L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 31-Oct-2004 13:01 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

30/10/04 - Djibouti. Il faut bien commencer quelque part si l'on veut substituer l'État de Droit au " Royaume bananier ", celui de l'affairisme avec tous ses excès.

Par Mahamoud IDRISS AHMED,
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti.


" La ville, surtout lorsqu'elle sait rester à la taille de l'homme, contient, avec ses centres de production, ses structures sociales et administratives, ses réseaux culturels, un immense potentiel éducatif, non seulement par l'intensité des échanges de connaissances qui s'y opèrent, mais aussi par l'école de civisme et de solidarité qu'elle constitue. " (Apprendre à être, UNESCO, 1972)

Beaucoup plus que le simple fruit du hasard, la société djiboutienne en est arrivée après 27 ans d'un fantôme d'indépendance à une période charnière de son histoire ; à une réelle opportunité de formuler, à court terme, ensemble au sein d'un Mouvement Djiboutien de Libération Nationale un projet de société basé sur l'apprentissage de la démocratie et l'innovation dans un État de Droit et des Libertés publiques respectées.

Djibouti au jour du bilan.

Djibouti est depuis trop longtemps la capitale des extrêmes par excellence. L'immensément riche ignore et voire dédaigne la grande pauvreté qu'elle insulte par ces mots comme par ses actes de xénophobie clanique vis à vis d'une misère errante en provenance de pays limitrophes..

La misère humaine amène ainsi des êtres errants - hommes, femmes et enfants - de pays en pays à ne plus avoir d'identité et se retrouve ainsi reléguée à un rang de non citoyenneté quasiment animale, trop souvent bien au delà de ce qu'aurait pu faire le " pire colonisateur ".

C'est la démonstration au quotidien de la ville de l'artificiel, du pompeux et du précaire, et celle du passager pour les uns ; une sorte de miroir aux alouettes pour les autres dans une ville aux miettes d'éclats trompeurs qui attirent tant de réfugiés originaires de régions de la Corne Est de l'Afrique ravagées par les guerres et les famines.

De cette misère humaine et de l'errance humaine en provenance des pays limitrophes, nos gouvernants opportunistes et de circonstances en on fait un odieux commerce par un chantage international qui se perpétue et qui masque bien des intérêts d'ordre privé.

Si les rues de bien d'autres capitales africaines et moyen orientales baignent dans des parfums de l'encens et ceux de la myrrhe alors que les fleurs blanches et vertes apparaissent et des nœuds se forment dans le tronc des balsamiers, c'est bien d'autres senteurs qui inondent la capitale djiboutienne particulièrement depuis 5 années, effluves bien moins agréables mais qui ne sont pas irréversibles car le vent de toutes les colères cumulées peut tout balayer en quelques instants.

Quelles en seraient les conséquences sur les vies humaines ?.

Ici, une infime minorité y fait du fric avec démesure et que cela alors qu'une grande majorité des populations - tant djiboutiennes que réfugiées - tente d'y survivre en essayant de s'abriter souvent sous de frêles toitures faites de matériaux de récupération et survivent au quotidien sous un soleil de plomb en " grappillant " ce qu'elles peuvent.

Pratiquement fondée par deux communautés - celle des Issas et des Afars -, la mission fondamentale des gouvernants et des autres responsables locaux qui se sont succédés à la tête du pays bien avant l'indépendance aurait dû être avant tout éducative à l'égard des générations qui ont suivi. Par priorité une éducation à vivre ensemble, à se respecter et à commencer à construire conjointement le pays comme son unité nationale sous un même drapeau au matin du 27 juin 1977.

A l'inverse de cela, Djibouti s'est figé depuis toujours sans Agir mais en ne Réagissant qu'au rythme de ses discordes entretenues financièrement mais aussi du volume de fric que l'on pouvait y faire en s'affranchissant de toutes les lois.


Djibouti est donc devenu en 27 années non pas une République ni le pays des " Braves " mais celui des " caves " nébuleuses dans lesquelles ont amasse toutes les rapines. Sortes de cavernes modelées par un Hassan GOULED premier larron relégué bien vite et dès les années 80 au second plan de l'État et mis depuis sous surveillance policière par un couple d'escrocs de grande envergure ; bien plus qu'Ismaïl OMAR GUELLEH , une Kadra Odette MAHAMOUD HAÏD avec son clan des HAÏD et les " 40 babas " qui la soutiennent.

Si l'on conjugue communément au masculin le terme de "machiavélisme" en qualifiant ainsi ce qui est rusé, perfide et tortueux - ce qui n'est pas totalement faux - on oublie souvent que Machiavel au féminin en dépasse toutes ces limites connues, a fortiori lorsqu'il a pour nom Kadra HAÏD - piètre première dame d'un royaume de l'absurde - qui n'a pas fait que proposer la recette de son propre succès politique par l'abstraction de la morale et toutes les compromissions mais qui a versé bien au-delà en faisant ouvertement commerce de la vie des " enfants de la misère " issus des pays de la Corne Est de l'Afrique qu'elle fait aussi rapter dans les rues de la capitale djiboutienne pour les revendre - telles des marchandises précieuses - dans les pays occidentaux et dont on ne sait ce qu'ils deviennent après décollage de l'Aéroport international sous couvert de "passeports diplomatiques".

La Justice étant un long fleuve qui avance, cette métaphore s'est trouvée être confirmée par des faits concrets avec l'arrestation récente des hommes d'un réseau de trafiquants d'enfants au Canada sous l'accusation de proxénétisme et " alimentation " de réseaux de pédophiles et de clubs privés…

Les enquêtes qui en découlent sont troublées parfois par l'émergence de passeports diplomatiques djiboutiens présentés par les trafiquants d'enfants, hommes et femmes ; là où ils n'ont aucune raison d'être détenus..

Ismaïl OMAR et surtout Kadra HAÏD ne sont pas des acteurs de premier plan pour construire la ville où nous désirons vivre et toutes les conditions décentes d'existence de nos enfants, comme de l'image d'un pays et de ses populations que nous souhaitons présenter comme un modèle d'intégration de l'apprentissage djiboutien au monde d'aujourd'hui comme à celui d'un demain.


Éduquer les populations ; apprendre partout, tous les jours

Pour être le levier de développement socio-économique que nous souhaitons, le projet de faire de la capitale Djibouti une cité éducative doit être plus qu'un slogan sans lendemain, des espoirs bafoués ou qu'une marque de commerce GUELLEH ou HAÏD.

Il devra s'incarner rapidement par la réalisation d'initiatives précises, ancrées dans la réalité du milieu et balayant en préalable toutes les " mauvaises habitudes " perverses qui nous ont menés à une situation de toutes les catastrophes..

Cela représentera un défi important, pour lequel nous pouvons heureusement compter sur les expériences positives vécues aussi par une partie de la population djiboutienne en situation d'exil - dite de

"l'intelligence et la pertinence contraintes à l'Exil"

et qui rejoindra le pays pour s'y fixer et Construire.

Toutes les villes de l'intérieur du pays tenteront d'atteindre des objectifs semblables, ceci en harmonie avec les spécificitées locales qui varient du sud au nord et qui se regrouperont le moment venu au sein de l'Association internationale des villes éducatrices dont la capitale Djibouti sera nécessairement la première ville membre de la République de Djibouti.

À titre d'exemples des activités et des programmes autour desquels prend forme le caractère éducatif des villes membres de l'Association internationale, mentionnons pour ce concerne notre "projet Djibouti":

  • - des projets de collaboration entre écoles et musées de pays et de cultures différentes ;

  • - des collaborations entre services d'urbanisme et facultés, Écoles d'architecture (projet Djibouti en cours d'élaboration...);

  • - des projets éducatifs réalisés à l'occasion de la restauration d'un cours d'eau urbain, d'un quartier;

  • - des activités de découverte de l'horticulture offerte dans les parcs et jardins publics. Démonstration qu'à Djibouti et malgré la qualité des sols des projets cohérents peuvent aboutir comme cela s'est fait ailleurs et dans des conditions similaires;

  • - pour l'avenir proche, les expériences de conseils municipaux pour enfants, pour aînés, etc., l'apprentissage à la Démocratie et à tous les sens du Civisme ;

  • - l'existence des possibilités d'espaces-jardins communautaires en milieu urbain ;

  • - la création d'itinéraires thématiques de découverte de la ville à l'intention des citoyens et des touristes ;

  • - les élections virtuelles pour enfants à l'occasion de scrutins municipaux - Développement de la Participation active et positive chez l'Enfant;

  • - les activités estivales pour Enfants (de type : " camp de jour ", "camp d'aide à l'archéologie"....) ;

  • - les mises en communs d'activités éducatives par les musées avec création d'un Musée de l'histoire de Djibouti;

  • - les programmes de stages ou d'insertion en milieu de travail ;

  • - le soutien à l'entrepreneuriat, etc.

Plusieurs expériences et programmes éducatifs répertoriés dans la banque de cette association internationale trouvent déjà leurs équivalents dans les pays du monde occidental.

Plusieurs autres devront servir de sources d'inspiration pour le développement de nouvelles activités à Djibouti.

La capitale de Djibouti pourrait également soumettre à l'attention des villes membres de l'Association internationale plusieurs expériences et programmes innovateurs qui seront mis en place sur son territoire et qui n'attendent qu'à être mis en valeur.

Djibouti a tous les moyens de devenir à court terme une ville moderne où non seulement il fait bon vivre... mais où il fait également bon apprendre, tous les jours de sa vie, quelle que soit la manière, à l'école ou dans la rue.

Il faut le dire ; de plus, y travailler, continuer d'innover en ce sens.


Il faut bien commencer quelque part… et commencer par bousculer les mauvaises habitudes instaurées.

Bousculer les mauvaises habitudes c'est dans notre esprit privilégier l'exercice du "LIBRE COMMERCE", celui de "LA LIBRE ENTREPRISE" créatrice de plus values pour les investisseurs et bénéficiant d'allégements importants car créant des Emplois.

Dans notre programme de gouvernement, Djibouti a avantage à adopter le modèle de la cité éducative afin d'être en mesure d'assurer à ses citoyens un avenir prometteur, dans le contexte d'une économie mondialisée; une économie qui repose de plus en plus sur le savoir et l'information et non sur l'exploitation de la majorité par une minorité d'escrocs de haut vol.. doublés de monopolisateurs de TOUTES les activités économiques du secteur privé.

Mais pour espérer atteindre nos objectifs, le projet devra toutefois être très clairement formulé, s'avérer rassembleur et bénéficier d'un leadership efficace ; ce leadership sera au départ le nouveau gouvernement de la République qui transférera majeure partie de ses pouvoirs au Maire de Djibouti puis aux Conseils régionaux et aux Maires des grandes villes de l'intérieur du pays.

A la question posée

" mais où trouver l'argent nécessaire ? "

nous répondons par avance qu'en 27 années d'ombre d'indépendance nationales les quelques premiers soixante prédateurs de nos finances publiques se sont appropriés plus de 300 milliards de FD alors que l'on sait que les Aides internationales affluent sur le pays mis sous perfusions financières constantes.

" L'argent est là ! encore faudrait-il le gérer dans l'intérêt national et non pas se l'approprier à titre privé pour le réinvestir à l'étranger ! ".

Et finalement, parce que le projet de faire de Djibouti une capitale éducative n'aura la force que nous lui souhaitons que s'il est le fruit d'une réflexion élargie, d'une modification profonde et ambitieuse de notre système éducatif et de Santé publique, car l'un n'allant pas sans l'autre.

Nous inviterons les entreprises et les organismes de toutes natures à la Participation ; également tous ceux et toutes celles que ce projet interpelle pour dors et déjà à ajouter sans tarder leur vision à la nôtre.

Nous n'avons pas la prétention de détenir toutes les vérités !, nous avons celles qui s'appuient sur une substitution de l'ambition nationale et le progrès économique et social commun de toutes les tribus qui composent notre Nation.

" Ce qui ne nous aura pas tué depuis l'avènement du despotisme sanguinaire dans notre pays en 1999, nous aura encore rendu plus fort en renforçant nos convictions ! ".