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30/09/03
- Par la voix de - M Ismaïl Goulal Boudine - son Ambassadeur
à la Conférence de Réconciliation nationale en
Somalie qui se tient au Kenya - Ismaël Omar Guelleh ose prétendre
qu'il ne s'impliquerait pas davantage dans " les
combats et les carnages en Somalie !!!. ". Par
Bouh Warsama.
A
la lecture d'une telle déclaration - lancée devant la
presse internationale par M Ismaïl Goulal Boudine - on se pose
inévitablement la question consistant à savoir si
le représentant de Djibouti a réellement saisi le sens
et le caractère déplacé de ses propos.
S'il
sous entend ainsi que les autres partenaires du comité technique
de l'IGAD ( l'Ethiopie et le Kenya ) pourraient - quant à eux
- entretenir les combats et les carnages en Somalie
il convient de lui répondre de la manière
la plus ferme qu'il soit et de rétablir certaines
vérités.
En
imposant - par une forme de hold up politique préparé
- un groupe minoritaire dirigé par un personnage politique
peu représentatif des populations somaliennes
- en l'occurrence le Président Abdiqassim Salad Hassan du gouvernement
national de transition (TNG) - Ismaël Omar
Guelleh a tenté un " coup de force " ayant initialement
et partiellement réussi tout en créant
ainsi toutes les conditions de l'émergence - à plus
moins court terme - d'une situation de divergences face à ses
partenaires du Comité technique de l'IGAD : situation qui depuis
les Accords d'Arta n'a fait que s'aggraver.
L'erreur
d'Ismaël Omar Guelleh est de se penser " Tout puissant"
et bien au dessus des Gouvernements des pays limitrophes de la Somalie.
N'acceptant
nullement la controverse, dès lors on comprend le pourquoi
des multiples sorties avec éclats de voix médiatisés
et ronflants de la délégation djiboutienne à
la Conférence pour la Paix, revenant quelques semaines plus
tard pour reprendre les négociations là où elles
en étaient restées.
On
trouve - à notre sens et de ce que l'on en comprend - trois
raisons au fait que cette Conférence pour la Réconciliation
en Somalie ne saurait avancer sous la forme voulue par Ismaël
Omar Guelleh.
-
La
première raison est
la bonne compréhension qu'ont les autres partenaires -
l'Ethiopie et le Kenya - de la stratégie d'Ismaël
Omar Guelleh qui - au delà de la supposée
résolution du problème somalien - porterait atteinte
à plus ou moins court terme à l'intégrité
de territoires actuels ce qui a comme conséquence de leur
part la mise en échec des dispositions qu'il
propose et qui masquent mal ses visées hégémoniques
sur une partie du Somaliland.
-
La
seconde raison résulte - à notre sens - de
l'opposition à la personnalité du Président
Abdiqassim Salad Hassan - mis en
place par Ismaël Omar Guelleh - qui est loin de faire l'unanimité
au sein des diverses tendances somaliennes et étrangères,
impliquées dans les travaux liés à cette
Conférence pour la Paix.
L'autorité du Président Abdiqassim
Salad Hassan n'est qu'apparente et
se limite essentiellement à un titre qui n'a jamais
été reconnu par les autres tendances majoritaires
et impliquées dans la résolution du problème
de la Somalie.
-
La
troisième raison est l'opposition marquée des partenaires
au sein de la Conférence pour la Paix en Somalie à
toutes les actions de subversions que mène indirectement
- par chefs de bandes interposés - Ismaël Omar Guelleh
en divers points de la Somalie - comme au Somaliland -
en finançant largement d'artificielles
rébellions basées exclusivement non sur des intérêts
nationaux oeuvrant pour la Paix en Somalie mais sur des intérêts
exclusivement - là encore - d'ordre privé et d'ambitions
personnelles.
Ce
serait faire preuve de "langue de bois" que de prétendre
ignorer qu'il a créé de toutes pièces en Somalie
- comme il l'a fait au Somaliland et en Ethiopie - des
factions subversives qu'il finance et qui servent ses desseins et
certes pas les intérêts de la Nation djiboutienne ni
ceux du peuple du Somaliland et de la Somalie en général
et certes pas ceux de l'Ethiopie.
Si
la présence de forces militaires étrangères de
la coalition stationnées sur le sol de Djibouti - derrière
laquelle il tente de se protéger - servent en quelque sorte
et temporairement ses intérêts, il en est tout
autre quant à la surveillance étroite qu'elles exercent
sur le pays et sur les trafics d'armes notamment à destination
de la Somalie.
Chaque
médaille - fut elle dorée à l'or fin - a forcément
son ou ses revers... de fortune ; c'est
ainsi qu'Ismaël Omar est
dans la quasi impossibilité de perpétuer librement ses
trafics d'armement à destination de Mogadiscio par voie aérienne
ou maritime comme il le faisait précédemment.
Qu'à
cela ne tienne " le grand cerveau de la Corne Est de l'Afrique
" a procédé à
l'ouverture d'un axe qu'il utilisait en un temps passé et s'appuyant
sur des complicités de facilités de passage, là
encore financées... , et sur des liens familiaux... plus ou
moins éloignés.
C'est
ainsi qu' il y a de cela un peu plus d'un mois - un
convoi très important d'armements les plus divers et de munitions
a quitté Djibouti par voie terrestre et a rejoint le centre
de la Somalie ( région ex italienne) en traversant le Somaliland
!.
Nous
ignorons si cette opération a été renouvelée
depuis !.
Nul
doute que le Gouvernement d'Hargeïsa n'a pas été
tenu informé de cela car il aurait réagi en prenant
les dispositions qui s'imposaient.
A
ceci il convient d'ajouter les démarches effectuées
il y a de cela quelques mois par une délégation de militaires
djiboutiens de haut rang - conduite par le Général Fathi
accompagné d'Abdourhaman Borreh - dans
les ex pays de l'Est et jusqu'en Inde afin d'acquérir de l'armement
lourd pour " approvisionner " les conflits dans la région.
Ce
déplacement ne passant pas inaperçu aux yeux des "Observateurs"
étrangers, il semblerait bien
que les " envoyés d'Ismaël Omar Guelleh " soient
revenus bredouilles... encore qu'Abdourhaman Borreh ait poursuivi
depuis la prospection avec les mêmes intentions dans divers
autres pays - dont le Pakistan et dans les pays asiatiques - en compagnie
de l'un des Officiers supérieurs de la délégation...
L'argent
étant le "nerf de la guerre", sur le plan du financement
de ses trafics d'armes et de matériels de guerre, Ismaël
Omar Guelleh n'a pas de préoccupation dans ce domaine car il
sait pouvoir
bénéficier d'une situation privilégiée
- là encore à bien des égards - lui
permettant d'affamer impunément les populations djiboutiennes
en toute impunité tout en détournant de manière
officielle et majoritairement les aides internationales - les plus
diverses - pour financer pour majeure partie les mouvements d'artificielles
rébellions et les bandes de " mercenaires " qui servent
ses propres intérêts sur différents théâtres
d'opérations..
Oui
mais le problème est que ses visées hégémoniques
sembleraient bien - une nouvelle fois aujourd'hui - être
mises à mal par un nouvel Etat du Kenya et par le gouvernement
d'Ethiopie dirigé par le PM Zenawi
qui ont parfaitement saisi sa stratégie consistant à
mettre en place à Mogadiscio - dans une future Somalie réunifiée
- un chef d'état qui lui accorderait - ultérieurement
et par compensation - une partie du territoire de l'actuel Somaliland.
Ces
dispositions sont confirmées par l'existence à Djibouti
d'un Comité d'Annexion de régions
du Somaliland et de l'Ethiopie actuelle qu'il a constitué il
y a de cela bien des années et qui agit déjà
depuis plusieurs années dans la région d'Awdal comme
ailleurs....
Bien
que sa présence n'ait rien d'indispensable dans la Conférence
de Réconciliation nationale en Somalie, il faut s'attendre
à ce que notre spécialiste du ballet folklorique et
purement ismaélien qu'il nous impose aille
jusqu'à nous gratifier dans les jours à venir d'un nouveau
retour de sa délégation au sein du comité technique
de l'IGAD ; on murmure qu'une certaine diplomatie étrangère
au pays et influente s'y emploierait
..
Toute
cette affaire du " Je pars mais
retenez moi ! " ne sera au final qu'une frasque de plus à
porter au discrédit de l'occupant temporaire du Palais de l'Escale
.
Ses caprices dans d'autres domaines - y
compris et surtout celui de vouloir créer une future République
élargie à la mesure de ses ambitions démesurées
- sont pour le moment mis en échec.
On
constate - de plus - que l'affirmation suivant laquelle il serait
favorable à une véritable réunification de la
Somalie dans la Paix est totalement fausse car
- au final - il n'y voit que l'assouvissement d'ambitions demesurées
et exclusivement personnelles.
Ceux qui - pour d'obscures raisons - entrent dans son
jeu finiront bien par se lasser car ses caprices et visées
hégémoniques ne débouchent sur rien de réellement
constructif en matière de paix dans la région mais ceci
pourrait - par ailleurs - conduire à une réaction plus
marquée émanant de ses interlocuteurs au Comité
technique de l'IGAD car il pourrait y avoir - en un moment et comme
en chaque chose - une lassitude face à ses "caprices"
despotiques.
Il
reste donc ses éternels chantages,
mais nous ne sommes plus à cela près
!!!!!.
Bouh
Warsama.
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