









19/10/04
- DJIBOUTI - Les Transports sont l'une des composantes
du développement durable des sociétés mais devrait-on s'autoriser
à faire dans le " n'importe quoi " en matière de transport
aérien de passagers ?.
Par
M S. Ancien Officier de l'Armée de l'Air. Réfugié politique
au Canada.
Quel
que soit le pays concerné, les divers moyens de transports se sont hissés
au fil des temps parmi les secteurs économiques majeurs aux côtés
de l'Industrie, du Bâtiment, de l'Agriculture et du Tourisme.
L'accroissement
du besoin en transport aérien est souvent affiché de nos jours comme
une donnée sociologique actualisée qui nécessite impérativement
d'Agir.
Agir
! certes mais ceci ne
devrait pas se traiter soit comme un phénomène de mode, soit servir
des intérêts inavouables, soit mettre en jeu la sécurité
des passagers par le non respect des normes nationales et internationales de l'OACI..
Tout
concoure à ce que l'on ne traite pas à la légère le
transport aérien, en dépit du bon sens comme au risque d'impliquer
des vies humaines mais aussi à ne pas porter grand préjudice aux
autres moyens traditionnels de transport de passagers comme de marchandises qui
existent sur le marché. CE sont tous ces petits commerces - de transports
et autres - qui permettent aux populations de survivre : si on les supprime QUE
RESTERA T-IL ?
A
ceci s'ajoutent l'application de mesures - non des moindres - en faveur de la
lutte contre le terrorisme.
On
peut donc en conclure que globalement la motivation des créateurs d'une
quelconque ligne aérienne - fut elle intra muros dans un pays - mérite
donc avant toute chose une étude de faisabilité
non exhaustive donc un examen approfondi tant sur la formulation à
retenir que sur la dimension de la demande de mobilité qui est certes croissante
dans notre société djiboutienne mais
qui doit être bien cernée afin de pas commettre d'impair.

Étude
de faisabilité et de rentabilité financière.
Il
convient d'étudier les déterminants conjoncturels - non substituables
les uns aux autres - l'évolution et la répartition de la démographie
dans le pays, région par région, mais aussi le niveau de vie des
habitants et leur capacité financière à s'acquitter d'un
prix de billet de transport par voie aérienne.
Si
le transport aérien offre - par des moyens technologiques de plus en plus
perfectionnés - des réponses aux déplacements des personnes,
des matières premières et des biens de consommation il impose un
certain nombre de règles incontournables au premier rang desquelles nous
placerons l'Entretien des Aéronefs - Avions et Hélicoptères
- et la Sécurité des passagers avec la conformité administrative
et technique mais aussi de couvertures d'assurances ; tout
ceci suivant les Normes imposées par l'OACI..
Analyser
un besoin, serait-ce en déduire que cela légitime de facto les transports
aériens au rang d'un besoin vital ? et dès lors conclure que c'est
dans l'optimisation de ces derniers que résiderait la satisfaction des
aspirations de la société djiboutienne ?.
Dans
les régions de l'arrière pays ce besoin existe t-il véritablement
ou ne serait -on pas tenté plutôt de
créer une artificielle " danseuse du ventre " sans véritable
nécesitée ? ; alors que d'autres
moyens de transport existent depuis des lustres - certes un peu moins rapides
mais bien plus acceptables financièrement parlant - pour relier la capitale
aux autres villes côtières et inversement.
La
formulation d'une idée anticipative selon laquelle les " Transports
aériens " sont nécessaires dans
TOUS les cas demeure insuffisante si elle ne peut déboucher sur
une réalité sociologique, économiquement et durablement constatées.

Fathi
AHMED BELIKI lance le projet de liaison aérienne civile DJIBOUTI - OBOCK
- DJIBOUTI en utilisant des avions militaires financés
par les aides internationales destinés à la Défense ....
Dans
un communiqué paru récemment dans le journal la Nation nous avons
eu la surprise d'apprendre que
"
Dans le but de désenclaver les régions
du Nord, les FAD par le biais de la Force Aérienne Djiboutienne
viennent de créer des liaisons aériennes, au profit de la population
du Nord à des prix exceptionnels
..
Tous les jeudis et samedis
et éventuellement tous les lundis
.
Tarifs
de ticket
: Aller simple 2000 FD - Aller Retour : 4000 FD
.
La
force Aérienne effectuera ses vols en attendant la création
d'une compagnie aérienne civile ".
N'existerait-il
pas de "Compagnie aérienne" à Djibouti ou ne se situeront
pas dans l'un de ces subterfuges consistant à
utiliser du "Matériel militaire" qui serait renvendu dans quelques
mois à une "nouvelle Compagnioe aérienne" dont les associés
seraient Fathi A BELIKI, son beau fil Safouan, MARILL et un certain clan ?...
Cette
nouvelle " mascarade " donne une dimension supplémentaire à
l'affairisme mafieux de celui qui fait office de Chef d'État Major des
Armées, le général Fathi AHMED BELIKI et
pose en tout cas, plus que jamais, la question même de la politique menée
par Ismaïl OMAR GUELLEH depuis des années ; du rôle que peuvent
y jouer les institutions et de la nécessité
d'instaurer l'État de droit.
C'est-à-dire
en finir d'abord avec la dérive mafieuse qui agite Djibouti depuis des
années.
Nous
avons en l'espèce la démonstration du " comment " certaines
forces, organisées sous le couvert de l'Etat pratiquent en passant - au
travers des Forces Aériennes d'un Ministère de la Défense
- en utilisant frauduleusement des aides internationales
pour les détourner de leur but initial vers une gestion d'intérêts
économiques privés pas si occultes que cela car TOUT le monde est
lucide quant à cette mascarade financière comme sur la nouvelle
" magouille qui est lancée "..
Magouille
au plus au sommet de la pyramide des Armées supposées nationales
ou trône un libertinage affairiste et mafieux se protégeant derrière
un uniforme et de bien piètres galons, privilèges que se sont octroyés
une minorité de très hauts gradés qui s'enrichissent frauduleusement
et qui sont intouchables car inamovibles.
Dans
cette affaire on y voit une non volonté que Djibouti n'en finisse pas qu'avec
les passe-droits, mais surtout une nouvelle dérive à partir des
Aides internationales - ACTUELLE ET A VENIR -
avec une mainmise mafieuse sur des pans entiers de son économie.


Futur
logo de la SARL Fathi.A. BELIKI
Le
mensonge du "... dans le but
de désenclaver les régions du Nord
"
Il
est totalement absurde et illusoire pour ne pas dire mensonger
de prétendre " désenclaver " les régions du Nord
du pays en mettant en place une ligne aérienne Djibouti - Obock - Djibouti
dans de telles conditions et avec des avions de type Antonov 26 (40 passagers
et 5 membres d'équipage) et Ilyushin L 410 (19 passagers et 4 membres d'équipage).
Un
certain nombre de questions nous viennent à l'esprit :
"
Quelles formes - juridique et administrative de gestion - sont données
à cette ligne aérienne exploitée par
des aéronefs et du personnel militaire djiboutien ?".
"
Les avions concernées sont-ils assujettis aux règles
imposées par l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale)
: Certificat de Navigabilité, Couverture des risques et assurances au profit
des passagers en cas d'accident aérien ou autre, Opération de Maintenance
Entretien des aéronefs, Licence commerciale de Pilotage
etc.
Nous
doutons de la fiabilité de l'étude commerciale et préalable
car
"
Qui à Obock a la capacité financière de payer 4 000 FD pour
effectuer un aller retour Obock - Djibouti - Obock ? et à partir de quels
critères pourra t-on fidéliser une clientèle, et LAQUELLE
".
Il
est un fait indéniable que les tarifs pratiqués
par les boutres qui font la navette Djibouti - Obock - Djibouti se situent à
moins de 10 % du billet de transport aérien et que de surcroît
les commerçants et les familles qui l'empruntent ont une faculté
de faire transporter des marchandises à un prix compétitif que ne
peut leur offrir le tarif qui leur serait appliqué pour le même transport
par avion.

La
vérité de la mise en place de cette ligne aérienne est bien
plus prosaïque que ce qu'annonce Fathi A BELIKI, elle sous entend une "affaire
commerciale" dont il va tenter de tirer profit.
En effet, on va très vite constater à l'usage que cette ligne aérienne
va être fréquentée quasi exclusivement par quelques "
serviteurs du pouvoir actuel " pour se déplacer et que
les avions vont être transformés pour majeure partie en " avions
Cargo ".
D'évidence
et une fois encore ces " serviteurs du pouvoir actuel "
ne paieront éventuellement que le prix du billet de transport passager
et certes pas celui afférent au transport de leurs marchandises.
Une
autre question se pose :
"
Qui va supporter financièrement les déficits d'exploitation de cette
ligne aérienne car - n'en doutons pas - il y aura déficits ? ".
Dernière
question à laquelle nous allons nous efforcer de répondre dans un
article prochain en mettant à jour une nouvelle escroquerie
financée à partir des aides internationales affectées - cette
fois ci - au Ministère de la Défense de la République de
Djibouti.
Pour
conclure, l'instauration de la démocratie reste le meilleur moyen de rétablir
la confiance à Djibouti mais
les mesures spéciales de mise sous perfusion constante de ses finances
publiques comme celles affectées au Ministère de la Défense
n'ont jamais fait le lit de la transparence.
Il
faudra bien - par-delà les non dits inavouables - aborder les questions
de fond du développement de Djibouti et de la lutte contre les systèmes
locaux mafieux qui se masquent derrière
le futile falsificateur alors que les problèmes à résoudre
dont souffrent la société djiboutienne sont ailleurs.
