L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 29-Oct-2004 3:39 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

29/10/04 - DJIBOUTI - Mouvement de Libération Nationale - Au confessionnal d'un Ismaïlisme falsificateur de toutes les vérités économiques, sociales et politiques, nos gouvernants opportunistes et de circonstances attendent naïvement que les uns derrière les autres, nous allions à l'abattoir.

Par Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

La République de Djibouti est située au carrefour stratégique de deux continents, de cultures, de langues alors que plus que jamais le pays est le théâtre de deux mondes antagoniques.

Le premier de ces mondes en était il y a encore quelques trois années à ses premiers balbutiements car placé sous la domination de la " pensée unique", nourri avec le bâton et supprimé par le poison pour les gênants d'entre nous.

Depuis, ce monde puise sa force dans un Mouvement de Libération Nationale qui a réveillé les consciences pour redonner du sens à la vie en société ; quant à l'autre nous ne le connaissons que trop, il contraint le premier et - bien que faisant promesse sur promesse non tenue - il cultive le désespoir pour contraindre chacun et chacune à "s'épanouir dans la servilité".

Les beaux parleurs de la nomenklatura djiboutienne actuelle cherchent à nous faire croire que les coupables des catastrophes vécues actuellement sont ailleurs - quitte à égratigner l'ancien colonisateur au passage histoire d'entretenir les rejets dont ils pourraient avoir le besoin un jour pour "expulser" les Forces Françaises et leurs familles.

Incapables qu'ils sont de gérer notre pays et de placer les populations sur le chemin du progrès social et économique avec au bout de plus de vingt sept ans de régression sociale, suprême apothéose, ils tentent de donner au peuple le goût morbide de l'autoflagellation.

Hypnotisés par le mouvement pendulaire de leurs encensoirs depuis 1999, les intégristes de la pensée unique brandissent leur dernière bulle, pour ne pas dire leur cartouche sans amorce : les Élections présidentielles de mai 2005 car - d'après eux - aux populations parmi les plus pauvres au monde ils vont offrir du travail pour tous et toutes avec deux mots : ESPOIR et ZONE FRANCHE de Doraleh.

Là ils dépassent de loin le mensonge économique - véritable insulte aux demandeurs d'emplois - pour verser dans la fumisterie étatisée à laquelle ils nous ont habitués.

Au confessionnal d'un Ismaïlisme falsificateur de toutes les vérités économiques, sociales et politiques, nos gouvernants opportunistes et de circonstances attendent naïvement que les uns derrière les autres, nous allions à l'abattoir.

Le gouvernement d'Ismaïl OMAR GUELLEH nous fait penser à l'histoire d'un agglomérat de péquenots associés et de circonstances qui, dans leur chambre d'hôtel, soufflent sur l'ampoule électrique pour l'éteindre comme si c'était une chandelle.

Freud, qui utilisait cette anecdote pour se faire comprendre de ses auditeurs, la commentait ainsi :

"Si vous attaquez directement le symptôme, vous faites la même chose que cet homme. Il faut d'abord chercher l'interrupteur."

C'est l'histoire d'une autocratie djiboutienne modèle La Havane, la nôtre, qui s'enferme dans une succession de plans de lutte contre le chômage et qui ne connaît que des déceptions car elle n'en a jamais osé en exposer les causes et certes pas les publier..

Le bilan après plus de 5 années s'est aggravé, cette politique de tous les errements produit toujours plus de chômage, plus de précarité, plus d'inégalités, plus de soumission et toujours moins de possibles, moins d'autonomie, moins de liberté, moins de citoyenneté...

Nous sommes dans une société djiboutienne où le travail c'est 15 % de la population en âge d'être active ce qui n'empêche pas la pauvreté en aggravant la misère depuis 1999 par un phénomène de récession générale, y compris sur les plans de l'Éducation et de la Santé publique,

  • une société où une personne sur dix mille détient les monopoles du secteur privé (par l'usage du racket et du chantage à la saisie des biens et à l'expulsion ; propriétaire directement ou indirectement et par prête noms et partage plus de 80 % des richesses du pays,,

  • une société où une personne sur mille vit confortablement,

  • une société où trente personnes sur mille arrivent bon gré mal gré à s'en sortir, quitte à ne faire qu'un repas par jour,

  • une société où trois cent soixante personnes sur mille sont en limite du seuil de pauvreté, ne mangent ni viande ni poisson mais quasi exclusivement que du riz bouilli comme c'est le cas chez nos militaires de grades subalternes, dans la Gendarmerie et au sein des Forces Nationales de Police,

  • une société où six cent personnes sur mille sont en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire ont moins de 1 USD par jour pour survivre.

Cherchant à briser toutes les solidarités, renforçant le repli sur soi des individus, alimentant désespoirs, illusions et fantasmes, Ismaïl OMAR GUELLEH, le clan des HAÏD et leurs quelques associés fournissent - par leurs comportements et démissions - les munitions de la violence civile alors que toute évolution dans la légalité républicaine est annihilée par les forces les plus rétrogrades de la société qui ne sont que quelques uns mais qui imposent leurs propres lois par la force.


Un univers des attardés qui tendent la main pour mendier à leur profit et qui en viennent même à se quereller dans leurs " chapardages " alors que tous les ingrédients sont réunis pour l'implosion sociale.

Nos " gouvernants opportunistes et de circonstances " se querellent de plus en plus fréquemment aussi pour une éventuelle succession au squatter du Palais de l'Escale que l'on dit "gravement malade " ou sont en immersion et préparent leur fuite.

Abdourahman BOREH ne cache plus ses ambitions à qui veut bien l'entendre, le prochain président ce sera "Lui" !!!.

C'est contre ce monde là que nos Enseignants et les employés de la Fonction publique, militaires, gendarmes et policiers réclament leurs arriérés de salaires ou de soldes.

La naïveté indispensable à la reproduction de l'ordre établi est agonisante.

En paroles ou en actes, les populations djiboutiennes refusent d'obtempérer à l'injonction d'espérer en un monde meilleur, ils vivent d'espoirs depuis si longtemps et au fur et à mesure que le porte monnaie se vidait !..

Une expression complice de ceux d'en bas s'impose par l'entremise d'un Mouvement de Libération Nationale.

A quoi servirait de courir dans un monde sans avenir, à quoi servirait de travailler lorsque l'on est pas payé ?; il n'y a qu'à Djibouti où la patience à de telles limites alors qu'ailleurs les populations seraient déjà dans la rue pour bien moins que 6 ou 7 mois de suppression de salaires ou de soldes !!!!


C'est le début de la fin de la grande illusion ! Les mensonges du pouvoir sont usés, ils ne sont plus producteur de rêves.

A ce stade là, Ismaïl OMAR GUELLEH n'a d'autre issue que d'augmenter la pression pour asservir la démocratie, ou passer la main au Mouvement de Libération Nationale avant que ses " propres amis " ne se saisissent du pouvoir pour ensuite se venger sur sa famille.

La généralisation de la précarité explose les libertés alors que le développement du chômage s'il est un choix stratégique constitue à Djibouti un risque dont on ne mesure pas pleinement - sur le plan international - tous les risques.

Djibouti ce n'est pas le monde occidental, si les populations sont moins revendicatives et exigeantes en matière de conditions d'existence, lorsque la révolte est celle de la misère et de la faim et qu'il n'existe plus qu'une porte de sortie c'est après les événements qui s'ensuivraient si RIEN N'ETAIT FAIT que l'on risquerait bien de mesurer alors et seulement alors l'ampleur du désastre notamment sur notre jeunesse..

L'affaire du Rwanda ne semblerait pas avoir servi de leçon.

Que chacun assume ses responsabilités, aujourd'hui comme demain !.

Si dans le monde occidental on préconise que la notion de travail à temps plein et la durée légale du travail soient purement et simplement abolies, précisant qu"'il va falloir s'habituer au fait que l'on ne travaillera que lorsqu'il y aura du travail", le problème auquel sont confrontées nos populations sont différentes car " IL N'Y A PAS DE TRAVAIL " alors que les entreprises étrangères comme djiboutiennes ferment - une à une - leurs portes.

Les "réussites" du patronat le plus éclairé à Djibouti ne résistent pas à la mainmise exercée sur tous les secteurs d'activités par une minorité qui agit en " bande organisée " et qui s'approprie - par tous les moyens - les " affaires " rentables..

En embrigadant les uns, en contraignant un nombre croissant d'individus à l'inactivité, Ismaïl OMAR GUELLEH a créé des non-citoyens et des sous-citoyens dont la multiplication vide de son sens la notion même de vie collective.

Cela, alors même que la démocratie n'est pas encore née à Djibouti seule la boulimie de désirs éphémères de quelques uns leur ôte tout esprit critique, pour les faire sombrer dans le plus puéril des "conformismes" de la pensée unique.

Dans un pays où le travail devrait fonder l'identité de chacun et où ce sont les formes légales et réelles de ce dernier qui déterminent le contenu de la démocratie, il n'y a aujourd'hui que le désert qui s'installe avec les commerces et les entreprises qui ferment..

Ceux qui peuvent vendre encore le font et bradent ce qui peut l'être.


Résoudre le problème politique du droit au travail à Djibouti, c'est aussi, en même temps, instaurer une amorce de démocratie et restaurer la République.

Tout ce qui touche à la condition du salariat est immédiatement politique, au sens de la Participation des citoyens à la l'existence même de la Cité.

C'est de divorce dont il s'agit d'avec le gouvernement d'Ismaïl OMAR et il est irrémédiable alors que les fantômes des bureaux aseptisés du Palais de l'Escale et de bon nombre de ministres considèrent les Djiboutiens et les Djiboutiennes comme une sous race.

En toute logique Ismaïlienne, en mettant en panne là où il faudrait profiler du vent, les faux syndicats et les partis complaisants confortent le pouvoir dans son rôle de matamore de l'immobilisme.

Et pourtant, le vent est en train de changer de sens.

Djibouti doit exister sans Ismaïl OMAR GUELLEH, sans le clan des HAÏD et sans leurs amis.

Nous avons décidé ensemble de rompre à très court terme avec le " système mafieux " dans la gestion de l'État et de restaurer une République de Droit et des libertés publiques, nous pourrons alors devenir un exemple irrépressible pour nos voisins avec qui nous devons entretenir de réelles relations d'échanges dans une confiance partagée et non tenter de les contraindre sur le plan économique.

Alors seulement, le gouvernement djiboutien cessera d'être une insulte permanente

- une insulte à l'intelligence et à la créativité des tribus - SANS EXCEPTION AUCUNE - qui composent la République de Djibouti,

- une insulte et une provocation à l'égard de nos voisins avec qui nous avons des liens d'attaches familiales, donc avec qui nous devons Reconstruire - Ensemble - une véritable Paix et le Progrès pour toutes les populations des pays de la Corne Est de l'Afrique ..