L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 19-Oct-2004 19:28 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

 

 

19/10/04 - DJIBOUTI - Les Transports sont l'une des composantes du développement durable des sociétés mais devrait-on s'autoriser à faire dans le " n'importe quoi " en matière de transport aérien de passagers ?.

Par M S. Ancien Officier de l'Armée de l'Air. Réfugié politique au Canada.

Quel que soit le pays concerné, les divers moyens de transports se sont hissés au fil des temps parmi les secteurs économiques majeurs aux côtés de l'Industrie, du Bâtiment, de l'Agriculture et du Tourisme.

L'accroissement du besoin en transport aérien est souvent affiché de nos jours comme une donnée sociologique actualisée qui nécessite impérativement d'Agir.

Agir ! certes mais ceci ne devrait pas se traiter soit comme un phénomène de mode, soit servir des intérêts inavouables, soit mettre en jeu la sécurité des passagers par le non respect des normes nationales et internationales de l'OACI..

Tout concoure à ce que l'on ne traite pas à la légère le transport aérien, en dépit du bon sens comme au risque d'impliquer des vies humaines mais aussi à ne pas porter grand préjudice aux autres moyens traditionnels de transport de passagers comme de marchandises qui existent sur le marché. CE sont tous ces petits commerces - de transports et autres - qui permettent aux populations de survivre : si on les supprime QUE RESTERA T-IL ?

A ceci s'ajoutent l'application de mesures - non des moindres - en faveur de la lutte contre le terrorisme.

On peut donc en conclure que globalement la motivation des créateurs d'une quelconque ligne aérienne - fut elle intra muros dans un pays - mérite donc avant toute chose une étude de faisabilité non exhaustive donc un examen approfondi tant sur la formulation à retenir que sur la dimension de la demande de mobilité qui est certes croissante dans notre société djiboutienne mais qui doit être bien cernée afin de pas commettre d'impair.

Étude de faisabilité et de rentabilité financière.

Il convient d'étudier les déterminants conjoncturels - non substituables les uns aux autres - l'évolution et la répartition de la démographie dans le pays, région par région, mais aussi le niveau de vie des habitants et leur capacité financière à s'acquitter d'un prix de billet de transport par voie aérienne.

Si le transport aérien offre - par des moyens technologiques de plus en plus perfectionnés - des réponses aux déplacements des personnes, des matières premières et des biens de consommation il impose un certain nombre de règles incontournables au premier rang desquelles nous placerons l'Entretien des Aéronefs - Avions et Hélicoptères - et la Sécurité des passagers avec la conformité administrative et technique mais aussi de couvertures d'assurances ; tout ceci suivant les Normes imposées par l'OACI..

Analyser un besoin, serait-ce en déduire que cela légitime de facto les transports aériens au rang d'un besoin vital ? et dès lors conclure que c'est dans l'optimisation de ces derniers que résiderait la satisfaction des aspirations de la société djiboutienne ?.

Dans les régions de l'arrière pays ce besoin existe t-il véritablement ou ne serait -on pas tenté plutôt de créer une artificielle " danseuse du ventre " sans véritable nécesitée ? ; alors que d'autres moyens de transport existent depuis des lustres - certes un peu moins rapides mais bien plus acceptables financièrement parlant - pour relier la capitale aux autres villes côtières et inversement.

La formulation d'une idée anticipative selon laquelle les " Transports aériens " sont nécessaires dans TOUS les cas demeure insuffisante si elle ne peut déboucher sur une réalité sociologique, économiquement et durablement constatées.

Fathi AHMED BELIKI lance le projet de liaison aérienne civile DJIBOUTI - OBOCK - DJIBOUTI en utilisant des avions militaires financés par les aides internationales destinés à la Défense ....

Dans un communiqué paru récemment dans le journal la Nation nous avons eu la surprise d'apprendre que

" Dans le but de désenclaver les régions du Nord, les FAD par le biais de la Force Aérienne Djiboutienne viennent de créer des liaisons aériennes, au profit de la population du Nord à des prix exceptionnels …..
Tous les jeudis et samedis et éventuellement tous les lundis….

Tarifs de ticket … : Aller simple 2000 FD - Aller Retour : 4000 FD…….
La force Aérienne effectuera ses vols en attendant la création d'une compagnie aérienne civile ".

N'existerait-il pas de "Compagnie aérienne" à Djibouti ou ne se situeront pas dans l'un de ces subterfuges consistant à utiliser du "Matériel militaire" qui serait renvendu dans quelques mois à une "nouvelle Compagnioe aérienne" dont les associés seraient Fathi A BELIKI, son beau fil Safouan, MARILL et un certain clan ?...

Cette nouvelle " mascarade " donne une dimension supplémentaire à l'affairisme mafieux de celui qui fait office de Chef d'État Major des Armées, le général Fathi AHMED BELIKI et pose en tout cas, plus que jamais, la question même de la politique menée par Ismaïl OMAR GUELLEH depuis des années ; du rôle que peuvent y jouer les institutions et de la nécessité d'instaurer l'État de droit.

C'est-à-dire en finir d'abord avec la dérive mafieuse qui agite Djibouti depuis des années.

Nous avons en l'espèce la démonstration du " comment " certaines forces, organisées sous le couvert de l'Etat pratiquent en passant - au travers des Forces Aériennes d'un Ministère de la Défense - en utilisant frauduleusement des aides internationales pour les détourner de leur but initial vers une gestion d'intérêts économiques privés pas si occultes que cela car TOUT le monde est lucide quant à cette mascarade financière comme sur la nouvelle " magouille qui est lancée "..

Magouille au plus au sommet de la pyramide des Armées supposées nationales ou trône un libertinage affairiste et mafieux se protégeant derrière un uniforme et de bien piètres galons, privilèges que se sont octroyés une minorité de très hauts gradés qui s'enrichissent frauduleusement et qui sont intouchables car inamovibles.

Dans cette affaire on y voit une non volonté que Djibouti n'en finisse pas qu'avec les passe-droits, mais surtout une nouvelle dérive à partir des Aides internationales - ACTUELLE ET A VENIR - avec une mainmise mafieuse sur des pans entiers de son économie.


Futur logo de la SARL Fathi.A. BELIKI

 

Le mensonge du "... dans le but de désenclaver les régions du Nord… "

Il est totalement absurde et illusoire pour ne pas dire mensonger de prétendre " désenclaver " les régions du Nord du pays en mettant en place une ligne aérienne Djibouti - Obock - Djibouti dans de telles conditions et avec des avions de type Antonov 26 (40 passagers et 5 membres d'équipage) et Ilyushin L 410 (19 passagers et 4 membres d'équipage).

Un certain nombre de questions nous viennent à l'esprit :

  • " Quelles formes - juridique et administrative de gestion - sont données à cette ligne aérienne exploitée par des aéronefs et du personnel militaire djiboutien ?".

  • " Les avions concernées sont-ils assujettis aux règles imposées par l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale) : Certificat de Navigabilité, Couverture des risques et assurances au profit des passagers en cas d'accident aérien ou autre, Opération de Maintenance Entretien des aéronefs, Licence commerciale de Pilotage … etc.

Nous doutons de la fiabilité de l'étude commerciale et préalable car

" Qui à Obock a la capacité financière de payer 4 000 FD pour effectuer un aller retour Obock - Djibouti - Obock ? et à partir de quels critères pourra t-on fidéliser une clientèle, et LAQUELLE ".

Il est un fait indéniable que les tarifs pratiqués par les boutres qui font la navette Djibouti - Obock - Djibouti se situent à moins de 10 % du billet de transport aérien et que de surcroît les commerçants et les familles qui l'empruntent ont une faculté de faire transporter des marchandises à un prix compétitif que ne peut leur offrir le tarif qui leur serait appliqué pour le même transport par avion.


La vérité de la mise en place de cette ligne aérienne est bien plus prosaïque que ce qu'annonce Fathi A BELIKI, elle sous entend une "affaire commerciale" dont il va tenter de tirer profit.

En effet, on va très vite constater à l'usage que cette ligne aérienne va être fréquentée quasi exclusivement par quelques " serviteurs du pouvoir actuel " pour se déplacer et que les avions vont être transformés pour majeure partie en " avions Cargo ".

D'évidence et une fois encore ces " serviteurs du pouvoir actuel " ne paieront éventuellement que le prix du billet de transport passager et certes pas celui afférent au transport de leurs marchandises.

Une autre question se pose :

" Qui va supporter financièrement les déficits d'exploitation de cette ligne aérienne car - n'en doutons pas - il y aura déficits ? ".

Dernière question à laquelle nous allons nous efforcer de répondre dans un article prochain en mettant à jour une nouvelle escroquerie financée à partir des aides internationales affectées - cette fois ci - au Ministère de la Défense de la République de Djibouti.

Pour conclure, l'instauration de la démocratie reste le meilleur moyen de rétablir la confiance à Djibouti mais les mesures spéciales de mise sous perfusion constante de ses finances publiques comme celles affectées au Ministère de la Défense n'ont jamais fait le lit de la transparence.

Il faudra bien - par-delà les non dits inavouables - aborder les questions de fond du développement de Djibouti et de la lutte contre les systèmes locaux mafieux qui se masquent derrière le futile falsificateur alors que les problèmes à résoudre dont souffrent la société djiboutienne sont ailleurs.