





Général
de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit
par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant
du bien de tous".


30/08/04
- Rapport 2004 - Recommandations d'Amnesty International.
Par la Commission
Justice et des Libertés publiques.
Les
chapitres de ce Rapport 2004 consacrés aux pays comportent de
nombreux exemples des atteintes aux droits fondamentaux qu'Amnesty International
s'est engagée à combattre.
L'organisation
exhorte tous les détenteurs de l'autorité dans les différents
pays ou territoires où des atteintes aux droits humains sont
commises à adopter les mesures recommandées ci-dessous.
Des
recommandations plus détaillées sont éventuellement
incluses dans les entrées relatives aux pays et territoires.
Droit
à la vie et à l'intégrité physique
Assassinats
politiques et "disparitions"
Amnesty International
appelle les gouvernements à mettre un terme aux exécutions
extrajudiciaires et aux "disparitions". Elle demande que soient
menées dans les meilleurs délais des enquêtes indépendantes
et efficaces sur ces violations, et que les responsables soient traduits
en justice. L'organisation prie instamment les gouvernements:
" de manifester
leur opposition totale aux exécutions extrajudiciaires et aux
"disparitions" et de faire clairement savoir aux forces de
sécurité que ces pratiques ne seront tolérées
en aucune circonstance;
" de mettre
un terme à la détention secrète ou au secret et
d'instaurer des mesures afin que le lieu où se trouvent les détenus
soit connu et que leur protection soit possible;
" d'offrir
une protection efficace à quiconque risque d'être victime
d'une exécution extrajudiciaire ou d'une "disparition",
y compris aux personnes ayant reçu des menaces de mort;
" de veiller
à ce que les responsables de l'application des lois ne fassent
usage de la force que lorsque cela est strictement nécessaire
et ne causent que le minimum de dommages et d'atteintes à l'intégrité
physique, la force meurtrière ne devant être utilisée
que pour protéger des vies humaines, lorsque aucun autre choix
n'est possible;
" de veiller
à ce que l'autorité soit exercée conformément
à la voie hiérarchique au sein de l'ensemble des forces
de sécurité;
" d'interdire
les escadrons de la mort, les armées privées et les forces
paramilitaires agissant en dehors du contrôle hiérarchique
officiel;
" de veiller
à ce que les victimes et leurs proches obtiennent réparation.
Torture
et mauvais traitements
Amnesty International
exhorte les gouvernements à prendre des mesures pour lutter contre
la torture et les mauvais traitements. Elle leur demande notamment d'ordonner
aussi rapidement que possible l'ouverture d'enquêtes impartiales
et efficaces sur les allégations de torture et de traduire les
tortionnaires en justice.
Pour lutter contre
la torture et les mauvais traitements, l'organisation préconise
par ailleurs:
" l'élaboration
de lignes de conduite faisant clairement savoir que la torture et les
mauvais traitements ne seront pas tolérés;
" la suppression
de la détention au secret et la possibilité pour les détenus
d'être examinés par un médecin indépendant
et de consulter un avocat;
" l'abolition
de tous les châtiments corporels judiciaires et administratifs;
" l'interdiction
d'utiliser les "aveux" obtenus sous la torture à titre
de preuve devant les tribunaux;
" l'inspection
des lieux de détention par des personnes indépendantes;
" la notification
de leurs droits aux détenus;
" la mise en
place d'une formation relative aux droits humains pour le personnel
chargé de l'application des lois;
" le versement
d'une indemnité aux victimes de torture, assortie d'une prise
en charge médicale et d'une aide à leur réadaptation.
Peine
de mort
Amnesty International
demande aux États d'abolir la peine capitale dans la législation
et dans la pratique. Dans l'attente de l'abolition complète de
ce châtiment, elle les engage à commuer toutes les condamnations
à mort, à décréter un moratoire sur les
exécutions, à respecter les normes internationales restreignant
le champ d'application de la peine de mort et à appliquer les
normes d'équité les plus rigoureuses dans les affaires
passibles de la peine capitale.
Questions
relatives au fonctionnement de la justice
Impunité
Littéralement,
le terme "impunité" signifie "absence de punition".
Amnesty International l'emploie pour dénoncer le fait que des
États manquent à leur devoir de réparation en omettant
de poursuivre en justice les responsables d'atteintes aux droits humains
et d'établir ainsi leur innocence ou leur culpabilité,
découvrir la vérité et obtenir réparation
pour les victimes. Lorsque les crimes contre les droits humains demeurent
impunis, leurs auteurs peuvent les répéter sans crainte
de poursuites.
L'impunité
prive les victimes et leurs proches de leurs droits à faire établir
et reconnaître la vérité, à ce que justice
leur soit rendue et à obtenir réparation effective. L'impunité
prive des sociétés entières de leurs droits à
connaître la vérité sur leur passé et à
se protéger contre toute nouvelle forme d'oppression à
l'avenir.
Amnesty International
demande aux États d'ordonner dans les plus brefs délais
l'ouverture d'enquêtes impartiales et efficaces sur les allégations
d'atteintes aux droits fondamentaux, et de déférer les
responsables présumés à une cour de justice respectant
les normes internationales d'équité.
L'organisation s'oppose
aux amnisties générales pour les auteurs d'atteintes aux
droits humains. Rechercher la vérité sur ce qui s'est
passé, établir les responsabilités et traduire
en justice les responsables présumés sont les seuls moyens
de restaurer la confiance dans le système judiciaire et de garantir
le respect des droits fondamentaux.
Prisonniers
d'opinion
Amnesty International
demande la libération immédiate et inconditionnelle de
tous les prisonniers d'opinion. Les prisonniers d'opinion sont des personnes
détenues du fait de leurs convictions politiques ou religieuses
ou pour toute autre raison de conscience, ou du fait de leur origine
ethnique, de leur sexe, de leur couleur, de leur langue, de leur nationalité
ou de leur origine sociale, de leur situation économique, de
leur naissance ou de toute autre situation, et qui n'ont pas eu recours
à la violence ni préconisé son usage.
Équité
des procès
Amnesty International
demande que tous les prisonniers dont le cas comporte un aspect politique
bénéficient dans les meilleurs délais d'un procès
équitable sur la base de chefs d'inculpation prévus par
le droit pénal ou, à défaut, qu'ils soient libérés.
L'organisation demande que ces procès soient conformes aux règles
internationales d'équité les plus élémentaires.
Cela implique notamment qu'ils respectent le droit de l'accusé
à une audience équitable devant un tribunal compétent,
indépendant et impartial, le droit de disposer du temps et des
facilités nécessaires pour préparer sa défense
et le droit d'interjeter appel devant une instance supérieure.
Conditions
carcérales
Amnesty International
exhorte les gouvernements à faire en sorte que les conditions
carcérales ne constituent pas une peine ou un traitement cruel,
inhumain ou dégradant, en se conformant aux normes internationales
concernant le traitement des prisonniers.
Économie
et protection des droits humains
Droits
économiques, sociaux et culturels
Les droits de la
personne humaine étant indivisibles et interdépendants,
il n'est pas possible de mener un travail efficace en faveur des droits
civils et politiques sans lutter également contre les atteintes
aux droits économiques, sociaux et culturels. Amnesty International
a donc élaboré un programme de travail sur la mise en
uvre de ces droits.
Les droits économiques,
sociaux et culturels trouvent leur fondement dans le droit international.
Les jurisprudences de nombreux pays - auxquelles s'ajoute une tendance
à inscrire ces droits dans les réformes constitutionnelles
- montrent qu'il est possible de les faire respecter en recourant à
des moyens légaux. En outre, de nombreux textes internationaux
autorisent des individus ou des collectivités à porter
plainte pour atteinte à leurs droits économiques, sociaux
et culturels auprès d'organisations intergouvernementales comme
l'Organisation internationale du travail (OIT), l'Organisation des Nations
unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), ou
les instances régionales africaines et interaméricaines.
Les actions d'Amnesty
International dans ce domaine ont notamment porté sur des projets
relatifs aux droits à la santé, à la nourriture,
à l'éducation et à l'emploi.
Entreprises
et institutions économiques
La sphère
politique est de plus en plus influencée et dominée par
les intérêts de l'économique, dont le développement
se fait trop souvent au mépris des droits élémentaires.
Amnesty International estime que les professionnels de ce secteur (entreprises,
institutions financières internationales, forums économiques
régionaux et internationaux, organisations non gouvernementales
et intergouvernementales concernées) sont comptables des conséquences
de leurs activités, et qu'ils sont tenus de veiller à
ce que celles-ci ne portent pas atteinte aux droits fondamentaux de
la personne.
Amnesty International
s'efforce de convaincre un nombre croissant d'acteurs économiques
de définir et de mettre en pratique un ensemble de mesures concrètes
portant sur le respect et la protection des droits humains.
Agents
non gouvernementaux
Amnesty International
utilise l'expression "agents non gouvernementaux" pour désigner
les personnes (particuliers ou groupes) qui agissent à titre
privé, sans représenter un État ni un groupe politique
armé.
Aux termes des textes
internationaux relatifs aux droits humains, tout État a le devoir
de faire respecter, de protéger et d'appliquer les droits élémentaires
de la personne. Si un gouvernement manque à l'obligation qui
est la sienne de protéger et de faire respecter ces droits, il
porte la responsabilité légale de ne pas avoir empêché
l'atteinte aux droits humains de se produire ou de ne pas y avoir opposé
une réaction appropriée. Amnesty International se donne
donc la possibilité d'intervenir lorsqu'un État manque
à ce devoir qui consiste à protéger les personnes
présentes sur son territoire des exactions commises par des agents
non gouvernementaux.
Amnesty International
lutte contre les atteintes aux droits humains perpétrées
par des agents non gouvernementaux:
" lorsque celles-ci
s'apparentent en nature et en gravité aux violences auxquelles
Amnesty International s'opposerait si elles étaient commises
par des agents de l'État (par exemple, les crimes d'"honneur",
l'infanticide, les mutilations génitales féminines, l'esclavage,
la prostitution forcée);
" et lorsqu'il
est établi que le gouvernement a failli aux obligations qui lui
incombent aux termes du droit international, à savoir de chercher
à mettre un terme à ces exactions.
C'est le cas notamment
lorsque le gouvernement n'a rien fait pour punir ni prévenir
ces atteintes, que ces actes ne tombent sous le coup d'aucune interdiction
ni disposition légales, et qu'aucune réparation ni indemnisation
n'ont été proposées aux victimes.
Discrimination
Amnesty International
lutte contre les atteintes graves au droit de ne pas être victime
de discrimination. Elle considère comme prisonniers d'opinion
les personnes détenues uniquement du fait de leur couleur de
peau, de leur origine ethnique, de leur sexe, de leur orientation sexuelle
ou de leur religion.
L'organisation appelle
les États à prendre des mesures préventives contre
la discrimination, qu'elle soit le fait de leurs représentants
ou de personnes privées, en ratifiant les textes internationaux
contre la discrimination - dont la Convention internationale sur l'élimination
de toutes les formes de discrimination raciale et la Convention des
Nations unies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
à l'égard des femmes - et en veillant à ce que
leurs législations nationales prohibent ces pratiques. Qu'il
s'agisse de textes internationaux ou de législations nationales,
leurs dispositions doivent être intégralement appliquées.
Violence
contre les femmes
Amnesty International
fait campagne pour mettre fin à la violence contre les femmes.
L'organisation demande
l'adoption et la mise en application de lois visant protéger
les femmes, afin que la violence dans la famille soit traitée
avec le même sérieux que les agressions se déroulant
dans d'autres contextes, et que le viol et toute autre forme de violence
contre les femmes soient pénalisés.
Amnesty International
demande l'abrogation de toutes les lois qui:
" facilitent
l'impunité pour le viol ou le meurtre de femmes;
" pénalisent
les rapports sexuels privés consentis;
" limitent
le droit des femmes de choisir leur partenaire et restreignent l'accès
des femmes aux soins de santé touchant à la reproduction
et au planning familial.
Amnesty International
appelle les autorités nationales et locales à financer
et à soutenir des mesures permettant à toutes les femmes
de vivre sans être soumises à la violence, par exemple
des programmes d'éducation civique et de formation et des mécanismes
soutenant et protégeant les victimes de violences ainsi que les
défenseurs des droits des femmes.
Amnesty International
demande instamment aux gouvernements, aux institutions financières
et aux entreprises de lutter contre l'appauvrissement des femmes en
leur assurant l'égalité d'accès aux droits économiques
et sociaux, notamment à la nourriture, à l'eau, aux biens
propres, à l'emploi et aux prestations sociales, et en maintenant
des filets de sécurité et de protection sociale, surtout
en période de tensions économiques et de bouleversements.
L'organisation prie
les États de mettre un terme à l'impunité pour
les auteurs de violences commises contre les femmes au cours de conflits
armés.
Elle prie les groupes
politiques armés de mettre un terme aux violences commises contre
les femmes par leurs membres.
Demandeurs
d'asile et réfugiés
Amnesty International
invite les gouvernements à veiller à ce qu'aucun demandeur
d'asile ne soit renvoyé dans un pays où il risque de voir
ses droits fondamentaux bafoués. Elle appelle en outre les gouvernements
à faire en sorte que les personnes en quête d'asile aient
accès individuellement à une procédure d'examen
équitable et impartiale de leur requête et qu'elles ne
soient pas détenues arbitrairement ni soumises à d'autres
formes de pressions indues.
Conflits
armés
Les droits fondamentaux
en temps de guerre
Dans les situations
de conflit armé, Amnesty International continue de s'opposer
à la peine de mort, aux mauvais traitements et à la torture,
aux "disparitions", aux homicides illégaux et à
l'incarcération de prisonniers d'opinion.
L'organisation ne
prend pas position sur les raisons d'un conflit armé donné;
son souci est que, au cours du conflit, le droit international humanitaire
soit respecté. Conformément à celui-ci, elle s'oppose
aux attaques directes contre les populations civiles ainsi qu'aux attaques
menées sans discrimination ou de façon disproportionnée.
Amnesty International
ne s'oppose pas à la conscription, sauf pour les jeunes de moins
de dix-huit ans. Toutefois, elle insiste pour que tous les objecteurs
de conscience au service militaire soient autorisés à
effectuer un service civil de remplacement approprié. Lorsque
cette possibilité n'est pas mise à leur disposition et
que des personnes sont incarcérées du fait de leur objection
au service militaire, Amnesty International les considère comme
des prisonniers d'opinion.
Enfants
soldats
Amnesty International
lutte pour faire cesser le recrutement d'enfants soldats et obtenir
la protection des enfants dans les situations de conflits armés.
Elle s'oppose aussi bien à l'enrôlement des moins de dix-huit
ans dans les forces armées (qu'il soit volontaire ou forcé),
qu'à leur participation dans les conflits armés.
Groupes
politiques armés
Amnesty International
s'oppose aux actes de torture, aux prises d'otage, aux homicides illégaux
et aux autres infractions graves au droit international humanitaire
commises par les groupes politiques armés. Elle utilise différents
moyens pour faire connaître son action (appels directs, publications
ou interventions auprès des médias).
Transferts
d'équipements ou de compétences dans les domaines militaire,
de sécurité et de police (MSP)
Amnesty International
exhorte les États à adopter et à appliquer des
lois et des réglementations prohibant les transferts d'armes,
d'équipements de sécurité ou de services, sauf
si l'on peut raisonnablement établir que ces transferts ne contribueront
pas à des atteintes graves aux droits fondamentaux, à
des crimes contre l'humanité ou à des crimes de guerre.
L'organisation appelle en particulier les gouvernements à:
" soutenir
la mise en place au niveau international de dispositifs propres à
permettre un contrôle effectif du commerce des armes, notamment
un traité sur le commerce des armes fondé sur le droit
international relatif aux droits humains et sur le droit international
humanitaire, et à prohiber les armes non discriminantes (telles
que les mines terrestres antipersonnel) ou de nature propre à
occasionner des blessures superflues ou des souffrances inutiles;
" introduire
des mesures juridiques spéciales afin de contrôler les
exportations d'armes fabriquées sous licence étrangère,
le courtage et le trafic d'armes, pour garantir que ces activités
ne contribuent pas à des violations graves des droits humains;
" exercer au
niveau national des contrôles stricts sur le transfert et l'utilisation
d'équipements de sécurité et de répression
des crimes, notamment des moyens d'immobilisation mécaniques
(menottes) et des équipements antiémeutes (canons à
eau, balles de plastique ou de caoutchouc, agents chimiques comme le
gaz poivre ou le gaz lacrymogène), afin qu'ils ne soient pas
utilisés pour commettre des atteintes aux droits humains;
" interdire
la production, le transfert et l'utilisation d'équipements destinés
officiellement à l'application de la loi mais qui seront utilisés
en premier lieu pour l'exécution de condamnés à
mort ou pour faire subir des actes de torture ou des traitements cruels,
inhumains ou dégradants (par exemple les chaises électriques,
les entraves pour les jambes, les menottes ou poucettes dentelées,
les ceintures incapacitantes à décharges électriques);
" suspendre
le transfert et l'utilisation d'équipements de sécurité
dont les effets présentent un risque non négligeable d'atteinte
aux droits humains (les pistolets paralysants à décharges
électriques, le gaz poivre, les chaises d'immobilisation et les
panneaux équipés de menottes) dans l'attente des conclusions
d'une enquête rigoureuse et indépendante menée par
des experts et s'inspirant des normes internationales en matière
de droits humains;
" mettre en
place une réglementation stricte et un suivi rigoureux des transferts
de compétences dans les domaines militaires, de sécurité
et de police, afin de garantir un respect total des normes internationales
relatives aux droits humains.
Défense et respect des droits humains
Amnesty
International exhorte les États, d'une part à ratifier
sans réserve les instruments internationaux et régionaux
relatifs aux droits humains et, d'autre part, à respecter et
à promouvoir les dispositions contenues dans ces instruments.
