01/10/04
- DJIBOUTI
- Le grand cirque perdure - Le ministre de l'Intérieur dément
la présence de toute forme d'engin explosif dans la BCI et
précise qu' une enquête est en cours pour trouver l'auteur
du canular et le traduire devant la justice.
par Aramis
Il
a fort à parier que le Procureur Djama va être très
occupé à Djibouti par une série "
d'affaires d'une extrême
importance " dans les semaines
à venir.
Il
ne pourra donc pas répondre avant bien des semaines à
la convocation lancée par la Juge Mme Sophie CLÉMENTà
son encontre comme " témoin assisté " dans
l'affaire de tentative de subornation de témoins qui fait suite
à une plainte déposée en 2002 par la veuve du
Juge Bernard Borrel.
Croyez
bien qu'il le regrette, lui qui fut formé à l'Ecole
de la Magistrature française et qui a toujours eu une haute
idée de sa charge et de la Justice.
Nul
doute que la "LOI Ismaïlienne" lui doit beaucoup comme
son Code de Procédure Pénale ....!.


Par
ailleurs, on peut dire que ce canular d'engin explosif dans la BCI
nous rappelle étrangement quelques épisodes passés
où - par le plus grand des hasards et qui tombaient à
point nommé car arrangeant les "salades" du pouvoir
en place ; une affaire de bombe ou
de grenade faisant parfois des victimes coïncidait à une
période de pires difficultés du pouvoir ; celui d'Hassan
GOULED puis d'Ismaïl OMAR qui détournaient ainsi l'attention.
Dans
toutes les enquêtes qui suivirent ce genre de situation, soit
les auteurs étaient connus par avance et été
arrêtés dans l'heure pour être amenés à
Gabode ou en un quelconque endroit pour y avouer TOUT
ce qu'ils ignoraient, soit on ne retrouva
JAMAIS les coupables ; pour cause, des hommes du SDS d'Hassan Saïd
étant à l'origine de l'attentat.
Il
n'y aurait donc rien de surprenant à ce que le Procureur Djama
SOULEIMAN qui pourrait se savoir acculé dans la tentative de
subornation de témoins - en l'occurrence de M Mohamed SALEH
ALHOUMEKANI dans l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel
- ait eu recours aux bons offices de son ami Hassan
SAÏD KAIREH pour nous créditer d'une " Véronique
" qui est - comme nous l'avons dit - l'une des grandes spécialités
des gouvernants de Djibouti depuis l'indépendance.
Ce
canular d'engin explosif dans la BCI tombe à pic
et lorsque l'on sait la minutie avec laquelle le "contumaxeur
de première" Djama SOULEIMAN traite tous ses dossiers,
cela va prendre du temps ....,.beaucoup de temps !.
Comme
chacun sait que la " véronique " est la plus connue
des feintes qui permettent au matador d'esquiver la charge du taureau
pour lui faire attaquer en pure perte un bout de tissu - une autre
cible - qui vole au vent.

En
tauromachie, il y a des demi véroniques, des véroniques
complètes mais il n'y a pas de "double véroniques"
ceci étant l'apanage de la " politique ".
La
double véronique, en politique, c'est lorsque on se donne la
peine de tisser une cape à la grandeur de l'arène, quand
le leurre est tellement gros, tellement rouge, tellement mobile et
tellement cautionné ...que le taureau a du mal à s'y
retrouver.
Oui
mais voilà " la petite Juge " comme on a coutume
de désigner Mme Sophie CLÉMENT dans les bureaux du Palais
de l'Escale avec un air un tant soit peu provoc et narquois, n'aurait
à notre connaissance rien d'un taureau fonçant sur des
leurres ; plus ils seront gros et plus elle prendra le temps de la
réflexion pour les aborder du meilleur côté qu'il
soit.
Comme
dans le journalisme, il existe la magistrature dite " debout
", dite " assise" en
omettant de dire que dans quelques pays une minorité des magistrats
se complaît dans la position " couchée " et
ce pour des raisons diverses dans lesquelles on y discernera l'ambition,
les intérêts politiques (pas forcément ceux de
la Nation) voire simplement le jeu des " amitiés "
du moment.

Le
problème étant pour les adeptes de la " double
voire triple véronique " ismaïlienne c'est que Mme
la Juge Sophie CLÉMENT semblerait bien être l'un de ces
magistrats qui - debout, contre vents et marées si nécessaire
- hissent lentement la voile de la Vérité faisant avancer
leur bateau en " tirant des bords " mais sans perdre le
cap.
Quand
le matador a senti de trop près le souffle de la bête
(lire : quand la Justice est trop proche du but ) - ou que les "
arnaques " et subterfuges ont fait " long feu "
- il peut tenter de détourner
l'attention des badauds en offrant une ou des victimes expiatoires
sur l'autel des "gogos de service"..

Le
taureau? cherchez pas la grosse bête...
Oui,
c'est ça, vous avez trouvé. Le taureau c'est le peuple
djiboutien "asservi", c'est vous et c'est moi. C'est la
pauvre bête qui trépigne, qu'on aiguillonne et qui saigne
de partout, que ses bourreaux esquivent et qui finira dans l'assiette
des affairistes mafieux.
Et
si le peuple ne voit pas ses énormes cornes et ne sait pas
s'en servir, c'est qu'il est "cocu".
Est-ce
que ça s'éduque, un taureau ? Certes pas lorsqu'il a
pour nom Respect de la mémoire d'un magistrat honnête
et Refus que l'on assassine la Justice - quels que
soient le pays et la couleur de cette Justice dont nous avons tellement
le besoin.

S'il
en est un qui ne veut pas être la victime expiatoire c'est M
Niazi ABDOULKARIM MOKBEL.
Ancien
directeur de l'Éducation nationale et directeur de la jeunesse
et de sport, à peine débarqué car rentrant de
vacances passées en Europe aussitôt la police judiciaire
aux ordres du commandant Omar HASSAN - proche de la KABYO - l'a
appréhendé sous les chefs d'accusations de détournements
de biens, de fonds publics et du budget du Comité Olympique
djiboutien.
De
même, son adjoint M.Ibrahim CHEHEM a lui aussi été
appréhendé par la Police nationale sous les mêmes
motifs..

Le
procureur Djama SOULEIMAN leur a proposé un marché,
à savoir de leur accorder la liberté provisoire (alors
qu'ils étaient sous " Mandat Dépôt "
à la prison de Gabode) à la condition qu'ils livrent
officiellement à la Justice djiboutienne des noms de Ministres
qui auraient détourné des fonds de leur Ministère.

Mémoire
sélective et vision parcellaire ?.
Le
plus surprenant étant que M.Ibrahim CHEHEM ait oublié
de mentionner le nom de l'actuel président du Conseil Constitutionnel
qui avant d'être mis à ce poste ( où il ne sert
strictement à rien ) fut emprisonné à Gabode
sur ordre d'Ismaïl OMAR GUELLEH pour faux et usage de faux, détournement
de biens et de fonds publics
etc
du temps où il
fut Ministre de la Jeunesse et des Sports.
Cela
sent le " coup fourré " à plein nez et préparé
car il semblerait bien que ce soit quelques grands voleurs dont la
KABYO qui tenteraient ainsi d'écarter quelques lampistes ou
exilés.
Le
procureur Djama SOULEIMAN serait dans l'attente du retour de son Excellentissime
le Despote et il semblerait bien qu'il y ait quelques démissions
forcées en perspective pour
que la KABYO procède - selon sa manière peu orthodoxe
- à un remaniement ministériel qui lui conviendrait
pour placer ses " Ânes patentés " et ses "
ignares invétérés ".
Le
plus surprenant étant que ni l'ADI, ni la Nation n'ont osé
diffuser l'information sur ces deux arrestations.
Journalisme d'information debout ou couché ? on peut dire vautré
tant il a si peu de courage !!.
