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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

20/11/04
- DJIBOUTI - " Ni carotte, ni
bâton " mais le courage de poser les problèmes inhérents
à la fonction publique tels qu'ils sont et de proposer des solutions alternatives.
C'est une grande réforme qu'il convient de mettre en uvre sans délai.
Par
Bouh WARSAMA.
Le
journal la Nation a fait paraître ces jours derniers un article fort pertinent
signé par M Hassan CHEHEM qui expose avec un certain sens de l'analyse
et de l'objectivité ce que sont les difficultés auxquelles sont
confrontés au quotidien ces hommes et ces femmes que l'on dit être
les indispensables " serviteurs de la fonction publique " trop souvent
décriés à tort.
Si
nous insistons sur ces termes bien précis de " serviteurs de la fonction
publique " c'est qu'indirectement ceci nous remet en mémoire qu'en
des temps pas si lointain et comme le souligne fort bien le rédacteur de
l'article
"
.les fonctionnaires étaient notés et récoltaient le
fruit de leur travail. Les mauvais éléments subissaient une sanction
disciplinaire qui allait de l'abaissement
d'échelon à la radiation pure et simple
".
Sans
fioritures, avec le poids des mots justes et maîtrise mais sans excès,
le rédacteur de l'article en question reprend tous les points d'achoppements
que nous n'avons de cesse de mettre en évidence depuis des années.
Démonstration
est faite dans cet article que l'esprit critique ne consiste pas à tout
critiquer mais à tenir pour vrai uniquement ce que l'on a vérifié.
Que ce soit à l'aide de la logique, de la statistique, des probabilités
ou de l'argumentation.
Il
est clair que ceux qui ont une quelconque responsabilité et à quelque
niveau que ce soit s'exposent forcément et par principe à la critique
mais - comme nous l'avons maintes fois évoqué - nous ne sous
situons pas dans la case des donneurs de leçon ou de ceux qui viennent
toujours " après la bataille " donner de supposés bons
conseils...
Qu'il
y ait accord ou désaccord, nous l'exprimons et proposons éventuellement
une ou des solutions d'alternance mais aussi assumons nos responsabilités.

"
Pas de carotte mais exclusivement le bâton et la culture du clientélisme
".
Si
nul ne pouvait prétendre affirmer en un temps passé que le "
service public " était proche du parfait, on
se doit toutefois d'admettre que l'administration djiboutienne sous la présidence
d'Hassan GOULED APTIDON avait un autre visage, une autre volonté d'avancer.
Certes et comme
dans les pays occidentaux, africains et ailleurs on y trouvait aussi ça
et là quelques " passe droits ", quelques hauts fonctionnaires
nommés par " copinage ", pour des raisons de " liens familiaux
", de " protection " et ayant largement dépassé
le seuil de toutes les incompétences. Mais la notion de "
Culture du clientélisme et du népotisme " prenant
le pas tout à la fois sur les règles de promotion comme sur toutes
les réglementations connexes, n'était pas visible ou pour le moins
n'avait pas produit encore ses effets négatifs voire dévastateurs
sur l'efficacité du monde de la fonction publique que nous constatons depuis
l'année 2000.

Les
aménagements structuraux imposés par le FMI ont produit l'effet
inverse des buts recherchés. Quelles en sont les causes ?.
Si
le blocage indiciaire des fonctionnaires est lié pour partie aux
aménagements structuraux imposés par les instances financières
internationales telles que le FMI dans les années 1995 - 1996, force
est de constater que loin d'améliorer la situation des finances publiques
la manière avec laquelle cette mesure a été appliquée
et surtout le fait qu'elle fut et reste supportée que par une partie de
la fonction publique a, bien au contraire, fortement aggravée ladite situation
tout en créant des disparités de traitement ...!!!.
Il
ne peut y avoir de mixité et de cohésion sociale si les difficultés
ne sont pas partagées, a fortiori si l'irresponsabilité gouvernementale
s'exonère de l'effort financier national qu'elle impose aux administrés.
On
trouvera en cela de multiples causes à l'aggravation de la situation
d'une
part
des
Établissements Publics Industriels et Commerciaux dont on a surdimensionné
les effectifs suite au développement de cette culture du " Copinage,
clientélisme et népotisme " alors que chaque personnel perçoit
à peu près régulièrement ses salaires contrairement
aux autres fonctionnaires et assimilés comme tels,
d'autre
part,
des
ministères, autres services, Forces Armées, Gendarmerie Nationale
et Forces Nationales de Police dans lesquels on a systématiquement soit
créé des postes qui n'ont pas lieu d'être, soit remplacé
les " exclus ", les démissionnaires " et les " retraités
" suivant le même principe du " Copinage, clientélisme
et népotisme ".
C'est
ainsi que toute une cohorte " d'inactifs fonctionnarisés "
bénéficie depuis plus de 4 années des bienfaits du clientélisme
et du népotisme en percevant, pour ce qui les concerne, leurs salaires
et leurs indemnités chaque mois et à date fixe.
Certains
et certaines ne disposent d'aucun bureau dans leur ministère ou grand service
d'affectation alors que souvent le " travail " est effectué
par leurs subordonnés qui subissent - eux seuls - toutes les contraintes
comme les salaires impayés depuis plus de 6 mois.
En
clair et sans pour cela généraliser, il y a d'un côté
ceux et celles qui travaillent et de l'autre ceux et celles qui reçoivent
les remerciements pour ce qu'ils n'ont pas fait et qui perçoivent de surcroît
leur salaire !!!.
Par
ailleurs les Établissements Publics Industriels et Commerciaux étant
par principe rentables, ils génèrent des marges bénéficiaires
conséquentes. Ces "plus values" servent quasi exclusivement
à renforcer les salaires et les indemnités versées aux dirigeants
de ces EPIC et à leurs collaborateurs les plus directs.
Ce
sont ainsi confortés depuis l'année 2000 de " petits châteaux
Établissements Publics Industriels et Commerciaux " au sein de l'État,
châteaux défendus par quelques privilégiés qui ne participent
pas ou très peu au fonctionnement général de l'État
et ne reversent quasiment rien de leurs marges bénéficiaires aux
Finances publiques.
Les
comptes d'exploitation publiés à chaque fin d'exercice sont très
succincts car permettant de masquer les "aménagements... comptables"
d'avant publication.

Vers
une disparition des services publics : la responsabilité historique d'Ismaïl
OMAR GUELLEH est engagée.
Les
injustices flagrantes que M Hassan CHEHEM qualifie de " rupture d'égalité
entre les fonctionnaires ".sont largement instrumentalisées
par la nomenklatura dirigeante qui ne doit pas masquer aussi la responsabilité
historique d'Ismaïl OMAR GUELLEH dans la disparition programmée des
services publics ; pour le moins de les réduire à leur strict
minimum avec tous les licenciements prévisibles
que cela impliquerait si rien n'était fait pour s'opposer à ces
mesures non dévoilées..
Depuis
cinq années, la discipline de parti qui s'est considérablement renforcée
au RPP ( Rassemblement ... soit disant Pour le Progrès...) sous
un pouvoir monopolisateur de la " Pensée UNIQUE " a - sans
aucun doute - contribué à réduire la capacité à
une éventuelle opposition interne de s'exprimer et de veiller à
ce que les ministres s'acquittent de leurs responsabilités. De même,
toutes les preuves sont là pour confirmer l'opinion généralisée
selon laquelle le Parlement djiboutien ne peut pas s'acquitter de son rôle
d'examinateur de manière efficace des problèmes de la fonction publique
car il est exclusivement " aux Ordres " du pouvoir et de sa pensée
unique.

RESTAURATION
de l'autorité de l'État,
RESPONSABILISATION
des Institutions Nationales et de la fonction publique, et d'autre part égalité
de traitement pour tous.
Dans
le programme de Gouvernement qu'il propose pour un avenir très proche,
le GED répond à l'attente légitime des fonctionnaires et
assimilés en s'appuyant d'une part sur la RESTAURATION de l'autorité
de l'État , la RESPONSABILISATION des Institutions Nationales et d'autre
part l'égalité de traitement pour tous dans le respect des réglementations
en vigueur ou qu'il conviendra de créer.
Le
principal outil institutionnel qui permet de concrétiser la responsabilité
ministérielle est l'organisation des portefeuilles ministériels
de manière à ce qu'on puisse désigner un ministre pour
chaque ministère du gouvernement selon ses compétences et certes
pas par l'usage du copinage, du clientélisme ou en faisant démonstration
de népotisme.
Le
modèle organisationnel que propose de GED dans son programme apporte un
changement notable car le gouvernement devient, sous la direction effective
d'un véritable premier ministre, un Cabinet de ministres dotés chacun
d'un ministère du gouvernement.
La
convention de la responsabilité ministérielle proposée par
le GED entraîne ce qui suit :
"
Les ministres sont individuellement responsables envers le premier ministre et
vis à vis de l'assemblée législative pour les pouvoirs qui
font partie de leur portefeuille respectif. Il ont par principe admis une forme
"d'OBLiGATION DE RÉSULTATS" ;
Nota
: le premier ministre est quant à lui responsable de son gouvernement envers
le Chef de l'Etat.
"
Les ministres sont individuellement responsables de leurs propres actions ainsi
que des actes des fonctionnaires ministériels qui relèvent d'eux;
"
Les ministres répondent aux questions qui leur sont posées à
l'Assemblée nationale par les Députés (es) sur tous les sujets
qui relèvent de leurs responsabilités;
"
Les fonctionnaires ministériels peuvent être convoqués pour
témoigner devant des comités parlementaires au nom de leur ministre;
"
Les ministres peuvent être nommés et blâmés personnellement
pour la mauvaise administration de leur ministère ou même faire l'objet
d'une censure de la part de l'assemblée législative, mais cette
dernière n'a pas le pouvoir de les congédier car cette décision
incombe au Chef de l'État après avis du vice président et
du premier ministre.
Nota
: on observera que dans son programme, le GED propose la création d'une
vice présidence de la République qui aura en charge notamment le
délicat dossier de la "Régionalisation"..

Le
contrôle démocratique sur l'administration publique
Le
principe démocratique sous-tend la doctrine de la responsabilité
ministérielle et préconise de s'assurer qu'un ministre donné
est " responsable de tout acte posé par la République et
que l'on peut rendre politique en le soulevant à l'Assemblée nationale
".
Il s'ensuit
que " la doctrine offre un contrôle démocratique sur l'administration
bureaucratique d'hier et de demain". Les éléments essentiels
au contrôle démocratique sont le pouvoir d'agir du Ministre et la
responsabilité ministérielle pour les gestes posés.

Autre
domaine : Impact des mesures incitatives individuelles sur l'efficacité
du service public
Les
nouveaux modes de rémunération s'avèrent de plus en plus
répandus dans les organisations mais leur utilisation nécessite
une approche prudente afin de ne pas créer ce que l'on est censé
combattre.
Les
recherches effectuées dans divers pays occidentaux sur ce que l'on dénomme
comme étant " la prime au mérite " nous donnent
certaines indications précises sur l'impact de ces régimes incitatifs
individuels.
Considérées
comme un levier susceptible de mobiliser le rendement et l'efficacité des
" agents des services publics ", ces mesures sembleraient
avoir un effet bénéfique sur les indicateurs que sont l'efficacité,
l'organisationnel, la rigueur et la disponibilité desdits agents.
Si
les rémunérations versées à date fixe - auxquelles
s'ajoutent " la prime mensuelle au mérite " - sont
facteurs de mobilisation des personnels concernés dans la mission
de service public dont ils ont la charge, il convient aussi de modifier les procédures
d'avancement dans tous les secteurs de la fonction publique en
privilégiant clairement l'avancement au choix - donc au mérite et
à partir de points cumulés - et de minimiser les possibilités
d'avancement à l'ancienneté.
Une
telle étude de faisabilité et sa mise en adéquation par rapport
à la fonction publique djiboutienne nécessitera d'évidence
une large concertation préalable sur ce vaste sujet entre l'État
et les partenaires sociaux, entre autres avec les syndicats représentatifs.
La
Mobilisation autour de projets cohérents et de long terme -
quels qu'ils soient - devrait donc être la priorité d'un gouvernement
qui se doit par ailleurs de montrer le bon exemple.
En
matière d'exemplarité des comportements ne comptons pas sur le pouvoir
actuel pour montrer le bon chemin, car perdu qu'il est depuis 1999
dans les méandres de tous les affairismes mafieux

Le
coin de la dérision et du rire.












