L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 20-Nov-2004 0:31 (GMT+1 / Bruxelles)

 

http://www.gouv-exil.org/

 

Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 


20/11/04 - DJIBOUTI - " Ni carotte, ni bâton " mais le courage de poser les problèmes inhérents à la fonction publique tels qu'ils sont et de proposer des solutions alternatives. C'est une grande réforme qu'il convient de mettre en œuvre sans délai.

Par Bouh WARSAMA.

Le journal la Nation a fait paraître ces jours derniers un article fort pertinent signé par M Hassan CHEHEM qui expose avec un certain sens de l'analyse et de l'objectivité ce que sont les difficultés auxquelles sont confrontés au quotidien ces hommes et ces femmes que l'on dit être les indispensables " serviteurs de la fonction publique " trop souvent décriés à tort.

Si nous insistons sur ces termes bien précis de " serviteurs de la fonction publique " c'est qu'indirectement ceci nous remet en mémoire qu'en des temps pas si lointain et comme le souligne fort bien le rédacteur de l'article

" ….les fonctionnaires étaient notés et récoltaient le fruit de leur travail. Les mauvais éléments subissaient une sanction disciplinaire qui allait de l'abaissement d'échelon à la radiation pure et simple…… ".

Sans fioritures, avec le poids des mots justes et maîtrise mais sans excès, le rédacteur de l'article en question reprend tous les points d'achoppements que nous n'avons de cesse de mettre en évidence depuis des années.

Démonstration est faite dans cet article que l'esprit critique ne consiste pas à tout critiquer mais à tenir pour vrai uniquement ce que l'on a vérifié. Que ce soit à l'aide de la logique, de la statistique, des probabilités ou de l'argumentation.

Il est clair que ceux qui ont une quelconque responsabilité et à quelque niveau que ce soit s'exposent forcément et par principe à la critique mais - comme nous l'avons maintes fois évoqué - nous ne sous situons pas dans la case des donneurs de leçon ou de ceux qui viennent toujours " après la bataille " donner de supposés bons conseils...

Qu'il y ait accord ou désaccord, nous l'exprimons et proposons éventuellement une ou des solutions d'alternance mais aussi assumons nos responsabilités.

" Pas de carotte mais exclusivement le bâton et la culture du clientélisme ".

Si nul ne pouvait prétendre affirmer en un temps passé que le " service public " était proche du parfait, on se doit toutefois d'admettre que l'administration djiboutienne sous la présidence d'Hassan GOULED APTIDON avait un autre visage, une autre volonté d'avancer.

Certes et comme dans les pays occidentaux, africains et ailleurs on y trouvait aussi ça et là quelques " passe droits ", quelques hauts fonctionnaires nommés par " copinage ", pour des raisons de " liens familiaux ", de " protection " et ayant largement dépassé le seuil de toutes les incompétences. Mais la notion de " Culture du clientélisme et du népotisme " prenant le pas tout à la fois sur les règles de promotion comme sur toutes les réglementations connexes, n'était pas visible ou pour le moins n'avait pas produit encore ses effets négatifs voire dévastateurs sur l'efficacité du monde de la fonction publique que nous constatons depuis l'année 2000.

Les aménagements structuraux imposés par le FMI ont produit l'effet inverse des buts recherchés. Quelles en sont les causes ?.

Si le blocage indiciaire des fonctionnaires est lié pour partie aux aménagements structuraux imposés par les instances financières internationales telles que le FMI dans les années 1995 - 1996, force est de constater que loin d'améliorer la situation des finances publiques la manière avec laquelle cette mesure a été appliquée et surtout le fait qu'elle fut et reste supportée que par une partie de la fonction publique a, bien au contraire, fortement aggravée ladite situation tout en créant des disparités de traitement ...!!!.

Il ne peut y avoir de mixité et de cohésion sociale si les difficultés ne sont pas partagées, a fortiori si l'irresponsabilité gouvernementale s'exonère de l'effort financier national qu'elle impose aux administrés.

On trouvera en cela de multiples causes à l'aggravation de la situation

d'une part

des Établissements Publics Industriels et Commerciaux dont on a surdimensionné les effectifs suite au développement de cette culture du " Copinage, clientélisme et népotisme " alors que chaque personnel perçoit à peu près régulièrement ses salaires contrairement aux autres fonctionnaires et assimilés comme tels,

d'autre part,

des ministères, autres services, Forces Armées, Gendarmerie Nationale et Forces Nationales de Police dans lesquels on a systématiquement soit créé des postes qui n'ont pas lieu d'être, soit remplacé les " exclus ", les démissionnaires " et les " retraités " suivant le même principe du " Copinage, clientélisme et népotisme ".

C'est ainsi que toute une cohorte " d'inactifs fonctionnarisés " bénéficie depuis plus de 4 années des bienfaits du clientélisme et du népotisme en percevant, pour ce qui les concerne, leurs salaires et leurs indemnités chaque mois et à date fixe.

Certains et certaines ne disposent d'aucun bureau dans leur ministère ou grand service d'affectation alors que souvent le " travail " est effectué par leurs subordonnés qui subissent - eux seuls - toutes les contraintes comme les salaires impayés depuis plus de 6 mois.

En clair et sans pour cela généraliser, il y a d'un côté ceux et celles qui travaillent et de l'autre ceux et celles qui reçoivent les remerciements pour ce qu'ils n'ont pas fait et qui perçoivent de surcroît leur salaire !!!.

Par ailleurs les Établissements Publics Industriels et Commerciaux étant par principe rentables, ils génèrent des marges bénéficiaires conséquentes. Ces "plus values" servent quasi exclusivement à renforcer les salaires et les indemnités versées aux dirigeants de ces EPIC et à leurs collaborateurs les plus directs.

Ce sont ainsi confortés depuis l'année 2000 de " petits châteaux Établissements Publics Industriels et Commerciaux " au sein de l'État, châteaux défendus par quelques privilégiés qui ne participent pas ou très peu au fonctionnement général de l'État et ne reversent quasiment rien de leurs marges bénéficiaires aux Finances publiques.

Les comptes d'exploitation publiés à chaque fin d'exercice sont très succincts car permettant de masquer les "aménagements... comptables" d'avant publication.

Vers une disparition des services publics : la responsabilité historique d'Ismaïl OMAR GUELLEH est engagée.

Les injustices flagrantes que M Hassan CHEHEM qualifie de " rupture d'égalité entre les fonctionnaires ".sont largement instrumentalisées par la nomenklatura dirigeante qui ne doit pas masquer aussi la responsabilité historique d'Ismaïl OMAR GUELLEH dans la disparition programmée des services publics ; pour le moins de les réduire à leur strict minimum avec tous les licenciements prévisibles que cela impliquerait si rien n'était fait pour s'opposer à ces mesures non dévoilées..

Depuis cinq années, la discipline de parti qui s'est considérablement renforcée au RPP ( Rassemblement ... soit disant Pour le Progrès...) sous un pouvoir monopolisateur de la " Pensée UNIQUE " a - sans aucun doute - contribué à réduire la capacité à une éventuelle opposition interne de s'exprimer et de veiller à ce que les ministres s'acquittent de leurs responsabilités. De même, toutes les preuves sont là pour confirmer l'opinion généralisée selon laquelle le Parlement djiboutien ne peut pas s'acquitter de son rôle d'examinateur de manière efficace des problèmes de la fonction publique car il est exclusivement " aux Ordres " du pouvoir et de sa pensée unique.

RESTAURATION de l'autorité de l'État,

RESPONSABILISATION des Institutions Nationales et de la fonction publique, et d'autre part égalité de traitement pour tous.

Dans le programme de Gouvernement qu'il propose pour un avenir très proche, le GED répond à l'attente légitime des fonctionnaires et assimilés en s'appuyant d'une part sur la RESTAURATION de l'autorité de l'État , la RESPONSABILISATION des Institutions Nationales et d'autre part l'égalité de traitement pour tous dans le respect des réglementations en vigueur ou qu'il conviendra de créer.

Le principal outil institutionnel qui permet de concrétiser la responsabilité ministérielle est l'organisation des portefeuilles ministériels de manière à ce qu'on puisse désigner un ministre pour chaque ministère du gouvernement selon ses compétences et certes pas par l'usage du copinage, du clientélisme ou en faisant démonstration de népotisme.

Le modèle organisationnel que propose de GED dans son programme apporte un changement notable car le gouvernement devient, sous la direction effective d'un véritable premier ministre, un Cabinet de ministres dotés chacun d'un ministère du gouvernement.

La convention de la responsabilité ministérielle proposée par le GED entraîne ce qui suit :

" Les ministres sont individuellement responsables envers le premier ministre et vis à vis de l'assemblée législative pour les pouvoirs qui font partie de leur portefeuille respectif. Il ont par principe admis une forme "d'OBLiGATION DE RÉSULTATS" ;

Nota : le premier ministre est quant à lui responsable de son gouvernement envers le Chef de l'Etat.

" Les ministres sont individuellement responsables de leurs propres actions ainsi que des actes des fonctionnaires ministériels qui relèvent d'eux;

" Les ministres répondent aux questions qui leur sont posées à l'Assemblée nationale par les Députés (es) sur tous les sujets qui relèvent de leurs responsabilités;

" Les fonctionnaires ministériels peuvent être convoqués pour témoigner devant des comités parlementaires au nom de leur ministre;

" Les ministres peuvent être nommés et blâmés personnellement pour la mauvaise administration de leur ministère ou même faire l'objet d'une censure de la part de l'assemblée législative, mais cette dernière n'a pas le pouvoir de les congédier car cette décision incombe au Chef de l'État après avis du vice président et du premier ministre.

Nota : on observera que dans son programme, le GED propose la création d'une vice présidence de la République qui aura en charge notamment le délicat dossier de la "Régionalisation"..

Le contrôle démocratique sur l'administration publique

Le principe démocratique sous-tend la doctrine de la responsabilité ministérielle et préconise de s'assurer qu'un ministre donné est " responsable de tout acte posé par la République et que l'on peut rendre politique en le soulevant à l'Assemblée nationale ".

Il s'ensuit que " la doctrine offre un contrôle démocratique sur l'administration bureaucratique d'hier et de demain". Les éléments essentiels au contrôle démocratique sont le pouvoir d'agir du Ministre et la responsabilité ministérielle pour les gestes posés.


Autre domaine : Impact des mesures incitatives individuelles sur l'efficacité du service public

Les nouveaux modes de rémunération s'avèrent de plus en plus répandus dans les organisations mais leur utilisation nécessite une approche prudente afin de ne pas créer ce que l'on est censé combattre.

Les recherches effectuées dans divers pays occidentaux sur ce que l'on dénomme comme étant " la prime au mérite " nous donnent certaines indications précises sur l'impact de ces régimes incitatifs individuels.

Considérées comme un levier susceptible de mobiliser le rendement et l'efficacité des " agents des services publics ", ces mesures sembleraient avoir un effet bénéfique sur les indicateurs que sont l'efficacité, l'organisationnel, la rigueur et la disponibilité desdits agents.

Si les rémunérations versées à date fixe - auxquelles s'ajoutent " la prime mensuelle au mérite " - sont facteurs de mobilisation des personnels concernés dans la mission de service public dont ils ont la charge, il convient aussi de modifier les procédures d'avancement dans tous les secteurs de la fonction publique en privilégiant clairement l'avancement au choix - donc au mérite et à partir de points cumulés - et de minimiser les possibilités d'avancement à l'ancienneté.

Une telle étude de faisabilité et sa mise en adéquation par rapport à la fonction publique djiboutienne nécessitera d'évidence une large concertation préalable sur ce vaste sujet entre l'État et les partenaires sociaux, entre autres avec les syndicats représentatifs.

La Mobilisation autour de projets cohérents et de long terme - quels qu'ils soient - devrait donc être la priorité d'un gouvernement qui se doit par ailleurs de montrer le bon exemple.

En matière d'exemplarité des comportements ne comptons pas sur le pouvoir actuel pour montrer le bon chemin, car perdu qu'il est depuis 1999 dans les méandres de tous les affairismes mafieux…

 

Le coin de la dérision et du rire.