L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 30-Sep-2003 18:40 (GMT+1 / Bruxelles)

 


 

29/09/03 - Les actes de lâcheté reprennent en Ethiopie et viennent en prolongement de ceux qui se sont produits en région d'Awdal au Somaliland - Attentat à la bombe perpétré contre des innocents.

Par Abdallah Deberkaleh.

M Abdallah Deberkaleh
Vice président du Gouvernement en Exil de Djibouti

Le supposé ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation M.Abdoulkader Doualeh Waïs nous ressort son "violon de la naïveté" insultante en parlant de renforcement de la sécurité des passagers alors qu'il sait qui est le "donneur d'ordres" de tels actes.


L'attentat à la bombe, perpétré vendredi 26 septembre à 12 heures 30, dans le train qui relie Djibouti à l'Ethiopie et qui s'est produit dans la localité d'Adiquala ( Hadhagala ) - faisant deux morts et neuf blessés a quelque chose d'ignoble et d'insultant pour les familles des victimes lorsque le "gogo de service" - entendez par là l'ersatz de Ministre Abdoukader Doualeh Waïss - nous parle ensuite d'amélioration des conditions de sécurité des passagers.

Cet attentat a soulevé un certain nombre de vives réactions avec l'émergence d'hypothèses quant à ses motivations et comprendre à qui profite le crime.



1 - Quelles en sont les motivations et à qui profite le crime ?.

Si l'on procède par élimination des hypothèses on s'aperçoit que ni le Gouvernement d'Ethiopie du PM Zenawi ni celui du Somaliland n'ont un quelconque intérêt à ce que se produise de tels attentats sur leur propre territoire.

 

2 - Stratégie - Phase 1 - Laisser croire que des attentats pourraient se produire à Djibouti.

La première observation qui vient à l'esprit s'appuie sur le fait qu'Ismaël Omar Guelleh n'a de cesse - depuis des mois - de laisser traîner et d'entretenir les bruits selon lesquels des attentats pourraient se produire sur le sol Djiboutien contre les populations et les intérêts étrangers - tout particulièrement américains.

Ceci a eu comme conséquence un renforcement important des mesures de sécurité au niveau de toutes les forces militaires étrangères stationnées sur notre sol national.

 

3 - Stratégie - Phase 2 - Armer et financer des groupuscules de " Mercenaires " pour fomenter des attentats et tenter de déstabiliser les régions frontalières au Somaliland et en Ethiopie, en se protégeant derrière une forte présence militaire étrangère à Djibouti.

La seconde remarque est qu'il convient de se référer aux actions menées par personnes interposées dont les ministres M Yassin Elmi Bouh alias waraba kourayé et M Saïd Barkat, qui tentent de monter ponctuellement des opérations de déstabilisation et de soulèvement des populations locales notamment dans la région d'Awdal, contre le pouvoir central d'Hargeïsa.

Ces tentatives de déstabilisation de régions - entre autres limitrophes de Djibouti - par des groupuscules créés, armés et soutenus par Ismaël Omar Guelleh sur les fonds des finances publiques djiboutiennes ne se limitent pas au jeune état du Somaliland car concernant aussi l'Ethiopie.

C'est en 1983 qu'Ismaël Omar Guelleh va créer à Djibouti mais aussi à Borama avec l'ex Colonel somalien Farah Waiss Dhule l'artificiel Union Somali Front (USF) dont le but est exclusivement de mener des actions de subversions, de sabotages et d'attentats contre les personnes dans les régions frontalières au Somaliland mais aussi et plus ponctuellement en Ethiopie.

Conjointement, les intentions d'Ismaël Omar Guelleh et de Farah Waiss Dhule sont de créer - à plus ou moins court terme - une république issa intégrant Djibouti, Dire Dawa, Awache, Aidaitou, Gawani, Oundofo, Gadamaitou (région afar) Zeila et une grande partie de la région d'Awdal qui se trouve en territoire Somalilandais.

C'est à partir de cela que l'on comprend mieux toutes les actions que fait mener en ce sens Ismaël Omar Guelleh depuis près de 20 ans par personnes interposées - n'hésitant pas à utiliser tous les moyens et les financements confirmant ainsi toutes ses visées hégémoniques qui tentent de remettre en cause les frontières des pays voisins telles qu'elles sont établies.

Ces groupes de " mercenaires " de l'Union Somali Front (USF), sans idéologie politique qui leur soit propre mais agissant sur ordre, sont placés sous les ordres du Général Zakaria Cheik Ibrahim qui dispose du Colonel des FNS Abdourahman Kahin et du Colonel de l'AND Amin Atteyeh ( tous trois natifs de la région d'Awdal où opère l'USF alors que leurs familles demeurent encore en cette région ).

Ayant le même donneur d'ordres - entendez par là Ismaël Omar Guelleh - l'Union Somali Front travaille en collaboration étroite avec un autre Front de Libération qui fut créé là encore artificiellement mais plus récemment et soutenu financièrement par l'Etat djiboutien actuel à partir des Finances publiques.

Ce second groupuscule de " mercenaires " - qui ne représente quasiment rien à l'échelle de l'ethnie dont il se réclame à tort et qui se retranche derrière un fallacieux Front de Libération a pour mission - là encore et exclusivement - de mener des actions subversives, de sabotage et d'éliminations physiques de personnes plus spécifiquement de part et d'autre de l'axe ferroviaire passant par Dire Dawa (région Afar d'Ethiopie) et jusqu'à Addis Abéba.

Tout ceci revient à dire que quelles que puissent être les actions en préparation ou menées dans les régions frontalières avec le Somaliland et l'Ethiopie, Ismaël Omar Guelleh en est soit tenu informé, soit il en est le donneur d'ordres par agents interposés qu'il finance grassement sur les budgets de l'Etat djiboutien.


4 - Le Décideur - le rôle de coordinateur dévolu à Ismaïl Tani (natif de la région d'Awdal) - les Agents centralisateurs des informations et des actions en région de Dire Dawa - Ethiopie.

Ismaël Omar Guelleh dispose - par l'intermédiaire de son Directeur de Cabinet M Ismaël Tani - d'Agents centralisateurs des actions menées dans la région de Dire Dawa en la personne de M Omar Osman et de l'ex-colonel somalien Farah Waiss Dhule - d'origine Issa Oroneh.

Le cursus du l'ex Colonel Farah Waiss Dhule mérite - à bien des égards - que l'on s'interroge un peu plus longuement sur ce personnage à multiples facettes qui dispose d'un minimum de trois nationalités - Somalienne - Djiboutienne et Ethiopienne.

Il est dit qu'il aurait obtenu récemment - par l'intermédiaire d'Ismaël Omar Guelleh - la nationalité française sous une fausse identité (trompant ainsi les autorités françaises) afin de lui octroyer une protection supplémentaire si l'Etat éthiopien venait à mettre son nez dans ses "Affaires" pour le moins louches.

On sait de lui qu'il fut le seul Issa dans le Comité exécutif militaire - dit Comité révolutionnaire des 9 dirigé par le Major général Siyad Barré - qui le 21 octobre 1969 prit le pouvoir alors que les partis politiques étaient réunis à Mogadiscio pour donner un successeur au président Shermarke.

Farah Waiss Dhule dirigea la région en tant que Gouverneur nommé dans les derniers mois par Siyad Barré avant la création de l'Etat du Somaliland.

Issu de l'école du KGB - comme Ismaël Omar Guelleh - ils sont tous deux à l'origine de la création de l'artificiel Union Somali Front (USF) dont la responsabilité sur Borama fut confiée à l'origine et l'est encore à M Omar Osman.

Cet ex Colonel de l'armée somalienne - qui semblerait bien être une plaque tournante d'actions subversives menées en Ethiopie par le gouvernement djiboutien actuel - vit en apparence paisiblement à Dire Dawa tout en percevant un salaire équivalent à celui d'un Ministre - versé mensuellement par l'Etat djiboutien - et a - de plus - bénéficié de l'octroi par Ismaël Omar Guelleh à titre de récompense - pour " bons et loyaux services " - d'un grand terrain cultivable et d'une superbe maison située à Dire Dawa, et d'une villa de haut standing à Djibouti, plus précisément sur le site privilégié d'Arta.

Ajoutons à cela qu'il dispose d'un budget particulier et complémentaire, prélevé sur les finances publiques djiboutiennes, à partir duquel il peut appuyer financièrement sur la région les actions ponctuelles ordonnées dans l'urgence par son ami - Ismaël Omar Guelleh.

A ceci viennent s'ajouter tous les financements occultes - des " mercenaires " agissant en région d'Awdal - par l'intermédiaire de la SOGIK (Société djiboutienne du khat) installée directement à Dire Dawa.



5 - Une première hypothèse concernant l'Attentat d'Adiquala ( Hadhagala ).

A partir de tous les éléments qui ont été portés à notre connaissance et après analyse on peut raisonnablement penser que l'attentat d'Adiquala ( Hadhagala ) ait pu être ordonné par Ismaël Omar Guelleh et réalisé par les "mercenaires" de l'Union Somali Front (USF) - en collaboration avec l'artificiel Front de Libération cité plus avant - avec le soutien des Agents à Dire Dawa - afin de brouiller les pistes ce qui est bien plus qu'envisageable.

On trouvera dans cette action - qui aurait pu être ordonnée directement par Ismaël Omar Guelleh dans l'urgence - bien des motivations qui se rattachent à ses tentatives de déstabilisation des régions limitrophes de Djibouti et pour faire une nouvelle démonstration de ses volontés de mainmise sur la région mais aussi opposer une réponse - à sa manière - à sa mise en échec par les gouvernements d'Ethiopie et du Kenya au sein de la Conférence de réconciliation nationale en Somalie qui se tient au Kenya.

Une telle réaction correspondrait tout à fait au personnage et à ses excès bien connus lorsque l'on s'oppose à ses volontés, quel qu'en soit le domaine.

6 - Une seconde hypothèse concernant l'Attentat d'Adiquala ( Hadhagala ) ..

Une question élémentaire qu'il convient de poser.

" l'Engin explosif était-il programmé pour exploser spécifiquement à Adiquala ( Hadhagala ) où a-t-il explosé inopinément à cet endroit ?.

Si cet engin a été volontairement programmé pour exploser à Adiquala ( Hadhagala ) on peut envisager l'hypothèse suivant laquelle il était destiné à semer la terreur dans les populations de la région.

Il s'avère que cette région constitue une base importante de soutiens pour Moumin Bahdon Farah et Aden Robleh Awaleh, tous deux membres d'une UMP - union d'opérette - qui masque mal les divergences d'intérêts privés entre les deux hommes et Ismaël Omar Guelleh.

Souvenons-nous que lors de récentes réunions de leurs partis respectifs et de manifestations populaires à Djibouti - il est vrai à la fréquentation très limitée - Moumin Bahdon Farah et Aden Robleh Awaleh n'ont pas hésité à dénoncer ce que tout le monde sait depuis fort longtemps - à savoir - l'absence de transparence et la monopolisation de tous les pouvoirs par Ismaël Omar Guelleh.

A ceci s'ajoute le fait qu'un travail d'information aurait été effectué par les deux hommes dans leur région natale ce qu'Ismaël Omar Guelleh - d'après ce que nous en savons - n'aurait pas du tout apprécié.

L'attitude des deux personnalités politiques étant censée - d'après lui - d'être à sa botte après être rentrés dans le rang pour le soutenir…..

On peut donc avancer l'hypothèse selon laquelle l'attentat - ordonné vraisemblablement par Ismaël Omar Guelleh - aurait constitué en quelque sorte une forme d'avertissement et visait le fief de Moumin Bahdon Farah et d'Aden Robleh Awaleh, confirmant ainsi qu'il entend rester le maître absolu, à Djibouti comme ailleurs.

Il n'y aurait - encore en cela - rien d'impossible lorsque l'on connaît Ismaël Omar et ses pratiques !.

Ajoutons que l'occupant transitoire du Palais de l'Escale souhaiterait vraisemblablement créer un point de fixation pour l'armée éthiopienne dans la région avec la volonté - pour Ismaël Omar Guelleh - que se créent des situations de tensions entre l'Armée Ethiopienne et les populations locales Issas … y compris et surtout les Younis Moussa.

Ce qu'il ne peut maîtriser, Ismaël Omar Guelleh tente de le briser ou de le faire briser en montant de toute pièce des frictions.

Par évidence nous serons fixés sur ce dernier point dans les jours et les semaines à venir.

 

Pour conclure, rappelons tout de même que tous les attentats de ces trois dernières années se sont produits soit en Ethiopie (toujours dans la même région), soit au Somaliland et certes pas à Djibouti.

Curieux tout de même !.

Si l'on ajoute à cela le fait que dès que l'on remonte la filière à la recherche de l'identification du donneur d'ordres on retrouve immanquablement soit Ismaël Omar Guelleh, soit l'un de ses subordonnés directs tous étant originaires de la région d'Awdal : Ismaïl Tani - le Général Zakaria Cheik Ibrahim - le Colonel des FNS Abdourahman Kahin - le Colonel de l'AND Amin Atteyeh et bien d'autres….

Curieux tout de même !.

En matière de curiosité mais surtout en prolongement des questions que posent dans les mabrazes ces derniers temps les Djiboutiens sur le cas que présente le supposé ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation M.Abdoulkader Doualeh Waïs.

Ses réactions pour le moins désordonnées de ces dernières semaines - notamment lors des opérations d'expulsion des réfugiés - pourraient vraisemblablement s'expliquer lorsque l'on sait qu'il est suivi - médicalement parlant, de manière intensive et depuis plusieurs années - par le service psychiatrique de l'hôpital Bouffard.

Psyschisme particulier ? bien plus que cela mais c'est eux qui gouvernent Djibouti !!! plus pour longtemps...

 


M Abdallah Debarkaleh.
Vice président du Gouvernement en Exil de Djibouti
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