L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 02-Nov-2004 15:41 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

 

01/11/04 - AFRIQUE DE l'EST - Si une page d'histoire de la Corne Est de l'Afrique m'était contée.

Par Armageddon, Officier de l'Armée nationale Djiboutienne..

A 15 km de Mogadiscio, une route sillonnée par des milices armées et qui donne accès à une piste de fortune pour avions. C'est un lieu ultra protégé où les commerçants se ruent pour la livraison de leurs marchandises ; qat et armes les plus diverses.

Le stade de la " Kalash " est largement dépassé, dans la région du sud de la Somalie on se " massacre " à l'arme lourde depuis quelques années.

C'est bien plus efficace et quand bien même blesserait-on plus de populations civiles que de miliciens de l'autre faction .. qu'importe pourvu que l'on soit " les plus forts " … sur l'instant et que les populations fuient leurs maisons en abandonnant sur place leur maigre bétail.

Les seigneurs de guerre, identifiés et qui tiennent à travers des petites entreprises d'Import - Export l'exclusivité dans chaque région de l'importation du qat et des armes, s'enrichissent et entretiennent leurs milices payées à la botte de qat pour qu'ils terrorisent une population, celle d'en face et dépouillée de tout.

En prévision des Électionsà la présidence de la Somalie, chacun a tenté d'étendre son territoire en en chassant les occupants à l'arme lourde ( faut vivre avec son temps ) et y installer provisoirement hommes et femmes de son propre clan avant que l'autre faction ne les en chasse à son tour …et ainsi de suite.

Depuis 1991, la spirale des conflits, souvent prévisibles et larvés en Somalie, a fait des millions de morts majoritairement parmi les populations civiles.

Dans les hôpitaux où les blessés affluent à chaque conflit ponctuel d'une violence extrême, les médecins ont été confrontés à de nouvelles formes de blessures bien plus graves car faites à l'arme lourde.

La médecine locale a montré ses limites, voire son impuissance face à des blessures de guerre pour lesquelles malgré leur disponibilité et grande volonté les médecins ne disposent très souvent ni du " savoir opératoire " ni des médicaments et autres transfusions.

Mogadishio, il est quatorze heure, la ville retrouve sa léthargie ; chacun fait la pause car c'est l'heure tant attendue de la mastication du qat (broutage comme disent les occidentaux).

Pour peu qu'ils viennent de récupérer sa botte aux feuilles hallucinogènes avant de se réfugier dans la fraîcheur toute relative d'une pièce, les miliciens des diverses factions opposées en arrivent à se croiser sans même parfois se regarder ou se voir.

Les yeux hagards, perdus dans leurs rêves de guerre - car pour beaucoup c'est la seule " Éducation" qu'ils aient reçue - ils se pensent invincibles et peuvent parfois se défier du regard, seulement du regard car l'heure n'est pas au combat mais aux fanfaronnades sous l'emprise du qat ; l'heure où on va tenter de refaire le monde par les mots, par les palabres souvent sans lendemain.


Si une page d'histoire de la Corne Est de l'Afrique m'était contée.

Si un quelconque journaliste tentait d'établir un rapport entre l'importance de l'occultation en nombre de morts des suites de la bataille de Mogadiscio, il ferait alors le constat de morts à peu près à égalité avec la répression de l'insurrection d'Irak à l'époque du tyran Saddam HUSSEIN..

Une Somalie n'a qu'une Éthiopie, qu'un Djibouti comme voisins, alors que l'Irak a un Kurdistan et au robinet de l'information ce fut le désert à côté de l'oasis mais si les révoltés de Somalie s'étaient découragés aussi facilement devant la pénurie de tout que les " révolutionnaires " d'Occident devant la pénurie d'informations " directes et fiables ", ils seraient tous morts, bien que ne débute la bataille de Mogadiscio.

La guerre de l'Ogaden, l'afflux des réfugiés provoqué par celle-ci, une sécheresse sans précédent ont entraîné à cette époque une crise économique d'une extrême gravité. Les populations de Somalie ne durent leur survie pays que grâce aux aides extérieures qui affluèrent en urgence.

Cette guerre de l'Ogaden mais surtout cette sécheresse sans précédent eurent pour premier effet d'étendre, à l'abri du silence médiatique, l'anarchie que personne ne contesta aux autres États voisins qui constituent avec la Somalie la Corne Est de l'Afrique.

Le 22 mai 1990, le quotidien gouvernemental Ethiopian Herald annonçait d'Addis Abéba en Éthiopie l'exécution de 12 généraux, accusés d'avoir participé à la tentative de coup d'État de mai 1989.

Ces officiers avaient voulu s'emparer du pouvoir, profitant d'une visite officielle de Menguistu Haïlé Mariam en R.D.A auprès de ses " camarades staliniens ".

Dès février 1991 avait commencé en Éthiopie l'offensive des différentes guérillas coalisées, qui va enfin renverser Mengistu - l'un des pires ennemis de l'humanité qui se prélasse aujourd'hui en toute impunité dans un paradis au Zimbabwe - et que nul Tribunal Pénal International n'est allé chercher en responsabilités ne serait ce que si l'on veut bien admettre que les membres de la Commune d'Addis-Abeba, massacrés par le Négus rouge lors de l'émasculation des kébélés en 1978, sont le parti de l'humanité.

Au pouvoir depuis 1977, après avoir éliminé un à un les autres responsables du coup d'État militaire qui avait renversé l'empereur Haïlé Sélassié en septembre 1974, il a instauré un régime de type socialiste qui s'est rapidement transformé en une dictature sanguinaire.

La détente Est-Ouest et le désengagement de URSS en Afrique le priveront fort heureusement de soutiens militaires indispensables ce qui sera l'un des catalyseurs de sa chute.

Son régime était de plus en plus menacé par l'offensive des rebelles du Front populaire de libération de l'Érythrée et du Front populaire de libération du Tigré, province du nord du pays également en lutte - elle aussi - pour son indépendance.

L'Éthiopie et la Somalie d'alors semblent s'être soutenues l'une l'autre depuis la guerre de l'Ogaden, la même année, et qui avait justifié le massacre des kébélés en 1978.

L'État somalien étant tombé dans la mer Rouge en janvier, celui d'Éthiopie, dès février 1991, se retrouve dans la... " merde " noire.

Une mystérieuse attaque sur Mogadiscio par Siyad Barre semble avoir fait plusieurs centaines de morts, c'est l'événement majeur entre février et mai 1991.

Le 17 de ce mois-là, la conférence des tribus du Nord proclame l'indépendance du Somaliland ;

le 21, Mengistu s'enfuit d'Addis-Abeba pour se réfugier auprès du dictateur Robert Mugabe au bord de la mer et sous les cocotiers du Zimbabwe..

L'essoufflement du régime autoritaire du président Siyad Barre s'est traduit par une montée de l'opposition, après le bombardement d'Hargeisa par l'armée en juin 1988.

Le 30 décembre 1990, la capitale s'est soulevée contre le dictateur, puis, de novembre 1991 à mars 1992, de violents affrontements opposent ses libérateurs.

Alors qu'à Londres l'envoyé des États-Unis ordonne fébrilement au gouvernement intérimaire de laisser la capitale et l'Étatà la seule police qu'il croit capable, le FDRP, cette guérilla dominée par les maoïstes nationaux-tigréens, les pauvres d'Addis-Abeba commencent à se soulever.

Le 27, premiers pillages et mutinerie de la prison ;

le 28, les guérilleros entrent dans la ville, instaurent le couvre-feu, alors que les pilleurs sont provisoirement stoppés par l'explosion d'un dépôt de munitions qui tue plus de 800 d'entre eux.

Le 29, une manifestation antiaméricaine se mue en émeute, ponctuée de pillages.

A Diré Dawa, c'est l'émeute, et probablement également à Asmara, capitale de l'Erythrée indépendante de fait, en dépit et à cause des dénégations énergiques de la nouvelle police nationale-stalinienne d'Erythrée, qui ont fini par faire taire toutes les questions.

Dans nos prochains écrits, nous aurons l'opportunité de dévoiler le rôle exact d'Ismaïl OMAR GUELLEH - par Hassan GOULED interposé(mis ensuite et depuis 1999 sous "Résidence surveillée" dans son ... petit Palais d'Haramous) - dans la fomentation et le maintien des conflits en Somalie tout comme en région de Diré Dawa et d'AWDAL.

(à suivre).