30/03/03
Face à un climat de tension qui devient de plus en plus tendu,
à Djibouti, le Président du GED lance un appel à
la communauté internationale.
Les
manifestations d'une extrême violence qui ont émaillé
la vie de notre capitale tout au long de la semaine passée avec
de vifs affrontements qui ont opposé les Forces Nationales de
Police aux populations dans la rue, notamment aux jeunes djiboutiens,
ont fait des victimes innocentes et de nombreux blessés parmi
lesdites populations.
Au-delà du
refus clairement exprimé par les djiboutiens lors de ce défilé
de cautionner tous les actes de cette guerre contre l'Irak qui fait
chaque jour de plus en plus de victimes enfants, femmes et hommes parmi
une population fragilisée par plus de dix années d'indigence
forcée voire de misère, ce qu'ont voulu aussi extérioriser
les manifestants défilant dans les rues de la capitale et par
leurs slogans c'est leur rejet, la condamnation pure et simple du régime
tyrannique imposé par la force par l'administration d'Ismaël
Omar Guelleh ; de tous ses excès constatés et fortement
aggravés depuis 1999.
Les jeunes hommes
et jeunes femmes sans emploi défilant dans les rues ont lancé
des slogans afin d'attirer l'attention de chacun d'entre nous mais aussi
de l'opinion publique internationale sur leur condition " d'oubliés
" par Etat djiboutien dont les responsables se complaisent dans
un luxe surréaliste et insultant pour la misère dans laquelle
ils les maintiennent par leur " ignorance outrageante " ainsi
que toutes les populations de notre pays allant jusqu'à ordonner
qu'il soit fait usage des armes et des balles contre les expressions
de revendications pour tenter de sauver les privilèges qu'ils
s'octroient indûment.
Là ne s'arrêtent
pas ces excès dont sont à l'origine les " hommes
du pouvoir " qui ont monté une nouvelle machination.
Parfaitement informés
qu'ils furent, en temps et en heure, de la présence dans le cortège
d'une forte représentation des compagnons citoyens du PND canal
historique d'Ali Amarkak Kadir et du Comité Citoyen du Renouveau
Démocratique d'Abdillahi Hassan Abdi, associés dans une
même démarche et avec le même esprit aux militants
des partis d'opposition d'Ismaël Guédi Hared et de nos frères
Afars d'Ahmed Dini, sur ordre reçu de leur échelon supérieur
certains hommes affectés au Service Djiboutien de Documentation
et de Sécurité ont positionné dans la dite manifestation
des " éléments " placés sous leur contrôle
ayant reçu mission de créer une situation conflictuelle
avec les Forces de police censées être chargées
d'encadrer le cortège afin d'éviter les débordements.
Aux incitations
de quelques meneurs à la solde du pouvoir, identifiés
et connus des autres manifestants, ont succédé des dégradations
de véhicules et des pillages de magasins fomentés et organisés
en préalable par le SDS.
Certains cadres
choisis parmi les Forces Nationales de Police qui avaient reçu
comme mission de réprimer spécifiquement tel ou tel groupe
d'opposants politiques bien précis, tout en ignorant totalement
les meneurs à la solde du pouvoir, ont mis leur manuvre
trompeuse à exécution ce qui n'a pas manqué de
générer de vives réactions et un engrenage de la
violence avec comme conséquences des morts et un nombre très
important de blessés au niveau de la population.
En de telles circonstances
infâmes de " crimes organisés et légalisés
" par l'Etat actuel et au nom des populations djiboutiennes, de
l'opposition politique et du Gouvernement en Exil de Djibouti :
" je présente
mes condoléances les plus attristées aux familles des
victimes de ces actes odieux ainsi que mes vux de prompt rétablissement
aux blessés en les assurant de mon soutien le plus total dans
ces évènements et dans leurs conséquences difficilement
supportables auxquels ils sont confrontés,
" je condamne
avec la plus grande fermeté la machination organisée
par le pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh consistant, par des moyens
qui dépassent de loin l'indignité, à fomenter
des révoltes dans des manifestations afin d'abattre en toute
légalité apparente les femmes et les hommes d'opposition,
celles et ceux qui subissent les effets du chômage afin de mieux
asseoir son autorité vacillante car mise à mal par toutes
les populations de notre pays,
" je demande
aux instances internationales et aux bailleurs de fonds qu'ils exigent
de l'Etat djiboutien que leur soient fournis les justificatifs de
l'utilisation " sincère et véritable " des
Aides qu'ils fournissent au profit de notre pays et qui sont, jusqu'à
ce jour, très majoritairement détournées soit
aux profits personnels des " gouvernants actuels " soit
pour l'achat d'armement et de munitions aux fins de renforcer toutes
les répressions et les " crimes légalisés
" contre les populations de notre pays,
" je demande
a Monsieur Jacques Chirac, Président de la République
française, qu'il intervienne auprès de M Ismaël
Omar Guelleh afin que cessent de tels actes indignes d'un Etat dit
républicain et qui se réclame de la Francophonie mais
qui en bafoue sans cesse les fondements ainsi que les engagements
quant à l'instauration d'une véritable et sincère
ouverture au pluralisme politique dans notre pays ; engagements qu'il
a confirmés récemment et notamment vis-à-vis
du Chef de l'Etat du " Pays des Droits de l'Homme ".
Fait
à Bruxelles le dimanche 30 mars 2003.
Au
nom des populations djiboutiennes,
au nom de l'opposition politique
pour le Gouvernement en Exil de Djibouti
le Président Mahamoud Idriss Ahmed