







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".




07/11/04
- DJIBOUTI - 27 ANNÉES DE LANGUE DE BOIS
notamment sur le Despotisme travesti, face à la Liberté.
Par Aïcha WARSAMA AÏDID
Bien
avant le début de son existence officielle, le Gouvernement en Exil de
Djibouti interpellait l'opinion publique, les responsables et décideurs
des institutions internationales concernés par le sort des populations
djiboutiennes, par toutes les atteintes à la Liberté qui mettent
à mal toute évolution positiviste sur les plans économique,
social et politique.
Depuis
l'année 2002 il nous a semblé édifiant d'aligner sur un même
plan toutes nos dénonciations des excès constatés du pouvoir
d'Ismaïl OMAR GUELLEH et un ensemble de propositions
en faveur de l'émergence d'un futur gouvernement djiboutien privilégiant
le pluralisme, la concertation en faveur d'un État de Droit ayant comme
fondement premier le respect de toutes les Libertés publiques.
Nous
ne partons pas à 'l'aventure" mais voulons construire un DEMAIN cohérent
pour toutes les familles djiboutiennes tout en imposant à leur place au
sein de la Société les nouvelles générations de cadres,
dont celles en exil forcé et qui se sont formées à l'étranger.

La
liberté comme maîtrise de la volonté, le bonheur comme acceptation
du réel
Selon
le stoïcisme, ce qui ne dépend pas de nous est en vérité
indifférent alors que ce qui peut être un bien ou un mal dépend
justement de nous, et se trouve donc en notre pouvoir.
Fondamentalement
libre, la volonté peut vouloir tout ce qui arrive. Le bonheur (ataraxie
: absence de troubles) est donc aussi fondamentalement possible.
Il
y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent
pas de nous.
Ce
qui dépend de nous, c'est la croyance, la tendance [hormé], le désir,
le refus, bref tout ce sur quoi nous pouvons avoir une action. Ce qui ne dépend
pas de nous, c'est la santé, la richesse, l'opinion des autres, les honneurs
; bref tout ce qui ne vient pas de notre action.
Ce
qui dépend de nous est, par sa nature même, soumis à notre
libre volonté ; nul ne peut nous empêcher de le faire ni nous entraver
dans notre action. Ce qui ne dépend pas de nous est sans force propre,
esclave d'autrui ; une volonté étrangère peut nous en priver.
Souvenons
nous donc de ceci : si l'on croit soumis à notre volonté ce qui
est, par nature, esclave d'autrui, si l'on croit que dépende de soi ce
qui dépend d'un autre, on se sentira entravé, gémissant sur
notre sort, l'âme inquiète, on s'en prendra aux dieux et aux hommes.
Mais
si l'on pense que seul dépend de soi ce qui dépend de soi, que dépend
d'autrui ce qui réellement dépend d'autrui, on ne se sentira jamais
contraint à agir, jamais entravé dans notre action, on ne s'en prendra
à personne, n'accusant personne, on ne fera aucun acte qui ne soit volontaire
; nul ne pourra nous léser, nul ne sera notre ennemi, car aucun malheur
ne pourra nous atteindre.
"Il
ne faut pas demander que les événements arrivent comme on le veut,
mais il faut les vouloir comme ils arrivent ; ainsi notre vie sera heureuse".

Liberté
d'indifférence et liberté éclairée
C'est
la même liberté qui, en l'homme, se polarise en liberté
d'indifférence (pur arbitraire du choix, absence de tout mobile
déterminant la volonté) ou en liberté éclairée
(perfection de la volonté alliée à la perfection du jugement
et de la raison).
La
liberté, absolue en chaque cas, est cependant tantôt à son
plus bas degré, tantôt à son plus haut degré d'expression
si l'on de réfère à la liberté cartésienne.
L'indifférence
semble signifier proprement l'état dans lequel se trouve la volonté
lorsqu'elle n'est pas poussée d'un côté plutôt que de
l'autre par la perception du vrai ou du bien ; et c'est en ce sens que je l'ai
prise lorsque j'ai écrit que le plus bas degré de la liberté
est celui où nous nous déterminons aux choses pour lesquelles nous
sommes indifférents.
Mais
peut-être d'autres entendent-ils par indifférence la faculté
positive de se déterminer pour l'un ou l'autre de deux contraires. [
]
Cette faculté positive, je n'ai pas nié qu'elle fût dans la
volonté. Bien plus, j'estime qu'elle s'y trouve, non seulement dans ces
actes où elle n'est poussée par aucune raison évidente d'un
côté plutôt que de l'autre, mais aussi dans tous les autres
; à tel point que, lorsqu'une raison très évidente nous porte
d'un côté, bien que, moralement parlant, nous ne puissions guère
choisir le parti contraire, absolument parlant, néanmoins, nous le pouvons.
Car il nous est toujours possible de retenir de poursuivre un bien clairement
connu ou d'admettre une vérité évidente, pourvu que nous
pensions que c'est un bien d'affirmer par là notre libre arbitre.
[
]
Une plus grande liberté consiste [
] ou bien dans une plus grande
facilité de se déterminer, ou bien dans un plus grand usage de cette
puissance positive que nous avons de suivre le pire, tout en voyant le meilleur.
Si nous suivons le parti où nous voyons le plus de bien, nous nous déterminons
plus facilement ; mais si nous suivons le parti contraire, nous usons davantage
de cette puissance positive. Et ainsi, nous pouvons toujours agir plus librement
dans les choses où nous voyons plus de bien que de mal, que dans les choses
appelées [
] indifférentes. [
]
Considérée
maintenant dans les actions de la volonté, pendant qu'elles s'accomplissent,
la liberté n'implique aucune indifférence [
] ; parce que ce
qui est fait ne peut pas demeurer non fait, étant donné qu'on le
fait.
Mais
la liberté consiste dans la seule facilité d'exécution, et
alors, libre, spontané et volontaire ne sont qu'une même chose. C'est
en ce sens que j'ai écrit que j'étais porté d'autant plus
librement vers quelque chose que j'étais poussé par plus de raisons,
car il est certain que notre volonté se meut alors avec plus de facilité
et d'élan.
René
Descartes. uvres philosophiques,

Pas
de liberté sans lois
Si
l'opinion commune identifie la liberté à l'indépendance (absence
de contrainte extérieure), Rousseau montre au contraire que la
liberté véritable suppose l'obéissance à des lois
communes.
Le
citoyen acquiert donc son autonomie en renonçant à son indépendance,
si, dans un État de droit, c'est-à-dire juste,
il n'obéit pas aux autres hommes mais seulement
aux lois.
On
a beau vouloir confondre l'indépendance et la liberté, ces deux
choses sont si différentes que même elles s'excluent mutuellement.
Quand chacun fait ce qu'il lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît
à d'autres, et cela ne s'appelle pas un état libre.
La
liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être
pas soumis à celle d'autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre
la volonté d'autrui à la nôtre.
Quiconque
est maître ne peut être libre, et régner c'est obéir.
Je
ne connais de volonté vraiment libre que celle à laquelle nul n'a
droit d'opposer de la résistance ; dans la liberté commune nul n'a
droit de faire ce que la liberté d'un autre lui interdit, et la vraie liberté
n'est jamais destructive d'elle-même. Ainsi la liberté sans la justice
est une véritable contradiction. [
]
Il
n'y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu'un est au-dessus
des lois : dans l'état même de nature, l'homme n'est libre qu'à
la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit,
mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit
aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois et c'est par la force des lois qu'il
n'obéit pas aux hommes. [
]
Un
Peuple est libre, quelque forme qu'ait son Gouvernement, quand dans celui qui
le gouverne il ne voit point l'homme, mais l'organe de la loi. En un mot, la liberté
suit toujours le sort des lois, elle règne ou périt avec elles ;
je ne sache rien de plus certain.
Jean-Jacques
Rousseau, Lettres écrites de la montagne (1764),

Un
nouveau despotisme ?
Avec
une étonnante clairvoyance, Tocqueville comprend que le despotisme est
paradoxalement un danger inhérent à la démocratie (l'exercice
du pouvoir sur le peuple par le peuple).
Les
démocraties modernes s'exposent au despotisme "doux et régulier"
de l'étatisme, servitude permise par le désintérêt
croissant du peuple pour la vie politique.
Je
pense que l'espèce d'oppression dont les peuples démocratiques sont
menacés ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée
dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs.
Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée
que je m'en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie
ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir,
puisque je ne peux la nommer.
Je
veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans
le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui
tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires
plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à
l'écart, est comme étranger à la destinée de tous
les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce
humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté
d'eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe
qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille,
on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus
de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire,
qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est
absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il
ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet
de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche,
au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il
aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à
se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut
en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité,
prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs
principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise
leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le
trouble de penser et la peine de vivre ? [
]
J'ai
toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible,
[
] pourrait se combiner mieux qu'on ne l'imagine avec quelques-unes des
formes extérieures de la liberté, et qu'il ne lui serait pas impossible
de s'établir à l'ombre même de la souveraineté du peuple.
Alexis
de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840),

Le
libre arbitre, clé de voûte de la morale des faibles
Nietzsche
voit dans le libre arbitre une croyance morale, selon laquelle une force pourrait
exister sans se manifester, comme une pure potentialité.
Mais
il ne s'agit là que d'une distinction de langage entre l'effet et la cause,
un présupposé métaphysique - et non une distinction réelle.
En
réalité, la généalogie de l'idée du sujet libre
derrière l'action révèle une ruse destinée à
tenir un jugement moral mystificateur, à la fois sur le vice de la force
et sur la vertu de la faiblesse (le renoncement "volontaire")
Exiger
de la force qu'elle ne se manifeste pas comme telle, qu'elle ne soit pas une volonté
de terrasser et d'assujettir, une soif d'ennemis, de résistance et de triomphes,
c'est tout aussi insensé que d'exiger de la faiblesse qu'elle manifeste
de la force.
Une
quantité de force répond exactement à la même quantité
d'instinct, de volonté, d'action - bien plus, la résultante n'est
autre chose que cet instinct, cette volonté, cette action même, et
il ne peut en paraître autrement que grâce aux séductions du
langage (et des erreurs fondamentales de la raison qui s'y sont figées)
qui tiennent tout effet pour conditionné par une cause efficiente, par
un "sujet" et se méprennent en cela. De même en effet que
le peuple sépare la foudre de son éclat pour considérer l'éclair
comme une action particulière, manifestation d'un sujet qui s'appelle la
foudre, de même la morale populaire sépare aussi la force des effets
de la force, comme si, derrière l'homme fort, il y avait un substratum
neutre qui serait libre de manifester la force ou non. Mais il n'y a point de
substratum de ce genre, il n'y a point d'"être" derrière
l'acte, l'effet et le devenir ; l'"acteur" n'a été qu'ajouté
à l'acte - l'acte est tout.
[
]
Lorsque les opprimés, les écrasés, les asservis, sous l'empire
de la ruse vindicative de l'impuissance, se mettent à dire : "Soyons
le contraire des méchants, c'est-à-dire bons ! Est bon quiconque
ne fait violence à personne, quiconque n'offense, ni n'attaque, n'use pas
de représailles et laisse à Dieu le soin de la vengeance. [
]"
- tout cela veut dire en somme, à l'écouter froidement et sans parti
pris : "Nous, les faibles, nous sommes décidément faibles ;
nous ferons donc bien de ne rien faire de ce pour quoi nous ne sommes pas assez
forts." -
Mais
cette constatation amère [
] a pris les dehors pompeux de la vertu
qui sait attendre, qui renonce et qui se tait, comme si la faiblesse même
du faible - c'est-à-dire son essence, son activité, toute sa réalité
unique, inévitable et indélébile - était un accomplissement
libre, quelque chose de volontairement choisi, un acte de mérite.
Friedrich
Nietzsche, Généalogie de la morale (1887),

La
liberté comme adéquation évolutive à soi
Etre
libre, c'est être influencé par soi, et ne dépendre que de
ce que l'on est. Or ce que l'on est, c'est ce que l'on est devenu : c'est le résultat
d'une histoire, par laquelle les influences extérieures se sont incorporées
à notre identité.
[
]
Nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité
entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable
ressemblance qu'on trouve parfois entre l'uvre et l'artiste.
En
vain on alléguera que nous cédons alors à l'influence toute-puissante
de notre caractère. Notre caractère, c'est encore nous ; et parce
qu'on s'est plu à scinder la personne en deux parties pour considérer
tour à tour, par un effort d'abstraction, le moi qui sent ou pense et le
moi qui agit, il y aurait quelque puérilité à conclure que
l'un des deux moi pèse sur l'autre.
Le
même reproche s'adressera à ceux qui demandent si nous sommes libres
de modifier notre caractère. Certes, notre caractère se modifie
insensiblement tous les jours, et notre liberté en souffrirait, si ces
acquisitions nouvelles venaient se greffer sur notre moi et non pas se fondre
en lui.
Mais,
dès que cette fusion aura lieu, on devra dire que le changement survenu
dans notre caractère est bien nôtre, que nous nous le sommes approprié.
En
un mot, si l'on convient d'appeler libre tout acte qui émane du moi, et
du moi seulement, l'acte qui porte la marque de notre personne est véritablement
libre, car notre moi seul en revendiquera la paternité.
Henri
Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889),




