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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

18/11/04
- TRANSPORTS AÉRIENS - La vie des passagers
et celle des équipages sont-elles de si peu d'importance au point de les
sacrifier à du papier, à de l'argent ?.
Par
M S. Ancien Officier de l'Armée de l'Air. Réfugié politique
au Canada.




Fathi
A BELIKI International Airlines,
Adress. KUNDAHAR - 364 Moulay Mohamed Omar
street.
Phone : 11 09 2001
Décembre
2003, un Boeing 727 d'UTA (Union des transports africains) s'écrase au
décollage à Cotonou, au Bénin : 151 morts.
Le
3 janvier 2004, un Boeing 737 de Flash Airlines s'abîme en mer peu de temps
après avoir quitté Charm el-Cheikh, en Egypte : 148
victimes.
Souvent
seule solution pour rallier directement son lieu de vacances, le vol charter est
le seul moyen car il n'existe pas de lignes de grandes compagnies aériennes
internationales mais c'est là que se posent de légitimes questions
depuis l'accident du Boeing 737 de Flash Airlines à Charm el-Cheikh.
Cet
accident de Airlines à Charm el-Cheikh n'est pas le seul depuis le 3 janvier
2004 car hélas il convient de ne pas oublier quelques autres incidents
graves qui se sont produits depuis mais qui ont été passés
sous silence car n'ayant pas causé le décès de passagers,
de l'équipage et la perte des avions concernés..
Ce
drame de Charm el-Cheikh a montré les limites de la recherche du meilleur
tarif aérien car au-delà d'un certain seuil, les économies
possibles altèrent de manière quasi obligée la fiabilité
de l'appareil et la sécurité du vol ; donc mettent en jeu la vie
des passagers et des équipages.

L'une
des méthodes connues pour " faire des économies " au détriment
de la sécurité des passagers, de l'équipage et de l'aéronef
- et le plus souvent pratiquée hélas - est celle qui consiste tout
simplement à falsifier le nombre d'heures de vols effectuées.
Cette
méthode est connue de toutes les Directions générales de
l'Aviation Civile de tous les pays du monde.
Il
s'agit pour le propriétaire ou l'exploitant de l'aéronef (avion
ou hélicoptère) de multiplier par deux, trois fois voire bien plus
la durée de vie des éléments mécaniques et d'avioniques
en omettant de porter ces heures de vols effectuées sur le " registre
de bord " tout en falsifiant les compteurs d'enregistrement.
En
clair, l'aéronef effectuera en réalité 6000 heures de vol
alors que seuls 2000 heures voire bien moins seront mentionnées sur le
" registre de vol ".
Quel
intérêt et quelles conséquences ?.
Le
coût d'entretien ramené à l'heure de vol pour un aéronef
est variable suivant le type, l'ancienneté, la disponibilité et
le coût des pièces de rechange sur le marché, le nombre d'exemplaires
d'avions ou d'hélicoptères fabriqués
. etc ; autant
de paramètres qui vont définir un prix du " coût technique
" d'entretien (pièces, ingrédients, main d'oeuvre et frais
annexes) qui va entrer pour partie dans la détermination du prix du billet
de transport vendu au passager.
A
- En simplifiant le principe pour une bonne compréhension, si
l'on prend un cycle de 6000 heures de vol avec une valeur moyenne d'entretien
suivant les normes du constructeur équivalente à 2000 euros par
heure de vol,
le
coût total d'entretien sur ces 6000 heures de vol sera de :
6
000 hdv X 2 000 euros = 12 000 000 d'euros.
B
- Par ailleurs si sur ces 6000 heures effectivement effectuées on en mentionne
que 2 000 sur le " registre de bord ", le coût total d'entretien
technique sera de
2
000 hdv X 2 000 euros = 4 000 000 d'euros
pour 6
000 heures de vol réellement effectuées.
A
- Coût technique de l'entretien à l'heure de vol suivant les normes
légales et admises pour un entretien = 2 000 euros
B
- Coût technique de
l'entretien à l'heure avec falsification du nombre d'heures de vol effectuées
= 666,66 euros !!!!
D'où
une " artificielle économie " de 1333,33
euros sur l'entretien de l'aéronef
par heure de vol effectuée que l'on va forcément retrouver sur le
prix du billet passager tout en mettant en jeu sa sécurité et sa
vie.

Que
dit la réglementation ?
Paradoxalement,
rares sont les enquêtes diligentées a priori sur telle ou telle compagnie
aérienne. En général les Directions Générales
de l'Aviation comme les Organismes chargés de contrôler l'effectivité
des travaux d'entretien ( tel VERITAS) ne font pas une EXPERTISE de l'aéronef
à chaque contrôle périodique et suivant un calendrier déterminé
mais considèrent que la RESPONSABILITÉ des travaux incombe en
premier lieu au propriétaire ou à l'exploitant de l'aéronef.

Que
disent les constructeurs des aéronefs ?.
Les
constructeurs minorent en général de 30 %
la durée de vie des éléments mécaniques et d'avionique
pour prendre en compte l'impondérable. C'est-à-dire qu'un élément
mécanique ou d'avionique qui a une durée de vie de 2600 heures doit
être changé à partir de 1820 heures de vol ce qui laisse à
l'exploitant une certaine souplesse pour faire réaliser les travaux d'entretien
par un Atelier agréé.

Les
voyagistes affrètent les avions de compagnies spécialisées
(Air Méditerranée, Corsair, Star Airlines, etc.) ou régulières
(Airliner, CCM) mais aussi des transporteurs étrangers
non contrôlés par l'autorité aéronautique européenne.
Ce
sont les tour-opérateurs qui prennent le risque financier de l'affrètement
(par exemple, de l'ordre de 50 000 € pour un aller et retour Paris/Le Caire
avec un A 320, 100 000 € pour un aller-retour Paris/Djibouti sur un Boeing
), choisissent les prestations à bord (repas, vin gratuit ou non,
film...) et fixent les horaires.
Si
le vol tarde à se remplir, l'affréteur peut l'annuler, faire voyager
les passagers inscrits sur une ligne régulière, tout en maintenant
le prix charter. Ou encore, faire appel à un consolidateur, un semi-grossiste
qui réunit les passagers de plusieurs voyagistes sur un même vol.
Toutes
ces négociations sont purement commerciales.
A
notre connaissance, aucun "Tour-opérateur" - tout comme DAALLO
SARL qui se prétend à tort Compagnie aérienne internationale
- ne dispose d'équipes (ingénieurs et techniciens)
aptes à juger de la fiabilité des compagnies clientes.
"Les
contrôles de sécurité sont du ressort des autorités
aéronautiques et ne relèvent pas de la responsabilité du
tour-opérateur", déclarait un peu vite Georges Colson,
président de Fram, après l'accident de Flash Airlines, oubliant
de préciser que la première Responsabilité du sérieux
de l'entretien incombe au propriétaire ou exploitant de l'avion concerné
et que les "Tour-operateur" ont une responsabilité même
si elle n'est que morale.
Si
un vol sur A 320 est vendu en moyenne entre 4500 et 5 500 € à l'heure
de vol et qu'il vous est vendu à 3 000 € c'est qu'il y a forcément
"anguille sous roche". Il y a forcément
des limites en matière de négociations commerciales car au delà
de cela on sacrifie forcément la Sécurité des passagers et
des équipages, à partir des carences d'entretien technique au niveau
de l'avion.
Pour
qu'une compagnie étrangère (régulière, charter, low-cost,
etc.) atterrisse ou survole la France, elle doit, à ce jour, produire deux
documents techniques :
une
attestation d'assurances et un certificat de transporteur aérien.
C'est
l'administration de l'Aviation Civile du pays ayant immatriculé l'avion
qui délivre ce dernier.
Elle
est censée appliquer les normes et les recommandations de l'Organisation
de l'aviation civile internationale.
La
notion de confiance réciproque entre pays membres de l'OACI reste donc
la base du fonctionnement du transport aérien mondial.
L'OACI
est à considérer comme un
colosse aux pieds d'argile quand, dans un État, le président
de la compagnie aérienne est en même temps directeur de l'aviation
civile
., éventuellement frère ou cousin du chef de gouvernement
ou de son épouse ou du directeur de la DGAC comme c'est le cas à
Djibouti.
On
imagine les dérives possibles et l'assemblée générale
triennale de l'OACI à Montréal les a, une fois de plus, soulignées.

Les
États-Unis ont montré la voie et ne se contentent plus de ce "diplomatiquement
correct".
Face
aux transporteurs douteux d'Amérique latine (entre autres), ils ont fermé
purement et simplement leur espace aérien.
A
moins de satisfaire au "part 129", un audit spécifique auquel
se soumettent périodiquement toutes les compagnies qui veulent se poser
aux États-Unis.
Même
les grandes comme Air France, Lufthansa ou British Airways doivent s'y plier.
"Je vais proposer que l'Europe mette en place une procédure comparable",
avait annoncé Patrick Goudou, directeur de l'Agence européenne de
la sécurité aérienne, lors du colloque organisé à
l'Assemblée nationale par le député de l'Oise François-Michel
Gonnot.
Cette
nouvelle entité est censée remplacer les autorités nationales
des pays européens en s'appuyant sur leurs compétences.
Du
coup, le "label bleu" imaginé au lendemain
de la tragédie de Charm el-Cheikh et prévu pour fin 2005, devrait
trouver un réel support technique bien au-delà de l'Hexagone.
La
France propose de mettre en place une liste bleue des compagnies aériennes
alors que Bruxelles et même l'OACI penchent pour une liste noire.
Notons
toutefois que, dès cette année, les voyagistes ont fait un important
effort d'informations auprès de leurs clients sur les transporteurs proposés,
même si, en dernière minute, le nom de la compagnie peut être
changé par suite de retard ou de problème technique.
A
la porte d'embarquement, le passager peut être pris au dépourvu :
il n'a plus possibilité de se désister. La fraîcheur de la
peinture de l'avion, la propreté intérieure et l'écartement
des sièges, la saveur du plateau-repas n'ont jamais été des
critères objectifs pour juger de l'aptitude à voler en sécurité.

Pourquoi
un billet charter coûte-t-il moins cher ?
Comme
nous l'avons vu il y a pour le " fournisseur d'avions " peu scrupuleux
une possibilité de falsifier la périodicité des opérations
d'entretien qui peuvent faire baisser le prix de location (affrètement)
de l'avion à l'heure de vol de 20, 30 % voir bien plus.
Par
ailleurs et dans un autre domaine " acheter au moins cher ", à
différents niveaux, des gains sont réalisés et les compagnies
low-cost font appel en partie à un modèle économique.
Le
mode de commercialisation peu coûteux permet à un seul interlocuteur
de négocier des dizaines d'allers et retours avec le même voyagiste.
Comme
l'avion est plein, le prix de l'heure de vol (de l'ordre de 5 000 € pour
un Airbus A 320) peut être divisé par le nombre de places total alors
que le remplissage moyen des compagnies régulières est de l'ordre
de 70%, d'où un prix de billet charter moins élevé.
Les
sièges sont plus serrés : 180 sur un A 320 de Star Airlines contre
159 sur le même appareil exploité par Air France.
Le
coût par passager est alors inférieur de 10% à 15 %.
Une
autre pratique consiste pour les grandes compagnies aériennes à
vendre à des "brockers" et à prix nettement plus bas (de
l'ordre de 30 à 40 % du tarif courant) 30% des places passagers. Souvent
ces ventes s'effectuent dans les 8 jours précédent les vols où
là les remises peuvent être plus importantes.
Toutes
ces négociations sont purement commerciales et ne mettent nullement en
jeu la sécurité des passagers. Si l'on remplit le vol en passagers
on prendra alors moins de fret pour respecter la masse au décollage !!!.
Enfin,
grâce à des départs tôt le matin, des escales courtes,
des rotations tous les jours, des saisons censées être longues, certaines
compagnies charters peuvent voler 3 000 heures par an contre 2 000 pour un transporteur
régulier.
Toutes
ces économies sont réalisées sans la moindre concession aux
règles de maintenance, d'emploi des navigants ou de conduite des opérations
aériennes, comme l'impose et le contrôle strictement la réglementation
européenne.


Il
faut en effet bien différencier les pays européens (ou adhérents
au club JAA) et les autres.
Les
Joint Aviation Authorities (JAA) sont un groupe d'expert en charge de la rédaction
d'une réglementation commune: Les Joint Aviation Requirements (JAR).
Les
autres opérateurs ne risquent aujourd'hui qu'un examen visuel et administratif
de l'avion lors d'une escale (contrôles Safa) à Roissy, Orly, en
province ou ailleurs en Europe.
Même
succincte, cette surveillance est efficace : régulièrement, des
compagnies sont rappelées à l'ordre ; parfois des avions sont immobilisés
tant que les défauts apparents ne seront pas éliminés.

Une
solution d'attente qui a le mérite d'exister et pourtant certains à
Djibouti jouent encore avec la vie des passagers.
Faire
rêver les passagers sur une ligne intérieure Djibouti/Obock/Djibouti
dans te telles conditions ( voir
Article 1 et Article 2
sur le sujet) relève du meurtre prémédité
car comme ceci a été démontré et quel
que soit le type d'avion utilisé les recettes générées
ne peuvent pas être couvrir financièrement ne serait-ce que le coût
d'entretien technique sur cette ligne avec un tarif du billet Aller/Retour à
4 000 FD !!!!..
Ajoutons
à cela un survol maritime avec les précautions que ceci comporte
et qui d'évidence n'ont pas été prises.
Qu'attend
la présidence de la République pour y mettre un terme ?.
Devrait-on
fermer les yeux comme on le fait depuis si longtemps avec DAALLO SARL sous le
prétexte que le clan HAÏD en est le véritable propriétaire
alors que l'un des "frangins" est directeur de l'Aviation Civile...?
Autre
difficulté, le contexte géographique.
Alors
que le continent africain ne représente que 3 % des
mouvements aériens, il totalise 28 % des accidents
dans le monde.
Ceci
ne doit pas nous dissuader d'utiliser l'avion comme moyen de transport, bien au
contraire mais en sachant - comme en chaque chose et autant que cela parait possible
- où l'on pose "ses fesses" !!!.

