L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 01-Oct-2003 0:51 (GMT+1 / Bruxelles)

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30/09/03 - Par la voix de - M Ismaïl Goulal Boudine - son Ambassadeur à la Conférence de Réconciliation nationale en Somalie qui se tient au Kenya - Ismaël Omar Guelleh ose prétendre qu'il ne s'impliquerait pas davantage dans " les combats et les carnages en Somalie !!!. ". Par Bouh Warsama.

 

A la lecture d'une telle déclaration - lancée devant la presse internationale par M Ismaïl Goulal Boudine - on se pose inévitablement la question consistant à savoir si le représentant de Djibouti a réellement saisi le sens et le caractère déplacé de ses propos.

S'il sous entend ainsi que les autres partenaires du comité technique de l'IGAD ( l'Ethiopie et le Kenya ) pourraient - quant à eux - entretenir les combats et les carnages en Somalie il convient de lui répondre de la manière la plus ferme qu'il soit et de rétablir certaines vérités.

En imposant - par une forme de hold up politique préparé - un groupe minoritaire dirigé par un personnage politique peu représentatif des populations somaliennes - en l'occurrence le Président Abdiqassim Salad Hassan du gouvernement national de transition (TNG) - Ismaël Omar Guelleh a tenté un " coup de force " ayant initialement et partiellement réussi tout en créant ainsi toutes les conditions de l'émergence - à plus moins court terme - d'une situation de divergences face à ses partenaires du Comité technique de l'IGAD : situation qui depuis les Accords d'Arta n'a fait que s'aggraver.

L'erreur d'Ismaël Omar Guelleh est de se penser " Tout puissant" et bien au dessus des Gouvernements des pays limitrophes de la Somalie.

N'acceptant nullement la controverse, dès lors on comprend le pourquoi des multiples sorties avec éclats de voix médiatisés et ronflants de la délégation djiboutienne à la Conférence pour la Paix, revenant quelques semaines plus tard pour reprendre les négociations là où elles en étaient restées.

On trouve - à notre sens et de ce que l'on en comprend - trois raisons au fait que cette Conférence pour la Réconciliation en Somalie ne saurait avancer sous la forme voulue par Ismaël Omar Guelleh.

  • La première raison est la bonne compréhension qu'ont les autres partenaires - l'Ethiopie et le Kenya - de la stratégie d'Ismaël Omar Guelleh qui - au delà de la supposée résolution du problème somalien - porterait atteinte à plus ou moins court terme à l'intégrité de territoires actuels ce qui a comme conséquence de leur part la mise en échec des dispositions qu'il propose et qui masquent mal ses visées hégémoniques sur une partie du Somaliland.

  • La seconde raison résulte - à notre sens - de l'opposition à la personnalité du Président Abdiqassim Salad Hassan - mis en place par Ismaël Omar Guelleh - qui est loin de faire l'unanimité au sein des diverses tendances somaliennes et étrangères, impliquées dans les travaux liés à cette Conférence pour la Paix.
    L'autorité du Président Abdiqassim Salad Hassan n'est qu'apparente et se limite essentiellement à un titre qui n'a jamais été reconnu par les autres tendances majoritaires et impliquées dans la résolution du problème de la Somalie.

  • La troisième raison est l'opposition marquée des partenaires au sein de la Conférence pour la Paix en Somalie à toutes les actions de subversions que mène indirectement - par chefs de bandes interposés - Ismaël Omar Guelleh en divers points de la Somalie - comme au Somaliland - en finançant largement d'artificielles rébellions basées exclusivement non sur des intérêts nationaux oeuvrant pour la Paix en Somalie mais sur des intérêts exclusivement - là encore - d'ordre privé et d'ambitions personnelles.

Ce serait faire preuve de "langue de bois" que de prétendre ignorer qu'il a créé de toutes pièces en Somalie - comme il l'a fait au Somaliland et en Ethiopie - des factions subversives qu'il finance et qui servent ses desseins et certes pas les intérêts de la Nation djiboutienne ni ceux du peuple du Somaliland et de la Somalie en général et certes pas ceux de l'Ethiopie.

Si la présence de forces militaires étrangères de la coalition stationnées sur le sol de Djibouti - derrière laquelle il tente de se protéger - servent en quelque sorte et temporairement ses intérêts, il en est tout autre quant à la surveillance étroite qu'elles exercent sur le pays et sur les trafics d'armes notamment à destination de la Somalie.

Chaque médaille - fut elle dorée à l'or fin - a forcément son ou ses revers... de fortune ; c'est ainsi qu'Ismaël Omar est dans la quasi impossibilité de perpétuer librement ses trafics d'armement à destination de Mogadiscio par voie aérienne ou maritime comme il le faisait précédemment.

Qu'à cela ne tienne " le grand cerveau de la Corne Est de l'Afrique " a procédé à l'ouverture d'un axe qu'il utilisait en un temps passé et s'appuyant sur des complicités de facilités de passage, là encore financées... , et sur des liens familiaux... plus ou moins éloignés.

C'est ainsi qu' il y a de cela un peu plus d'un mois - un convoi très important d'armements les plus divers et de munitions a quitté Djibouti par voie terrestre et a rejoint le centre de la Somalie ( région ex italienne) en traversant le Somaliland !.

Nous ignorons si cette opération a été renouvelée depuis !.

Nul doute que le Gouvernement d'Hargeïsa n'a pas été tenu informé de cela car il aurait réagi en prenant les dispositions qui s'imposaient.

A ceci il convient d'ajouter les démarches effectuées il y a de cela quelques mois par une délégation de militaires djiboutiens de haut rang - conduite par le Général Fathi accompagné d'Abdourhaman Borreh - dans les ex pays de l'Est et jusqu'en Inde afin d'acquérir de l'armement lourd pour " approvisionner " les conflits dans la région.

Ce déplacement ne passant pas inaperçu aux yeux des "Observateurs" étrangers, il semblerait bien que les " envoyés d'Ismaël Omar Guelleh " soient revenus bredouilles... encore qu'Abdourhaman Borreh ait poursuivi depuis la prospection avec les mêmes intentions dans divers autres pays - dont le Pakistan et dans les pays asiatiques - en compagnie de l'un des Officiers supérieurs de la délégation...

L'argent étant le "nerf de la guerre", sur le plan du financement de ses trafics d'armes et de matériels de guerre, Ismaël Omar Guelleh n'a pas de préoccupation dans ce domaine car il sait pouvoir bénéficier d'une situation privilégiée - là encore à bien des égards - lui permettant d'affamer impunément les populations djiboutiennes en toute impunité tout en détournant de manière officielle et majoritairement les aides internationales - les plus diverses - pour financer pour majeure partie les mouvements d'artificielles rébellions et les bandes de " mercenaires " qui servent ses propres intérêts sur différents théâtres d'opérations..

Oui mais le problème est que ses visées hégémoniques sembleraient bien - une nouvelle fois aujourd'hui - être mises à mal par un nouvel Etat du Kenya et par le gouvernement d'Ethiopie dirigé par le PM Zenawi qui ont parfaitement saisi sa stratégie consistant à mettre en place à Mogadiscio - dans une future Somalie réunifiée - un chef d'état qui lui accorderait - ultérieurement et par compensation - une partie du territoire de l'actuel Somaliland.

Ces dispositions sont confirmées par l'existence à Djibouti d'un Comité d'Annexion de régions du Somaliland et de l'Ethiopie actuelle qu'il a constitué il y a de cela bien des années et qui agit déjà depuis plusieurs années dans la région d'Awdal comme ailleurs....

Bien que sa présence n'ait rien d'indispensable dans la Conférence de Réconciliation nationale en Somalie, il faut s'attendre à ce que notre spécialiste du ballet folklorique et purement ismaélien qu'il nous impose aille jusqu'à nous gratifier dans les jours à venir d'un nouveau retour de sa délégation au sein du comité technique de l'IGAD ; on murmure qu'une certaine diplomatie étrangère au pays et influente s'y emploierait …..

Toute cette affaire du " Je pars mais retenez moi ! " ne sera au final qu'une frasque de plus à porter au discrédit de l'occupant temporaire du Palais de l'Escale….

Ses caprices dans d'autres domaines - y compris et surtout celui de vouloir créer une future République élargie à la mesure de ses ambitions démesurées - sont pour le moment mis en échec.

On constate - de plus - que l'affirmation suivant laquelle il serait favorable à une véritable réunification de la Somalie dans la Paix est totalement fausse car - au final - il n'y voit que l'assouvissement d'ambitions demesurées et exclusivement personnelles.

Ceux qui - pour d'obscures raisons - entrent dans son jeu finiront bien par se lasser car ses caprices et visées hégémoniques ne débouchent sur rien de réellement constructif en matière de paix dans la région mais ceci pourrait - par ailleurs - conduire à une réaction plus marquée émanant de ses interlocuteurs au Comité technique de l'IGAD car il pourrait y avoir - en un moment et comme en chaque chose - une lassitude face à ses "caprices" despotiques.

Il reste donc ses éternels chantages,
mais nous ne sommes plus à cela près … !!!!!.

Bouh Warsama.



 

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