







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

17/10/04
- Histoire de l'Aviation militaire - Les Femmes
Pilotes soviétiques durant la guerre 1939-1945, ces Héros méconnus.
Auteur
inconnu.
Recherche, complément d'information et mise en forme
Aïcha WARSAMA AÏDID.

Si l'idéologie
soviétique prônait l'égalité entre les hommes et les
femmes et de fait si l'Armée Rouge employa dans ses rangs nombre de femmes
comme auxiliaires, il n'était pas encore question de les employer comme
combattant.
C'est
la brutale et menaçante attaque de l'Union Soviétique par les armées
hitlériennes qui fera franchir le pas aux commandement soviétique,
sur les demandes pressantes des femmes elles-mêmes.
Durant
la grande guerre patriotique, l'armée rouge comptera dans ses rangs, un
million de femmes mais seulement 58000 d'entres-elles vont combattre l'ennemi
" dans le blanc de l'il " et par conséquent épouser
le même sort que les " frontovik " (combattants du front).
Parmi-elles,
des pilotes vont combattre sur tout type d'appareil, du yak 1 au PE 2, en passant
par le Sturmovik. Elles seront de tous les conflits (Allemagne et Japon) et participeront
à toutes les grandes batailles (Stalingrad, Kouban, Koursk, Berlin).
Elles
vont acquérir sur le front un grand nombre de décorations et 68
d'entres-elles recevront la plus haute distinction soviétique, la médaille
d'or des héros de l'URSS.

Mais
il serait injuste d'évoquer seulement les femmes pilotes, les femmes mécanos
ou armurier ont fait preuve également d'une grande abnégation, travaillant
comme leur confrère masculin en plein vent et par tous les temps.
Apres
la victoire, le commandement soviétiques va renvoyer ces femmes combattantes
à leur foyer, considérant maintenant que le rôle de la femme
soviétique était d'être mère de famille et non plus
soldats.
Beaucoup
de femmes pilotes vont se marier avec les pilotes qu'elles ont côtoyés
pendant la guerre.
Le
statut de la femme dans l'armée rouge retournera à celui d'auxiliaire.
Avant
guerre, les komsomols (jeunesses communistes) soutenue par l'Ossoaviakhim (vaste
organisation pour la promotion de l'aéronautique), considérant que
l'aéronautique était un lieu pas excellence qui pouvait promouvoir
l'idéal soviétique de la parité entre homme et femmes, on
encouragea et forma de nombreuses femmes pilotes.
C'est
ainsi que Marina Raskova obtint son brevet de pilote en 1935 et devint une célébrité
en 1937 en battant trois records du monde de vol longue distance. Ce qui lui valu
de recevoir la médaille des héros de l'URSS à l'age de 26
ans. Elle intégra par la suite les VVS, tout comme cette autre femme pilote,
Katya Budanova qui servait d'instructeur de vol.

Nadia
Popova et son époux Simon Kharlanov
Or
dés le début de la guerre ces femmes pilotes voulaient-elles aussi,
combattre les ennemis qui mettaient en péril leur patrie. Elles demandèrent
d'être transférées dans des régiments militaires d'actives.
On peut mesurer
l'insistance de leur motivation avec l'exemple de cette demande d'admissions d'une
jeune Moscovite V.A Petrachenkova :
"
..Je veux joindre les rangs des aviateurs de Staline et me consacrer à
notre patrie soviétique et parti communiste
"
ou
de cette autre demande de Valéria Khomyakova de l'aéro-club de Leningrad
:
"
Je vous demande de me laisser rejoindre l'armée rouge et de m'envoyer combattre
sur le front
".
Dans
un premier temps, les autorités soviétiques firent la sourde oreille
jusqu'à ce que les troupes fascistes menacent Moscou.
Les
VVS durement éprouvés, la Stavka aux abois céda à
l'insistance de Marina Raskova qui usa de son influence auprès de Staline,
pour obtenir la permission de constituer une unité de combat féminine.
L'ironie de
cette affaire c'est que ces très jeunes femmes formées dans les
aéro-clubs et a qui l'on refusait le droit de combattre, avaient parfois
plus d'heures de vols à leur actif et donc plus compétentes que
certains des pilotes des VVS.
Finalement,
les aviatrices eurent gain de cause, le 8 octobre 1941 l'oukase 99 ordonnait la
création de trois régiments d'aviations de combats féminins
:
le
586ème IAP (chasseur),
le
587èmePBAP (bombardier en piqué)
et
le 588ème NBAP (bombardier de nuit).

les
femmes pilotes du NBAP
De
suite des centaines de femmes se présentèrent pour s'enrôler.
On les regroupa au sein de "l'unité 122 " sous la férule
de Marina Raskova, chargé de former les futurs régiments sur la
base de Engels, près de Saratov au bord de la Volga.
Il
faut bien saisir qu'à l'origine ces trois régiments étaient
composés exclusivement de personnel féminin, du pilote au mécanicien,
en passant par le commissaire politique, tous étaient des femmes. Mais
après la mort tragique de Marina Raskova en janvier 43 dans un accident
d'avions, le 586ème IAP et le 587éme PBAP perdirent à regret
leur autonomie, on leur adjoignit des cadres et des personnels masculins.
Seul
le 588ème NBAP est resté totalement féminin tout le long
de la guerre.

NBAP
à Stalingrad
Au
bout de 6 mois d'un entraînement intensif, les régiments étaient
transférés sur le front, à Stalingrad.
Pour
prouver leur courage et présageant les outrages qu'elles subiraient en
cas de capture, les femmes pilotes prirent la résolution de ne pas emporter
de parachute et de se suicider si elles tombaient aux mains de l'ennemi.
Décision
qui causa un drame à l'une d'entre-elles, quand abattue suite à
un combat aérien, la femme pilote parvint à se poser en catastrophe
mais voyant des soldats courir dans sa direction, elle prit son revolver et se
tira une balle dans la tête
en fait il s'agissait de soldats soviétiques.
Complètement
désorientée pendant le combat, elle avait cru être en territoire
ennemi.

Très
rapidement devant la pénurie de pilotes, de radionavigateurs et de mécaniciens
masculins au sein des VVS, on transféra aussi les femmes en surplus (qui
servirent même comme mitrailleur), dans les unités masculines où
elles furent accueillies avec beaucoup de réticence.
Les
hommes ne voulaient pas avoir une femme comme ailier ou monter sur un appareil
entretenu par une femme, ils n'avaient pas confiance en elles mais les femmes
par leur détermination et leur compétence, vinrent à bout
des préjugés de leurs homologues masculins.
En
1944 on pouvait recenser plus de 5000 femmes employées dans les VVS.

Konstantinova
décorée de 3 ordres de la Gloire
Les
plus célèbres femmes pilotes transférés dans les régiments
masculins, furent sans nul doute, Lilya Litvyak et Katya Budanova transférées
toutes deux au 296ème IAP/73ème GvIAP. Lilya Lytvyak, en 126 missions
abattra plus de 15 ennemis, dont certains étaient des as aux nombreuses
décorations.
Elle
fut finalement abattue à son tour le 1er août 1943, c'était
sa troisième mission de la journée et elle escortait des sturmoviks.
La chasse
adverse leur tomba dessus et quand le leader s'aperçut qu'il y avait Lilya
de la partie, il donna ordre a ses 7 Bf 109 de délaisser les Iliouchine
et de se concentrer sur le yak-1 N° 23.
Les
8 Bf auront raison d'elle, elle avait 22 ans. Elle avait fait son premier vol
à l'age de 14 ans dans un aéroclub civil et était devenu
instructeur de vol par la suite.
Quant
à Katya Budanova, elle abattit 11 avions et se tua dans un atterrissage
forcé après un combat endiablé où elle parvint à
abattre un adversaire..

Lilya
Litvyak "La Rose Blanche"
Mais
on peut citer d'autres femmes pilotes :
-
L.i. Shulaykina a coulé avec son Il2, lors des combats de Taman, 3 transports
de troupes, quelques chalands et un mouilleur de mine.
-
Yekaterina Zelyenko du 135ème BBAP, a été la seule femme
à faire un Taran. Son Su-2 a été attaqué par un groupe
de Bf 109, son mitrailleur à réussit à abattre un de ses
poursuivants, mais l'appareil fortement endommagé et se sachant condamnée
elle est parvenue à s'écraser contre un de ses assaillants.
-
Anna Timofeyeva-Yegorova, adjointe du commandant du 805ème ChAP, était
la seule femme du régiment. Elle fut abattue à bord de son Iliouchine
en 1945 au-dessus de l'Allemagne. Souffrant de multiples blessures, gravement
brûlée elle fut capturée et internée dans un camp de
prisonnier allemand.

Krasnokutskaïa
Elle
survécut à ses blessures grâce à un prisonnier russe
qui était médecin.
Lorsque
les Russes "libérèrent" le camp... ils l'envoyèrent
dans un Goulag !
"Il
n'y a pas de prisonniers russes, seulement des traîtres" avait
dit Staline.
Lorsqu'elle
fut rapatriée, elle s'aperçut que, présumée morte,
elle avait été nommée à titre posthume "Héros
de l'Union soviétique"...! Elle fut
par la suite réhabilitée.

Le
586ème IAP.
Il
était équipé de Yak-1 puis de Yak-7 et Yak-9. Sa mission
était l'interception des bombardiers.
En
4419 missions elles ont engagé 125 combats et abattu 38 avions. Le premier
bombardier abattu, mieux la première victoire de toutes les femmes pilotes,
fut un Ju 88 en septembre 1942, par Valerya Khomyakova qui sera abattue quelques
temps plus tard.
L'as
de ce régiment fut sans nul doute Olga Yamshchikova qui serait crédité
de 17 victoires, elle devint par la suite pilote d'essais.
Le
régiment participa aux batailles décisives de Stalingrad et de Koursk
et à la campagne de Hongrie.

Le
587ème BAP / Gv 125ème PBAP " Borisov ".
Les
femmes commencèrent leur entraînement sur le Su-2 mais furent finalement
équipées de Pe-2.
Elles
réalisèrent 1134 missions, larguant 980 t de bombes.
Pour
ses exploits, ce régiment fut élevé au rang de la garde en
mai 43 et prit comme il est d'usage le nom de la localité où il
s'est distingué au combat, ici Borisov, ville qu'il contribua à
libérer.
Le
succès le plus stupéfiant de cette unité est à mettre
au compte de Mariya Dolina qui abattit avec son Pe-2 deux avions ennemis coup
sur coup, un Bf 109 et un Fw 190 !
C'était
Marina Raskova elle-même qui dirigeait cette unité.
Elle
se tua le 4 janvier 43 en convoyant des Pe-2 sur Stalingrad, prise dans une furieuse
tempête de neige elle s'écrasa par manque de visibilité au
Nord de Stalingrad sur les hautes falaises de la rive Ouest de la Volga.
Aucun
équipage des trois Pe-2 ne survécut.
Un
vibrant hommage fut dédié à cette unité par les pilotes
de la France libre du Normandie-Niemen qui combattirent souvent à côté
de ses femmes :
"
Même s'il était possible de cueillir et de déposer à
vos pieds toutes les fleurs de la terre, cela ne constituerait pas une reconnaissance
suffisante de votre valeur ".

Marina
Raskova

Le
588ème NBAP / Gv 46ème NBAP " Taman ".
Elles
commencèrent leur exploit avec le Po-2 bombardant les troupes et aérodromes
ennemis pendant leur repos, la nuit.
La
tactique était simple, elles volaient par paire en rase motte puis en vue
de l'objectif, prenaient de l'altitude et piquaient dessus moteur coupé.
Quand
les gardes allemands entendaient les sifflements caractéristiques du vent
dans les haubans, il était déjà trop tard, les bombes leur
tombaient dessus.
Une
fois, le 5 novembre 1942, un lâché de bombes fut particulièrement
heureux, il tomba sur le dépôt de carburant de l'aérodrome
d'Armavir, l'explosion détruisit six Ju 88 et un He 111.
Excédé
les Allemands, prirent des mesures.
Ils
employèrent des Bf 110 en couverture de nuit sur les aérodromes
qui firent des dégâts chez les Po-2. Ceux-ci construits en bois et
tissus prenaient littéralement feux sous les coups des mitrailleuses.
Ailleurs
ils entouraient les zones exposées par une ceinture de projecteur, dès
qu'un Po-2 passait dans les rayons la flak se déchaînait dessus et
l'abattait immanquablement.
Alors
les vaillantes aviatrices mirent au point une parade, elles attaquaient à
trois.
Pendant
que deux d'entres-elles attiraient la flak sur elles, la troisième larguait
ses bombes, puis était remplacé et servait d'appât à
son tour, ainsi de suite jusqu'à ce que les trois Po-2 aient largué
leurs bombes.
On
peut imaginer le courage et l'héroïsme de ces femmes.

On
se doit de considérer comme hommage à leur valeur, ce qu'écrivit
le 2 septembre 1942 l'Hauptman Johanes Steinhoff du II/JG 52, l'as aux 101 victoires
:
"
Nous ne pouvions tout simplement pas croire que les pilotes soviétiques
qui nous causèrent les plus gros problèmes étaient en fait
des femmes.
Elles
n'avaient peur de rien. Elles venaient nous harceler nuit après nuit dans
leur biplan rustique, et durant de longues périodes ne nous laissaient
pas fermer l'il de la nuit".
C'est
de cette époque que les Allemands baptisèrent ces femmes pilotes
" les sorcières de la nuit ".
Par
la suite le régiment fut équipé de Pe-2, et on employa la
valeur de ces femmes pilotes de manière intensive. Par exemple durant les
combats du Caucase, ces femmes soutenaient un rythme d'une quinzaine de missions
par nuit.
Le
record fut détenu par Katya Ryabova et Nadya Popova, qui ont accompli 18
missions en une nuit ! alors que la plupart des femmes pilotes de ce régiment
ont fini la guerre avec une moyenne d'un millier de missions à leur actif.
Pour
comparaison le triple héros de l'union Alexandre Pokrichkyne qui a combattu
du premier au dernier jour de la guerre a totalisé 650 missions, l'autre
triple héros Ivan Kosedub, 326 missions.
C'est
pourquoi, ce régiment fut le plus décoré de tous les VVS
avec 23 médailles des héros de l'URSS et des dizaines d'autres décorations
: il accéda au rang honorifique de la garde, le 6 juillet 1943 au cours
des furieux combats de Taman.
En
tout le régiment a accompli 23672 missions et largué 3000 t de bombes,
47 femmes
pilotes et navigateurs sont tombées à l'ennemi pour leur patrie.
.

Katya
Ryabova et Nadya Popova
