Pourtant
les aides internationales obtenues s'appuyaient sur des projets précis,
dont la rénovation des réseaux, mais se sont majoritairement
évaporées, notamment sur certains programmes jusqu'à hauteur
de 94 % des enveloppes attribuées.
Alors pour
masquer tout ceci, la propagande gouvernementale puise chaque semaine dans ses
caves de vieux leitmotivs, des " à l'instar de " qu'elle répète
sans cesse pour nous laisser croire que comme les autres tel ou tel service
assume ses responsabilités.
Interrogé
sur la possibilité de privatisation de l'ONED, le directeur de cet office
s'en est allé d'un couplet court à la gloire du " grand Gourou
" " l'ONED- poursuit le processus de restructuration des entreprises
publiques engagé par le Gouvernement, en conformité avec les orientations
du Président de la République
.. " tout en commettant
un crime de lèse majesté car modifiant les us et coutumes qui
imposent le " Son Excellence Monsieur Ismaël
Omar Guelleh, président de la République de Djibouti ".
Quant à
" l'efficacité économique et de l'équité
sociale " d'une ONED privatisée et dont il fait mention,
qu'il nous permette d'en sourire car avant cela il
conviendra de remettre en état tous les réseaux principaux d'approvisionnement
en eau dont les pertes en charge ont augmenté considérablement,
secondairement il faudra nécessairement
supprimer les privilèges d'octroi d'eau gratuite aux grands serviteurs
du pouvoir qui ne se privent pas d'arroser leurs pelouses et de remplir leurs
piscines sur le dos de l'ONED.
Quant à
l'éventualité de la construction d'usines de traitement des eaux
usés à Djibouti, ce n'est pas pour demain.
De cela notre brillant Directeur Général de l'Office National des Eaux de Djibouti (ONED), M. Abdoulkader Kamil, n'en a pas parlé comme des possibilités de recherche et de captage de l'eau douce en bordure de nos côtes et en pleine mer.
Nous
allons donc l'informer que l'exploitation de sources off shore
s'inscrit comme une véritable alternative économique aux usines
de dessalement.
De nombreux pays côtiers, notamment africains, sont intéressés par ce projet car les coûts d'exploitation sont jusqu'à 7 fois moins élevés que pour une usine de dessalement.
La
création d'une usine de dessalement
à Djibouti reste possible mais avec un facteur aggravant car les eaux
de mer contiennent bien plus que 38 g par litre d'eau ce qui augmenterait d'autant
la facture de l'expoitation de cette usine de dessalement.
Ajoutons à cela que beaucoup de pays méditerranéens, dont tous les pays du Maghreb, semblent s'orienter vers cette alternative car majoritairement la qualité des eaux récupérées est excellente et ceci ne nécessite qu'un léger traitement additionnel.
La
première véritable exploitation commerciale démarrera prochainement
en Italie, plus précisément en Calabre.
Tout ceci revient à conclure qu'en matière d'Eau comme dans d'autres domaines, exception en " Affaires d'O ", " d'Os à ronger " et d'Oh là là, voila la Kabyo ", dans notre pays les choses n'ont pas changé et ne sont pas prêtes de l'être sous le régime d'Ismaël Omar Guelleh.
Ce régime est celui de l'attentisme et de l'imprévoyance. Lorsque l'on est au fond du gouffre, il lance des appels "Au Secours" pour que les Aides internationales affluent sur le pays.
Lorsqu'arrive enfin une enveloppe budgétaire pour réaliser un projet ciblé, on sait par expérience que le peu qui nous parvient (après ponctions en très hauts lieux) ne permettra de concrêtiser tout au plus que 10 % du programme.
C'est alors que la deuxième vague des "Rapaces", entrepreneurs affiliés à l'Etat (cousins, frères... oncles), se précipitent sur ce qu'il reste du gâteau....
M Osman
Moussa Seid
Haut Fonctionnaire
Membre du Conseil du Gouvernement en Exil de Djibouti.
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