L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 15-Nov-2004 0:40 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

" La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".

15/11/04 - ISLAM - La religion et ses 5 piliers - En aucune manière "Djihad", ne signifie la guerre.

Par Al Hadj.

En aucun cas, une guerre ne peut être considérée comme sainte, sous quelque religion que ce soit, a fortiori pour l'Islam et les musulmans que nous sommes car nous serions en contradiction avec le saint message.

Bref aperçu de l'histoire de l'Islam - Al qu'ran (le Coran).

Mahomet a énoncé la parole du Dieu unique (Allah) au fil de nombreuses révélations qui s'exprimaient par une agitation de tout son corps.

Les premiers fidèles ont appris par cœur ces révélations sorties de la bouche du Prophète ou le plus souvent les ont transcrites sur des supports variés : tessons de poterie, morceaux de cuir, omoplates de chameau,...

Pour couper court à toute contestation future, le calife Othman confia la compilation de toutes les révélations à un groupe de travail puis fait détruire les supports d'origine.

La recension du calife Othman est désormais la seule trace physique qui reste de la Révélation divine, appelée Coran (d'après un mot arabe, Qr, qui signifie récitation).

Ce texte sacré est devenu le fondement de la religion musulmane.

Le Coran se présente sous la forme de 114 sourates ou chapitres divisées en 6226 versets.

Les sourates sont simplement classés dans le Coran par longueur décroissante (à part la première). Elles sont bien sûr exprimées en langue arabe, la langue de la Révélation.

Pour les musulmans, il n'est pas de langue plus respectable que celle-là car c'est celle que Dieu a choisi pour parler aux hommes... Il n'empêche qu'aujourd'hui, seule une petite minorité d'érudits maîtrise suffisamment l'arabe du VIIe siècle pour pouvoir comprendre le Coran et en saisir les subtilités.

Les sourates dessinent les contours d'une doctrine simple, accessibles au plus grand nombre, très différente en cela des théologies chrétienne ou hébraïque.

Le Coran proclame la restauration d'un monothéisme authentique, dépouillé des influences corruptrices du judaïsme (*) et du christianisme.

Il prescrit à chaque homme de se soumettre à Dieu (se soumettre se dit aslama en arabe ; de ce mot dérivent islam, nom de la religion fondée par Mahomet, et musulman, appellation courante des fidèles de Mahomet).

Il organise la religion de façon très simple autour de cinq rituels fondamentaux, les "piliers", qu'il suffit à chaque fidèle de suivre pour accéder à la vie éternelle.

Le Coran décrit d'ailleurs de façon très détaillée le paradis et les plaisirs qui attendent les croyants (du moins les hommes). Ainsi chaque bienheureux aura-t-il en récompense 72 "houris / que ni homme ni djinn, / n'a jamais touchées avant eux." (sourate LV, 74).

Le texte sacré s'étend également sur "le feu de la Géhenne" destiné aux incrédules (sourate XXXV, 36).

Dans des termes plus prosaïques, le Coran détaille aussi de façon précise les règles de vie en société, y compris le droit de la guerre, le droit commercial et le droit familial.

Les cinq piliers

Les rituels de la foi musulmane s'organisent autour de cinq "piliers"...

la profession de foi en un Dieu unique et en son Prophète Mahomet (du mot chahadah qui désigne un témoignage) :

"Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son Envoyé".

la prière quotidienne (salah) : elle doit être précédée par des ablutions et prononcée en direction de La Mecque, cinq fois par jour, à l'aube, à midi, l'après-midi, au coucher du soleil et le soir.
Le vendredi, les musulmans sont invités à la prononcer à la mosquée (masjid), lieu de rassemblement attitré des fidèles.

le jeûne du mois de Ramadan : les musulmans se doivent de jeûner du lever au coucher du soleil chaque jour du mois de Ramadan, neuvième mois du calendrier lunaire des Arabes, parce que le Prophète aurait reçu ce mois-là la première révélation divine.

Du jeûne sont dispensés les malades, les femmes enceintes, les enfants et les personnes qui accomplissent le jihad.
La fin du jeûne est marquée par la grande fête de l'Id ad-Fitr ou fête de la rupture du jeûne.

l'impôt islamique (zakat) : il se monte à un dixième environ des revenus et il s'y ajoute l'aumône charitable, au bon vouloir de chacun (çadaqa).

le pèlerinage à la Mecque (hadj) : il est recommandé à tous les musulmans au moins une fois dans leur vie et se déroule chaque année,du 7 au 13 du dernier mois de l'Hégire.
Comme le calendrier islamique est aligné sur les cycles de la Lune et décalé par rapport au calendrier civil, aligné sur le Soleil, le moment du pèlerinage comme celui du jeûne se déplace d'une année sur l'autre de onze jours.
A l'époque du pèlerinage se déroule la fête du sacrifice ou Grande Fête (Aïd el Kébir). En souvenir du sacrifice d'Abraham, père du monothéisme, chaque famille sacrifie un mouton.

On parle de "Djihad" sans en comprendre le sens.

"Djihad" le mot est masculin et non pas féminin comme on le dit parfois.

En aucune manière "Djihad", ne signifie la guerre. En aucun cas, une guerre ne peut être considérée comme sainte, sous quelque religion que ce soit, a fortiori pour l'islam.

Étymologiquement, "Djihad" signifie "faire un effort", un effort de conscience.

Le terme a été incorrectement traduit par des orientalistes, parfois de renom.

Cependant, cet effort peut être guerrier. Le verset coranique qui en parle évoque ceux qui font un effort qui peut passer par la prière, par l'épée et d'autres formes d'effort.

Par l'épée ? Le contexte historique de l'époque doit ici être pris en considération.

L'islam n'est pas une religion exotique, une religion du désert où des paladins sont venus écumer les contrées avec un sabre d'une main et un Coran de l'autre.

L'islam est le continuateur naturel des commandements de Dieu à Moïse. Les querelles à travers l'histoire ont porté sur des considérations théologiques, mais jamais sur la véracité du message mosaïque et l'authenticité du message christique.

Être musulman, c'est reconnaître l'authenticité, la validité de ces messages.


Interprétations variables

Comme la plupart des grands textes religieux ou philosophiques, le Coran est un texte abscons et plein d'apparentes contradictions.

Il donne lieu à de multiples interprétations qui tiennent à son élaboration progressive dans le contexte mouvementé de la vie du Prophète (guerres et trêves, alliances et ruptures,...) ainsi qu'à sa rédaction dans la langue arabe du VIIe siècle que seule comprend aujourd'hui une minorité d'érudits.

Les musulmans formalistes (aussi appelés intégristes ou islamistes) prétendent que la piété commande une lecture littérale des textes sacrés et en particulier du Coran. Eux-mêmes portent la barbe et s'habillent pour ressembler à l'image qu'ils ont du prophète ! Ils imposent à leurs femmes de se voiler...

Les musulmans libéraux revendiquent une adaptation des pratiques religieuses à notre époque. Ce n'est pas parce qu'Aïsha partagea le lit du prophète à 9 ans qu'on devrait comme dans certains pays légaliser le mariage des fillettes à cet âge ! Ce n'est pas parce que le Coran légitime l'esclavage qu'on doit le maintenir au XXIe siècle !

A noter que le Coran n'impose pas formellement aux femmes le port du voile. Il leur recommande seulement la pudeur et "la nécessité de rabattre leur [voile] sur leur poitrine" (sourate II, 31). Encore les érudits ne s'entendent-ils pas sur la définition que le Coran donne du voile...

Le voile était pratique courante dans l'Orient ancien, y compris chez les non musulmans (Hindous,...) mais est resté ignoré jusqu'à nos jours des musulmans d'Europe et des Berbères d'Afrique du nord.

À l'égard des femmes, Mahomet a manifesté une grande bienveillance au regard des coutumes en vigueur chez les Bédouins de son époque : femmes réduites à l'état d'animal domestique, infanticide des fillettes,...

Le Coran offre un véritable statut juridique aux femmes, même si ce statut les maintient dans une relative infériorité vis-à-vis des mâles (elles acquièrent un droit à l'héritage inférieur de moitié à celui des hommes ; leur témoignage a devant les tribunaux la moitié de la valeur de celui d'un homme).

Le Coran permet aux musulmans d'avoir jusqu'à quatre épouses légitimes... à condition d'être capables de les traiter de façon parfaitement équitable.

Des médisants ayant soupçonné d'adultère Aïsha, l'épouse préférée du Prophète, celui-ci eut peu après une vision qui lui dicta de très sévères sanctions pour ceux qui accuseraient une femme d'adultère sans preuves suffisantes (sourate XXIV, 4).

Au XXe siècle, Habib Bourguiba, leader de l'indépendance de la Tunisie, a interdit la polygamie dans son pays en arguant du fait qu'aucun homme, sauf le Prophète, ne peut montrer une parfaite équité entre ses femmes.

Cette interprétation libérale du Coran n'a cependant pas été imitée par les autres pays à majorité musulmane (Turquie mise à part).

Habib Bourguiba en son temps a aussi autorisé ses concitoyens engagés dans le développement du pays à ne pas jeûner pendant le Ramadan, estimant que leur travail était une forme de jihad et justifiair une dispense. Lui-même a donné l'exemple en buvant publiquement un verre d'eau devant les députés en plein Ramadan.

Les sourates ont été apprises par cœur par ses auditeurs ou le plus souvent transcrites sur des supports variés : tessons de poterie, bouts de parchemin,...

Après la mort du prophète, le calife Othman confie à un groupe de travail la compilation de tous les versets puis fait détruire les supports d'origine pour couper court à toute contestation future.

La recension d'Othman est désormais la seule trace physique qui reste du Coran.

Les symboles de l'islam

Les symboles ordinaires de l'islam rappellent le Coran et les enseignements du prophète :

L'étoile à cinq branches qui figure sur le drapeau du Maroc, de Djibouti ... etc évoque les cinq piliers de l'islam,

La couleur verte habituelle sur de nombreux drapeaux de pays à majorité musulmane évoque le vert du paradis, tel que l'imaginent les croyants,

Le croissant de lune, que l'on voit sur de nombreux drapeaux comme celui de la Turquie, rappelle que Mahomet a préféré le cycle lunaire au cycle solaire pour la mesure du temps.

Les obscurités du Coran ont amené au fil des siècles les musulmans à compléter leur instruction en se référant aux faits relatifs à la vie du Prophète : les hadith.

Ces hadith, au nombre d'environ 75.000, sont réunis dans un recueil, la suna (tradition). Leur interprétation est à l'origine de nombreux commentaires de la part des imams, les personnes chargées par leur communauté de présider à la prière dans la mosquée.

Jusqu'aux alentours de l'An Mille, les commentaires autour du Coran ont été innombrables, en liaison avec une grande effervescence intellectuelle.

Mais en l'an 1019, le calife abasside de Bagdad, Al Qadir, craignant que la libre discussion ne mène à des divisions, a fait lire au palais et dans les mosquées une épître dite "épître de Qadir" (Risala al-qâdiriya) par laquelle il a interdit toute exégèse nouvelle et fermé la porte à l'effort de recherche personnel des musulmans (l'ijithad).

Cette décision a été d'une importance capitale pour l'islam.

Elle a porté atteinte à l'esprit critique et favorisé l'imitation servile (le taqlid).

On en voit les conséquences dans l'attitude des intégristes qui réduisent leur foi au mimétisme le plus stupide qu'il soit.