







Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale
"
La liberté du citoyen qui gouverne un pays se définit par le respect
de la liberté de l'autre citoyen et le souci constant du bien de tous".


15/11/04
- DJIBOUTI - Journée mondiale des Droits
de l'Enfant.
Par Aïcha
WARSAMA AÏDID.

Union
Djiboutienne
des Familles
Musulmanes
LE
TEXTE DE LA DÉCLARATION SUR LES DROITS ET LA PROTECTION DE L'ENFANT DANS
LE MONDE ISLAMIQUE, 15 DÉCEMBRE 1994
Les
États membres de l'Organisation de la Conférence Islamique,
Convaincus
que les valeurs et les principes sociaux de l'Islam tirent leur source de la révélation
divine et qu'Allah, qui a créé l'homme connaît mieux que quiconque
où résident le bien et le bonheur de l'homme;
Conscients
que l'homme est responsable devant Allah de ses actes dont il sera rétribué
en bien ou en mal;
Convaincus
que l'Islam, à travers ses valeurs et ses principes, a façonné
la Oumma islamique et n'a cessé depuis plus de quatorze siècles
de moduler ses types de comportement social afin de permettre à la société
islamique de vivre dans la sécurité et la stabilité et de
réaliser le progrès et la prospérité dans le cadre
de la famille que l'Islam considère comme la première pierre de
l'édifice social, à laquelle il a donné puissance et protection,
qu'il a assise sur les bases de la justice, de la compassion et du respect et
dont il a uni les membres par l'amour et la fidélité;
Conscients
de la situation de plusieurs sociétés islamiques du fait de la faiblesse
de leur attachement à beaucoup de valeurs islamiques, notamment celles
relatives aux droits et à la protection de l'enfant, et ce sous l'effet
de fortes pressions historiques, économiques et sociales qui ont détruit
l'entité familiale dans certains pays, provoqué la baisse des niveaux
de la culture, de la santé et de l'économie et a exposé les
pays en question aux conflits politiques, aux affrontements armés, à
l'insécurité et aux calamités naturelles;
Convaincus
que pour résoudre ces problèmes il faut retourner vers les valeurs
religieuses sublimes dans tous les aspects de la vie, par les individus et les
communautés, les peuples et les gouvernements, et sur tous les plans nationaux,
régional et international;
Considérant
l'importance fondamentale que revêt la protection des enfants dans la vie
d'une nation, dans la mesure où ils représentent les pionniers de
demain et les artisans de son avenir, et que le sort de cette nation et les perspectives
d'avenir de ses générations futures sont tributaires du genre d'éducation
prodiguée à ces enfants et de l'intérêt qui leur est
accordé;
Convaincus
que l'enfant a, de par sa nature, besoin d'une protection spéciale où
se conjuguent et se complètent les efforts de la famille, de l'école
et de la société, ainsi que les principes de base de la religion
et de la morale, les moyens matériels et pédagogiques et les garanties
juridiques et réglementaires;
Eu
égard aux objectifs de l'Organisation de la Conférence Islamique
tels qu'énoncés dans sa Charte, dans les résolutions adoptées
par les Conférences islamiques du Sommet et des ministres, ainsi que dans
les conventions et chartes internationales approuvées par les États
membres;
Tenant
compte des circonstances particulières à chaque pays;
Rappelant
aux peuples et gouvernements islamiques de l'ère contemporaine la nécessité
de suivre les enseignements de la religion islamique, ses valeurs et son système
précurseur en matière de construction de la famille en général
et de protection de l'enfance en particulier;
Informant
tous les peuples qui lui partagent le présent et l'avenir, de ces principes
sublimes qui assurent la probité de l'individu et la sécurité
de la société et qui les protègent de la vie de licence et
de libertinage, de l'alcoolisme, de la violence, de la tension, de la délinquance,
du vide psychologique et du dérèglement spirituel;
Proclament
les principes suivants:

1.
LA FAMILLE
L'Islam
a magnifié les valeurs de la chasteté et de la pudeur chez l'homme
comme chez la femme et limité les relations sexuelles entre l'homme et
la femme dans un cadre unique à savoir celui du mariage légal. Il
a interdit de façon catégorique la "Zina" (le péché
de la chair), le concubinage et la déviation sexuelle aussi bien à
l'homme qu'à la femme. Il a interdit au Musulman d'avoir un comportement
ou de sortir des propos répréhensibles.
L'Islam
fait de la bonne moralité et de la vraie foi religieuse les plus importants
critères lorsqu'il s'agît de choisir un conjoint. Il a invité
les prétendants au mariage à s'assurer que les deux futurs époux
ne soient atteints de maladies héréditaires et ce, en vue de protéger
l'enfant avant l'étape de sa conception et de lui assurer, dès la
naissance, un cadre familial sain aux plans physique et psychologique.

2.
LES DROITS DU FOETUS
L'Islam
a accordé un intérêt total au foetus et lui reconnaît
le droit absolu à la vie en interdisant l'avortement, ainsi que le droit
à la possession de biens et à la succession. D'autre part, il a
appelé à bien s'occuper de la femme enceinte en lui assurant la
pension alimentaire et un traitement digne et en l'exemptant de certaines obligations
religieuses.

3.
LES DROITS DU NOUVEAU-NE
Dès
le tout premiers instants de la naissance, le nouveau-né, qu'il soit un
garçon ou une fille, jouit d'une protection et d'un amour que la famille
lui accorde en tant que don d'Allah qui doit en être remercié. Il
jouit du droit absolu à la vie. C'est pour cela que l'Islam a interdit
la pratique qui consistait à enterrer vivantes les filles ou à les
sous estimer. Il a désavoué ceux qui haïssent les femmes où
augurent mal d'elles. Il a établi l'égalité entre l'homme
et la femme en ce qui concerne le droit à un bon traitement

4.
LE DROIT A LA FILIATION
L'Islam
reconnaît à chaque enfant le droit à une filiation paternelle
qui est un droit imprescriptible. C'est pour cette raison qu'il a interdit l'adoption
qui prive l'enfant de ce droit. Cependant, il n'empêche pas qu'une famille
intègre en son sein un enfant étranger et le protège, il
y invite plutôt.

5.
LE DROIT A LA GARDE
L'Islam
reconnaît à chaque enfant le droit à la garde qui lui assure
une protection matérielle et psychologique. Il s'agit d'un devoir que doit
accomplir la mère ou quiconque. Il invite à aider les familles démunies
de manière à leur permettre de faire jouir leurs enfants de ce droit
à l'éducation.

6.
LE DROIT A LA PROTECTION SOCIALE, SANITAIRE, PSYCHOLOGIQUE ET CULTURELLE
L'Islam
fait de la famille, fondée sur le mariage légal, l'origine naturelle
de l'enfant, décide que chaque enfant a le droit de vivre au sein d'une
famille bâtie sur l'affection et la clémence, que cette famille,
soit sa famille d'origine ou une famille de substitution qui le prend en charge
par suite de la disparition de la première ou son renoncement à
élever sa progéniture, étant étendue que l'Islam a
prescrit des normes légales et morales pour décourager le divorce
qui constitue l'acte licite le plus détesté par Allah et a institué
des garanties pour les sauvegardes et la protection des droits de l'enfant en
cas de séparation des conjoints.
L'Islam
accorde à la mère toute considération nécessaire et
a exhorté la communauté à lui donner le savoir et la culture,
qui lui permettront d'accomplir sa mission vis-à-vis de son foyer et de
sa communauté de la manière la plus parfaite.
L'Islam
ordonne aux enfants de réserver à leurs deux parents un bon traitement
de leur vivant et après la mort. Il commande également aux parents
de bien traiter leurs enfants, de faire preuve d'équité envers eux
et a souligné que l'une de plus grande erreur que les parents peuvent commettre,
c'est de ne pas accorder à leurs enfants les droits qui leurs sont dus.
L'Islam
accorde à chaque enfant le droit à la protection sanitaire physique
et psychique, à l'intérieur de la famille et de la société.
Il invite les Musulmans à explorer toutes les possibilités offertes
en vue de garantir cette protection globale qui comporte:
l'intérêt
que l'Islam accorde à l'allaitement maternel durant deux années
consécutives, l'allégement des obligations légales de la
mère nourrice et l'ajournement de l'exécution des peines encourues
par celle-ci,
la
considération des circonstances atténuantes pour la femme travailleuse
dans l'intérêt des enfants,
la
lutte contre les maladies et la malnutrition, et la garantie de la protection
sanitaire nécessaire pour la mère et pour les enfants,
la
fourniture de l'information et des services nécessaires aux mères
en vue de les aider à améliorer la santé de leurs enfants,
la
protection des enfants contre les stupéfiants et les boissons alcoolisées.
L'Islam
donne à chaque enfant le droit à la nourriture, à l'habillement
et au logement. Ce droit est exercé par le père ou celui qui en
tient lieu, conformément à la législation islamique.
L'Islam
a réaffirmé le principe de l'égalité de traitement
à l'égard des enfants et interdit toutes formes de discrimination
entre eux pour préserver leur psychisme et leurs rapports futurs avec la
famille et la société.
L'Islam
donne à l'enfant le droit de se reposer et de se consacrer à ses
loisirs dans le respect de ses propres intérêts physiques et psychologiques
et conformément aux normes pédagogiques et morales.
Pour
garantir la protection de l'enfant, l'Islam donne à celui-ci le droit à
un "Wali" (tuteur) ou un "Wassi" (curateur) suivant l'ordre
hiérarchique déterminé par la Charria.
L'Islam
ne considère pas comme un criminel l'enfant qui a une conduite déréglée.
Il prescrit, au contraire, des dispositions appropriées pour le redresser
tout en tenant compte de ses conditions.

7.
DROIT A LA PROPRIETE
L'Islam
donne à chaque enfant, qu'il soit une fille ou un garçon, le droit
de posséder par don, legs et héritage, et définit des normes
légales et morales pour protéger ses droits financiers, et ce dès
la phase où il n'était que foetus.

8.
DROIT A L'ENSEIGNEMENT
L'Islam
donne à chaque enfant, garçon ou fille, un droit égal à
la gratuité de l'enseignement fondamental, au moins, pour lui permette
de se cultiver et de connaître les principes de la Foi et de la législation
islamique et les bases culturelles de la société. Il ordonne de
lui procurer les moyens nécessaires au développement de sa mentalité,
de son psychisme, de sa conscience et de son corps.
Tout
en garantissant la liberté de l'homme d'embrasser librement et en dehors
de toute contrainte, la religion de son choix, l'Islam interdit au Musulman d'abjurer
sa religion qui est le sceau de toutes les révélations célestes.
En conséquence, la société musulmane s'engage à sauvegarder
la pérennité de la "Filtre" (disposition naturelle immaculée)
et de la Foi de ses enfants et à protéger ceux-ci contre les tentatives
visant à leur faire renier leur religion musulmane.

9.
DROITS DE L'ENFANT DANS LES CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES
L'Islam
accorde un intérêt particulier aux enfants se trouvant dans des conditions
difficiles et d'exception et notamment:
1.
les enfants ayant perdu leurs parents ou l'un d'eux,
2.
les enfants handicapés,
3.
les enfants réfugiés ou détenus,
4.
les enfants nés hors mariage ou abandonnés,
5.
les enfants en périodes de guerres ou de catastrophes naturelles,
6.
les enfants employés,
7.
les enfants mendiants,
8.
les enfants apatrides.
Ces
catégories d'enfants représentent un test que fait subir le Créateur
à la société humaine et à la communauté de
l'Islam.
L'Islam
exhorte
vivement à la solidarité et à l'entraide pour sauver ces
enfants de telles conditions destructrices, les éduquer et les mettre à
l'abri de toutes les formes d'exploitation.

Conclusion

Les
Etats membres de l'OCl, tout en proclamant publiquement ces principes islamiques
sublimes et leur engagement à les sauvegarder:
appellent
à les inclure dans les législations nationales et à les prendre
en considération dans les pratiques internationales,
accueillent
favorablement tous les efforts conformes à la législation islamique
déployée sur les plans locaux, régional et international
en vue de garantir la protection de l'enfant,
ils
réaffirment leur soutien et leur engagement à signer et à
ratifier la Convention sur les droits de l'enfant et à oeuvrer à
la réalisation des objectifs énoncés dans la Déclaration
universelle sur la survie, la protection et l'épanouissement de l'enfant
et par le plan d'action adopté en septembre 1990 par le Sommet mondial
de l'enfant.
