L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 22-Oct-2004 23:54 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

 

 

 

23/10/04 - USA - Elections présidentielles, l'enjeu est de remporter les Etats par grands électeurs interposés.

Les candidats à la présidence accordent plus d'importance à certains États qu'à d'autres car la Constitution des États-unis prévoit un Collège électoral au lieu du suffrage universel direct.

Cet article explique le fonctionnement de ce système, et le commentaire de Charlie Cook porte sur les prévisions des résultats des élections de cette année.

M. Cook est directeur de la publication " Cook Political Report ".

Le jour des élections, les Américains ne votent pas directement pour un candidat à la présidence.

Sur leurs bulletins de vote, ils choisissent certes le nom du candidat qu'ils préfèrent mais, en réalité, ils votent pour un groupe de grands électeurs qui se sont engagés à élire le candidat en question au sein du Collège électoral, l'organisme composé de représentants des États qui élit en fait le président et le vice-président.

Créé au tout début de la république, le Collège électoral compte actuellement 538 membres.

Chaque État est représenté par un nombre de grands électeurs égal au nombre de sénateurs et de députés qui représentent cet État au Congrès.

Le District de Colombie (la ville de Washington), qui ne dispose au Congrès d'aucun représentant doté du droit de vote, compte néanmoins trois grands électeurs.

Le candidat qui remporte la présidence est celui qui est élu à la majorité absolue (au moins 270 voix) des grands électeurs.

Dans ce système d'élection indirecte, il est possible de remporter la présidence sans remporter le plus grand nombre de voix à l'échelle nationale.

C'est ce qui est arrivé le plus récemment en 2000, ainsi qu'à trois reprises dans l'histoire des États-Unis. Ces anomalies se sont produites car quasiment tous les États ont recours au système du " tout ou rien ", selon lequel le candidat qui remporte le plus de voix dans un État donné obtient les voix de tous les grands électeurs de cet État au Collège électoral.

Les États du Maine et du Nebraska sont les seules exceptions : deux grands électeurs sont choisis en fonction du nombre de voix obtenues dans l'ensemble de l'État et les autres sont élus en fonction du nombre de voix obtenues dans chaque district parlementaire.

Les partis politiques doivent donc considérer qu'une bataille électorale distincte a lieu dans chaque État, puisque ce n'est pas le nombre total de voix obtenues à l'échelle nationale qui compte ; c'est le nombre de voix de grands électeurs qu'obtient un candidat qui détermine s'il sera ou non le prochain occupant de la Maison-Blanche.

Les candidats doivent mener non seulement une campagne nationale assortie de messages diffusés par les médias nationaux, mais également des campagnes plus ciblées à l'échelle des États, qui tiennent compte des questions et des préoccupations locales et régionales.

De par les caractéristiques démographiques ou économiques des États, il est possible de prévoir le candidat ou le parti que choisiront bon nombre d'entre eux.

On a beaucoup parlé au cours des dernières années des États " rouges " et des États " bleus ", c'est-à-dire des États qui ont tendance à voter majoritairement républicain (rouge) ou démocrate (bleu).

Les cartes faisant apparaître ces différences indiquent que la plupart des États démocrates se situent le long des côtes et la plupart des États républicains dans le sud et le centre du pays.

Les deux camps affectent donc alors une partie importante de leurs ressources aux États dont les résultats sont trop difficiles à prévoir - les États disputés ou hésitants.

Les États disputés, dans lesquels les candidats ne sont départagés que par quelques points de pourcentage, changent parfois d'une élection à l'autre ou même au cours d'une campagne électorale.

En 2004, les experts s'accordent généralement à recenser 10 États disputés :

  • un premier groupe constitué de la Floride, de l'Ohio et de la Pennsylvanie, qui représentent en tout 68 voix de grands électeurs,

  • et un deuxième groupe composé de l'Iowa, du Minnesota, du New Hampshire, du Nouveau-Mexique, de l'Orégon, de la Virginie-Occidentale et du Wisconsin, qui représentent en tout 48 voix de grands électeurs.

Ensemble, ces 10 États représentent 116 des 270 voix de grands électeurs qu'il faut remporter pour gagner.

Les stratèges politiques doivent calculer combien de temps et d'argent un candidat doit consacrer à un État donné en vue d'avoir les meilleures chances de gagner.

Pendant la campagne 2004, le président George Bush et le sénateur John Kerry se sont rendus à de nombreuses reprises dans des États disputés tels que la Pennsylvanie et l'Ohio.

En plus des candidats eux-mêmes, leur colistier, des membres de leur famille et d'autres représentants, par exemple des politiciens locaux appréciés du public, ont fait des discours dans le cadre de la campagne dans ces divers États.

Dans une bataille électorale serrée, la participation des électeurs est décisive.

Les deux camps organisent donc de grandes campagnes de mobilisation des électeurs, visant à identifier leurs partisans et à les convaincre soit d'aller aux urnes le jour des élections soit de voter au préalable par procuration.

Les deux partis ont également d'importants programmes d'inscription des électeurs sur les listes électorales, particulièrement axés sur les collectivités susceptibles de voter pour leur candidat.

L'influence du Collège électoral
Commentaire de Charlie Cook

Si les États-Unis n'avaient qu'une seule grande élection nationale, au terme de laquelle le candidat remportant le suffrage populaire serait élu président, les candidats axeraient toute leur campagne sur les grandes villes, sans mener de campagne véritablement nationale et en délaissant complètement les petits États.

Le système actuel a été mis en place de façon à créer 51 courses distinctes à la présidence (dans 50 État et le District de Colombie), les États disputés étant, dans la campagne actuelle, aussi divers que le New Hampshire dans le Nord-Est, le Nouveau-Mexique et le Nevada dans le Sud-Ouest et la Floride dans le Sud-Est (ces trois États comptant tous parmi la population un nombre important d'Hispaniques), des États industriels comme la Pennsylvanie et l'Ohio, ainsi que des États plus diversifiés où une partie importante de la main-d'œuvre travaille dans l'agriculture, comme l'Iowa, le Minnesota et le Wisconsin.

Ce système oblige également les candidats à faire davantage campagne " localement ", en se rendant dans des villes de relativement petite taille, ce qui ne serait assurément pas le cas s'il n'y avait qu'une grande élection nationale.

Ce système empêche la campagne de n'être qu'un événement télévisé et donne lieu à des échanges avec les électeurs à l'échelle locale.

Le système du Collège électoral n'est guère parfait et a sans aucun doute des défauts, mais il s'explique par des raisons que l'on peut aisément justifier.


Situation actuelle

À l'heure actuelle :

24 États, représentant en tout 208 grands électeurs, voteront vraisemblablement ou assurément pour le président George Bush.

  • Il s'agit des États suivants : Alabama (9), Alaska (3), Arizona (10), Arkansas (6), Géorgie (15), Idaho (4), Indiana (11), Kansas (6), Kentucky (8), Louisiane (9), Mississippi (6), Missouri (11), Montana (3), Nebraska (5), Caroline du Nord (15), Dakota du Nord (3), Oklahoma (7), Caroline du Sud (8), Dakota du Sud (3), Tennessee (11), Texas (34), Virginie (13), Utah (5) et Wyoming (3).

13 États reviendront probablement ou assurément au sénateur John Kerry, ce qui représente en tout 179 voix de grands électeurs.

  • Il s'agit des États suivants : Californie (55), Connecticut (7), le District de Colombie (3), Delaware (3), Hawaï (4), Illinois (21), Maryland (10), Massachusetts (12), New Jersey (15), New York (31), Rhode Island (4), Vermont (3) et Washington (11).

3 États disposant en tout de 28 voix de grands électeurs penchent actuellement pour Kerry :

Maine (4), Michigan (17) et Orégon (7).


Sur les 50 États et le District de Colombie participant aux élections du 2 novembre, on dénombre 11 États, représentant 123 voix de grands électeurs, dans lesquels l'écart entre les deux candidats est si faible qu'il est très difficile de prévoir l'issue du scrutin.

Il s'agit des États suivants :

  • Colorado (9), Floride (27), Iowa (7), Minnesota (10), Nevada (5), New Hampshire (4), Nouveau-Mexique (5), Ohio (20), Pennsylvanie (21), Virginie-Occidentale (5) et Wisconsin (10).

Pour être élu au Collège électoral, et donc à la présidence, un candidat doit obtenir en tout 270 voix de grands électeurs.

À la veille du premier débat, M. Bush avait, d'après les principaux sondages, de trois à huit points d'avance (vraisemblablement six points d'avance) sur M. Kerry à l'échelle nationale, et quatre points d'avance en moyenne dans les États où l'écart entre les deux est le plus mince.

M. Bush avait une très faible marge d'avance dans sept des huit États où il est difficile de faire des prévisions.

À la suite du premier débat, les deux candidats étaient, d'après de nouveaux sondages, quasiment au coude à coude dans les statistiques, aucun des deux n'ayant une nette avance sur l'autre.