







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit
par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant
du bien de tous".


Le
grand cirque
ismaïlien
représentation permanente






Photo
European commission
23/09/04
- La
crise économique et sociale touche aussi de plein fouet les étudiants
djiboutiens en pleine galère. Partir ? oui mais comment ?.

Par M MOHAMED
ABDILLAHI

Problèmes
de logement, de frais de scolarité et surtout inégalité
des chances car les " bourses universitaires " versées
par les pays étrangers ne servent qu'aux " enfants du pouvoir
" et ce qu'il en reste s'égare dans
les " caves " de nos Ambassades.

Les affres vécus
actuellement par les populations de notre pays, par nos frères
et nos surs étudiants mais vivant encore à Djibouti,
tout ceci nous amène à prendre quelques moments de réflexion.
Après
avoir été le dernier territoire français décolonisé
en Afrique - plus de 17 ans après la majorité d'entre
eux - voici que notre pays, terre de nos ancêtres n'évoque
- et même si le sujet en reste au niveau de l'évocation
pure - que celui de la misère, de la ségrégation
et du désespoir face à l'ampleur du désastre économique
et social qui nous frappe depuis quelques années.
A la tête
de cet état se trouvent tout au plus trente familles plus ou
moins associées détenant la quasi totalité du produit
national brut, de sorte que tous les chiffres annoncés par les
médias ne signifient rien pour la masse de la population, sinon
que l'écart les séparant de cette élite a encore
grandi d'année en année et particulièrement depuis
l'année 1999.
Ces trente familles
émergent au sein des institutions étatiques comme par
l'enchantement d'une supposée dotation génétique
qui leur permettrait de se hisser intellectuellement au-dessus des autres
: or ce sont les plus ignares et les plus cupides
mais aussi ceux qui détiennent la force publique par quelques
groupuscules de mercenaires qui font et imposent leurs lois.

Toute économie moderne
ne peut actuellement se battre sur le marché international en
laissant une poignée d'affairistes tout monopoliser en spoliant
tout à la fois les Finances
publiques et les citoyens que nous sommes..
Toute
la forme d'économie dirigée par ces " affairistes
" contraint à expulser les étrangers qu'elle juge
indésirables et ce à grand renfort de publicité
alors qu'elle emploie dans ses entreprises quasiment
qu'une population étrangère et "au noir", à
laquelle elle paie un salaire de misère en omettant de verser
aux finances publiques et aux diverses caisses les impôts, taxes
et charges sociales afin de se préserver ainsi une main-d'oeuvre
à bon marché et des profits énormes.
Ce tableau est plus noir et moins optimiste que la situation de bien
autres pays du monde avec un point de plus, que tous ces aspects dénoncent
:
Djibouti
vit encore dans un système de lobbies sauvages d'une minorité
imposant son diktat et ses décisions politiques lourdes de conséquences
à une majorité ; que ces décisions aient une base
économique ou politique.
Au sein de ce qui fait office d'Assemblée Nationale, le même
esprit groupusculaire règne en maître.

Nulle dissension,
nulle scission l'ensemble est monolithique dans l'absence de réflexion
et de décision ; tout se décide dans un seul et même
bureau du Palais de l'Escale,
le
grain arrive moulu sur la table de nos députés qui n'ont
plus qu'une grande responsabilité..... consistant à faire
cuire leur gamelle quotidienne en veillant que le voisin n'en ait pas
plus que soi !.

Ceci
qui peut faire sourire, éveiller un instant un peu de tendresse
complice, "ça, c'est Djibouti...", est aussi alarmant
lorsque l'on sait que depuis 27 ans nos députés sont désignés
par la présidence de la République : ils n'ont qu'un Droit
consistant à se taire par ce qu'ils sont payés pour cela
et pour rien d'autre.
Tout peuple a
les institutions qu'il mérite, dit-on, mais il est insuffisant
de considérer que ces institutions soient l'émanation
de la nation seulement: ces institutions devraient informer, c'est-à-dire
informer de l'intérieur et permettre une évolution de
l'esprit d'une nation.
Les membres de
notre Assemblée nationale ne font pas que ressembler à
des marchands du souk dans leurs diatribes, par leur comportement ils
éduquent le peuple à se taire et à baisser la tête.
"Money
is money"!!!
Constat amer.
Peu nous importe ici de faire l'étalage des défauts des
autres nations, de l'altération de systèmes parlementaires
qui ne valent guère mieux parfois, ou des affaires sapant la
moralité du système français.
Balayons d'abord
devant notre porte et ensuite on ira voir ailleurs !.

L'esprit
communautaire : un lourd héritage
Ce qui nous paraissait
essentiel dans cet article, était de mettre en évidence
un héritage lourd, dont Djibouti ne s'est pas débarrassé
: l'exil et la communauté.
La particularité
singulière de toutes les difficultés actuelles de cet
Etat consiste en un esprit de minorité se défendant d'une
majorité, en un mot des moyens de défense et des réflexes
d'une communauté en exil.
Point
d'esprit national, mais un esprit de groupuscule, que ce soit à
l'Assemblée Nationale, dans les affaires, ou dans le domaine
du privé.
Pour parodier Kennedy,
on ne se demande pas ce que
l'on peut faire pour l'Etat, mais ce que l'Etat peut faire pour son
intérêt personnel, pour son groupe.
On manigance
sans vergogne, jusqu'au plus haut niveau. On traite l'autre comme une
source de profit, et, pour citer Kant,
non pas comme un but, mais comme un moyen.
Il
faudrait revenir à une vision claire des choses et considérer
un instant que la création de cet état en juin 1977 a
eu pour but la réunion des Djiboutiens et des Djiboutiennes,
sous un même drapeau, hymne nationale, même Constitution
et non leur autodestruction.
Il
faudrait quitter un instant les oeillères de nos vies personnelles
et individuelles, pour tenter d'entrevoir un avenir ensemble.
Il
faudrait que la question ne soit plus "que
doit-on faire maintenant dans mon intérêt, l'intérêt
de mon clan, mais que puis-je faire
pour l'intérêt de tous.".
Et
cette question essentielle se décline à tous les modes.
L'Etat
n'est pas une source de profits ou de pouvoirs à dévorer.
L'Etat
Djiboutien est le seul groupe auquel il nous faut aujourd'hui appartenir,
le seul groupe à maintenir et à défendre, au-delà
de nos divergences, le seul groupe dans lequel notre identité
pourra se définir positivement, et non contre une autre identité.

La
crise économique et sociale touche aussi de plein fouet les étudiants
djiboutiens en pleine galère.
Plus de 30 % de notre jeunesse vit à
l'étranger à la recherche d'une Universités ou
d'une Ecole supérieure acceptant de les accueillir mais en l'absence
de " bourses d'étudiants " détournées
au niveau de nos Ambassades pour être consacrées pour partie
aux " enfants du pouvoir ", le rêve de ces étudiants
et des étudiantes se transforme vite en déception car
passant de stage en stage (encore faudrait-ils qu'ils aient cette chance)
de formation et trop souvent valorisation par un diplôme.
C'est dans ce
cadre - plutôt sombre - dans lequel vit la jeunesse djiboutienne
que nous observons alors que le Gouvernement en Exil devient sans cesse
l'objet de demandes d'aides.
Comme
nous l'avons toujours soutenu, le GED ne peut se substituer aux étudiants
et étudiantes dans leur choix d'établissement ; ce n'est
qu'ensuite et lorsque les formalités administratives terminées
que nous intervenons pour soutenir les dossiers ; encore
faut-il qu'ils soient présentés dans les délais
imposés par les établissements d'accueil.
Les années
de leur période d'après baccalauréat sont appelées
les " années de la débandade " ou " les
pires années de notre vie " pour nos étudiants -
nous le savons car nous sommes pasés par là - mais la
question est :
-
à qui revient la responsabilité ?.

Le
syndrome de " l'enfant éternel " est très présent
à Djibouti.
En effet, les
jeunes vivent rarement seuls, ils habitent longtemps la maison familiale,
entourés de leurs parents, frères et surs.
Un maigre 9 %
des jeunes de 16 à 25 ans vivent séparés de leurs
parents alors que quatre jeunes sur cinq aspirent à l'autonomie,
à une vie privée hors de la sphère familiale.
Il
est donc évident que cette enfance prolongée n'est pas
le résultat de choix personnels, mais bien de contraintes
de nature financière.Cette
jeunesse est économiquement dépendante, elle n'a pas les
moyens de ses projets et ses ambitions.
En dépit
de ses aspects négatifs, la vie prolongée au nid parental
comporte des avantages, parce que la vie de famille atténue les
chocs en période de crise sociale grave comme c'est le cas actuellement.
Les réponses
des jeunes hommes et des jeunes femmes évoquent d'ailleurs des
relations familiales affectueuses, pleines d'attention et de soutien
moral et financier de la part des parents qui sembleraient n'imposer
presque jamais de règles de comportement trop rigoureuses.
L'objectif le
plus important, aussi bien pour les garçons que pour les filles,
est de terminer leurs études.
C'est la priorité
des trois quarts des jeunes interrogés. L'emploi suit en deuxième
place, devant la question du logement.
La formation
d'une famille arrive en dernier.

Partir... partir...
partir !
Par
ce que la société djiboutienne a considérablement
régressé ces dernières années, trois jeunes
sur quatre affirment qu'ils quitteront le pays à la première
occasion et élaborent des projets de départ à l'étranger.
Les motifs les
plus fréquents sont le niveau de vie plus élevé,
les perspectives d'avenir plus nombreuses, la sécurité,
la poursuite des études...
Il
est aussi clair que l'énergie de mai 1999 s'est estompée
chez nos jeunes, tout comme l'espoir que tout changera et qu'ils auront
un jour la capacité de surmonter n'importe quelle nouvelle difficulté.
Il
faut savoir que 75 % des jeunes interrogés dans la capitale "
émettent " une énergie plutôt négative
(inquiétude, névrose, peur, tristesse, etc).
Ces
résultats complètent le portrait d'une génération
sacrifiée à la fin des années 80 et au cours des
années 90, et qui apprend à nager
en ce début de XXIe siècle alors que le pays prend l'eau
de toutes parts....
Mis à
part le Mouvement de Libération Nationale, qui a la capacité
de rassembler en s'appuyant sur un programme cohérent de redressement
national ?.
Nous connaissons
la réponse !.

M
MOHAMED ABDILLAHI