






13/04/04
- Qui peut prétendre savoir quel serait aujourd'hui le positionnement
politique de notre regretté frère Mohamed Djama Elabé
s'il était encore vivant ?. Difficile exercice que de parler
au nom de ceux qui ont été lâchement assassinés
sur ordre d'Ismaïl Omar Guelleh.

M
Liban Houssein Djibah.
Nous
appelons caractère d'un homme sa manière habituelle
d'aller à la recherche du bonheur, non seulement pour lui mais
aussi pour les hommes et les femmes dont il estime avoir la charge
et la responsabilité.
En
termes plus clairs mais peut être moins significatifs ; c'est
ce que l'on peut dénommer comme étant ses habitudes
morales.
Notre
regretté frère et ami M Mohamed Djama Elabé était
de ces hommes politiques qui ont pensé - à une époque
bien précise - que toute démarche politique comme toute
élection doit s'appuyer sur le respect de la légalité
républicaine et dans le cadre des lois, pour la préservation
des institutions nationales.
Pour
autant que l'on évolue dans une démocratie, une véritable
démocratie respectant les pluralités de pensées,
nous en sommes tout à fait d'accord.
Or
il s'avère que Djibouti n'a jamais été une démocratie.
Dans
quelle dictature travestie en république un chef de l'Etat
paie t-il les frais d'inscriptions des candidats de l'opposition aux
Elections Législatives ?.
Ne
cherchez pas ! c'est à Djibouti et en janvier 2003..
Lorsqu'en
1996, Ismaïl Omar Guelleh a senti le vent de panique qui saisissait
le pouvoir avec toutes les querelles d'alcôves que l'on a connues,
il a fait tout simplement procéder à l'arrestation d'Ismaïl
Guédi et de Moumin Bahdon et les a fait emprisonner à
Gabode.
C'était
simple, il fallait y penser et il y a pensé !.
Ismaïl
Guédi soutenu par les banques françaises et de grosses
entreprises, Moumin Bahdon soutenu par quelques Sénateurs français
; tous deux se sont retrouvés embastillés sous des chefs
d'inculpation surréalistes dont
" injures au Chef
de l'Etat " et tout le monde s'est tu
, nul n'a bronché
face à Ismaïl Omar.
Mais
ce qui l'inquiéta le plus à cette époque fut
Mohamed Djama Elabé à sa popularité sans cesse
grandissante au sein des populations djiboutiennes - notamment auprès
des classes moyennes et les plus démunies - et dont on
peut affirmer que dans le cas d'Elections présidentielles non
falsifiées - ce qui ne fut jamais
le cas à Djibouti depuis l'accession du pays à l'indépendance
- Ismaïl Omar Guelleh (dauphin d'un
Hassan Gouled contraint et forcé de quitter le Palais de l'Escale
en 1999), n'aurait pas fait le poids face aux suffrages
des électeurs ; tant il était haï et l'est encore
des populations.
Il
est dans la tolérance complice que certains prêtent aux
actes dont s'est rendu coupable Ismaël Omar depuis 1977 - et
même avant - un degré qui confine à l'injure ne
serait-ce que vis-à-vis des morts qui ont jonché son
parcours tortueux jusqu'à la présidence
de la république ; présidence qu'il s'est octroyée
par la falsification pour ensuite être légitimé
dans la plus pure illégalité, non républicaine
d'évidence.
Ismaïl
Omar Guelleh n'a que faire de la légalité républicaine.
Ismaïl
Omar Guelleh a fait empoisonner Mohamed Djama Elabé par
un chef de rang du Sheraton lors d'une fête donnée au
profit de l'enfance.
Notre
cher frère est ami Mohamed Djama Elabé - malgré
certaines recommandations de prudence répétées
sans cesse durant des mois - qui ne croyait pas qu'un quelconque quidam
ou IOG auraient pu intenter à sa vie, s'en est allé
depuis vers le paradis d'Allah, emportant avec
lui ses convictions de respect de la légalité républicaine
comme ses illusions envers ceux de ses amis étrangers qui -
malgré leurs promesses - l'avaient oublié durant sa
longue traversée du désert politique.
Sous
un tel régime ceux qui :
-
soit par
convictions respectables des institutions de l'Etat,
-
soit
se retranchent derrière cette artificieuse légalité
républicaine pour masquer les accords qu'ils ont passés
avec IOG
ne
font au final que servir ses intérêts et le conforter
dans son despotisme.
Posons-nous
la question de savoir si Djibouti, sous le régime d'Ismaïl
Omar, est un état républicain respectant les Droits
élémentaires du citoyen et de la citoyenne comme la
liberté d'expression et celle de la presse.
La réponse est NON !.
Si
l'on fait référence ne serait-ce qu'aux conditions de
préparation et de déroulement des dernières élections
législatives du 10 janvier 2003, peut-on affirmer qu'il n'y
pas eu manipulations des cartes d'électeurs par le RPP et falsification
des résultats ?.
Là encore la réponse est NON car
ce fut une parodie d'élections qui a atteint des sommets en
matière de préparation et de falsifications les plus
diverses.
Durant
cette période qui a précédé le 10 janvier
2003, nous étions pleinement plongés dans la manipulation
et les falsifications professionnelles que l'on retrouve aussi dans
d'autres pays, à la seule différence
près que dans ces pays là que l'on met aisément
en accusation, il existe souvent une opposition dynamique et que la
presse dispose d'une relative liberté d'expression et d'écriture.
Vu
l'état affligeant de l'économie, du social et du politique
mais aussi de la société civile djiboutienne dans son
ensemble, c'est dans un état de sinistre sans précédent
dans lequel a plongé notre pays Ismaïl Omar Guelleh alors
que chacun tente d'y imposer sa propre loi au sein d'un pouvoir qui
tombe en déconfiture.
Si
rien n'était fait, les Elections présidentielles
de 2005 seraient la copie conforme de toutes les élections
précédentes avec un professionnalisme certain,
car rodé avec le temps, dans la préparation et la falsification
des suffrages.
Comme
nous l'avons précisé en janvier 2003 - lors des Législatives
- il serait inutile pour les électeurs de se rendre aux bureaux
de votes car - une fois encore - les résultats
seraient connus 8 jours avant leur proclamation.
La
question que l'on se pose est :
Ces
élections présidentielles 2005 auront-elles lieu ?.
Réponse
: Rien n'est moins certain !.
L'Etat
actuel fait de la " réunionite aigue " alors que
l'absence de propositions viables notamment en matière de lutte
pour l'emploi demeure et que le raz de marée
des mécontentements va bientôt submerger les ministères.
Pour
conclure,
la seule réponse à l'illégalité
du despotisme légitimé n'est pas le
respect aveugle et financé d'une supposée légalité
républicaine.
La
solution se trouve au niveau du Mouvement et de son Armée Djiboutienne
de Libération Nationale qui vont contraindre Ismaïl Omar
Guelleh et ses comparses à quitter tous les pouvoirs.
"Dans
ce monde, comme dans l'autre, arrive forcément le moment où
les despotes deviennent trop embrassants ; surtout pour ceux qui n'ont
avec eux que des relations d'intérêts...financiers et
qui tiennent absolument à préserver leurs avantages
pour l'avenir ...".
M
Liban Houssein Djibah.
Exilé
au Royaume de Belgique.
Citoyen djiboutien libre dans un Etat de Droit.
Membre
du Gouvernement en Exil de Djibouti.