L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 06-Nov-2004 16:17 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

 

 

 

06/11/04 - PALESTINE - Yasser Arafat, le temps des adieux à la vie politique est venu avec l'ultime combat du Raïs ; ce combat contre la maladie qu'il sait perdu d'avance.

 

Par M Mahamoud IDRISS AHMED
Président du Gouvernement en Exil de Djibouti.

Dernier clin d'œil du destin pour un Yasser Arafat alors que dans une cacophonie médiatique indécente les israéliens d'Ariel SHARON ont annoncé prématurément son décès et qu'un président Georges W BUSH s'est exprimé devant la presse sur ce sujet sans faire vérifier en préalable l'authenticité de la disparition de l'homme à la barbe poivre et sel ; le combattant dont le port du keffieh noir et blanc est devenu depuis des années et de par le monde l'expression du ralliement à la cause palestinienne.

Son existence ne tient plus qu'à un fil ; un fil que prolonge vraisemblablement la médecine militaire française et ses " miracles " - peut être hélas transitoires - ne serait-ce que pour laisser à la succession palestinienne le temps de s'organiser et de désigner un homme apte à prendre en mains - transitoirement et en attendant les élections - les destinées de ce peuple qui, plus que jamais, tente d'affirmer son existence et difficilement son unité.

Raïs d'une population de l'exode rejetée de sa terre en 1948 puis en 1967 - pourchassée en 1970 jusqu'en limite de l'extermination en Jordanie sous le roi Hussein - Abou AMMAR ( qui est son nom pour les Arabes alors que l'on ignore sa véritable identité) cet inconnu est pourtant trop connu pour les " fondamentalistes israéliens ".

Il fut élu président des étudiants en 1952 et défendra jusqu'à son dernier souffle et de par le monde la cause du peuple palestinien, envers et contre tout.

Décès ou état de santé délicat avec son maintien en vie ; quelle que pourrait être le demain du leader, l'avenir du peuple palestinien se fera sans lui, même s'il restera l'homme qui fit reconnaître la " cause palestinienne " et la situation intolérable de survie dans lesquelles ses populations furent pourchassées allant jusqu'à un génocide.

Polémique et controverse autour de la future tombe de Yasser Arafat.

Avant que la page de son histoire ne soit définitivement tournée, une controverse vient de naître autour de sa future tombe alors que l'État d'Israël actuel - ce qui ne signifie en rien le peuple israélien - montre toute sa détermination à empêcher que la dépouille de Yasser Arafat ne repose à Jérusalem ce qui n'a pas manqué de soulever de vives réactions de par le monde.

  • (1250 - 1517) L'époque Mameluke

Originaires des steppes d'Asie et fraîchement islamisés, les Mameluks conquièrent la ville et y entreprennent de grandes constructions : écoles, institutions de charité, auberges.

  • (1517 - 1917) Quatre siècles de l'époque Ottomane

Ils sont bientôt renversés par les Turcs Ottomans. Soliman le magnifique porte un grand intérêt à la ville et la restaure puis elle décline. C'est avec l'expulsion des juifs d'Espagne au XV-XVIèmes siècles que la Jérusalem juive renaît. C'est sous le gouverneur d'Égypte Ibrahim Pacha que la ville s'ouvre à nouveau à l'occident. De nombreuses associations religieuses s'y installent. Le chemin de fer arrive à la fin du XIXème. Des chercheurs viennent cartographier Jérusalem et étudier son passé.

  • (1917 - fin du millénaire)

L'époque moderne et la renaissance d'Israël
A la fin de la 1ère guerre mondiale, Jérusalem est prise par les Anglais. Un vaste plan d'urbanisation est lancé, en pierre de Jérusalem (béton et tôle sont proscrits). Les tensions entre juifs, arabes et britanniques se traduisent par des émeutes sanglantes en 1920, 1929, 1936-39.

Avant l'échéance du mandat britannique de 1948, des affrontements guerriers entre Juifs et Arabes aboutissent à la prise d'une partie de la ville par ces derniers après un long siège. La ville est coupée en deux.

L'état d'Israël, dès sa formation, fait de Jérusalem sa capitale malgré les champs de mine qui séparent la ville. Lors de la guerre des Six Jours en 1967, les Juifs reprennent la ville.

Toutes les religions s'y côtoient à nouveau et revendiquent le droit d'être présentent à Jérusalem, malgré les tensions.

De quel droit pourrait se prévaloir le PM israélien Ariel Sharon en s'opposant catégoriquement à une inhumation, hautement symbolique, du chef palestinien sur le Mont du Temple ?.

La haine serait-elle aussi vivace dans le cœur de certains extrémismes qui se réfugient aisément derrière une lecture erronée de leur religion pour endormir leurs adeptes au point de refuser à un homme d'être enterré chez lui ?,

Chez lui car nul ne saurait contester que Jérusalem appartient à toutes les religions de ce monde ; comme aux Juifs mais aussi aux Musulmans et aux Chrétiens ne serait ce que par le fait incontestable qu'ils sont TOUS les enfants d'Abraham..

On en vient à parler d'une possible inhumation à Gaza, c'est pour le moins ce qu'en dit la radio militaire israélienne pour éviter de parler de " l'option Jérusalem " et qui indique que le leader palestinien pourrait être enterré au cimetière de Khan Younés au Sud de Gaza où repose déjà sa sœur.

Bien que cela reste à confirmer, on prête aux autorités palestiniennes Yasser Arafat une déclaration selon laquelle " il pourrait également être inhumé sur la place qui fait face aux locaux du Parlement palestinien dans la ville de Gaza, ou a proximité de son ancien quartier général " !.

La succession du leader palestinien est plus que jamais d'actualité.

En faisant évacuer dans l'urgence et contre l'avis du PM israélien, en se rendant au chevet d'un Yasser Arafat affaibli par la maladie et en lui prenant la main, le président Jacques Chirac a confirmé avec force et grande dignité tous les soutiens qu'apporte la France depuis l'époque du Général Charles de Gaulle à la cause palestinienne et à une résolution pacifique du conflit israélo palestinien ; même si au sein de la " gauche " française c'est loin d'être l'unanimité sur ce point, ce qui confirme bien que les intérêts privés peuvent parfois prendre le pas sur les valeurs d'un " socialisme " dit à la française.

Ce que l'on peut dire c'est qu'en la personne de Yasser Arafat, l'État israélien actuel va perdre un " ennemi bien commode " sur qui il pouvait passer toutes ses colères et le présenter comme le principal obstacle à une reprise du processus de paix qui fut gelé avec la reprise de l'Intifada en septembre 2000.

L'état major d'Ariel SHARON ne va certainement pas pleurer sa disparition car voué que fut ce combattant à toutes les gémonies par un Premier Ministre israélien qui le fait assiéger dans son QG de Ramallah en Cisjordanie depuis presque trois années et qu'il a maintenu sans cesse sous la menace de l'en éjecter par la force des armes. Ce dont il s'est bien gardé de faire car sachant que s'il agissait ainsi ce serait le monde arabe, la France, l'Europe et les grandes puissances asiatiques qui auraient vivement réagi, faisant alors l'unanimité contre lui.

Yasser Arafat était pour Ariel SHARON un ennemi bien commode lorsqu'il était cloîtré à Ramallah mais la disparition du chef historique de la Palestine - ou pour le moins sa sortie de la scène politique internationale pour cause de santé - va indéniablement placer le Premier Ministre israélien au pied du mur face à une opinion internationale qui plus que jamais ne remettra pas en cause l'existence du territoire palestinien et sa direction.

Reste à savoir qui sera le successeur du Raïs alors que l'on peut supposer que la diplomatie européenne et tout particulièrement française doivent s'impliquer et user de leur influence pour que l'homme qui conduira dans un demain proche aux destinées des Palestiniens soit un homme de concertation et démontre une évidente volonté de relancer un dialogue avec Israël tout en défendant fermement les droits et les prérogatives des Palestiniens que les instances internationales de l'ONU lui à reconnus depuis la résolution 181 (29 novembre 1947) de l'Assemblée générale qui recommande le partage de la Palestine en deux États.

Les arguments par trop faciles d'Ariel SHARON pour persuader l'opinion publique d'Israël et tout particulièrement celle des États Unis que la mise à l'écart de Yasser Arafat était la condition absolument nécessaire à toute relance de négociation vont s'éteindre avec la disparition du chef palestinien et l'on se pose la question de savoir ce qu'il va bien pouvoir avancer comme nouveaux arguments pour refuser tout dialogue avec le successeur de son " pire ennemi ".

D'évidence si la faction minoritaire du " Jihad islamique " venait à renforcer son influence sur la direction des treize mouvements palestiniens ceci ferait les " affaires " d'Ariel SHARON car lui offrant sur plateau les arguments pour justifier un durcissement de sa propre politique tout en cherchant un élargissement de ses soutiens aux Etats-Unis d'Amérique.

Alors que le porte-parole du Hamas - M Sami Abou Zahri précisait hier

" Nous ferons de notre mieux pour maintenir l'unité (palestinienne) et empêcher un conflit interne. C'est une heure historique et nous devons y faire face dans l'unité "

tout en renouvelant l'appel du Hamas à

" former un commandement palestinien unifié ou une formule de direction collective temporaire … ",

Khaled al Batch, un des responsables du " Jihad Islamique ", déclarait à la presse internationale

" La priorité est de maintenir l'unité dans les rangs palestiniens, de contrôler la situation et de poursuivre l'intifada … ".

Par ce souhait énoncé pour une poursuite de l'Intifada, le représentant du " Jihad islamique " entre ainsi parfaitement dans le jeu entretenu par une minorité d'extrémistes israéliens qui souhaitent la persistance de cette situation de chaos dans la spirale " Attentat - Répression … ".

Si le décès ou le retrait de Yasser Arafat de la scène politique ouvrirait une période intérimaire de 60 jours durant laquelle la direction et les 13 mouvements palestiniens organiseraient des élections pour sa succession, l'inquiétude demeure quant une éventuelle recrudescence des violences entre les deux mouvements radicaux palestiniens et les extrémistes israéliens.

On en vient à espérer qu'émerge du côté palestinien un homme de la trempe du regretté Anouar Al Sadate (AMIN), chef d'Etat et l'un des initiateurs des Accords historiques de Camp David qui montra dès 1978 que le difficile chemin de la paix est possible.


Quand bien même le moment serait venu pour Yasser Arafat de se retirer de la scène politique, soyons conscients de la détermination du " vieux Combattant " à lutter, contre la maladie comme il le fait malgré l'adversité depuis plus de 50 années mais aussi de la force de résistance qu'il a insufflée au peuple palestinien qui ne va pas faiblir.

Meilleure santé Monsieur le Président, c'est ce que l'on peut vous souhaiter de mieux actuellement en priant Allah le Miséricordieux !