L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 24-Mar-2004 21:02 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

M Mahamoud Idriss Ahmed - M Abdallah Deberkaleh Ahmed

 

Lettre ouverte aux populations djiboutiennes

 

- La culture de ce début de nouveau millénaire est une culture au sens large impliquant une mentalité nouvelle dans notre pays, ouverte à la fois aux Droits, à la science et à la connaissance générale pour tous et pour toutes.

Selon l'acte constitutif de l'ONU, " Les guerres prennent naissance dans l'esprit de l'homme, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ".

La paix doit donc se fonder sur la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité. Ces valeurs devront prendre toute leur ampleur dans ce millénaire et dans ce siècle nouveau, afin que les guerres cessent et que notre évolution soit meilleure ce qui signifie que le monde dit civilisé ne peut évoluer que s'il fait évoluer tout à la fois les économies, le social donc le politique dans les pays dits en voie de développement.

Le changement des mentalités dans le monde actuel, est devenu bien plus que nécessaire ; il est indispensable car au-delà de toute autre considération les guerres comme les mauvaises gouvernances sont des entraves qui repoussent de jour en jour tout progrès individuel et collectif ; économique et social, comme la nécessaire acquisition des connaissances et de ce qui fait l'éducation des populations.

L'avenir de notre pays dépend des hommes qui dirigent l'Etat, c'est à eux qu'incombe la responsabilité d'une prise de conscience et l'application d'une nouvelle culture qui place l'humain au dessus des intérêts exclusivement privés et destructeurs car ne s'inspirant d'aucune réalité naturelle ou religieuse.

L'homme doit faire appel à une éthique morale plus profonde, se rattachant maintenant aux valeurs communes universelles et à une unité plus vraie, plus sincère et plus authentique, celle de la fraternité et de la solidarité s'exprimant bien au-delà des frontières.

C'est un nouvel état d'esprit que le Gouvernement en Exil de Djibouti veut insuffler et propose.

Un état d'esprit plus conscient de l'avenir des populations djiboutiennes pour faire place à un monde plus humain, plus conforme avec les grands défis de ce début de millénaire qui doit être celui de la paix dans le progrès.

Nous avons mesuré hélas combien les pouvoirs abusifs dans notre pays appellent inévitablement la désunion, la mésentente, la destruction alors que l'application d'autres règles doivent rétablir aujourd'hui l'équilibre dans un premier temps avec comme objectif de faire régner les valeurs d'évolution.

Certes, ce que nous préconisons de mettre en place ne se fera pas en quelques jours ou en quelques semaines ; chacun et chacune est responsable de son propre avenir mais aussi et surtout de celui de ses enfants ; de tous les enfants de notre pays comme de notre Nation qui doit devenir une réalité dans nos esprits, tout à la fois une envie et un nécessaire besoin.

Pour sortir de ce marasme économique, social et politique, véritable drame humain dans lequel notre pays est plongé, nous proposons un programme de gouvernement qui a reçu l'assentiment des instances internationales comme celle des grandes diplomaties.

Si ce programme de gouvernement doit être évolutif afin de répondre largement à cette idée de Participation active de ses composantes, nos actes politiques forts passent inévitablement par la restauration de l'autorité de l'Etat et de ses institutions.

La justice doit prendre son indépendance et c'est au gouvernement futur de notre république de la lui garantir et lui permettre ainsi de juger en son âme et conscience sans subir les influences néfastes qui font que depuis longtemps les Djiboutiens et les Djiboutiennes ont perdu toute confiance et tout espoir quant à la capacité de l'Etat dirigé par Ismaël Omar Guelleh de changer les choses comme celle de faire infléchir le chômage.

Impartialité de notre Justice mais aussi redressement de notre Economie.

Si l'on veut éviter ce blocage désastreux des salaires dans la fonction publique et une inégalité flagrante de traitement entre les fonctionnaires avec des plans de carrière qui ne sont pas respectés depuis trop longtemps pénalisant en premier lieu les plus méritants - privilégiant l'incompétence, le copinage par l'alimentaire - nous avons une obligation impérative qui consiste à lancer un véritable combat au niveau du comportement des hauts serviteurs de l'Etat.

L'exemplarité des comportements est un choix qui impose aussi que l'on ne fasse pas fuir les populations devant soi mais qu'on les fasse suivre en restaurant leur confiance.

Nous ne pouvons permettre que des sommes phénoménales soient détournées des finances publiques par quelques uns et quelques unes à leur profit.

Les grilles des salaires dans la fonction publique doivent être réétudiées et strictement respectées. Si les avantages liés à chaque fonction sont à redéfinir rien ne peut et ne doit permettre impunément à un quelconque haut fonctionnaire de l'Etat de faire usage de trafic d'influence et de puiser allègrement - comme cela se fait actuellement et depuis 4 années - dans les budgets du service ou du ministère dont il a tout à la fois la charge et la responsabilité.

Les lois sans fondement de cause à effet imposées arbitrairement par des gouvernants de circonstance n'ont plus de raison d'être dans notre pays.
Ce monde est en plein bouleversement et obligent à reconstruire l'Etat suivant des principes de fonctionnement durables et à partir de règles.
Lorsque l'Etat de Droit sera rétabli, la Constitution devra être respectée et modifiée si nécessaire de mêmes que les Lois de notre pays.

Il est grand temps pour chacun et chacune d'entre nous de se mettre en route pour sa quête intérieure et enfin, avoir d'autres références démontrant ainsi notre capacité à ne plus être les éternels mendiants vis-à-vis des instances internationales et des bailleurs de fonds financiers de notre pays.

Pour chaque gouvernant et quel que soit son niveau de responsabilités, pour chaque haut fonctionnaire, pour chaque serviteur de l'Etat ; s'enrichir pour l'heure, non plus essentiellement de nourritures terrestres mais surtout de nourritures propres à une évolution personnelle plus saine, plus harmonieuse, est de même, une démarche plus utile et plus consciente à l'égard des populations de notre pays.

Notre Gouvernement devrait être celui d'une majorité d'hommes et de femmes compétents dans chaque domaine d'attribution, une grande part de responsabilités des ministères et des grands services de l'Etat sera affectée aux jeunes générations de cadres supérieurs pour l'émergence d'un Etat républicain respectant les Droits humains fondamentaux et de bonne gouvernance.

L'heure n'est plus à se poser la question de savoir si l'Etat ismaèlien peut faire ou ne pas faire ; il a montré ses excès indignes comme ses carences en matière de gestion et de gouvernance, il est aujourd'hui au fond de l'abîme conduisant le pays à un " état d'exception " sans précédent dans notre histoire.

En concertation, le vice président Abdallah Deberkaleh Ahmed et moi-même avons pris des dispositions afin d'accompagner dans les meilleurs conditions possibles le Mouvement de Libération Nationale que nous avions initié il y a de cela un peu plus d'un an et dont nous vous informerons des grandes lignes sous peu.

- Croyez en vous, croyez en votre capacité de restaurer vos droits républicains !.

- L'heure de la chute du régime d'Ismaël Omar Guelleh est proche.

 

M Mahamoud Idriss Ahmed
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti

M Abdallah Deberkaleh Ahmed
Vice président du Gouvernement en Exil de Djibouti



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