L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 18-Nov-2004 22:50 (GMT+1 / Bruxelles)

 

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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 


18/11/04 - COTE D'IVOIRE -
Le Lycée Blaise Pascal d`Abidjan totalement dévasté par la rage anti-française

AFP - 11/17/2004 7:06:38 PM


Salles incendiées, matériel pédagogique saccagé ou pillé, vitres méthodiquement brisées, le lycée français Blaise Pascal d'Abidjan, a été totalement dévasté le 6 novembre par la rage destructrice des manifestants hostiles à la France.

Depuis les grilles qu'ont facilement enjambé les pillards jusqu'à l'intérieur, le sol est jonché de documents administratifs: dossiers des élèves, compte-rendus de réunion...

A l'entrée, des impacts de balles sur le mur extérieur, deux douilles dans la rue et la loge saccagée aux vitres brisées donnent le ton.

A l'intérieur de l'établissement moderne et aéré, le tableau est désolant. Au rez-de-chaussée, la salle d'études n'est plus qu'un amas de cendres et de gravats du plafond effondré par la chaleur, dont n'émergent que les squelettes métalliques de ce qui furent des chaises et des placards.

Partout, des murs noircis par les flammes et une tenace odeur de brûlé qui enveloppe toujours l'ensemble de l'établissement plus de dix jours plus tard.

Les casiers en bois des élèves, vides, ont été mis à terre et consciencieusement brisés. Les éclats de verre crissent sous les pas.

A l'étage du bâtiment principal, le sol de la bibliothèque est un matelas de livres consumés. Les cendres de papier volent, soulevées par l'air s'engouffrent par les fenêtres désormais sans carreaux.

Sur une étagère métallique en partie fondue, quelques rangées de livres aux pages et à la couverture désormais uniformément noirs sont toujours debout, figés par le feu. Une partie du faux plafond est effondré, dans un enchevêtrement de métal tordu.

Un peu partout, des palmiers gisent sur le sol, les racines à l'air: "ils ont volé les pots", commentent dépité un des gardiens.

La salle des professeurs a échappé aux flammes, mais pas au saccage des jeunes partisans du pouvoir ivoirien, enragés contre les symboles de la France, qui venait de détruire l'aviation ivoirienne après le bombardement d'une position française ayant entraîné la mort de neuf de ses soldats à Bouaké (centre).

Au milieu des innombrables et divers papiers, quelques photos de classes sur lesquelles sourient sagement des élèves, blancs, noirs et métis mélangés, sous un agréable soleil et sur fond de luxuriante verdure africaine.

La plupart des salles de classes sont vides. Les ordinateurs de la salle informatique ont tous disparus. On en trouve encore quelques uns, brisés un peu partout dans le lycée. Dans les laboratoires de sciences, même les microscopes ont été emportés, témoigne un gardien. L'un d'eux empeste une odeur entêtante de produits chimiques, dont les bidons vident jonchent le carrelage.

"Tout ce qu'ils n'ont pas pu emporter, ils l'ont détruit", se désole un gardien.

Le gymnase a, lui aussi, été la proie des flammes, tout comme la cantine. Une partie des structures de bois supportant le toit en chaumes, dont il ne reste que des cendres tapissant le sol, est effondrée. L'eau de la piscine à moitié vide verdit peu à peu, faute d'entretien.

Le lycée d'une capacité de 1.500 élèves n'en accueillait plus qu'un millier, de plusieurs nationalités, et notamment de nombreux Ivoiriens, depuis les premières violences de janvier 2003.

Vu l'ampleur des destructions, il pourrait bien ne jamais rouvrir. Ses élèves français et bi-nationaux ont été évacués en compagnie de plus de 6.000 ressortissants étrangers.

Et dans un couloir, au milieu d'autres papiers, un dossier du Centre de documentation et d'information du lycée consacré aux "Droits de l'Homme" laisse échapper une publication dont la couverture, piétinée, s'orne d'un portrait de Martin Luther King, apôtre de la non-violence.