







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".


06/11/04
- PALESTINE - Yasser Arafat, le temps des adieux
à la vie politique est venu avec l'ultime combat du Raïs ; ce combat
contre la maladie qu'il sait perdu d'avance.
Par
M Mahamoud IDRISS AHMED
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti.
Dernier
clin d'il du destin pour un Yasser Arafat alors que dans une cacophonie
médiatique indécente les israéliens d'Ariel SHARON ont annoncé
prématurément son décès et qu'un président
Georges W BUSH s'est exprimé devant la presse sur ce sujet sans faire vérifier
en préalable l'authenticité de la disparition de l'homme à
la barbe poivre et sel ; le combattant dont le port du keffieh noir et blanc
est devenu depuis des années et de par le monde l'expression du ralliement
à la cause palestinienne.
Son
existence ne tient plus qu'à un fil ; un fil que prolonge vraisemblablement
la médecine militaire française et ses " miracles " -
peut être hélas transitoires - ne serait-ce que pour laisser à
la succession palestinienne le temps de s'organiser et de désigner un homme
apte à prendre en mains - transitoirement et en attendant les élections
- les destinées de ce peuple qui, plus que jamais, tente d'affirmer son
existence et difficilement son unité.
Raïs
d'une population de l'exode rejetée de sa terre en 1948 puis en 1967 -
pourchassée en 1970 jusqu'en limite de l'extermination en Jordanie sous
le roi Hussein - Abou AMMAR ( qui est son nom pour les Arabes alors que l'on ignore
sa véritable identité) cet inconnu est pourtant trop connu pour
les " fondamentalistes israéliens ".
Il
fut élu président des étudiants en 1952 et défendra
jusqu'à son dernier souffle et de par le monde la cause du peuple palestinien,
envers et contre tout.
Décès
ou état de santé délicat avec son maintien en vie ; quelle
que pourrait être le demain du leader, l'avenir du peuple palestinien se
fera sans lui, même s'il restera l'homme qui fit reconnaître la "
cause palestinienne " et la situation intolérable de survie dans lesquelles
ses populations furent pourchassées allant jusqu'à un génocide.

Polémique
et controverse autour de la future tombe de Yasser Arafat.
Avant
que la page de son histoire ne soit définitivement tournée, une
controverse vient de naître autour de sa future tombe alors que l'État
d'Israël actuel - ce qui ne signifie en rien le peuple israélien -
montre toute sa détermination à empêcher que la dépouille
de Yasser Arafat ne repose à Jérusalem ce qui n'a pas manqué
de soulever de vives réactions de par le monde.
- (1250
- 1517) L'époque Mameluke
Originaires
des steppes d'Asie et fraîchement islamisés, les Mameluks conquièrent
la ville et y entreprennent de grandes constructions : écoles, institutions
de charité, auberges.
- (1517
- 1917) Quatre siècles de l'époque Ottomane
Ils
sont bientôt renversés par les Turcs Ottomans. Soliman le magnifique
porte un grand intérêt à la ville et la restaure puis elle
décline. C'est avec l'expulsion des juifs d'Espagne au XV-XVIèmes
siècles que la Jérusalem juive renaît. C'est sous le gouverneur
d'Égypte Ibrahim Pacha que la ville s'ouvre à nouveau à l'occident.
De nombreuses associations religieuses s'y installent. Le chemin de fer arrive
à la fin du XIXème. Des chercheurs viennent cartographier Jérusalem
et étudier son passé.
- (1917
- fin du millénaire)
L'époque
moderne et la renaissance d'Israël
A la fin de la 1ère guerre mondiale,
Jérusalem est prise par les Anglais. Un vaste plan d'urbanisation est lancé,
en pierre de Jérusalem (béton et tôle sont proscrits). Les
tensions entre juifs, arabes et britanniques se traduisent par des émeutes
sanglantes en 1920, 1929, 1936-39.
Avant
l'échéance du mandat britannique de 1948, des affrontements guerriers
entre Juifs et Arabes aboutissent à la prise d'une partie de la ville par
ces derniers après un long siège. La ville est coupée en
deux.
L'état
d'Israël, dès sa formation, fait de Jérusalem sa capitale malgré
les champs de mine qui séparent la ville. Lors de la guerre des Six Jours
en 1967, les Juifs reprennent la ville.
Toutes
les religions s'y côtoient à nouveau et revendiquent le droit d'être
présentent à Jérusalem, malgré les tensions.
De
quel droit pourrait se prévaloir le PM israélien Ariel Sharon en
s'opposant catégoriquement à une inhumation, hautement symbolique,
du chef palestinien sur le Mont du Temple ?.
La
haine serait-elle aussi vivace dans le cur de certains extrémismes
qui se réfugient aisément derrière une lecture erronée
de leur religion pour endormir leurs adeptes au point de refuser à un homme
d'être enterré chez lui ?,
Chez
lui car nul ne saurait
contester que Jérusalem appartient à toutes les religions de ce
monde ; comme aux Juifs mais aussi aux Musulmans et aux Chrétiens ne
serait ce que par le fait incontestable qu'ils sont TOUS les enfants d'Abraham..
On
en vient à parler d'une possible inhumation à Gaza, c'est pour le
moins ce qu'en dit la radio militaire israélienne pour éviter de
parler de " l'option Jérusalem " et qui indique que le leader
palestinien pourrait être enterré au cimetière de Khan Younés
au Sud de Gaza où repose déjà sa sur.
Bien
que cela reste à confirmer, on prête aux autorités palestiniennes
Yasser Arafat une déclaration selon laquelle " il pourrait également
être inhumé sur la place qui fait face aux locaux du Parlement palestinien
dans la ville de Gaza, ou a proximité de son ancien quartier général
" !.

La
succession du leader palestinien est plus que jamais d'actualité.
En
faisant évacuer dans l'urgence et contre l'avis du PM israélien,
en se rendant au chevet d'un Yasser Arafat affaibli par la maladie et en lui prenant
la main, le président Jacques Chirac a confirmé avec force et grande
dignité tous les soutiens qu'apporte la France depuis l'époque du
Général Charles de Gaulle à la cause palestinienne et à
une résolution pacifique du conflit israélo palestinien ; même
si au sein de la " gauche " française c'est loin d'être
l'unanimité sur ce point, ce qui confirme bien que les intérêts
privés peuvent parfois prendre le pas sur les valeurs d'un " socialisme
" dit à la française.
Ce
que l'on peut dire c'est qu'en la personne de Yasser Arafat, l'État israélien
actuel va perdre un " ennemi bien commode " sur qui il pouvait passer
toutes ses colères et le présenter comme le principal obstacle à
une reprise du processus de paix qui fut gelé avec la reprise de l'Intifada
en septembre 2000.
L'état
major d'Ariel SHARON ne va certainement pas pleurer sa disparition car voué
que fut ce combattant à toutes les gémonies par un Premier Ministre
israélien qui le fait assiéger dans son QG de Ramallah en Cisjordanie
depuis presque trois années et qu'il a maintenu sans cesse sous la menace
de l'en éjecter par la force des armes. Ce dont il s'est bien gardé
de faire car sachant que s'il agissait ainsi ce serait le monde arabe, la France,
l'Europe et les grandes puissances asiatiques qui auraient vivement réagi,
faisant alors l'unanimité contre lui.
Yasser
Arafat était pour Ariel SHARON un ennemi bien commode lorsqu'il était
cloîtré à Ramallah mais la disparition du chef historique
de la Palestine - ou pour le moins sa sortie de la scène politique internationale
pour cause de santé - va indéniablement placer le Premier Ministre
israélien au pied du mur face à une opinion internationale qui plus
que jamais ne remettra pas en cause l'existence du territoire palestinien et sa
direction.
Reste à
savoir qui sera le successeur du Raïs alors que l'on peut supposer que la
diplomatie européenne et tout particulièrement française
doivent s'impliquer et user de leur influence pour que l'homme qui conduira dans
un demain proche aux destinées des Palestiniens soit un homme de concertation
et démontre une évidente volonté de relancer un dialogue
avec Israël tout en défendant fermement les droits et les prérogatives
des Palestiniens que les instances internationales de l'ONU lui à reconnus
depuis la résolution 181 (29 novembre 1947) de l'Assemblée générale
qui recommande le partage de la Palestine en deux États.
Les
arguments par trop faciles d'Ariel SHARON pour persuader l'opinion publique d'Israël
et tout particulièrement celle des États Unis que la mise à
l'écart de Yasser Arafat était la condition absolument nécessaire
à toute relance de négociation vont s'éteindre avec la disparition
du chef palestinien et l'on se pose la question de savoir ce qu'il va bien
pouvoir avancer comme nouveaux arguments pour refuser tout dialogue avec le successeur
de son " pire ennemi ".
D'évidence
si la faction minoritaire du " Jihad islamique " venait à renforcer
son influence sur la direction des treize mouvements palestiniens ceci ferait
les " affaires " d'Ariel SHARON car lui offrant sur plateau les arguments
pour justifier un durcissement de sa propre politique tout en cherchant un élargissement
de ses soutiens aux Etats-Unis d'Amérique.
Alors
que le porte-parole du Hamas - M Sami Abou Zahri précisait hier
"
Nous ferons de notre mieux pour maintenir l'unité (palestinienne) et empêcher
un conflit interne. C'est une heure historique et nous devons y faire face dans
l'unité "
tout
en renouvelant l'appel du Hamas à
"
former un commandement palestinien unifié ou une formule de direction collective
temporaire
",
Khaled
al Batch, un des responsables du " Jihad Islamique ", déclarait
à la presse internationale
"
La priorité est de maintenir l'unité dans les rangs palestiniens,
de contrôler la situation et de poursuivre l'intifada
".
Par
ce souhait énoncé pour une poursuite de l'Intifada, le représentant
du " Jihad islamique " entre ainsi parfaitement dans le jeu entretenu
par une minorité d'extrémistes israéliens qui souhaitent
la persistance de cette situation de chaos dans la spirale " Attentat - Répression
".
Si le
décès ou le retrait de Yasser Arafat de la scène politique
ouvrirait une période intérimaire de 60 jours durant laquelle la
direction et les 13 mouvements palestiniens organiseraient des élections
pour sa succession, l'inquiétude demeure quant une éventuelle
recrudescence des violences entre les deux mouvements radicaux palestiniens et
les extrémistes israéliens.
On
en vient à espérer qu'émerge du côté palestinien
un homme de la trempe du regretté Anouar Al Sadate (AMIN), chef d'Etat
et l'un des initiateurs des Accords historiques de Camp David qui montra dès
1978 que le difficile chemin de la paix est possible.

Quand
bien même le moment serait venu pour Yasser Arafat de se retirer de la scène
politique, soyons conscients de la détermination du " vieux Combattant
" à lutter, contre la maladie comme il le fait malgré l'adversité
depuis plus de 50 années mais aussi de la force de résistance qu'il
a insufflée au peuple palestinien qui ne va pas faiblir.
Meilleure
santé Monsieur le Président, c'est ce que l'on peut vous souhaiter
de mieux actuellement en priant Allah le Miséricordieux !
