L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 30-Oct-2004 13:05 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

30/10/04 - DJIBOUTI - Danger pour la Santé publique, l'absence de propreté et l'insalubrité dans la capitale sont des sujets qui reviennent suivant le "goût du moment" alors que la situation s'aggrave proportionnellement à la longueur des discours abstraits des Responsables des administrations concernées.

Par Mme la Doctoresse Aïcha OSMAN ABDI.

S'il est un sujet dont la presse locale s'est saisie et qui a généré des controverses avec des droits de réponse aussi long qu'incompréhensibles pour le Djiboutien lambda, c'est bien celui de l'aggravation de l'insalubrité publique dans la capitale.

A la vision pseudo technocratique que l'on retrouve dans les écrits et discours officiels que peu comprennent, s'oppose la réalité de dépôts sauvages d'ordures diverses et bien plus que nauséabondes car dangereuses pour la Santé publique qui s'amoncellent, ça et là, un peu partout jusqu'au centre de la capitale.


Par les conséquences induites de l'Insalubrité publique, l'Enfant est la première victime fragilisée.

Plus de 1 500 000 enfants sont morts de diarrhée dans le monde en 2002 soit près de trois fois la population totale de notre pays..

Il faut savoir que :

- que 80% des enfants meurent au cours des 2 premières années de la vie, le pic d’infection se situant entre la première semaine de vie et l’âge de 18 mois dans les PED (Pays En Développement).,

- avant l’âge de 5 ans, un enfant présente 3 à 9 épisodes diarrhéiques par an

Plusieurs facteurs concourent à la fréquence et à la gravité des diarrhées en milieu tropical :

- difficultés d’accessibilité à l’eau potable,

- prévalence élevée des agents pathogènes dans l’environnement,

- co-infections avec la rougeole,

- l’infection VIH/SIDA,

- intrication avec la malnutrition protéino-énergétique et les avitaminoses,

- association avec la drépanocytose, les schistosomoses…

Cependant, la prise en charge thérapeutique, notamment la réhydratation par voie orale (RVO), qui est devenue la référence depuis les années 1970, a entraîné une nette diminution de la mortalité dans les PED. L’espoir repose sur la mise en place de vaccins anti-diarrhéiques qui sont arrivées sur le marché pharmaceutique alors que certains praticiens (une infime minorité) en conteste la fiabilité.


Chacun et chacune se plaint l'aggravation de l'insalubrité publique dans la capitale tout en ayant le sentiment que rien n'avance et que loin de résoudre ce problème en urgence celui-ci s'est considérablement aggravé en quelques années.


Nombreux sont les habitants qui désirent vivre dans un environnement propre. Ils sont tout aussi nombreux à savoir qu'il en va également de l'attractivité de la ville, donc de son développement, de sa prospérité ; bref de son image.


1 - L'Éducation et le changement de mentalités

Mais aussi performant que pourraient être les dispositifs mis en place en faveur de l'amélioration de la propreté donc de la Santé publique, dans le meilleur des mondes, on n'arrivera à rien sans la Participation des citoyens et des citoyennes à ce que nous considérons être une priorité ; la Santé de tous et de toutes !.

On en revient donc à cet éternel problème de l'Éducation du citoyen et bien évidemment de l'Enfant dès les premières années avec des indispensables cours dispensés en milieu scolaire et périscolaire, notamment par

  • des Associations spécialisées dans la Protection de l'Environnement,

  • d'Éducation à la citoyenneté par nos Enseignants.

Au niveau de la grande capitale qu'est Djibouti ( qui regroupe les 3/4 de la population totale de notre pays) et compte tenu de l'état de délabrement de certains quartiers tant sur le plans des infrastructures qu'au niveau des Voies et Réseaux Divers (VRD), la chose n'est évidemment pas des plus simples et coûte aussi beaucoup d'argent.

Le succès de toute politique ne sera possible que si les habitants acceptent de respecter les règlements et de faire preuve de plus de citoyenneté ; de plus de responsabilité ... pour le plus grand bénéfice de tous.

Au lieu des grands discours sans lendemain faits par une administration qui - il est vrai - n'a pas les moyens financiers de sa mission (où qui les .. utilise à d'autres desseins), il convient d'y substituer des campagnes de sensibilisation et d'Éducation Nationale à mener suivant un calendrier bien établi au travers des médias, des associations, mais aussi des représentants des communautés étrangères, des sociétés de logements sociaux, des Chefs de Quartiers et de leur comité qui n'auront pour but que de rappeler qu'un citoyen n'a pas que des droits, mais qu'il a aussi des devoirs, et en matière de salubrité publique également.

L'une des grandes priorités dans ce domaine devrait être à donnée a l'Information - Formation de proximité suivant un programme global agréé par les ministères concernés dont celui de l'Éducation nationale.

D'évidence, c'est sur le plus jeune âge que nous devons axer principalement nos actions de sensibilisation afin d'assurer une politique de prévention destinée à éduquer et à stimuler les enfants, ces hommes et ces femmes de demain.

Ces mêmes enfants - et pour autant que les Enseignements soient bien menés par des pédagogues - doivent être Responsabilisés dans le cadre de leur Participation active directement aussi sur le terrain dans des séances encadrées dites " d'Éducation et de Formation pratiques ".

Toutes les actions entreprises ont pour but de conduire à la modification progressive des mauvais comportements pour qu'ils se transforment en bons automatismes chez nos graines d'adultes mais aussi chez certains parents car n'oublions pas que l'Enfant bien informé et formé, fortement convaincu du bien fondé de la formation reçue, devient alors aussi l'Éducateur du comportement de ses parents comme des adultes qui le côtoient au quotidien.

On saisit donc le caractère prépondérant que revêt la Formation Éducation de l'Enfant, tant dans sa famille qu'en milieu scolaire.

Sur ce dernier point, il nous semble très important que les Enseignants soient impliqués - au côté des Associations spécialisées - comme Acteurs importants et pédagogues professionnels car formés à ce difficile exercice ( pour ne pas dire sacerdoce laïque) consistant à transmettre à des enfants - pas toujours structurés socialement - leur savoir et leur savoir faire..

Pour faire "passer un message " dans tous les dispositifs scolaires ou périscolaires de la Formation Éducation à une bonne perception et globalement au respect de l'Environnement, nos Enseignants ont une certaine maîtrise que l'on a pas forcément..

Dans les études que nous avons lancées, il y a une année et de concert entre la Commission Santé publique et notre homologue de l'Environnement du Gouvernement en Exil - quelques grandes idées directrices ont émergé.

L'Enfant et sa Participation dans le groupe, mise en avant de l'esprit de l'effort au sein de l'équipe.

Le principe est de contribuer au bon épanouissement de l'Enfant en milieu scolaire comme péri scolaire en instituant divers niveaux de connaissances en matière d'amélioration des conditions et de Protection de l'Environnement.

Il conviendra aussi de sanctionner l'acquisition desdites connaissances par l'attribution à l'Enfant d'un diplôme par degré de compétences atteintes.

Outre le fait que l'Enfant se valorise au sein de son groupe d'âges, donc y consolide sa place tout en développant chez lui l'esprit d'équipe, se mouvant dans un tel dispositif il sera incité en confiance à progresser pour atteindre les degrés de compétences supérieures qui devraient être

" Environnement - benjamin ", " Environnement - minime ", " Environnement - cadet ", " Environnement - junior ".

Peu importe le titre du diplôme obtenu, dont la valeur ne sera qu'indicative sur le plan du cursus, c'est ce qu'il sous entend et suggère pour l'avenir qui nous semble l'essentiel.


2 - La répression

Quand l'éducation n'est plus suffisante et que malheureusement l'information n'est pas entendue par les plus récalcitrants, il faut immanquablement passer à un autre discours.

C'est là qu'entre en scène la phase répressive, indispensable pour les inconditionnels au maintien de l'insalubrité publique qui portent atteinte tout à la fois à la Santé publique en créant les conditions d'émergence d'épidémies et qui défigurent le paysage, notre environnement immédiat.

En chaque société il existe des règles de vie en commun qui doivent profiter à tous et à toutes..

Les multiples constatations d'infractions, dressées par les responsables des Services djiboutiens compétents doivent servir à l'établissement de redevances "dépôts clandestins" .

Mais l'application de la sanction (procès-verbal) et sa poursuite judiciaire reviennent uniquement aux services de Police et du Parquet du Procureur de la République habilité à poursuivre ou pas l'auteur des faits.

C'est donc à tout à un panel de dispositions de sanctions auquel nous nous attachons actuellement dont le but est de réduire fortement les dépôts clandestins et donc d'alléger le fardeau des services de police afin que les futurs agents de proximité (postes qui seront à créer) puissent intégrer davantage le respect de la propreté dans leur travail quotidien et pratiquer un contrôle plus systématique en matière d'environnement.

Dans le cadre du projet du GED, un projet de Loi devrait être soumis au vote de l'Assemblée Nationale pour décision ; dans cette loi que nous proposons ont trouve notamment un panel de degrés de sanctions pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement de l'accusé suivant la gravité des faits reprochés notamment pour acte de dégazage des soutes des bateaux pétroliers dans les eaux territoriales djiboutiennes..

Le principe reste et demeure, "Le pollueur est le payeur" mais payer ne signifie signifiant pas de facto le versement d'une amende financière - plus ou moins importante - mais l'obligation pour le coupable - sanctionné par un jugement de Tribunal - de procéder au nettoyage des lieux durant une période évaluée en "heures de travaux" qu'il devra à la société à l'endroit du délit ou en un quelconque autre lieu laissé à l'appréciation du tribunal..


Les Commissions Santé et celle de l'Environnement travaillent simultanément sur 6 grands dossiers.

1 - Étude et programmation de mise en place de dispositifs en matière de préservation et de protection - y compris en milieu marin - dans le cadre de la future politique de l'Environnement que nous préconisons. " STOP on ne palabre plus, on AGIT " et qui dépasse de très loin ce qui en a été écrit ci-avant,

2 - Nettoyage de la ville de Djibouti à grande échelle et par quartier, désinfection de certains secteurs contaminés. Programmation des travaux, embauche temporaire de personnels pour une mission à durée déterminée. Utilisation de personnels militaires dont chauffeurs de véhicules poids lourds et de camions à benne, avec leur véhicule des Forces Armées....

3. Le tri sélectif, le recyclage. L'avenir c'est aujourd'hui et pour la Santé de TOUS ". Création de nouveaux métiers durables donc de formations et d'emplois dans le cadre de la future politique de l'Environnement que nous préconisons de mettre en place.

4. La Propreté donc la Santé. La priorité à court terme de la future politique de l'Environnement que nous préconisons de mettre en place sera de rétablir l'image d'une capitale et de ses faubourgs propres dans l'esprit d'un Schéma National de Développement Urbain réactualisable car suivi en temps réel. Dispositif applicable aux autres villes des régions de l'intérieur..

5. Qualité du service et fiabilité dans le temps. Gestion, évolution et perspectives à court, moyens et long termes..

6. Étude de tous les coûts prévisonnels - année par année - de la future politique de l'Environnement que nous préconisons de mettre en place ; des charges et des salaires....etc,