







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".


15/11/04
- ISLAM - La
religion et ses 5 piliers - En aucune manière "Djihad", ne signifie
la guerre.
Par
Al Hadj.
En
aucun cas, une guerre ne peut être considérée comme sainte,
sous quelque religion que ce soit, a fortiori pour l'Islam et les musulmans que
nous sommes car nous serions en contradiction avec le saint message.

Bref
aperçu de l'histoire de l'Islam - Al qu'ran (le Coran).
Mahomet
a énoncé la parole du Dieu unique (Allah) au fil de nombreuses révélations
qui s'exprimaient par une agitation de tout son corps.
Les
premiers fidèles ont appris par cur ces révélations
sorties de la bouche du Prophète ou le plus souvent les ont transcrites
sur des supports variés : tessons de poterie, morceaux de cuir, omoplates
de chameau,...
Pour
couper court à toute contestation future, le calife Othman confia la compilation
de toutes les révélations à un groupe de travail puis fait
détruire les supports d'origine.
La
recension du calife Othman est désormais la seule trace physique qui reste
de la Révélation divine, appelée Coran (d'après un
mot arabe, Qr, qui signifie récitation).

Ce
texte sacré est devenu le fondement de la religion musulmane.
Le
Coran se présente sous la forme de 114 sourates ou chapitres divisées
en 6226 versets.
Les
sourates sont simplement classés dans le Coran par longueur décroissante
(à part la première). Elles sont bien sûr exprimées
en langue arabe, la langue de la Révélation.
Pour
les musulmans, il n'est pas de langue plus respectable que celle-là car
c'est celle que Dieu a choisi pour parler aux hommes... Il n'empêche qu'aujourd'hui,
seule une petite minorité d'érudits maîtrise suffisamment
l'arabe du VIIe siècle pour pouvoir comprendre le Coran et en saisir les
subtilités.
Les
sourates dessinent les contours d'une doctrine simple, accessibles au plus grand
nombre, très différente en cela des théologies chrétienne
ou hébraïque.
Le
Coran proclame la restauration d'un monothéisme authentique, dépouillé
des influences corruptrices du judaïsme (*) et du christianisme.
Il
prescrit à chaque homme de se soumettre à Dieu (se soumettre se
dit aslama en arabe ; de ce mot dérivent islam, nom de la religion fondée
par Mahomet, et musulman, appellation courante des fidèles de Mahomet).
Il
organise la religion de façon très simple autour de cinq rituels
fondamentaux, les "piliers", qu'il suffit à chaque fidèle
de suivre pour accéder à la vie éternelle.
Le
Coran décrit d'ailleurs de façon très détaillée
le paradis et les plaisirs qui attendent les croyants (du moins les hommes). Ainsi
chaque bienheureux aura-t-il en récompense 72 "houris / que ni homme
ni djinn, / n'a jamais touchées avant eux." (sourate LV, 74).
Le
texte sacré s'étend également sur "le feu de la Géhenne"
destiné aux incrédules (sourate XXXV, 36).
Dans
des termes plus prosaïques, le Coran détaille aussi de façon
précise les règles de vie en société, y compris le
droit de la guerre, le droit commercial et le droit familial.


Les
cinq piliers
Les
rituels de la foi musulmane s'organisent autour de cinq "piliers"...
la profession de foi en un Dieu unique et en son Prophète Mahomet (du mot
chahadah qui désigne un témoignage) :
"Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son Envoyé".
la prière quotidienne (salah) : elle doit être précédée
par des ablutions et prononcée en direction de La Mecque, cinq fois par
jour, à l'aube, à midi, l'après-midi, au coucher du soleil
et le soir.
Le vendredi, les musulmans sont invités à la prononcer
à la mosquée (masjid), lieu de rassemblement attitré des
fidèles.
le jeûne du mois de Ramadan : les musulmans se doivent de jeûner
du lever au coucher du soleil chaque jour du mois de Ramadan, neuvième
mois du calendrier lunaire des Arabes, parce que le Prophète aurait reçu
ce mois-là la première révélation divine.
Du
jeûne sont dispensés les malades, les femmes enceintes, les enfants
et les personnes qui accomplissent le jihad.
La fin du jeûne est marquée
par la grande fête de l'Id ad-Fitr ou fête de la rupture du jeûne.
l'impôt islamique (zakat) : il se monte à un dixième
environ des revenus et il s'y ajoute l'aumône charitable, au bon vouloir
de chacun (çadaqa).
le pèlerinage à la Mecque (hadj) : il est recommandé
à tous les musulmans au moins une fois dans leur vie et se déroule
chaque année,du 7 au 13 du dernier mois de l'Hégire.
Comme le
calendrier islamique est aligné sur les cycles de la Lune et décalé
par rapport au calendrier civil, aligné sur le Soleil, le moment du pèlerinage
comme celui du jeûne se déplace d'une année sur l'autre de
onze jours.
A l'époque du pèlerinage se déroule la fête
du sacrifice ou Grande Fête (Aïd el Kébir). En souvenir du sacrifice
d'Abraham, père du monothéisme, chaque famille sacrifie un mouton.

On
parle de "Djihad" sans en comprendre le sens.
"Djihad"
le mot est masculin et non pas féminin comme on le dit parfois.
En
aucune manière "Djihad", ne signifie la guerre. En aucun cas,
une guerre ne peut être considérée comme sainte, sous quelque
religion que ce soit, a fortiori pour l'islam.
Étymologiquement,
"Djihad" signifie "faire un effort", un effort de conscience.
Le
terme a été incorrectement traduit par des orientalistes, parfois
de renom.
Cependant,
cet effort peut être guerrier. Le verset coranique qui en parle évoque
ceux qui font un effort qui peut passer par la prière, par l'épée
et d'autres formes d'effort.
Par
l'épée ? Le
contexte historique de l'époque doit ici être pris en considération.
L'islam
n'est pas une religion exotique, une religion du désert où des paladins
sont venus écumer les contrées avec un sabre d'une main et un Coran
de l'autre.
L'islam
est le continuateur naturel des commandements de Dieu à Moïse. Les
querelles à travers l'histoire ont porté sur des considérations
théologiques, mais jamais sur la véracité du message mosaïque
et l'authenticité du message christique.
Être
musulman, c'est reconnaître l'authenticité, la validité de
ces messages.

Interprétations
variables
Comme
la plupart des grands textes religieux ou philosophiques, le Coran est un texte
abscons et plein d'apparentes contradictions.
Il
donne lieu à de multiples interprétations qui tiennent à
son élaboration progressive dans le contexte mouvementé de la vie
du Prophète (guerres et trêves, alliances et ruptures,...) ainsi
qu'à sa rédaction dans la langue arabe du VIIe siècle que
seule comprend aujourd'hui une minorité d'érudits.
Les
musulmans formalistes (aussi appelés intégristes ou islamistes)
prétendent que la piété commande une lecture littérale
des textes sacrés et en particulier du Coran. Eux-mêmes portent la
barbe et s'habillent pour ressembler à l'image qu'ils ont du prophète
! Ils imposent à leurs femmes de se voiler...
Les
musulmans libéraux revendiquent une adaptation des pratiques religieuses
à notre époque. Ce n'est pas parce qu'Aïsha partagea le lit
du prophète à 9 ans qu'on devrait comme dans certains pays légaliser
le mariage des fillettes à cet âge ! Ce n'est pas parce que le Coran
légitime l'esclavage qu'on doit le maintenir au XXIe siècle !
A
noter que le Coran n'impose pas formellement aux femmes le port du voile. Il leur
recommande seulement la pudeur et "la nécessité de rabattre
leur [voile] sur leur poitrine" (sourate II, 31). Encore les érudits
ne s'entendent-ils pas sur la définition que le Coran donne du voile...
Le
voile était pratique courante dans l'Orient ancien, y compris chez les
non musulmans (Hindous,...) mais est resté ignoré jusqu'à
nos jours des musulmans d'Europe et des Berbères d'Afrique du nord.
À
l'égard des femmes, Mahomet a manifesté une grande bienveillance
au regard des coutumes en vigueur chez les Bédouins de son époque
: femmes réduites à l'état d'animal domestique, infanticide
des fillettes,...
Le
Coran offre un véritable statut juridique aux femmes, même si ce
statut les maintient dans une relative infériorité vis-à-vis
des mâles (elles acquièrent un droit à l'héritage inférieur
de moitié à celui des hommes ; leur témoignage a devant les
tribunaux la moitié de la valeur de celui d'un homme).
Le Coran
permet aux musulmans d'avoir jusqu'à quatre épouses légitimes...
à condition d'être capables de les traiter de façon parfaitement
équitable.
Des
médisants ayant soupçonné d'adultère Aïsha, l'épouse
préférée du Prophète, celui-ci eut peu après
une vision qui lui dicta de très sévères sanctions pour ceux
qui accuseraient une femme d'adultère sans preuves suffisantes (sourate
XXIV, 4).
Au XXe siècle, Habib Bourguiba, leader de l'indépendance
de la Tunisie, a interdit la polygamie dans son pays en arguant du fait qu'aucun
homme, sauf le Prophète, ne peut montrer une parfaite équité
entre ses femmes.
Cette
interprétation libérale du Coran n'a cependant pas été
imitée par les autres pays à majorité musulmane (Turquie
mise à part).
Habib
Bourguiba en son temps a aussi autorisé ses concitoyens engagés
dans le développement du pays à ne pas jeûner pendant le Ramadan,
estimant que leur travail était une forme de jihad et justifiair une dispense.
Lui-même a donné l'exemple en buvant publiquement un verre d'eau
devant les députés en plein Ramadan.
Les
sourates ont été apprises par cur par ses auditeurs ou le
plus souvent transcrites sur des supports variés : tessons de poterie,
bouts de parchemin,...
Après
la mort du prophète, le calife Othman confie à un groupe de travail
la compilation de tous les versets puis fait détruire les supports d'origine
pour couper court à toute contestation future.
La
recension d'Othman est désormais la seule trace physique qui reste du Coran.

Les
symboles de l'islam
Les
symboles ordinaires de l'islam rappellent le Coran et les enseignements du prophète
:
L'étoile
à cinq branches qui figure sur le drapeau du Maroc, de Djibouti ... etc
évoque les cinq piliers de l'islam,
La couleur verte habituelle sur de nombreux drapeaux de pays à majorité
musulmane évoque le vert du paradis, tel que l'imaginent les croyants,
Le croissant de lune, que l'on voit sur de nombreux drapeaux comme celui de la
Turquie, rappelle que Mahomet a préféré le cycle lunaire
au cycle solaire pour la mesure du temps.

Les
obscurités du Coran ont amené au fil des siècles les musulmans
à compléter leur instruction en se référant aux faits
relatifs à la vie du Prophète : les hadith.
Ces
hadith, au nombre d'environ 75.000, sont réunis dans un recueil, la suna
(tradition). Leur interprétation est à l'origine de nombreux commentaires
de la part des imams, les personnes chargées par leur communauté
de présider à la prière dans la mosquée.
Jusqu'aux
alentours de l'An Mille, les commentaires autour du Coran ont été
innombrables, en liaison avec une grande effervescence intellectuelle.
Mais
en l'an 1019, le calife abasside de Bagdad, Al Qadir, craignant que la libre discussion
ne mène à des divisions, a fait lire au palais et dans les mosquées
une épître dite "épître de Qadir" (Risala
al-qâdiriya) par laquelle il a interdit toute exégèse nouvelle
et fermé la porte à l'effort de recherche personnel des musulmans
(l'ijithad).
Cette
décision a été d'une importance capitale pour l'islam.
Elle
a porté atteinte à l'esprit critique et favorisé l'imitation
servile (le taqlid).
On
en voit les conséquences dans l'attitude des intégristes qui réduisent
leur foi au mimétisme le plus stupide qu'il soit.
