L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 13-Avr-2004 1:24 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

13/04/04 - Qui peut prétendre savoir quel serait aujourd'hui le positionnement politique de notre regretté frère Mohamed Djama Elabé s'il était encore vivant ?. Difficile exercice que de parler au nom de ceux qui ont été lâchement assassinés sur ordre d'Ismaïl Omar Guelleh.

M Liban Houssein Djibah.

Nous appelons caractère d'un homme sa manière habituelle d'aller à la recherche du bonheur, non seulement pour lui mais aussi pour les hommes et les femmes dont il estime avoir la charge et la responsabilité.

En termes plus clairs mais peut être moins significatifs ; c'est ce que l'on peut dénommer comme étant ses habitudes morales.

Notre regretté frère et ami M Mohamed Djama Elabé était de ces hommes politiques qui ont pensé - à une époque bien précise - que toute démarche politique comme toute élection doit s'appuyer sur le respect de la légalité républicaine et dans le cadre des lois, pour la préservation des institutions nationales.

Pour autant que l'on évolue dans une démocratie, une véritable démocratie respectant les pluralités de pensées, nous en sommes tout à fait d'accord.

Or il s'avère que Djibouti n'a jamais été une démocratie.

Dans quelle dictature travestie en république un chef de l'Etat paie t-il les frais d'inscriptions des candidats de l'opposition aux Elections Législatives ?.

Ne cherchez pas ! c'est à Djibouti et en janvier 2003..

Lorsqu'en 1996, Ismaïl Omar Guelleh a senti le vent de panique qui saisissait le pouvoir avec toutes les querelles d'alcôves que l'on a connues, il a fait tout simplement procéder à l'arrestation d'Ismaïl Guédi et de Moumin Bahdon et les a fait emprisonner à Gabode.

C'était simple, il fallait y penser et il y a pensé !.

Ismaïl Guédi soutenu par les banques françaises et de grosses entreprises, Moumin Bahdon soutenu par quelques Sénateurs français ; tous deux se sont retrouvés embastillés sous des chefs d'inculpation surréalistes dont … " injures au Chef de l'Etat " et tout le monde s'est tu…, nul n'a bronché face à Ismaïl Omar.

Mais ce qui l'inquiéta le plus à cette époque fut Mohamed Djama Elabé à sa popularité sans cesse grandissante au sein des populations djiboutiennes - notamment auprès des classes moyennes et les plus démunies - et dont on peut affirmer que dans le cas d'Elections présidentielles non falsifiées - ce qui ne fut jamais le cas à Djibouti depuis l'accession du pays à l'indépendance - Ismaïl Omar Guelleh (dauphin d'un Hassan Gouled contraint et forcé de quitter le Palais de l'Escale en 1999), n'aurait pas fait le poids face aux suffrages des électeurs ; tant il était haï et l'est encore des populations.

Il est dans la tolérance complice que certains prêtent aux actes dont s'est rendu coupable Ismaël Omar depuis 1977 - et même avant - un degré qui confine à l'injure ne serait-ce que vis-à-vis des morts qui ont jonché son parcours tortueux jusqu'à la présidence de la république ; présidence qu'il s'est octroyée par la falsification pour ensuite être légitimé dans la plus pure illégalité, non républicaine d'évidence.

Ismaïl Omar Guelleh n'a que faire de la légalité républicaine.

Ismaïl Omar Guelleh a fait empoisonner Mohamed Djama Elabé par un chef de rang du Sheraton lors d'une fête donnée au profit de l'enfance.

Notre cher frère est ami Mohamed Djama Elabé - malgré certaines recommandations de prudence répétées sans cesse durant des mois - qui ne croyait pas qu'un quelconque quidam ou IOG auraient pu intenter à sa vie, s'en est allé depuis vers le paradis d'Allah, emportant avec lui ses convictions de respect de la légalité républicaine comme ses illusions envers ceux de ses amis étrangers qui - malgré leurs promesses - l'avaient oublié durant sa longue traversée du désert politique.

Sous un tel régime ceux qui :

  • soit par convictions respectables des institutions de l'Etat,

  • soit se retranchent derrière cette artificieuse légalité républicaine pour masquer les accords qu'ils ont passés avec IOG

ne font au final que servir ses intérêts et le conforter dans son despotisme.

Posons-nous la question de savoir si Djibouti, sous le régime d'Ismaïl Omar, est un état républicain respectant les Droits élémentaires du citoyen et de la citoyenne comme la liberté d'expression et celle de la presse.
La réponse est NON !.

Si l'on fait référence ne serait-ce qu'aux conditions de préparation et de déroulement des dernières élections législatives du 10 janvier 2003, peut-on affirmer qu'il n'y pas eu manipulations des cartes d'électeurs par le RPP et falsification des résultats ?.
Là encore la réponse est NON car ce fut une parodie d'élections qui a atteint des sommets en matière de préparation et de falsifications les plus diverses.

Durant cette période qui a précédé le 10 janvier 2003, nous étions pleinement plongés dans la manipulation et les falsifications professionnelles que l'on retrouve aussi dans d'autres pays, à la seule différence près que dans ces pays là que l'on met aisément en accusation, il existe souvent une opposition dynamique et que la presse dispose d'une relative liberté d'expression et d'écriture.

Vu l'état affligeant de l'économie, du social et du politique mais aussi de la société civile djiboutienne dans son ensemble, c'est dans un état de sinistre sans précédent dans lequel a plongé notre pays Ismaïl Omar Guelleh alors que chacun tente d'y imposer sa propre loi au sein d'un pouvoir qui tombe en déconfiture.

Si rien n'était fait, les Elections présidentielles de 2005 seraient la copie conforme de toutes les élections précédentes avec un professionnalisme certain, car rodé avec le temps, dans la préparation et la falsification des suffrages.

Comme nous l'avons précisé en janvier 2003 - lors des Législatives - il serait inutile pour les électeurs de se rendre aux bureaux de votes car - une fois encore - les résultats seraient connus 8 jours avant leur proclamation.

La question que l'on se pose est :

Ces élections présidentielles 2005 auront-elles lieu ?.

Réponse : Rien n'est moins certain !.

L'Etat actuel fait de la " réunionite aigue " alors que l'absence de propositions viables notamment en matière de lutte pour l'emploi demeure et que le raz de marée des mécontentements va bientôt submerger les ministères.

Pour conclure, la seule réponse à l'illégalité du despotisme légitimé n'est pas le respect aveugle et financé d'une supposée légalité républicaine.

La solution se trouve au niveau du Mouvement et de son Armée Djiboutienne de Libération Nationale qui vont contraindre Ismaïl Omar Guelleh et ses comparses à quitter tous les pouvoirs.

"Dans ce monde, comme dans l'autre, arrive forcément le moment où les despotes deviennent trop embrassants ; surtout pour ceux qui n'ont avec eux que des relations d'intérêts...financiers et qui tiennent absolument à préserver leurs avantages pour l'avenir ...".

 

M Liban Houssein Djibah.

Exilé au Royaume de Belgique.
Citoyen djiboutien libre dans un Etat de Droit.

Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.




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