







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

01/11/04
- AFRIQUE DE l'EST - Si une page d'histoire de
la Corne Est de l'Afrique m'était contée.
Par
Armageddon, Officier de l'Armée nationale Djiboutienne..
A
15 km de Mogadiscio, une route sillonnée par des milices armées
et qui donne accès à une piste de fortune pour avions. C'est un
lieu ultra protégé où les commerçants se ruent pour
la livraison de leurs marchandises ; qat et armes les plus diverses.
Le
stade de la " Kalash " est largement dépassé, dans la
région du sud de la Somalie on se " massacre " à l'arme
lourde depuis quelques années.
C'est
bien plus efficace et quand bien même blesserait-on plus de populations
civiles que de miliciens de l'autre faction .. qu'importe pourvu que l'on soit
" les plus forts "
sur l'instant et que les populations fuient
leurs maisons en abandonnant sur place leur maigre bétail.
Les
seigneurs de guerre, identifiés et qui tiennent à travers des petites
entreprises d'Import - Export l'exclusivité dans chaque région de
l'importation du qat et des armes, s'enrichissent et entretiennent leurs milices
payées à la botte de qat pour qu'ils terrorisent une population,
celle d'en face et dépouillée de tout.
En
prévision des Électionsà la présidence de la Somalie,
chacun a tenté d'étendre son territoire en en chassant les occupants
à l'arme lourde ( faut vivre avec son temps ) et y installer provisoirement
hommes et femmes de son propre clan avant que l'autre faction ne les en chasse
à son tour
et ainsi de suite.
Depuis
1991, la spirale des conflits, souvent prévisibles et larvés en
Somalie, a fait des millions de morts majoritairement parmi les populations civiles.
Dans
les hôpitaux où les blessés affluent à chaque conflit
ponctuel d'une violence extrême, les médecins ont été
confrontés à de nouvelles formes de blessures bien plus graves car
faites à l'arme lourde.
La
médecine locale a montré ses limites, voire son impuissance face
à des blessures de guerre pour lesquelles malgré leur disponibilité
et grande volonté les médecins ne disposent très souvent
ni du " savoir opératoire " ni des médicaments et autres
transfusions.

Mogadishio,
il est quatorze heure, la ville retrouve sa léthargie ; chacun fait la
pause car c'est l'heure tant attendue de la mastication du qat (broutage comme
disent les occidentaux).
Pour
peu qu'ils viennent de récupérer sa botte aux feuilles hallucinogènes
avant de se réfugier dans la fraîcheur toute relative d'une pièce,
les miliciens des diverses factions opposées en arrivent à se croiser
sans même parfois se regarder ou se voir.
Les
yeux hagards, perdus dans leurs rêves de guerre - car pour beaucoup c'est
la seule " Éducation" qu'ils aient reçue - ils se pensent
invincibles et peuvent parfois se défier du regard, seulement du regard
car l'heure n'est pas au combat mais aux fanfaronnades sous l'emprise du qat ;
l'heure où on va tenter de refaire le monde par les mots, par les palabres
souvent sans lendemain.

Si
une page d'histoire de la Corne Est de l'Afrique m'était contée.
Si
un quelconque journaliste tentait d'établir un rapport entre l'importance
de l'occultation en nombre de morts des suites de la bataille de Mogadiscio, il
ferait alors le constat de morts à peu près à égalité
avec la répression de l'insurrection d'Irak à l'époque du
tyran Saddam HUSSEIN..
Une
Somalie n'a qu'une Éthiopie, qu'un Djibouti comme voisins, alors que l'Irak
a un Kurdistan et au robinet de l'information ce fut le désert à
côté de l'oasis mais si les révoltés de Somalie s'étaient
découragés aussi facilement devant la pénurie de tout que
les " révolutionnaires " d'Occident devant la pénurie
d'informations " directes et fiables ", ils seraient tous morts, bien
que ne débute la bataille de Mogadiscio.
La
guerre de l'Ogaden, l'afflux
des réfugiés provoqué par celle-ci, une sécheresse
sans précédent ont entraîné à cette époque
une crise économique d'une extrême gravité. Les populations
de Somalie ne durent leur survie pays que grâce aux aides extérieures
qui affluèrent en urgence.
Cette
guerre de l'Ogaden mais surtout cette sécheresse sans précédent
eurent pour premier effet d'étendre, à l'abri du silence médiatique,
l'anarchie que personne ne contesta aux autres États voisins qui constituent
avec la Somalie la Corne Est de l'Afrique.
Le
22 mai 1990, le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald annonçait
d'Addis Abéba en Éthiopie l'exécution de 12 généraux,
accusés d'avoir participé à la tentative de coup d'État
de mai 1989.
Ces
officiers avaient voulu s'emparer du pouvoir, profitant d'une visite officielle
de Menguistu Haïlé Mariam en R.D.A auprès de ses " camarades
staliniens ".
Dès
février 1991 avait commencé en Éthiopie l'offensive des
différentes guérillas coalisées, qui va enfin renverser Mengistu
- l'un des pires ennemis de l'humanité qui se prélasse
aujourd'hui en toute impunité dans un paradis au Zimbabwe - et que nul
Tribunal Pénal International n'est allé chercher en responsabilités
ne serait ce que si l'on veut bien admettre que les membres
de la Commune d'Addis-Abeba, massacrés par le Négus rouge lors de
l'émasculation des kébélés en 1978, sont
le parti de l'humanité.
Au
pouvoir depuis 1977, après avoir éliminé un à
un les autres responsables du coup d'État militaire qui avait renversé
l'empereur Haïlé Sélassié en septembre 1974,
il a instauré un régime de type socialiste qui s'est rapidement
transformé en une dictature sanguinaire.
La
détente Est-Ouest et le désengagement de URSS en Afrique le priveront
fort heureusement de soutiens militaires indispensables ce qui sera l'un des catalyseurs
de sa chute.
Son
régime était de plus en plus menacé par l'offensive des rebelles
du Front populaire de libération de l'Érythrée et du Front
populaire de libération du Tigré, province du nord du pays également
en lutte - elle aussi - pour son indépendance.
L'Éthiopie
et la Somalie d'alors semblent s'être soutenues l'une l'autre depuis la
guerre de l'Ogaden, la même année, et qui avait justifié
le massacre des kébélés en 1978.
L'État
somalien étant tombé dans la mer Rouge en janvier, celui d'Éthiopie,
dès février 1991, se retrouve dans la... " merde "
noire.
Une mystérieuse
attaque sur Mogadiscio par Siyad Barre semble avoir fait plusieurs centaines de
morts, c'est l'événement majeur entre février et mai 1991.
Le 17 de ce mois-là,
la conférence des tribus du Nord proclame l'indépendance du Somaliland
;
le 21, Mengistu
s'enfuit d'Addis-Abeba pour se réfugier auprès du dictateur Robert
Mugabe au bord de la mer et sous les cocotiers du Zimbabwe..
L'essoufflement
du régime autoritaire du président Siyad Barre s'est traduit par
une montée de l'opposition, après le bombardement d'Hargeisa par
l'armée en juin 1988.
Le
30 décembre 1990, la capitale s'est soulevée contre le dictateur,
puis, de novembre 1991 à mars 1992, de violents affrontements opposent
ses libérateurs.
Alors
qu'à Londres l'envoyé des États-Unis ordonne fébrilement
au gouvernement intérimaire de laisser la capitale et l'Étatà
la seule police qu'il croit capable, le FDRP, cette guérilla dominée
par les maoïstes nationaux-tigréens, les pauvres d'Addis-Abeba commencent
à se soulever.
Le
27, premiers pillages et mutinerie de la prison ;
le
28, les guérilleros entrent dans la ville, instaurent le couvre-feu,
alors que les pilleurs sont provisoirement stoppés par l'explosion d'un
dépôt de munitions qui tue plus de 800 d'entre eux.
Le
29, une manifestation antiaméricaine se mue en émeute, ponctuée
de pillages.
A Diré
Dawa, c'est l'émeute, et probablement également à Asmara,
capitale de l'Erythrée indépendante de fait, en dépit et
à cause des dénégations énergiques de la nouvelle
police nationale-stalinienne d'Erythrée, qui ont fini par faire taire toutes
les questions.
Dans
nos prochains écrits, nous aurons l'opportunité de dévoiler
le rôle exact d'Ismaïl OMAR GUELLEH - par Hassan GOULED interposé(mis
ensuite et depuis 1999 sous "Résidence surveillée" dans
son ... petit Palais d'Haramous) - dans la fomentation et le maintien des conflits
en Somalie tout comme en région de Diré Dawa et d'AWDAL.
(à
suivre).