L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 31-Mar-2003 10:59 (GMT+1 / Bruxelles)

30/03/03 Face à un climat de tension qui devient de plus en plus tendu, à Djibouti, le Président du GED lance un appel à la communauté internationale.

Les manifestations d'une extrême violence qui ont émaillé la vie de notre capitale tout au long de la semaine passée avec de vifs affrontements qui ont opposé les Forces Nationales de Police aux populations dans la rue, notamment aux jeunes djiboutiens, ont fait des victimes innocentes et de nombreux blessés parmi lesdites populations.

Au-delà du refus clairement exprimé par les djiboutiens lors de ce défilé de cautionner tous les actes de cette guerre contre l'Irak qui fait chaque jour de plus en plus de victimes enfants, femmes et hommes parmi une population fragilisée par plus de dix années d'indigence forcée voire de misère, ce qu'ont voulu aussi extérioriser les manifestants défilant dans les rues de la capitale et par leurs slogans c'est leur rejet, la condamnation pure et simple du régime tyrannique imposé par la force par l'administration d'Ismaël Omar Guelleh ; de tous ses excès constatés et fortement aggravés depuis 1999.

Les jeunes hommes et jeunes femmes sans emploi défilant dans les rues ont lancé des slogans afin d'attirer l'attention de chacun d'entre nous mais aussi de l'opinion publique internationale sur leur condition " d'oubliés " par Etat djiboutien dont les responsables se complaisent dans un luxe surréaliste et insultant pour la misère dans laquelle ils les maintiennent par leur " ignorance outrageante " ainsi que toutes les populations de notre pays allant jusqu'à ordonner qu'il soit fait usage des armes et des balles contre les expressions de revendications pour tenter de sauver les privilèges qu'ils s'octroient indûment.

Là ne s'arrêtent pas ces excès dont sont à l'origine les " hommes du pouvoir " qui ont monté une nouvelle machination.

Parfaitement informés qu'ils furent, en temps et en heure, de la présence dans le cortège d'une forte représentation des compagnons citoyens du PND canal historique d'Ali Amarkak Kadir et du Comité Citoyen du Renouveau Démocratique d'Abdillahi Hassan Abdi, associés dans une même démarche et avec le même esprit aux militants des partis d'opposition d'Ismaël Guédi Hared et de nos frères Afars d'Ahmed Dini, sur ordre reçu de leur échelon supérieur certains hommes affectés au Service Djiboutien de Documentation et de Sécurité ont positionné dans la dite manifestation des " éléments " placés sous leur contrôle ayant reçu mission de créer une situation conflictuelle avec les Forces de police censées être chargées d'encadrer le cortège afin d'éviter les débordements.

Aux incitations de quelques meneurs à la solde du pouvoir, identifiés et connus des autres manifestants, ont succédé des dégradations de véhicules et des pillages de magasins fomentés et organisés en préalable par le SDS.

Certains cadres choisis parmi les Forces Nationales de Police qui avaient reçu comme mission de réprimer spécifiquement tel ou tel groupe d'opposants politiques bien précis, tout en ignorant totalement les meneurs à la solde du pouvoir, ont mis leur manœuvre trompeuse à exécution ce qui n'a pas manqué de générer de vives réactions et un engrenage de la violence avec comme conséquences des morts et un nombre très important de blessés au niveau de la population.

En de telles circonstances infâmes de " crimes organisés et légalisés " par l'Etat actuel et au nom des populations djiboutiennes, de l'opposition politique et du Gouvernement en Exil de Djibouti :

" je présente mes condoléances les plus attristées aux familles des victimes de ces actes odieux ainsi que mes vœux de prompt rétablissement aux blessés en les assurant de mon soutien le plus total dans ces évènements et dans leurs conséquences difficilement supportables auxquels ils sont confrontés,

" je condamne avec la plus grande fermeté la machination organisée par le pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh consistant, par des moyens qui dépassent de loin l'indignité, à fomenter des révoltes dans des manifestations afin d'abattre en toute légalité apparente les femmes et les hommes d'opposition, celles et ceux qui subissent les effets du chômage afin de mieux asseoir son autorité vacillante car mise à mal par toutes les populations de notre pays,

" je demande aux instances internationales et aux bailleurs de fonds qu'ils exigent de l'Etat djiboutien que leur soient fournis les justificatifs de l'utilisation " sincère et véritable " des Aides qu'ils fournissent au profit de notre pays et qui sont, jusqu'à ce jour, très majoritairement détournées soit aux profits personnels des " gouvernants actuels " soit pour l'achat d'armement et de munitions aux fins de renforcer toutes les répressions et les " crimes légalisés " contre les populations de notre pays,

" je demande a Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française, qu'il intervienne auprès de M Ismaël Omar Guelleh afin que cessent de tels actes indignes d'un Etat dit républicain et qui se réclame de la Francophonie mais qui en bafoue sans cesse les fondements ainsi que les engagements quant à l'instauration d'une véritable et sincère ouverture au pluralisme politique dans notre pays ; engagements qu'il a confirmés récemment et notamment vis-à-vis du Chef de l'Etat du " Pays des Droits de l'Homme ".

Fait à Bruxelles le dimanche 30 mars 2003.

Au nom des populations djiboutiennes,
au nom de l'opposition politique
pour le Gouvernement en Exil de Djibouti
le Président Mahamoud Idriss Ahmed